Souvenirs d'Outre-vie

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Souvenirs d'Outre-vie

Message par kalcidian le Mar 11 Déc 2018 - 12:58

Salut a tous,

Voilà ma modeste contribution au concours. C'est mon premier texte depuis pas mal de temps et comme je suis un éternel insatisfait, si je ne le poste pas maintenant, je ne le ferais jamais.

J'espère qu'il vous plaira malgré ses imperfections.

https://www.fichier-pdf.fr/2018/12/11/souvenir-doutre-vie/

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Re: Souvenirs d'Outre-vie

Message par Petit-Carmin le Mar 11 Déc 2018 - 13:02

Hey !

Je te lis dans la journée, à très vite camarde. Wink


Ravagé du système neuronal... Mais n'est-ce pas là l'atout de ma lumière créative.
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Re: Souvenirs d'Outre-vie

Message par Blahom le Mar 11 Déc 2018 - 15:28

Je ne sais pas ce qu'il se passe avec "fichier-pdf-fr" mais je ne parviens pas à accéder à ton texte. Te serait-il possible de le mettre en ligne sous forme de "spoiler" ?
Merci d'avance. Smile


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Re: Souvenirs d'Outre-vie

Message par kalcidian le Mar 11 Déc 2018 - 20:44

Pour ceux qui ont des problemes, comme Blahom, pour lire mon histoire sur fichier-pdf. Je vous la met en spoiler.

Spoiler:

Souvenirs d’Outre-vie


L’homme ouvrit les yeux difficilement. Le soleil, au zénith, lui brûla la rétine et il les referma immédiatement en poussant un grognement. Il tenta de se lever, mais son corps ne lui répondit pas de la manière dont il l’aurait voulu. Il lui sembla lourd et maladroit comme celui d’un jeune enfant. Il réussit tant bien que mal à se mettre debout.

Au prix d’un effort considérable, il commença à se déplacer. Il regarda autour de lui, mais rien de ce qu’il voyait ne lui était familier. La seule chose dont il était sûr était qu’il se trouvait au milieu d’une plaine sans aucun point de repère ni panneau pour lui indiquer une quelconque direction à suivre hormis des montagnes à l’horizon.

Il resta là un instant, le temps de reprendre ses esprits et de découvrir le moyen de retrouver la « civilisation ». Tout lui était inconnu, jusqu’aux vêtements qu’il portait. Même son identité semblait lui échapper. Il se regarda de haut en bas, tentant d’obtenir les réponses à ses questions. Il prit conscience d’un poids dans sa main et, soulevant celle-ci, vit le colt encore fumant qu’elle tenait.

Un hennissement le fit se retourner. Ce qu’il vit lui glaça le sang. Il avait devant lui une scène d’une rare violence. Il y avait, à quelques mètres de lui, une carriole bâchée et tout autour de celui-ci gisaient des corps. Il n’y avait aucun survivant. Tout le monde avait été abattu sans distinction.

Un homme déboucha soudainement de l’arrière du chariot. Instinctivement, il braqua son revolver sur lui.

– Qu’est-ce qui te prend ? T’es dingue ou quoi ? C’est moi, Paco ! Lança-t-il, avec un mouvement de recul, les mains en l’air.

Comprenant qu’ils se connaissaient, il baissa son arme et son regard se perdit dans le néant. Il resta là, les bras ballants. Son complice s’approcha et lui tendit une sacoche.

– Tiens ! C’est ta part du butin. Dit-il simplement avant de retourner au chariot. Tu m’as foutu la trouille, crétin. J’ai cru que t’allais me descendre. Continua-t-il en attrapant les brides des chevaux.

Paco se mit à les détacher. Il se stoppa et se tourna vers lui.

- Tu comptes me donner un coup de main ou je vais devoir tout faire tout seul ? demanda-t-il.

Un frisson lui parcourut l’échine lorsqu’il prit conscience de sa perte de mémoire et de sa confusion. Ayant retrouvé la pleine possession de son corps et de son esprit, il fouilla dans ses poches de pantalon et de chemise un quelconque objet pouvant lui offrir un indice sur son identité. Son revolver le dérangeant dans son action, il le remit maladroitement dans son étui et reprit sa recherche pour découvrir qui il était. Ne trouvant rien, il s’approcha de l’autre homme qui semblait inquiet de son comportement.

– Qu’est-ce qui t’arrive, Miles ? Lui demanda soucieux Paco en fronçant les sourcils. T’es sûr que ça va ? continua-t-il.

Écoutant à peine son ami, il se parla à lui-même.

– Manquerais plus que mes collègues et mes voisins me voient déguisé comme ça. J’aurais l’air de quoi au boulot habillé en cow-boy ou je sais pas quoi. Se dit-il à lui-même.

Son esprit vacilla lorsqu’il prit conscience de l’incohérence de ses propos. Ce qu’il pensait n’avait aucun sens. Il lui sembla devenir fou et il eut un vertige. Il chercha de quoi se rafraîchir les idées et commença à regarder autour de lui. Ses jambes le lâchèrent soudain et Ned se précipita pour le retenir.

– Me laisse pas tomber maintenant, Compadre. Lui dit-il simplement.

Il trouva une source, quelques mètres en contrebas de l’endroit où ils se situaient. Il aida Miles à s’accroupir. Lorsqu’il se pencha pour y boire, il vit le reflet de son visage dans l’eau. Il eut un mouvement de recul. Il ne reconnaissait pas ce visage qui le regardait dans l’onde. Ce n’était pas celui qu’il connaissait. Il resta là, à genoux, ses mains parcourant ce faciès étranger comme un aveugle tentant de visualiser les traits d’une autre personne.

– Qu’est-ce qu’y t’arrive, Miles ? On dirait que t’as vu un fantôme. Lança Paco en riant.

Il tourna la tête vers Paco.

– C’est pas moi. Hurla-t-il affolé en montrant son reflet. Je sais pas qui c’est, mais c’est pas moi.

À ces mots, des flash-back lui vinrent soudain par vague et des souvenirs, qu’ils lui semblèrent en totale contradiction avec « sa » réalité, apparurent dans son esprit. Dans chacun d’eux, il était lui tout en étant quelqu’un d’autres. Il fut pris, à cet instant, d’une migraine qui lui vrilla le cerveau. La douleur le fit hurler avant qu’il ne s’écroule dans l’herbe bordant la source et perde conscience. Il entendait la voix de l’autre homme l’appeler avec affolement. Au fur et à mesure, celle-ci se fit plus lointaine.

***

Lorsqu’il ouvrit de nouveau les yeux, sa première réaction fut de se redresser. Il regarda tout autour de lui, complètement déboussolé. Une femme était penchée au-dessus de lui et l’appelait Ray.

– Chérie ? Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Pourquoi tu hurles comme ça ? lui demanda-t-elle affolée.

– Mon visage, j’étais… Et puis... Toutes ces images dans ma tête... Lui répondit-il, avant de se perdre dans ses pensées.

Après quelques secondes de latence, il posa des yeux terrifiés vers elle, sorti du lit et couru jusqu’à la salle de bain. Elle le suivit, effrayée par l’attitude de son mari, et le retrouva devant le miroir. Il se regardait comme s’il se voyait pour la première fois.

– T’es sûr que tu te sens bien Ray ?

Il ouvrit le robinet et se passa de l’eau sur le visage. Il attrapa une serviette et se tourna vers sa femme.

– Oui. Je vais bien. J’ai juste jamais fait un rêve aussi réaliste. Lui répondit-il d’un ton mal assuré avant de sortir de la salle de bain comme si de rien n’était.

Malgré son inquiétude face à la scène à laquelle elle venait d’assister, elle retourna également à ses activités de la matinée.

Malgré son soulagement apparent, ce rêve resta encré dans son esprit toute la journée et les jours qui suivirent. Il lui paraissait bien trop réaliste et concret pour n’être qu’une simple construction de son subconscient, mais il fit de son mieux pour en faire abstraction.

Le quotidien de son travail de directeur général reprit petit à petit le pas sur son malaise et il oublia bientôt cette expérience quelque peu dérangeante.

Cela faisait des mois qu’il avait fait ce rêve, mais il en avait occulté jusqu’à l’existence. Il avait continué sa vie comme si de rien n’était, allant de réunions de bureaux en dîners professionnels. Tout était redevenu comme avant. Il était de nouveau Ray Sullivan, patron impitoyable et homme d’affaires féroce d’une des plus grandes banques privées du pays.

C’était un de ses requins de la finance. De ceux qui dévoraient quiconque se mettait en travers de leur chemin, et ce, peu, importe les dommages collatéraux que cela puisse causer. Il avait la réputation d’avoir détruit bon nombre de personnes, de familles et d’entreprise. Il le faisait simplement en claquant des doigts. Et sans jamais avoir ne serait-ce qu’une once de regret, et encore moins, de remord. C’était, disait-il, pour mener à bien les projets de ses clients. De grandes fortunes ou des multinationales pour la plupart d’entre eux.

Pour lui, la fin justifiait toujours les moyens, quel qu’en soit le prix à payer pour les autres et, pour devenir un de ses employés, on devait embrasser cet état de fait et faire allégeance au leader qu’était Ray Sullivan.
C’était un homme de terrain avant tout et il n’était pas le genre à rester assis, des heures durant, dans une salle de réunion pour savoir quelle stratégie utiliser pour tel ou tel dossier.

C’est d’ailleurs durant une de ces réunions interminables, ce genre d’instant où le temps semble se figer et où l’esprit se perd dans les limbes de la pensée, qu’une nouvelle « expérience » vint le happer.

***

En un battement de cils, il se retrouva propulsé en plein désert. Il regarda autour de lui comme s’il se réveillait en sursaut d’un profond sommeil. Il fut pris d’une soudaine crise de panique. Ne sachant ni qui il était, ni ce qu’il faisait a cet endroit.

Lorsqu’il se retourna, horrifié par la situation dans laquelle il se trouvait, il tomba nez à nez avec la magnificence et la grandeur de l’Égypte. Il resta un moment à contempler ce spectacle. Ce qu’il avait devant les yeux n’était que les prémices de cette grandeur. Les travaux de la pyramide avançaient bien et, d’ici quelques années, elle serait achevée et lui apporterait la gloire qu’il méritait en étant vizir de Pharaon, pensa-t-il.

– Moi, Hémiounou, je serai respecté plus que craint par le peuple d’Égypte. Se dit-il en voyant son ouvrage prendre forme.

Son regard se posa sur l’immensité du désert et s’égara dans les méandres de sa conscience. Il se demanda soudain comment une telle réflexion lui avait traversé l’esprit. Lui qui, quelques minutes auparavant, avait perdu totalement la mémoire se donnait à présent un nom et une fonction.

Il se rapprocha du chantier encore hésitant. Le silence des grands espaces laissa progressivement place à une multitude de bruits et d’odeurs qui lui étaient étrangers. Il déambula devant cet édifice dont il semblait déjà connaître la future majesté. Il regardait autour de lui ne sachant s’il rêvait ou non. Il se sentait « entre deux mondes ». Petit à petit, il s’attarda sur certaines choses. D’abord sur les ouvriers. Ils paraissaient tous épuisés. Il leva les yeux vers le soleil dont la chaleur insoutenable devait être un calvaire pour eux. Un cri le ramena à la réalité. Un homme à quatre pattes hurlait de douleur. Un contremaître fit signe à d’autres travailleurs qui vinrent relever le pauvre hère et partirent avec lui. Ce soleil, sous lequel ils devaient œuvrer, n’était rien, comparé aux souffrances qu’ils devaient subir de la part de leurs propres corps. La, soi-disant cruauté de Khéops, était mise à mal par ce dont il était témoin.

La sensation d’être étranger à ce qu’il voyait, éprouvait ou vivait le perturba au plus haut point. Les bribes de souvenir présent dans son esprit semblaient ne pas lui appartenir et un sentiment de malaise s’empara de lui.

Il se détourna du site de construction et se dirigea machinalement vers une tente, suffisamment éloignée pour n’entendre que le vent et le bruit des dunes qui se déplaçaient dans l’immensité du désert. Il fut accueilli par ses assistants, s’assit, puis, on lui apporta de l’eau fraîche et des documents à lire et à signer.

Il regarda l’homme devant lui.

– Qui suis-je réellement ?

Avant qu’il ne puisse obtenir une réponse, la tête lui tourna. Il mit ça sur le compte du soleil et de la chaleur. Il posa le papyrus qu’il avait en main, attrapa la coupe, en but une gorgée et se leva. Mais, une fois debout, ses jambes ne le soutenant pas, il la lâcha. Le choc fut plus sonore qu’il ne l’aurait imaginé. Il tomba à genoux. Ses assistants, alertés par le bruit, entrèrent et vinrent lui porter secours. Il l’amenèrent jusqu’à un lit sur lequel il s’allongea avant de sombrer.

***

Dans un demi-sommeil, il entendit une voix lointaine l’appeler. D’abord indistincts, les mots devinrent plus clairs et plus proches. Lorsqu’il ouvrit enfin les yeux, il y eut un moment de latence pendant lequel il ne sut ni où il se trouvait ni qui il était. Des regards, outrés et réprobateurs, pour certains, mais surtout inquiets pour la plupart étaient fixés sur lui. Un silence de mort régnait dans la salle de réunion et seule la respiration haletante de Ray troublait cette chape de plomb.

– Monsieur ! Vous vous sentez bien ? Monsieur Sullivan ? lança une voix à sa droite.

Il tourna la tête vers son interlocuteur et vit dans ses yeux, une pointe d’incompréhension.

Il le regarda sans un mot durant quelques secondes. L’homme fronça les sourcils en signe d’impatience. Ray sembla retrouver quelque peu ses esprits.

– Je suis désolé, Mike. Vous disiez ? répondit-il.

– Je vous demandais si vous vous sentiez bien, monsieur. Répéta-t-il.

Non... enfin... oui. Ça va. Je dois simplement couver quelque chose. Bredouilla-t-il.

Il scruta les personnes présentes dans la salle de réunion, puis prit la parole.

– Vous avez tous abattu un travail énorme sur ce dossier et je vous en remercie. Je pense qu’on a tous mérité de souffler un peu. Rentrez chez vous. Reposez-vous et profitez de vos familles ce week-end. On se voit lundi, regonflé à bloc, pour finaliser cette affaire. Dit-il.

Tout le monde sortait de la salle de réunion. Ray, pour sa part, resta assis, encore perturbé par cette expérience. Il se frottait les tempes du bout des doigts lorsque Mike s’approcha de lui.

– Vous voulez que j’appelle un taxi ? Vous n’êtes pas vraiment en état de conduire, me semble-t-il.

Ray regarda Mike droit dans les yeux. Il savait que le jeune loup face à lui briguait son siège depuis longtemps déjà. Il n’était pas dupe de ses intentions et se doutait qu’il n’attendait qu’une occasion pour prendre la tête du département publicité.

– Merci de votre « sollicitude » Mike. Lui répondit-il. Je pense que je suis assez en forme pour conduire. Continua Ray, un rictus entendu aux lèvres, tout en se servant un verre d’eau.

– Comme vous voudrez, monsieur. Rétorqua Mike, levant les mains en l’air en signe de soumission. Bon week-end alors. Dit-il avant de sortir de la pièce.

Le sourire de Ray s’effaça immédiatement après le départ de Mike. Il retomba dans son siège et but par petites gorgées tout en se frottant les yeux.

Il rentra chez lui après avoir recouvré ses esprits. Il ne put rien avaler tant cette expérience était intense et perturbante pour lui. Il passa la soirée dans son bureau à faire des recherches sur Hémiounou. Ce qu’il découvrit le rassura. Il vit dans son historique de navigation des liens vers l’Égypte et les pyramides. Cela remontait à plusieurs mois lorsque sa femme et lui avaient parlé de faire un voyage en Égypte pour leur anniversaire de mariage. Il en conclut que ce qu’il avait « vécu » durant son « expérience », ne pouvait être qu’une réminiscence de son cerveau qui avait restitué toutes ses informations sous la forme d’images plus vraies que nature. C’était un rêve très réaliste, mais un simple songe finit-il par se dire.

Il rejoignit sa femme, quelque peu soulagé, mais se retrouva seul devant la télévision lorsque celle-ci partit se coucher.

Il resta là un moment, zappant d’une chaîne à une autre, puis tomba sur un documentaire sur l’esclavage. Malgré l’intérêt qu’il portait à cette émission, il s’endormit profondément.

***

Il avait du mal à se déplacer en ligne droite, mais il mit ça sur sa faiblesse actuelle. Il agrippa la table pour retrouver un semblant de stabilité, attrapa machinalement une cruche d’eau accrochée à côté et en versa une partie dans le réceptacle. Le liquide éclaboussa le miroir et, lorsqu’il croisa son reflet, il ne reconnut pas le visage qui le regardait. Après quelques secondes, il se fit la réflexion, qu’il était tout aussi incapable de savoir où il se trouvait.

On frappa. D’une voix mal assurée, il dit à la personne de l’autre côté d’entrer. Ce qu’elle fit sans attendre.

– Monsieur ! Nous avons un problème avec la cargaison. Le capitaine Briggs souhaiterait s’entretenir avec vous. Lui expliqua-t-il de but en blanc.

Le jeune homme qui venait de passer la porte vit que son interlocuteur ne semblait pas en grande forme.

– vous vous sentez bien ? lui demanda-t-il. Vous voulez que j’appelle le docteur Abberline ?

D’un signe de main, Ray lui signifia que non.

– Une simple nausée, monsieur Gibbons. Rien de bien grave. Lui répondit-il. Allez prévenir le capitaine que je suis à lui dans cinq minutes.

– Bien monsieur. Dit-il en fermant derrière lui.

Les haut-le-corps, lui laissant un peu de répit, Ray prit le temps de regarder autour de lui plus attentivement. Il était manifestement dans la cabine d’un bateau. Il ne savait par contre pas d’où il venait ni où il se rendait et encore moins ce qu’il transportait comme cargaison. Il attrapa une veste sur le dossier d’une chaise et sortie.

Arrivé sur le pont, il eut un choc et fut émerveillé dans le même temps. Il ne s’attendait pas à voir autant de monde et d’activité sur ce genre de bateau, ni d’ailleurs, à naviguer dessus un jour. Monsieur Gibbons, le quartier maître l’invita à le suivre. Il s’exécuta et tous deux rejoignirent le capitaine qui se trouvait avec le barreur.

Ray jeta un coup d’œil autour du navire, mais il n’y avait que l’océan à perte de vue. Une main se posa sur son épaule et le ramena à l’instant présent.

– Monsieur Samuels. Commença-t-il. Notre cargaison semble mal en point.

Il mit un temps à comprendre que ce « Monsieur Samuels » lui était adressé.

– Que voulez-vous dire par « mal en point » ? demanda-t-il.

– Maître Gibbons s’est aperçu que certains de vos esclaves étaient tombés malades. Répondit-il.

Des sentiments contradictoires envahirent l’esprit de Ray. Au mot « esclave », son subconscient fut pris d’une soudaine frénésie. Une partie de lui se disait froidement que la mort d’un pourcentage négligeable de sa marchandise pendant le voyage était certes un manque à gagner, mais c’était également une chose inévitable durant ce genre de traversée. Une autre voulait soigner ses hommes, non pas pour une question d’argent, mais par simple bonté d’âme. Il ne comprenait pas pourquoi cette « marchandise » prenait soudain de l’importance à ses yeux et encore moins ce qu’il faisait sur ce bateau qui les transportait. Il lui sembla que deux personnes se disputaient le contrôle de son cerveau et de son pouvoir de décision. Il lutta avec cette idée durant quelques minutes, jusqu’au moment où Briggs, las d’attendre une réponse de sa part, le ramena à la réalité.

Finalement, il fut décidé que le médecin de bord examine les esclaves et mette les malades et les mourants en quarantaine. Briggs reprit la parole en ordonnant de jeter les cadavres à la mer pour endiguer toute contagion. Ce choix révulsa Samuels, mais il finit par se dire que cette solution, si imparfaite qu’elle soit, était la meilleure pour éviter une épidémie.

Après sa conversation avec le capitaine et son quartier maître au sujet de la « cargaison », il resta sur le pont à déambuler. Il observait les marins s’affairer à nettoyer chaque recoin du navire ou à carguer les voiles. Seuls une très légère brise soufflée, mais ça n’était pas suffisant pour faire avancer un bateau de cette dimension. Cela faisait plusieurs jours que le vent leur faisait défaut. Il n’y avait que l’océan à perte de vue et il pensait à la terre qu’il n’avait pas vue voilà déjà de longs mois sans savoir exactement depuis quand. Son regard se focalisa sur un point à l’horizon. D’abord indistinct, il dut plisser les yeux pour tenter de reconnaître l’objet. Celui-ci se fit plus net et prit finalement la forme d’un bateau.

Il semblait se diriger, toutes voiles dehors, droit sur le leur. Le capitaine, scrutant dans sa lunette le vaisseau et cherchant un quelconque pavillon, donna l’ordre, par simple précaution, à ses hommes d’être sur leurs gardes. De la fumée s’en échappait et, si ce n’était pas une ruse, il était manifestement en difficulté.

L’activité sur le pont avait considérablement diminué. Seules quelques mousses vaquaient à l’entretien du navire, mais la grande majorité de l’équipage était désormais à l’affût de ce que ce navire allait faire s’il se rapprochait encore. Ray restait, lui aussi, accroché au bastingage et observait le bâtiment poursuivre sa route, tout droit sur le leur.

– distribuez les mousquets et les pistolets ! ordonna le quartier maître. Canonniers à vos postes ! Continua-t-il

eux matelots se rendirent à l’armurerie sans attendre et revinrent, quelques minutes plus tard, les bras chargés de fusil et autres sabres que les hommes se partagèrent. Ray rejoignit pour sa part le capitaine Briggs.

Il avait ressorti sa lunette pour scruter de nouveau le navire. La proximité du bâtiment lui permit de voir clairement le pont, mais il fut surpris de ne distinguer personne. Le bateau, pourtant toutes voiles dehors, semblait exempt de toute vie. Il leva les yeux vers le mât et reconnut le pavillon de la compagnie des Indes.

D’abord décontenancé par ce qu’il venait d’observer, il s’adressa finalement, depuis la timonerie, à son équipage.

– Messieurs ! Tenez-vous prêt à un abordage ou, dans le meilleur des cas, à une collision. Dans les deux, ce sera violent et catastrophique pour nous et notre navire. Quoi qu’il en soit, ce fut un honneur pour moi d’être votre capitaine.

Un silence solennel s’installa sur le pont avant que les hommes hurlent en cœur pour remercier Briggs et se donner du courage pour affronter cette épreuve. Ray fut surpris de ce qui venait de se produire. Jamais par le passé, il n’avait assisté à une telle communion entre un officier et son équipage.

Finalement, ce fut une effroyable collision qui eut lieu. Le choc de la proue du bateau fantôme ouvrit une énorme voie d’eau dans la coque du navire. Les chaloupes furent mises à la mer et tout le monde commença à évacuer ce qui devenait progressivement une épave. Ray avait enjambé le bastingage, mais il fit signe à plusieurs hommes de remonter sur le pont pour l’aider à libérer et secourir les prisonniers encore enchaînés dans la cale. Les matelots jetèrent un regard en direction de leur capitaine toujours sur le navire et attendirent que celui-ci donne son aval pour effectivement détacher les esclaves et les descendre, à leur tour, dans les canots.

Les premières embarcations s’éloignèrent rapidement du bateau qui s’enfonçait dans les eaux sombres de l’océan atlantique. Ils étaient conscients que pour ne pas sombrer avec lui, ils devaient se tenir à bonne distance des remous de son naufrage. Ray et le Briggs, accompagnés de quelques marins, s’affairaient à faire monter les prisonniers dans la dernière barque au moment ou la proue du vaisseau fantôme se désolidarisa du leur. C’est alors que tout le bateau se retourna brusquement, emportant avec lui ceux encore présents sur le pont.

Les esclaves, ne sachant pas nager, se noyèrent immédiatement malgré les efforts des hommes d’équipage pour les sauver. Le capitaine, les matelots et Ray, quant à eux, atteignirent la surface et tentèrent de s’éloigner du navire. Les remous que l’épave produisait en coulant créaient des tourbillons qui engloutissaient tout dans les profondeurs sans aucune chance de survie.

C’est ainsi, après d’interminables minutes à lutter contre cette force qui les emportaient vers le fond, qu’Howard Samuels et les marins qui étaient présents avec lui sur le bateau disparurent corps et âme dans les eaux de l’océan atlantique.

***

Ray se réveilla en sursaut de ce rêve plus vrai que nature. Toutes les innombrables expériences dont il était peuplé lui revinrent en mémoire comme un boomerang. Il eut cette sensation oppressante de n’être qu’une infime partie d’un tout qui le dépassait. Il prit conscience que ces derniers mois n’étaient que l’accélération d’un processus qui avait commencé bien des années auparavant. Avant même l’âge adulte.

Dès le lendemain matin, lui le bourreau de travail, qui n’avait pris qu’une semaine de repos depuis presque 10 ans, se rendit au garde-meuble, où les affaires de ses parents, décédés voilà quelque temps déjà, étaient stockées. Il chercha un long moment dans les piles de cartons et de caisses jusqu’à dénicher ce qu’il convoitait. C’était une boite à son nom. Sa mère avait pris soin de conserver des dessins, des histoires et tout un tas d’autres choses datant de l’enfance de Ray.

Il était plongé dans ce carton lorsque son téléphone sonna. Il décrocha et continua à fouiller dans ses souvenirs.

– Ray ? Dis la voix de sa femme quelque peu hachurée par la mauvaise réception dans le garde-meuble.

– Oui mon amour. Répondit-il machinalement.

– J’ai eu ta secrétaire au bout du fil qui voulait confirmer que tu serrais présent à la réunion de 10 h 30. Elle n’arrive pas à te joindre depuis ce matin. Je peux savoir où tu es ? lui demanda-t-elle.

Ray regarda l’écran de son portable et remarqua effectivement cinq appels ainsi que trois messages en attente.

– Je suis au garde-meuble. J’ai besoin de trouver quelque chose de très important dans les affaires de ma mère. Je vais prévenir le bureau de ne pas compter sur moi aujourd’hui.

Un silence ponctué par la respiration des deux interlocuteurs s’installa quelques secondes. Ray reprit la parole.

– Chérie ? T’es encore là ? demanda-t-il.

– Oui, je suis là. C’est juste que ça ne te ressemble pas. Je suis simplement étonnée. Dit-elle, d’une voix mal assurée.

– Je te promets qu’on en parlera quand je rentrerai à la maison. Tout ce que je peux te dire c’est qu’il s’est passé quelque chose cette nuit, que les réponses sont quelque part dans ce garde-meuble et que je dois absolument les trouver pour comprendre ce qui m’est arrivé. On se voit plus tard, ma chérie. Je t’aime. Lui dit-il avant de raccrocher et de se replonger dans le carton de son enfance.

Il mit de côté tous les cadeaux de fête des Mères que la sienne avait conservée comme des reliques dans une petite boite à bijoux. Il feuilleta méticuleusement ses cahiers d’écolier puis tomba sur une chemise défraîchie ou était écrit « dessin Ray ». Il l’attrapa, la regarda comme s’il tenait dans ses mains un objet inestimable puis l’ouvrit délicatement.
Il sortit les « œuvres » de son enfance et, au fur et à mesure qu’ils apparaissaient, il les étala autour de lui. Lorsqu’il déposa le dernier dessin sur le sol, il eut un choc. Il y avait une multitude de croquis qui correspondaient étrangement à certains des rêves qu’il avait faits récemment. Soudain, tout devint clair. La tête lui tourna et des flashs lui vrillèrent le cerveau. Il eut la nausée et s’empressa d’aller prendre l’air et recouvrer ses esprits.

Il prit conscience de ce qu’il venait de vivre, mais aussi que son enfance entière jusqu’à l’adolescence avait été parsemée de ce type « d’expérience ». Il comprit que ce n’était peut-être pas que de simples rêves.

Il scruta dans les tréfonds de cette âme qui semblait avoir vu et traversée nombre d’expériences et de vies. Ce qu’il y découvrit n’était que souffrance, cruauté et mépris pour ses semblables.

Lorsqu’il rentra chez lui, sa femme l’attendait. Il remarqua dans ses yeux un mélange d’inquiétude et de colère. Il l’embrassa et la serra dans ses bras avant même qu’elle ne prononce un mot. Elle en resta coite. Il la regarda droit dans les yeux et elle comprit que l’homme qu’elle avait épousé n’était définitivement plus le même.
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Re: Souvenirs d'Outre-vie

Message par Petit-Carmin le Mar 11 Déc 2018 - 21:08

Hey, j'ai lu ! Smile


Je trouve que ma lecture a été fluide et parmi les souvenirs de ses vies intérieurs, celle que j'ai apprécié : l’Égypte et le Bateau coulant qui sont pas mal. Même si je trouve qu'il manque un peu de panache pour y rentrer, dommage.

Sinon, l'ensemble reste homogène, les descriptions sont claires et concises..., mais s'il y a un truc manquant  ce serait : la profondeur de sa stupéfaction ainsi que son trouble lié à ses diverses expériences, sont un peu léger.

Cela dit, c'est plus plaisant à lire que ma nouvelle maudite, mdr !


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Re: Souvenirs d'Outre-vie

Message par Mélodie Or le Jeu 13 Déc 2018 - 10:06

Salut!

J'ai lu aussi! Bon, tout d'abord le sujet que tu évoques est un de mes sujets littéraire favoris, j'aime à l'évoquer régulièrement dans mes "oeuvres". Là tu marques donc un bon point Very Happy
Le style est plutôt fluide à lire.
Spoiler:
Par contre j'ai trouvé dommage que les souvenirs qu'ils revoient ne soient pas mis en corrélation avec l'entourage de son présent. Je m'explique, dans le principe de la vie antérieure on crée des liens" karmiques" avec les personnes, ces même personnes qu'on retrouve dans notre propre entourage présent. Il aurait pu reconnaitre en sa femme, le capitaine du bateau par exemple ^^ Ceci dit c'est un détail forcément,t subjectif mais ça aurait été intéressant et apporté plus de profondeurs à ton texte.

Mais oui, ce genre d'expérience change la vie ahah (l'ayant moi-même vécu... )


Dans mon laboratoire à rêves...
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Re: Souvenirs d'Outre-vie

Message par kalcidian le Jeu 13 Déc 2018 - 14:44

Mélodie Or a écrit:
Spoiler:
Par contre j'ai trouvé dommage que les souvenirs qu'ils revoient ne soient pas mis en corrélation avec l'entourage de son présent. Je m'explique, dans le principe de la vie antérieure on crée des liens" karmiques" avec les personnes, ces même personnes qu'on retrouve dans notre propre entourage présent. Il aurait pu reconnaitre en sa femme, le capitaine du bateau par exemple ^^ Ceci dit c'est un détail forcément,t subjectif mais ça aurait été intéressant et apporté plus de profondeurs à ton texte.


Salut Mélodie. Toi aussi tu marques un point. C'est vrai que je n'ai pas pensé a cette dimension en écrivant ce texte.

Spoiler:
Je devrais peut-être la retravailler mon histoire en intégrant mes personnages secondaire dans les vies antérieur ou dans la vie actuelle de mon personnage principal

Merci pour ton point de vue très intéressant.


Dernière édition par kalcidian le Sam 15 Déc 2018 - 11:54, édité 1 fois
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Re: Souvenirs d'Outre-vie

Message par FRançoise GRDR le Jeu 13 Déc 2018 - 18:15

Bonjour Kalcidian,
Désolée, mais je n'ai pas été très convaincue par ton texte à cause de "fautes" qui m'ont sortie de l'histoire et du déroulé des actions entreprises par ton personnage assez dénué de scrupules. D'ailleurs par certains points il ressemble à celui que j'ai utilisé dans ma nouvelle et du coup j'étais en terrain conquis ^^

Je n'ai pas compris la fin… Il change de "corps" à cause de dessins et de comportement grâce à eux ?

Le début est bien écrit et fluide, mais à partir de cette réplique : " Manquerais plus que mes collègues et mes voisins me voient déguisé comme ça." les erreurs de conjugaison, d'accords s'amoncèlent. Dommage.

J'ai juste compris qu'il revivait des vies antérieures, toutes le plaçant comme être avide d'argent et de pouvoir.

Concernant le thème du Black Out, la perte de mémoire peut y être rattachée. Donc c'est bon.  Cool


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Re: Souvenirs d'Outre-vie

Message par kalcidian le Ven 14 Déc 2018 - 16:56

Francoise,
Merci pour ton commentaire. Désolé pour les fautes.

Effectivement, malgré les relectures et Antidote, il en reste de trop Very Happy . Je vais le relire de nouveau et le retravailler car effectivement, il semble y avoir des lacunes dans mon récit tant sur le fond que sur la forme.

C'était mon premier depuis très longtemps et j'ai l'impression que j'ai un peu de boulot pour m'améliorer.
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Re: Souvenirs d'Outre-vie

Message par SILENCE le Ven 14 Déc 2018 - 17:40

Salut Kalcidian,
Je viens de terminer la lecture de ta nouvelle et, comme Françoise, je ne suis pas convaincu non plus. Mon problème vient du fait que ton récit est très descriptif. Tu racontes plus que tu ne montres. Par ailleurs, l'intrigue à tendance à tourner en rond. Je pense qu'il faudrait reprendre la structure afin d'alléger l'ensemble. Par exemple : comment se fait-il - ou alors je suis passé à côté - qu'il n'aille pas voir un toubib ? Ce serait pourtant une bonne idée, non ? Il n'en parle pas non plus à sa femme ? Et le lien avec les dessins quel est-il ? Et comment se fait-il qu'il tire une telle conclusion après avoir retrouvé ses dessins d'enfance (je veux dire que l'étude des dessins est un indice mais pas une preuve : il aurait pu arriver à une toute autre conclusion, non ?). J'ai été désarçonné par le début de ta nouvelle dans la mesure où tu parles d'un Ned à un moment, alors que pour moi il n'y a que deux personnages dans la scène : Miles et Paco. Du coup qui est Ned ?
Je ne sais pas si c'était voulu, mais j'ai beaucoup pensé à la série Code Quantum en te lisant, avec Scott Bakula dans le rôle du héros. Du coup, ton personnage avait les traits de Scott Bakula (Samuel Beckett dans la série) et je m'attendais à ce qu'il sorte un "Oh bravo !" à chaque changement de vie.
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Re: Souvenirs d'Outre-vie

Message par Mélodie Or le Ven 14 Déc 2018 - 17:48

SILENCE a écrit:
Je ne sais pas si c'était voulu, mais j'ai beaucoup pensé à la série Code Quantum en te lisant, avec Scott Bakula dans le rôle du héros. Du coup, ton personnage avait les traits de Scott Bakula (Samuel Beckett dans la série) et je m'attendais à ce qu'il sorte un "Oh bravo !" à chaque changement de vie.

j'adore! Cela dit, elle était cool cette série! j'avais pas vu la nouvelle de Kalcidian de ce point de vue...


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Re: Souvenirs d'Outre-vie

Message par SILENCE le Ven 14 Déc 2018 - 17:55

J'y ai pensé tout de suite !
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Re: Souvenirs d'Outre-vie

Message par kalcidian le Ven 14 Déc 2018 - 19:41

Alors oui la série était vraiment trop cool ^^ mais je ne m'en suis pas inspiré ou alors c'est mon inconscient qui a mis son grain de sel.
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Re: Souvenirs d'Outre-vie

Message par kalcidian le Ven 14 Déc 2018 - 19:46

Sinon pour en revenir au texte. Effectivement, je m'aperçois de mes lacunes a travers vos commentaires.

Je vais le retravailler en les prenant en compte mais je pense du coup aller au-delà des 30000 s.e.c. Smile

J'ai encore énormément de chose a apprendre et c'est aussi pour ca que j'ai décidé de participer au concours. Pour avoir des avis objectif qui pourrais m'aider a avancer.

Merci a tous pour vos com et aux autres pour ceux qui vont suivre.
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Re: Souvenirs d'Outre-vie

Message par Murphy Myers le Sam 15 Déc 2018 - 18:29

Pour ma part, j'ai été mitigé à la lecture.

Spoiler:
Mon premier bémol : j'ai trouvé certaines phrases maladroites.
Par exemple : "La seule chose dont il était sûr était qu’il se trouvait au milieu d’une plaine sans aucun point de repère ni panneau pour lui indiquer une quelconque direction à suivre hormis des montagnes à l’horizon." Je trouve la phrase redondante : "une plaine sans aucun point de repère" aurait suffit ; aucun point de repère suppose "aucun panneau", idée qui elle-même induit qu'il n'y a rien pour "indiquer une quelconque direction à suivre".
Ou encore, la répétition de "avait"/"il y avait" du paragraphe suivant : "Il avait devant lui une scène d’une rare violence. Il y avait, à quelques mètres de lui, une carriole bâchée et tout autour de celui-ci gisaient des corps. Il n’y avait aucun survivant. Tout le monde avait été abattu sans distinction."
Qui aurait pu devenir quelque chose comme "Devant lui, il trouva une scène d'une rare violence (d'ailleurs, l'idée d'une "rare violence" indique pour moi qu'une action brutale se déroule en direct ; or on apprend que tout le monde est déjà mort, ce qui est paradoxal à mes yeux). Une multitude de corps, abattus, gisaient autour d'une carriole bâchée. Aucun survivant."
Enfin voilà, ce ne sont que des exemples mais je pense qu'il y aurait matière à optimiser la formulation de plusieurs passages, pour les rendre plus directs/percutants et moins répétitifs. Et comme l'histoire impose en elle-même un schéma répétitif (chaque scène = une nouvelle vie, entrecoupée de passage dans la vie actuelle), je trouve d'autant plus important de gommer au possible les redondances dans les formulations.

Mon autre bémol concerne la finalité de l'histoire : j'aurais aimé une fin plus puissante. Qu'il se passe quelque chose de révolutionnaire, qui remette tout en question, ou je ne sais pas. En tout cas, quelque chose de plus surprenant et déroutant que la fin actuelle où, en fin de compte, le type rentre juste chez lui et continue sa vie comme si rien ne s'était passé ou presque. Certes, on nous dit qu'il est transformé par sa découverte, mais on ne voit rien de ladite transformation. Va-t-il changer de boulot ? de personnalité ? il change en bien ou en mal ? Et, pour chipoter jusqu'au bout, en quoi sa révélation le change-t-elle ? Je veux dire, il a depuis sa naissance ces flashs. S'il y avait une morale à retenir de ses vies passées, ne l'aurait-il pas déjà compris en grandissant, de façon progressive ?

J'en viens à ce que j'ai aimé, et même beaucoup aimé, parce qu'un avis mitigé n'est jamais entièrement négatif. L'histoire, simple en soi, m'a intrigué très vite, je voulais absolument avoir le fin mot de l'affaire.
Au contraire de Mélodie, j'ai aimé ce manque de lien entre les différentes vies. L'idée que chaque vie se répète, qu'on recroise toujours les mêmes personnes, c'est sympa 5 minutes mais on la bouffe à chaque fois que le sujet est évoqué quelque part. Là, on part au contraire dans un sens plus chaotique et bien plus original par la même occasion ; ça change, ça fait du bien et ça renforce l'intrigue : où ça va donc nous mener, si le but n'est pas de nous montrer l'éternelle répétition de la vie d'un type ? (Ce qui rejoint du coup mon bémol ci-dessus : le but m'a finalement paru trop faible par rapport au concept présenté et aux attentes qu'il a suscités en moi :/ ). Mais donc, tu tiens là un super concept ! Et c'est, je pense, l'essentiel en écriture : le style, l'orthographe, les formulations, ça se travaille avec le temps ; mais les idées, on les a ou on les a pas, et de toute évidence, tu en as de superbes !

J'ai crains aussi que le schéma répétitif ne lasse sur la durée, mais tu t'en sors très bien de ce côté, grâce à la courte taille du texte (9 pages) qui lui va très bien.

Bref. Un fond très prometteur et intrigant pour une forme que je trouve améliorable, s'il fallait résumer mon avis. Ce qui n'a pas empêcher la lecture d'être plaisante pour ma part, malgré les bémols évoqués.




NOUVEAU : L'ombre

"Je questionnai l'un de ces hommes, et je lui demandai où ils allaient ainsi. Il me répondit qu'il n'en savait rien, ni lui, ni les autres; mais qu'évidemment ils allaient quelque part, puisqu'ils étaient poussés par un invincible besoin de marcher." Baudelaire, Chacun sa chimère
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