"Noir et rouge" (Artikel Unbekannt/Schweinhund)

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Re: "Noir et rouge" (Artikel Unbekannt/Schweinhund)

Message par Léonox le Lun 2 Oct 2017 - 8:17

Tak a écrit:Et une autre chronique ne devrait pas tarder à arriver, puisqu'on en parle, si je trouve un peu de temps pour lire dans les prochains jours Wink
Merci Tak. Mais mon mini-bilan d'hier ne change rien à ce que je te disais le 15 juillet dernier :

Léonox a écrit:Quant à une éventuelle chronique, il faudra déjà que mon recueil te plaise et te donne envie d'en parler.
Donc toujours pareil. La chro, c'est quand tu veux/peux. Mais surtout si tu veux.

Tak a écrit:Mais bon Léo, c'est pas parce que ton bouquin n'a pas eu un fou retentissement que ne tu doives pas rempiler pour autant. Il serait dommage de devoir se priver d'une aussi belle plume...
C'est sympa, mais... Voir mes réponses à Amaranth, Catherine et Eimelle sur FB.

Zaroff a écrit:Bon anniversaire à ce merveilleux recueil. J'en garde un souvenir ému.
Merci mon pote. Et moi je conserve un souvenir ému de ta merveilleuse chronique.
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Re: "Noir et rouge" (Artikel Unbekannt/Schweinhund)

Message par Tak le Lun 2 Oct 2017 - 9:07

Oui, j'ai vu passer les messages et si je ne peux encore prétendre rejoindre le fan-club en question, je dois dire en tous cas que les premiers textes lus m'ont fait forte impression. Et je connaissais déjà White Trash, mais ce sera un plaisir de le redécouvrir au milieu de ses petits copains.
La suite au prochain épisode !

(quant à la chose mentionnée sur FB, je croise les doigts pour toi)


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Re: "Noir et rouge" (Artikel Unbekannt/Schweinhund)

Message par Raven le Lun 2 Oct 2017 - 23:22

Un an déjà ? C'est si vieux ? Moi qui suis justement en train de le lire, je m'interroge : je n'ai pas vu de date de péremption, je risque pas une intoxication au moins ? (tu vas me dire, j'ai lu la notice et les nausées font partie des effets secondaires...)

Je ne chronique jamais rien, mais dans le doute il est déjà truffé de notes et post-it pour le cas où je serais prise de chronite aiguë.


Quiconque lit la présente ligne sait que j'ai les plumes qui fondent.
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Re: "Noir et rouge" (Artikel Unbekannt/Schweinhund)

Message par Tak le Dim 8 Oct 2017 - 16:51

Dur, dur, de passer après les magnifiques chro' de Zaroff, Cath et Amaranth.
Car je me rends compte qu'il y a en effet beaucoup à dire sur ce recueil et sans savoir en même temps par quel bout commencer.

Il y a déjà cette plume, élégante, racée et tout à la fois crûe et viscérale. L'art de nous trouer le bide, tout en enveloppant le verbe d'un voile poétique et mortifère. Tout en respectant les codes littéraires, l'auteur se joue des règles, déforme le sens des mots en employant d'infinis et troubles jeux de miroirs à travers desquels il aime à égarer un lecteur de plus en plus incertain ; macabre labyrinthe duquel on ne ressort jamais indemne.
Car au-delà de ce style fascinant, ne cessant jamais de se réinventer lui-même au cours des pages et des lignes, il y a aussi cette dualité. Dualité entre le noir et le rouge, dualité entre deux faces d'un même marionnetiste ; Artikel se cachant derrière le masque du Chien-Porc et vice-versa. Qui tient la plume, qui souffle les images ? Le réel se dissout peu à peu dans le spectre du fantasme, jusqu'à ne plus laisser qu'une brume opaque et poisseuse de laquelle s'échappent des fantômes d'images volées à notre inconscient - puissantes, saisissantes, laissant au lecteur de nombreuses pistes d'interprétations. C'est d'ailleurs l'une des grandes forces des textes réunis ici : ne jamais avancer une vérité unique sur le pourquoi du comment, mais plutôt laisser des portes ouvertes où chacun pourra se faire sa propre idée. Tout en y apportant du sens.
Je ne ne disséquerais pas chaque texte l'un après l'autre, mais donnerais simplement un avis général sur chacune des 4 parties composant ce recueil :

Slices of Death : Je connaissais déjà certains de ces textes, mais les retrouver réunis ici au sein d'autres inédits leur donne une force supplémentaire. Je ne connais pas grand-chose aux giallos (hormis quelques Dario Argento visionnés il y a de lointaines années), mais j'ai retrouvé dans certains de ces textes une récurrences des figures typiques de ces films. Des tueurs masqués aux femmes vénéneuses, jusqu'au fardeau de ces obsessions conduisant inéluctablement à la mort ou à la folie, chaque protagoniste possède ici sa part d'ombres. Assumée ou pas. Et toujours ce mélange baroque et stylisé entre fantasme et réel, où l'un ne cesse d'empiéter sur le territoire de l'autre, jusqu'à perdre complètement pied. Et toujours en distillant ci et là des pistes d'interprétations ou de sens caché, se révèlant pleinement après une nouvelle lecture.
Les ambiances sont réussies, lourdes, pernicieuses ou parfois complètement hallucinées et j'ai adoré me perdre dans ces dédales (comme dans "Rouge", où l'on suit pas à pas la dégradation d'un esprit vers la folie... avant de nous rendre compte peut-être qu'"autre chose" est à l'oeuvre derrière : un grand moment, au crescendo insidieux parfaitement maîtrisé ! ).
Mention spéciale à Retour aux Sources également, qui m'a rappelé quelques motifs Lovecraftiens, tout en étant marqué du sceau propre de son auteur. Joli tour de force !

Pulp is not Dead : Comme Cath, tout en appréciant la plume à sa juste valeur, j'ai moins été pris dans cette partie, non pas à cause des textes qui la composent (d'excellente facture), mais plutôt de mon manque de culture dans ces domaines, qui m'ont empêché de saisir toutes les allusions et références. Et vu que ces textes-là sont ultra-référencés, je suis forcément passé à côté de plein de choses...
J'ai quand même pris plaisir à lire ces textes, à la prose toujours maîtrisée et dont certains, malgré leur caractère nébuleux à mes yeux, m'ont tout de même complètement pris dans leurs filets. Comme l'excellent Le Masque et La Marque, dont les images et faux-semblant, doubles maléfiques et autres figures maudites m'ont rappelé une certaine veine du cinéma d'épouvante des années 70, aussi bien que des thrillers sulfureux et obsessionnels de Brian de Palma (Body Double et Pulsions, notamment, dont beaucoup de thématiques rejoignent certaines traitées ici).
J'ai beaucoup aimé aussi La Tension de la Stratégie. Bien que ne connaissant rien à l'univers Hexagon Comics, j'ai trouvé que la tension omniprésente, justement, apportait au récit un délicieux sentiment d'urgence (ainsi qu'un joli relief). Et aussi un petit arrière-goût d'aventures et de mystères "surannés", qui m'ont étrangement rappelé les réjouissantes aventures de Sibilla, parues elles aussi sur Rivière Blanche -- peut-être le cadre italien 70's y joue-t-il un rôle, allez savoir. J'ai adoré aussi redécouvrir Aliénation, qui revisite aussi à sa façon un classique du SF Horrifique, tout en lui apportant sa petite touche perso.
Du beau boulot donc, mais dont une petite part m'est apparue un brin hermétique, cependant...

No Future : Trois des meilleurs textes de ce recueil, chacun avec sa touche perso, allant de l'uchronie revisitée au post-apo' nihiliste. Mes préférences iront néanmoins à Japon, Année Zéro, plongeon trouble dans les retombées des bombes -- dont les particules influeront sur le parcours de chacun des trois personnages -- à la façon d'un "récit-choral" poisseux où les destins des uns et des autres s'entrecroisent au sein d'une toile ténébreuse, sur fond de conflits et d'horreurs banalisées. La plume est juste, les personnages malades de l'intérieur, mais l'on ne peut s'empêcher de les suivre dans leur descente en enfer, curieux de savoir comment cela se terminera. Mais chez Artikel comme chez son alter-ego, l'issue est rarement heureuse, l'"happy-end" toujours hors de portée. Réalité déviante peut-être, mais la fatalité et l’inéluctabilité des choses reste une constante. Ce qui a le mérite de nous pas faire miroiter des vains mirages : on reste ici ancrés dans la tourbe de notre monde déliquescent, pour le pire comme pour le pire encore.
Mon autre "coup de coeur" sur cette partie s'est porté sur le post-apo' sauvage (dans son propos sur notre nature profonde) et sans concession de "Caïn et la Belle". Histoire d'amour, histoire de mort. La notre, celle de notre propre espèce comme celle de notre supposée foi. On ne pourrait y voir qu'un récit de fin du monde... mais ce ne serait pas lire entre les lignes et faire mine de se cacher les yeux en contemplant le monstre/guerrier stupide nous lorgnant de l'autre côté du miroir.
Si c'est la fin du dernier homme, cela fait déjà bien longtemps que l'Humanité, elle, est morte...
Un sacré uppercut que ce récit, que j'ai dû (re)lire à plusieurs reprises pour m'imprégner totalement du propos et de la force d'évocation.
Magistral !

White Trash : Probablement l'une des parties les plus denses et fournies de ce recueil, ainsi que celui comportant les textes les plus viscéraux.
J'en connaissais déjà certains (que j'ai tout autant adoré redécouvrir dans ces conditions), mais une grande partie m'était également inconnue. Il y aurait tant à dire en fait sur chacun d'eux (même les plus courts) que j'y passerais des heures, simplement pour rendre compte de tout ce qu'ils suscité en moi ; en bien, en mal, ou plus certainement quelque part entre les deux, là où le noir et le rouge se diluent naturellement l'un dans l'autre. Ceux que j'ai préféré, toutefois, sont peut-être ceux où le style de la Bête se fait le plus crû et dépouillé, où le rythme se saccade et tressaute sur lui-même, comme des suites de mantras ou d'incantation explorant les zones d'ombres au-delà de l'insondable humain. Et si j'ai parfois été révulsé par certains d'entre eux, j'y ai toujours retrouvé une résonance et un fond de vérité qui fait sens avec le reste. Et toujours ces savoureux jeux de mots et d'assonances, de ruptures de ton ou de rythme permettant aux lignes suivantes de rebondir, encore et encore. Litanies sans fin du désespoir ou de la folie humaine, de l'horreur du quotidien comme des fausses doctrines nous empoisonnant le cerveau.
Et parfois se glisse, au détour d'un mollard craché à la gueule du politiquement correct ou des institutions, une note malicieuse et fort à propos (comme pour nous rappeler que le Schweinhund peut aussi hausser se gausser des insanités qu'il décrit de façon si précise). Là, en guise d'exemple me vient ce savoureux passage dans Lowenacht : "un homme-loup efflanqué au sourire vitriolé, animal-totem ministre du culte, suppo de satin toujours prêt à s'introduire tel un péché capiteux dans le fondement des culs-bénits-oui-oui."
A déguster sans modération.
J'ai adoré en apprendre plus également, dans certains de ces textes, ce qui anime réellement l'abberration bycéphale à l'origine de ces lignes. Ses préoccupations, ses modèles, ses artistes de prédilection : découvrir un peu l'envers du décor, en somme. Je pourrais bien encore parler de ce que j'ai adoré dans celui-ci ou abhoré (au bon sens du terme) dans celui-là, mais je finirais par me répéter, sans rendre réellement justice à la plume exigeante, riche et multi-facette de cet auteur protéiforme.
Un petit mot, tout de même sur Contre-Nature, qui m'a arraché quelques grimaces de dégoût, tout en trouvant l'angle d'approche du thème et son traitement particulièrement original. Éprouvant. Les frontières entre réalité étouffante et fantasmes dégénérés dans S.O.S m'ont collé le frisson (encore plus en lisant les notes d'auteur sur l'inspiration directe du texte) et j'ai encore une fois "jubilé" au massacre perpétré dans L'Altro Inferno, moins l'expression d'un propos anti-clérical de base que le rejet total d'institutions liberticides se cachant derrière le discours "bien-pensant" (et vomitoire) du sacrifice/salut miséricordieux. Quand Schweinhund tord le cou, éviscère ou brise sous son talon, ce n'est que pour mieux souligner la bêtise crasse d'une société engluée dans ses propres contradictions et institutions ; écrans de fumée si bien normés et aseptisés de toute pensée personnelle qu'ils n'en deviennent finalement que des carcasses vides prêtes à laisser éclater toute la haine, la frustration et le mépris de ses enfants-marginaux. Le Chien-Porc se fait alors leur porte-parole et envoie valser les conventions dans un flot libérateur et salvateur de fluides en tous genres, pour notre plus grand bonheur.
Qu'il rende hommage à ses modèles ou invoque les démons de notre inconscient, l'auteur trouve toujours le ton juste, en ciselant sa prose de lignes épurées et incisives, comme autant de balafres sur un corps encore tiède. De l'hémoglobine et de la bile, certes, mais toujours doublées d'une haute exigeance stylistique, en bon défenseur de la langue (coupée ou non) qu'il est.

Bref, je me suis déjà bien assez épanché sur ce recueil, tout en ayant l'impression d'avoir omis l'essentiel.
Noir et Rouge est donc une excellente porte d'entrée pour découvrir cet auteur schizophrène et doublement talentueux qu'est l'entité Artikel Unbekkant/Schweinhund. La plupart des textes, toujours justes et précis dans leur expression, comportent également plusieurs niveaux de lecture, dont certains ne se dévoilent qu'après coup (et après relecture). Et c'est aussi là l'un des points que j'ai adoré dans ce recueil : du haut de ses "petites" 200 pages, on ressent pourtant après coup l'impression d'en avoir lu bien plus, tant les récits, denses et parfaitement calibrés, regorgent de détails à peine dévoilés, de non-dits, fausses pistes et double-sens à appréhender.
Et ça aussi, mine de rien, reste un point hautement appréciable.

Je me contenterais donc de terminer en disant que j'ai passé un excellent moment de lecture, pas toujours facile, mais qui sait se dévoiler à ceux qui sauront y trouver leurs propres trésors personnels. Et personnellement, j'y ai trouvé les miens. Je les garderais enfermés dans un tiroir bien caché, en attendant donc ma prochaine lecture du bonhomme (en espérant qu'elle ne tarde pas trop à arriver... et hop, une petite perche, ni vue ni connue !).
Lecture approuvée et validée, donc.


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Re: "Noir et rouge" (Artikel Unbekannt/Schweinhund)

Message par Léonox le Lun 9 Oct 2017 - 18:27

Mais quelle chronique, mes aïeux. Six mois que mon recueil n'avait plus fait parler de lui, mais le moins que l'on puisse dire est que ça valait le coup d'attendre. Il m'est toujours très difficile de m'exprimer au sujet de mes textes, et je préfère en général laisser la parole au lecteur. Mais je ne voulais pas non plus passer pour un ingrat. Alors me voilà, encore sonné par ce texte incroyable. Je disais hier soir en le partageant qu'il m'avait coupé la chique : c'était vrai.

Tak a écrit:Dur, dur, de passer après les magnifiques chro' de Zaroff, Cath et Amaranth.
Sans oublier celle de Sébastien Gayraud, pas piquée des vers non plus.
http://superflux-webzine.fr/lire/noir-et-rouge-artikel-unbekanntschweinhund
Mais je peux t'assurer que ta chronique sensationnelle ne souffre nullement de la comparaison.
Voilà d'ailleurs ce que j'écrivais à Catherine à son propos pas plus tard que ce matin :
Artikel Unbekannt / Schweinhund a écrit:C'est en effet un texte impressionnant. D'une pertinence redoutable, superbement écrit, très complet, etc. C'est d'ailleurs pour ça que je ne me précipite pas pour répondre sur le forum : je n'ai pas envie d'écraser cette splendide chronique trop vite avec un commentaire qui ne serait pas à la hauteur.

Alors je ne sais pas si ce qui suit sera "à la hauteur", mais au moins ce sera sincère : moi, mes "trésors personnels", c'est (hormis la chronique de Sébastien) sur ce topic que je les ai trouvés. Et je ne les garderai certainement pas "enfermés dans un tiroir bien cachés". Au contraire. Parce que mes "trésors personnels", ce sont vos mots. Si mon recueil n'est pas mort et enterré, c'est en grande partie à eux que je le dois. Ce sont ces mots qui, en percutant les miens, ont permis à "Noir et rouge" d'exister. Ma modeste manière de vous remercier sera donc le partage.

Alors à bientôt par ici, Tak : http://gorezaroff.over-blog.com/tag/noir%20et%20rouge/
Avec encore une fois un grand merci pour ton enthousiasme, ta sensibilité et ta générosité.

(Concernant ta petite perche, elle est vue et connue. Mais je suis une quiche en saut à la perche. Alors comme dit ailleurs je reste cloué au sol en attendant une réponse. Qui ne vient pas.)
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Re: "Noir et rouge" (Artikel Unbekannt/Schweinhund)

Message par Tak le Lun 9 Oct 2017 - 22:53

Ravi que mon "petit" commentaire t'aies plu ou même touché.
Et crois bien qu'il n'y aie dans ces mots aucune forme de complaisance ou de "copinage". Si j'avais simplement trouvé ce recueil "sympa" (mais sans plus), j'aurais torché mon commentaire en 4-5 lignes, emballé et basta. Mais il me semblait important de revenir en détail sur ce qui m'avait touché, car il y a en effet beaucoup à dire.
Je comptais d'ailleurs en rajouter une couche sur la plume, mais après lecture de cette excellente chronique de Sébastien Gayraud (assurément plus doué que moi en la matière), je ne pourrais que le citer car je suis en tous points d'accord avec lui (et encore plus sur ce point-ci) :

"C'est une dernière chose à souligner, non des moindres : notre anonyme est l'un des rares écrivains actuels que l'on peut lire à la fois pour la pertinence du fond ET de la forme. Peu dans le paysage littéraire contemporain peuvent en dire autant."

Le monsieur a tout dit et je ne peux que confirmer. Les auteurs de cette trempe sont denrées rares et c'est pour cette raison même que l'on se doit de les soutenir doublement.
En attendant donc que ta perche ne décolle, remets-toi au travail Léo : ton fan-club attend !


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Re: "Noir et rouge" (Artikel Unbekannt/Schweinhund)

Message par Eimelle le Mer 11 Oct 2017 - 2:04

Coucou !

Livre lu... Et aimé. Voici ma chronique. Pardonnez-moi de reprendre tout du début, pour vous qui connaissez déjà tous les détails, mais j'aimerais peut-être à terme ouvrir un blog sur lequel je posterais cette chronique...

Bises,

Eimelle


L’auteur qui se cache derrière le double pseudonyme d’Artikel Unbekannt et de Schweinhund signe le recueil de nouvelles Noir et Rouge sorti il y a un an déjà aux éditions Rivière Blanche. Les chroniqueurs qui l’ont lu jusqu’ici ont beaucoup insisté sur la dichotomie annoncée dans le titre entre la couleur rouge et la couleur noire, entre la violence brutale et le froid désespoir. L’auteur lui-même insiste d’ailleurs beaucoup sur ce point dans l’interview qu’il donne à Zaroff à la fin du livre.
Et c’est vrai qu’il s'installe une vraie dualité et complémentarité au fil des pages entre les textes « noirs », initialement publiés sous le pseudonyme d’Artikel Unbekannt, et le rouge des nouvelles écrites par Schweinhund (un pseudonyme qui a d’ailleurs signé le roman Bloodfist paru aux éditions Trash. )
Pourtant, en refermant l’ouvrage, c’est un autre détail qui a attiré mon attention : la couverture signée par l’illustrateur Hari Wald. Elle représente un homme habillé de noir qui tient devant son visage hâlé de rouge un masque en forme de loup. Hari Wald a, à mon sens, su parfaitement capter l’essence du recueil. D’abord, parce que le masque, le loup, sont omniprésents dans le recueil. Mais aussi parce que cet objet représente parfaitement la dichotomie établie entre Artikel Unbekannt et Schweinhund : un auteur unique qui se masque derrière deux pseudonymes pour mieux surprendre, interpeller, choquer.
Surtout, ce loup est un symbole qui sert presque de ligne conductrice à l’ouvrage. Parce qu’il représente d’abord dans l’imaginaire collectif la dissimulation. Celle que les personnages utilisent pour cacher leurs réelles intentions, celle du texte qui camoufle son sens profond, celle enfin de l’auteur qui avance masqué pour mieux sauter à la gorge du lecteur.
Cependant, le loup représente également la dichotomie : celle qui sépare traditionnellement l’homme masqué et l’homme qui s’offre au regard. Bien sûr, cela évoque la quasi-schizophrénie de l’auteur positionné entre ses deux pseudonymes, le noir Artikel Unbekannt et le rouge Schweinhund comme le suggère l’écrivain Sébastien Gayraud dans sa chronique. Mais cela va plus loin. Car cette dichotomie est intriquée dans le cœur de recueil : les personnages se répondent entre eux, comme des doubles fantomatiques d’une même entité, les récits se transforment en échos de références culturels partagées, les mots s’opposent et se confrontent pour mieux frapper.  
Enfin, le loup, représente le mystère de celui qui se cache et se travestit - essence même d’un recueil qui pose d’inextricables énigmes n’appelant pas toujours à être déchiffrées. Il se place là où la raison cède, et où le fantasme, le rêve ou le cauchemar interpellent.
L’’ouvrage est divisé en quatre parties : la première, Slices of death renvoie au cinéma de Jean Rollin et de Jess Franco avec une esthétique hachée, douloureuse. Pulp is not dead, ensuite, revisite les classiques de la littérature populaire française et américaine tandis que No future explore les thèmes du genre post-apocalyptique. Enfin, White trash regroupe les écrits de Schweinhund, sortes de courtes convulsions expérimentales situées dans l’univers du Trash et du gore.

Slices of death

A mourir de rire : Cette nouvelle n’est pas ma préférée du recueil. Elle est d’abord parue dans l’anthologie fantastique annuelle des éditions Malpertuis. Je dois cependant reconnaître qu’elle constitue un exercice de style savamment exécuté. Cette histoire d’un jeune homme obsédé par le rire de sa sœur jusqu’au délire psychotique démontre toute la virtuosité verbale d’Artikel Unbekannt. L’autrice Catherine Robert parle d’ailleurs, avec raison, d’écriture « hallucinée » pour en définir le ton.
Rouge
Poursuivant son analyse des petites névroses et grosses psychoses, Artikel Unbekannt explore les tréfonds de l’âme d’un aliéné avec une anti-religiosité toute iconoclaste. Ce texte a d’abord été publié dans le recueil Histoires d’aulx des éditions ImaJn’ère et Sous la Cape.
Passé décomposé
Premier coup de cœur de l’ouvrage, ce récit inédit, loin d’être une simple histoire d’amour malheureuse, emporte par son mystère. Les personnages, énigmatiques, y sont dignes d’un bon film du genre. Cette nouvelle constitue une réflexion nostalgique sur la capacité de l’humain à se perdre chaque jour un peu plus en détruisant ce qu’il aime.
Jaune
Poursuivant son exploration psychotique, Artikel Unbekannt nous place dans la peau d’une criminelle aliénée en utilisant deux thèmes fantastiques très présents dans le recueil : celui de la métamorphose humaine et de la manipulation. Ce texte est aussi le premier hommage de l’ouvrage, rendu ici au genre cinématographique Giallo. Il a été initialement publié en 2011 dans le recueil Histoires d’aulx.
Retour aux sources
Cette agréable nouvelle sur le thème des secrets de famille intrigue le lecteur jusqu’à la découverte de l’inavouable.
A feu et à sang
Magnifiquement chroniquée par l’autrice Amaranth, cette nouvelle constitue un second coup de cœur. Toujours sur le thème du « on détruit mieux ce que l’on aime », elle rend hommage à deux références de la cinégraphie populaire. Elle explore ainsi l’inexorabilité de la perte de soi sur fond de sensualité et de désespoir. Ce très beau récit a été initialement découvert par les éditions Rivière Blanche et publié dans L’almanach des vampires 2.

Pulp is not dead

Cette partie, très vivante et fascinante, est aussi l’une de mes préférées. Elle constitue autant d’hommages à la littérature populaire et aux comics. Pourtant, je ne connaissais que deux des références utilisées - avouant ainsi mon inculture. Ce qui ne m’a pas gênée dans la lecture de ces textes, qui ne tombent pas dans le private joke. Et même, sans doute ces références littéraires leur donnent-elles une coloration particulière qui éblouit et interpelle.

Dark night
Cette jolie nouvelle explore les origines de la vocation en mettant en scène deux célèbres personnages des comics américains. Si j’ai assez vite deviné leurs identités, il n’en reste pas moins à la fin de la lecture un sentiment d’amusement assez rare dans cet ouvrage. Félicitations aux éditions ImaJn’ère et Sous la Cape qui ont les premières publié ce récit dans l’anthologie U-Chroniques.
La tension de la stratégie
Troisième coup de cœur de l’ouvrage, ce récit est aussi mon préféré. Ecrit dans un style digne d’un polar dans l’Italie des années 1975, il questionne l’activisme politique du XXe siècle en mettant en scène un puissant métamorphe recherché par deux dualités. Les identités s’y répondent dans un entremêlement constant jusqu’à se confondre, chacune se faisant l’écho de la précédente dans une poétique de l’âme humaine. J’aurais beaucoup aimé la découvrir lors de sa première parution en 2013 dans l’anthologie Dimension Super-Héros 2.
Aliénation
Editée une première fois dans le recueil Créatures 2 en 2015 de l’Association Otherlands et à l’époque chroniqué par Françoise Grenier, cette histoire aux faux-semblants de SF rend hommage à un classique du cinéma populaire. Il fait cependant le choix de déplacer la focale en la plaçant du point de vue d’un androïde. Ce choix narratif donne au texte une force métaphysique qui évoque le sacrifice d’une intelligence artificielle pour une cause à laquelle il a été programmé et condamné. Cependant, la fin est trop semblable à l’original à mon goût pour ne pas se dévoiler au lecteur à mi-parcours.
Le masque et la marque
Encore une nouvelle qui m’a beaucoup marquée sur le thème du métamorphe humain et du glissement d’identités. Là encore, de belles dualités de personnages sont au rendez-vous, et les figures de Léonox et Méphista sont conviées à la fête. A n’en pas douter, cette approche désespérée du genre humain n’aurait pas déplu aux concepteurs de ces personnages Paul Béra et Maurice Limat. Ce très beau récit a encore une fois su être repéré par les éditions Rivière Blanche, qui l’ont édité dans leur anthologie Les compagnons de l’ombre en 2014.
Le péril jaune
Là encore découvert par Rivière Blanche en 2016 dans Les Compagnons de l’ombre, ce récit se veut un hommage à André Caroff et Henri Vernes. Il convoque ainsi les personnages Miss Ylang-Ylang et Mme Atomos dans un récit s’annonçant comme un bon polar, mais finissant sur une note un peu décevante…
Travaux forcés
Malgré les qualités d’écriture dont a toujours fait preuve Artikel Unbekannt, je suis restée un peu en dehors de ce récit qui abuse du private joke. Cela reste tout de même un bel hommage à Pierre-Alexis Orloff.

No Future

Cette troisième partie écrite sur fond de post-apocalyptique a confirmé la très belle impression laissée par la deuxième, et comprend à nouveau quelques magnifiques coups de cœur.

Japon, année zéro
Plébiscitée par toutes les chroniques publiées sur Noir et rouge jusqu’à présent, cette nouvelle constitue pour moi un nouveau coup de cœur. Au milieu de la catastrophe nucléaire du Japon en guerre, le récit met en scène les relations de rivalité, haine et amour entre trois personnages qui se répondent comme des doubles ou des alter-égos pour finir par fusionner ensemble. Véritable tragédie fantastique, elle laisse une impression brutale de fascination/répulsion surmontée d’une réflexion intelligente sur l’identité et le destin humain. Merci à ImaJn’ère d’avoir le premier fait sortir cette nouvelle de l’ombre dans l’anthologie Rétro-fictions.
Angst
Ainsi arrive mon dernier coup de cœur de ce recueil. Situé juste après le cataclysme nazi dans un Berlin dévasté, ce magistral récit met en scène deux anciens officiers SS tentant de raviver le souffle de la destruction dans des esprits anéantis… Un jeu dangereux qui peut à tout moment se retourner contre eux ! Cet inédit singulier sur fond de fantastique pose la question de la possibilité de la résilience dans un traumatisme collectif mal digéré.
Caïn et la belle
Découvert une nouvelle fois par les éditions ImaJn’ère dans le recueil Riposte Apo en 2014, ce récit post-apocalyptique pose la question de l’autodestruction de l’humanité et de son impossible résilience à travers un personnage amnésique, seul rescapé de la catastrophe. A la recherche d’une mémoire plus que d’une vie, ce survivant nous entraine dans sa recherche de l’histoire humaine. Si j’ai beaucoup aimé ce récit, malheureusement, sa fin peu limpide ne m’a pas permis de lui attribuer le statut de coup de cœur.

White Trash

Déjà, nous entrons dans la dernière partie du recueil qui est aussi celle que j’aime le moins : elle est signée de la main du Schweinhund (le « cochon-chien » en allemand) ; c’est sale, dérangeant, expérimental et iconoclaste. J’avoue m’être trouvée un peu mal à l’aise devant ces textes abrupts, corrosifs, et pour certains peu limpides. Je suis en effet plus adepte de la « froideur » mystérieuse de l’Artikel Unbekannt que de la folie enragée du Schweinhund… Une opinion pas toujours partagée par les autres lecteurs. En effet, les chroniques de Tak, Catherine Robert et Amaranth plébiscitent toutes très largement ces courts récits sinueux et torturés. Des goûts et des couleurs…

1985-1990
Publié dans l’anthologie Dimension Trash de Rivière blanche, ce récit ciselé est un véritable hommage à la collection « Gore » des antiques éditions Fleuve noir. Il peut d’ailleurs se lire comme la déclaration d’amour d’un lecteur assidu à un genre et à un éditeur.
La chambre noire
L’histoire d’ébats sexuels - ou quand la réalisation d’un fantasme conduit à son autodestruction… Cette nouvelle est également parue dans Dimension Trash en 2015.
Légion
Egalement paru dans Dimension Trash, ce récit d’amour et de mort est d’un travail formel impeccable.
Quinze minutes
La réalisation d’un fantasme morbide a un prix… Que ce soit financier ou psychologique. Récit également paru dans Dimension Trash.
Bon sang ne saurait mentir
Une histoire d’adultère morbide paru dans Dimension Trash.
Löwenacht
Dans ce nouveau récit initialement publié dans Dimension Trash, Schweinhund prend plaisir à se jouer de nos interdits culturels avec l’évocation du cannibalisme.
Profondo nero
Un texte un brin obscur sur fond de viol et d’inceste également paru dans Dimension Trash en hommage à Dario Argento et John Carpenter.
Contre-nature
L’épineuse question de la relation mère-enfant est évoquée ici à travers le récit d’une grossesse avortée. Ce texte est initialement paru dans l’anthologie Les Contes Rouges des Artistes fous associés.
SOS
J’ai beaucoup apprécié cet inédit énigmatique porté par une chute magistrale ! Je n’en dirais pas plus…
Confrontation
Ce récit initialement publié dans les Contes éthyliques de l’association des Artistes fous associés m’a beaucoup marquée par la force qu’il dégage malgré une apparente simplicité d’écriture. Sans avoir recours à une déferlante d’hémoglobine, l’auteur installe en quelques lignes une violence sociale impressionnante.
L’altro inferno
Inspiré des films de Bruno Mattei, Claudio Fragasso et Ken Russell, ce récit à l’ambiance soignée est porteur d’une violence iconoclaste. Dommage qu’il soit si difficile d’accès !
Blutwurst
Après l’exploration du cannibalisme, de l’inceste, de l’avortement et de la religion, Schweinhund poursuit l’invocation des interdits avec la pédophilie.
L’œil du serpent
Je n’ai pas bien compris le sens de ce texte qui se veut un hommage à l’auteur Kââ que je ne connais pas. Il a été initialement publié dans l’anthologie Corps et Liens 2 de Rivière Blanche. Pour la première fois, Schweinhund sombre ici un peu trop dans le délit d’initié…
Corps et liens
Un hommage à un auteur Corsélien inconnu pour moi que je ne comprends pas à nouveau.

Au final, j’ai beaucoup aimé ce recueil de nouvelles qui doit se lire doucement et intensément tant il regorge de niveaux de lecture. Et j’ai fini par me demander s’il n’était pas au fond qu’une mise en abyme de son auteur ? Une tranche de lui-même qu’il offre au cannibalisme du lecteur, avec ses peurs et ses doutes, ses fantasmes et son nihilisme, où les parties de lui-même se répondent en échos dans un inextricable dialogue intérieur. D’ailleurs ne dit-il pas dans l’interview finale écrire « dans la douleur », présentant ainsi presque sans masque son « intimité profanée » ?

Edit : Et merde ! J'avais mis plein de liens hypertextes, mais le copier-coller sur l'Ecritoire des ombres a tout explosé !


Dernière édition par Eimelle le Mer 11 Oct 2017 - 13:08, édité 3 fois


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Re: "Noir et rouge" (Artikel Unbekannt/Schweinhund)

Message par Léonox le Mer 11 Oct 2017 - 10:50

Waouh. Heureusement que je me suis inventé un troisième pseudo, parce que l'article inconnu et le chien-porc auraient été bien incapables de répondre à cet incroyable "message". Mes deux autres avatars sont en effet à l'heure actuelle beaucoup plus rouges que noirs, et ils n'ont qu'une envie : se cacher derrière le masque conçu par Hari Wald. Hélas, il n'y en a qu'un...

Alors à nouveau, j'envoie ce brave Léonox au casse-pipe. Pour dire merci, d'abord. Parce que des chroniques, j'en vois passer. Souvent. Mais des chroniques comme celle-là sont rares. Très rares, même. Et le plus incroyable de l'affaire est que la superbe critique d'Eimelle fait suite à une série de cinq textes déjà de très haute volée. Jamais je n'aurais pensé que ce recueil susciterait de tels commentaires. Je suis vraiment soufflé. Eimelle, je savais déjà que tu appréciais davantage mes textes plus directs, moins "expérimentaux". C'est une opinion tout à fait respectable, et je craignais justement que tu ne trouves pas ton compte dans ce livre.

Or même si tu n'as pas trop apprécié les textes les plus tordus de White trash - ce que je comprends très bien - je considère qu'une partie de ce que tu écris à leur propos s'apparente à des compliments indirects ("C’est sale, dérangeant, expérimental et iconoclaste... ces textes abruptes, corrosifs... la folie enragée du Schweinhund… ces courts récits sinueux et torturés"). Je veux dire par là que c'est vraiment ce genre d'impression que je voulais donner.

Ce qui signifie que tous tes avis m'ont intéressé au plus haut point, et pas juste ceux qui concernent tes nouvelles "coups de coeur". Car tous sont argumentés avec brio. Me voilà donc grandement soulagé. Soulagé, ravi par cette splendide critique, et un peu scié aussi par la puissance de ton analyse. Ce que tu écris au sujet de la couverture est en effet remarquable. Je suis persuadé que Hari Wald sera très touché par un commentaire d'une si grande justesse. Un grand merci pour l'illustrateur, donc. Et un immense merci de la part des deux auteurs.

Je pense que je vais prendre un peu de recul, puis relire toutes vos chroniques à tête reposée afin d'en dégager les grandes tendances - car par-delà la diversité de vos préférences, il y en a. Grâce à la stupéfiante richesse de vos retours, l'exercice promet d'être passionnant.

Eimelle a écrit:Et merde ! J'avais mis plein de liens hypertextes, mais le copier-coller sur l'Ecritoire des ombres a tout explosé !
Argh ! Ça m'est déjà arrivé : que de temps perdu, je compatis. Crying or Very sad C'est sûr que ça représente un plus non négligeable, mais ta chronique fonctionne très bien sans, tu sais. Je peux donc la partager en l'état. Mais si tu préfères faire un edit, on peut attendre un peu : comme tu veux.
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Re: "Noir et rouge" (Artikel Unbekannt/Schweinhund)

Message par Eimelle le Mer 11 Oct 2017 - 12:51

Coucou Léonox !

Ravi que ma chronique te plaise ! J'avais un peu peur que tu te vexes pour la quatrième et dernière partie.

Tu peux partager telle quelle la chronique si tu veux. Je compte monter un blog (quand je ne sais pas, mais c'est dans mes intentions), et j'y partagerai la chronique avec les liens hypertextes (j'ai tout en format Word).

Après, si tu veux poster cette chronique sur ton blog, je peux t'envoyer le document avec les liens hypertextes... Mais sache que tu n'y es pas du tout obligé ! Dans tous les cas, je t'envoie ça par mail !

Bises,
Eimelle


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Re: "Noir et rouge" (Artikel Unbekannt/Schweinhund)

Message par Léonox le Mer 11 Oct 2017 - 14:13

Fichier bien reçu, Eimelle, merci beaucoup. Je suis impressionné par le mal que tu t'es donné. Je partagerai ta chronique à deux reprises. Une première fois aujourd'hui ou demain en postant un lien vers le forum, comme je l'ai fait pour celle de Tak. Puis elle sera programmée plus tard sur le blog que je partage avec Zaroff, de façon à mettre tous les liens hypertexte en valeur.

Eimelle a écrit:J'avais un peu peur que tu te vexes pour la quatrième et dernière partie.
Vraiment, tu n'aurais pas dû penser que je pouvais me vexer. C'est ton droit le plus strict d'avoir des préférences, d'autant que, comme je l'ai dit, tous tes avis sont argumentés avec soin. A la limite, le plus bizarre aurait été que tu aimes tous les textes, parce qu'ils sont quand même très différents les uns des autres. A tel point d'ailleurs que je ne sais pas s'il s'agit d'une force (la diversité, c'est le bien) ou d'une faiblesse (qu'est-ce que c'est que ce bordel ?).

Bref, encore une fois, chacun-e sa sensibilité : je comprends ça très bien. J'observe toutefois que si tu ne qualifies pas "Confrontation" et "SOS" de "coups de coeur", tu en dis quand même beaucoup de bien. Or il s'agit pourtant de récits signés Schweinhund. Dans le même ordre d'idées, des textes comme "Rouge" et "Caïn et la belle" sont limite, car ils tiennent de mes deux personnalités aussi. Alors la frontière entre elles n'est peut-être pas si nette que ça... Wink
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Re: "Noir et rouge" (Artikel Unbekannt/Schweinhund)

Message par Tak le Jeu 12 Oct 2017 - 10:03

Excellente critique, Eimelle !
Je voulais dire quelque chose dessus hier mais pas eu le temps (y'a des jours comme ça où on a l'impression que tout nous échappe). Mais comme quoi Léo, tu aurais vraiment eu tort d'enterrer ce recueil trop tôt Wink

Je suis assez d'accord sur la fine analyse de la plupart des textes, même si je ne converge pas forcément sur les mêmes que la dame (du moins, en ce qui concerne les coups de coeur). Et c'est amusant, car même si tu as moins apprécié White Trash (qui avec le recul, est peut-être ma partie préférée du recueil avec No Future), tout ce qui tu en dis va dans le même sens que mes propres réflexions. Tu y as même entrevu des détails et des thématiques qui m'avaient échappé lors de la lecture, tandis que je m'étais surtout arrêté sur les sentiments que ces textes m'évoquaient ainsi que sur le formidable travail de plume.
Encore ces différents niveaux de lecture qui apportent une richesse et une force inouïe à ces textes...

Bien vu aussi pour ton analyse des différents "masques" de l'auteur, plus que pertinente.
Avec ça, si tu ne donnes pas envie aux rares n'ayant pas encore succombé à la prose du monstre à deux têtes, je sais pas ce qu'il leur faut !
Très joli papier, en tous cas.


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Re: "Noir et rouge" (Artikel Unbekannt/Schweinhund)

Message par Eimelle le Jeu 12 Oct 2017 - 12:09

Merci beaucoup Tak, tu es adorable ! Mais ta critique est très bien aussi ! Wink

Léonox, je t'enverrai une autre version de ma chronique en format Word corrigé : en effet, je l'ai terminé à 2 heures du matin, je n'avais plus les yeux en face des trous, et je me suis aperçu qu'il manquait des mots parfois et qu'il restait parfois des "fôtes" d'orthographe ! lol

Bises,
Eimelle


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Re: "Noir et rouge" (Artikel Unbekannt/Schweinhund)

Message par Catherine Robert le Jeu 12 Oct 2017 - 17:25

Vous avez écrit deux superbes critiques. Vraiment. Tellement que je n'ai même pas osé venir en dire un petit mot afin qu'elles restent bien visibles. Et ça, vu ma propension à être bavarde, c'est du rare.

Triple bravo : pour les deux chroniqueurs et pour l'auteur qui mérite bien un rappel.


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Re: "Noir et rouge" (Artikel Unbekannt/Schweinhund)

Message par Eimelle le Mar 17 Oct 2017 - 21:36

Merci Catherine !


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Re: "Noir et rouge" (Artikel Unbekannt/Schweinhund)

Message par FRançoise GRDR le Mer 18 Oct 2017 - 15:03

Je me suis régalée à lire ta chronique Eimelle autant qu'à lire le recueil... Après ça, je ne vois pas ce que je peux ajouter de nouveau.
Passé décomposé fait partie aussi de mes textes préférés avec Japon, année zéro. De même que les textes "hommages" ou directement inspirés de personnages de la Pulp fiction ne m'ont pas "parlé" suffisamment pour me plaire à 100 %.
Ceux de la dernière partie sont en effet difficile d'accès, mais je loue le niveau d'exigence qu'ils demandent à l'auteur et au lecteur.
Un recueil aux ambiances très variées qui donne une dimension passionnante à la littérature de genre. Il devrait être étudié en fac de lettres.


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Re: "Noir et rouge" (Artikel Unbekannt/Schweinhund)

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