Le prince de l'équation

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Le prince de l'équation

Message par Cancereugène le Dim 26 Nov 2017 - 16:45

Voilà enfin le produit fini. 32797 signes.
J'espère au moins que vous vous amuserez !




.Le prince de l'équation:
Prologue

Bastien glissa du canapé, rampa sur le carrelage et se jeta contre la table basse encombrée de bouteilles, d'emballage de bouffe et de préservatifs. La coupelle de poudre apparût parmi les déchets. Il en restait assez.
— Yahouu ! hulula-t-il. La fête continue !
Les cristaux multicolores percutèrent ses sinus en une myriade d'étincelles. Les sens embrasés, il se releva, exposant fièrement son membre revenu au garde-à-vous.
« SandySandra, elle est où... » Il déambula parmi les corps à sa recherche. Vautrés au sol, endormis ou encore en action, ils formaient des monticules de chair anonymes, de la viande vouée à l'abandon et au plaisir. SandySandra, la prostituée mutante aux deux visages n'était occupée que d'un seul côté. Quelle aubaine ! Son visage libre ruisselait de foutre. Un filet visqueux avait coulé le long de sa narine, et s'était accumulé au sommet de ses lèvres épaisses luisantes de gloss vermillon.
— Hey, vous pourriez nettoyer après les faciales, bande de gorets, gueula-t-il à qui voulait bien l'entendre.
Il s'empara d'un rouleau de papier absorbant à la propreté douteuse, essuya les jets de sperme et présenta son membre encore dur à la bouche offerte.
— Allez ma petite SandySandra, fais-toi plaisir...
Une fois en position, Bastien s'aperçut qu'il était en tête-à-tête avec Benoît Delorme, l'un de ses meilleurs amis, ancien compagnon de chambrée lors de leurs études à la Financial School of the World Elite. Ce dernier ne le voyait pas, plongé dans son pad de paume.
— Ne me dis pas que tu bosses !
L'autre sursauta. Son regard perdu dévoilait à merveille les substances spiritueuses et hallucinogènes dont il s'était gavé depuis le début de la soirée.
— Dis pas de conneries, s'exclama-t-il d'une voix atténuée par la défonce. Je me contente de gagner du fric.
— Tu te fais sucer et tu gagnes du fric ?
— C'est ça...
— Le programme m'intéresse assez, parce que moi aussi je me fais sucer, mais tu vois, je gagne pas un rond...
— Tu connais le Sherwood ?
— Bien sûr !
— Figures-toi qu'un hedge fund rattaché à la World Bank of the New Era nous promet 25% de plus-value si on investit au minimum un milliard. Faut juste attendre un peu, un trimestre. Après, tous les mois, ça tombe.
— Sérieux ?
— Plus que sérieux. Toutes les garanties sont réunies. En cas d'arnaque, c'est Major Oak qui rembourse. En trois clicks, c'est dans la poche. Tu investis un milliard, et dans trois mois, tu reçois 250 millions, sans aucun risque. Et le quatrième mois, si tu réinvestis ton gain, tu palpes 312 millions 500 mille... Et ainsi de suite...
— Hum... Trop beau pour être vrai, mais bon, un milliard, c'est pas grand-chose... file-moi le lien, je te suis...
La seconde suivante, Bastien et Benoit se vidaient dans les gorges de SandySandra, sous l'oeil torve et endormi des autres convives, témoins malgré eux de cet échange. Et en dépit de leur fatigue, torpeur ou ébriété, ils notèrent l'adresse du site concerné, et se joignirent aux heureux bénéficiaires de cette juteuse affaire, dès que leur état de santé le leur permit...

I - La traque

Le gardien jouait à Candy Flush sur son poignet-pad lorsqu'il fut apostrophé sèchement :
— Salut sac à merde ! Moi c'est le « Shérif. » Un rat de gouttière puant se cache dans cet immeuble miteux. Je dois avoir accès à tous les appartements. Maintenant. Tu piges ?
Le gars demeura un instant médusé devant la troupe qui assiégeait le hall. Le chef affichait une carapace de verre bleutée au torse, jusqu'aux genoux, un bras droit cybernétique, un visage atroce, ultime mélange entre le métal et la chair. On aurait dit une sorte d'androïde humain, dont il serait impossible de séparer la partie charnelle de la partie mécanique. Les quatre autres types qui l'accompagnaient portaient des armes lourdes de taille ahurissante.
— T'as entendu ce que je viens de te dire, face de bite ?
Le jeune homme repensait aux termes de son contrat de travail. Après tant d'années d'errance dans les rues de la ville, les nuits en foyer, les soupes froides, les maladies, ce boulot inespéré lui avait permis de retrouver une certaine dignité : sa mission revêtait à ses yeux des allures de sacerdoce. Il était là pour surveiller l'entrée, défendre la tranquillité des résidents et assurer leur sécurité, alors s'il ne se passait rien, tant mieux ! Misson accomplie. Par contre, l'irruption de ces militaires venait en contradiction avec ces principes. Que disait sa fiche de poste à ce sujet ?
— Qu'est-ce que tu attends, trouduc ! Ouvre-moi l'intégralité de ces clapiers. Tout de suite !
Jean Legrand sentait le sang affluer au sommet de son crâne. Ses oreilles devenaient incandescentes. Une sueur acide s'écoulait le long de sa nuque. Au moins trois canons meurtriers étaient négligemment tournés vers lui. Les soldats ne le menaçaient pas directement, certes, mais le message paraissait clair. Peut-être risquait-il sa vie en ce moment – comment savoir, avec de telles brutes ? - cela paraissait toutefois peu probable, compte tenu du contexte, les soldats ne tuaient tout de même pas les innocents ! – une chose restait certaine : il risquait le licenciement s'il trahissait les fondamentaux de son travail. Allait-il se laisser impressionner, et contrevenir à ses prérogatives ? Non. Il bredouilla, au comble de la détresse :
— Avez-vous un... un man... mandat ?
Le chef, cette masse de verre colorée au faciès de batracien semi-mécanique, se pencha au-dessus du comptoir. Son œil de chair exprimait une haine implacable. L'autre, un objectif noir comme un puits sans fond, semblait le scruter au plus intime de son être.
— Ouais, j'en ai un.
Le gardien  tremblait, au bord de l'évanouissement.
— Pourrai-je... le voir ?
Le militaire lui offrit un sourire sans joie, sans humanité, un rictus carnassier plus menaçant qu'une arme lourde. Il exposa son poignet-pad, fit défiler un document et d'une voix très douce, presque paternelle, lui tint ce discours :
— Tu vois, mon petit. Regarde bien la signature. Préfet Jean. Tu comprends ce que ça signifie ? Tu fais obstruction à la justice, en ce moment. Alors, tu m'ouvres toutes les portes de cette résidence. Je dis bien « ouvre » et pas « déverrouille » ; j'ai besoin de passer au crible chaque cage à poules de ce bourbier fétide. Dépêche-toi, j'ai déjà perdu trop de temps par ta faute.
Des étoiles brillaient devant le champ de vision du gardien. Ses mains tremblantes composèrent le mot de passe du système d'ouverture. Une erreur, deux erreurs. Il inspira profondément, tenta de reprendre le contrôle. Son esprit vacillait. La troisième tentative fut la bonne. Le soulagement s'accompagna d'une soudaine chute de tension. Le sang reflua. Il perdit connaissance et sombra sur le plancher.
— Ok, ponctua le Shérif en se tournant vers ses hommes. Karl, envoie les drones.
Dix caméras à hélice, capables de filmer sur 360°, furent lancées dans les couloirs, par la cage d'escalier. Les images étaient retransmises en direct dans l'ordinateur interne du shérif ; sa perception virtuelle lui permettait de suivre les dix trajectoires en même temps. Outrés par ces intrusions, les résidents ne cachaient pas leur mécontentement. Les drones émettaient un message en boucle « Ceci est une intervention de police. Restez à vous êtes. N'opposez aucune résistance » Une vieille dame tenta de chasser la caméra avec un balai.
Les trois cents appartements, d'une superficie de dix à trente mètres carrés, furent visités en quelques minutes, sans révéler le moindre indice.
« Merde ! » fulmina le Shérif. Puis ce fut la révélation.
— Deux hommes restent ici. Les autres avec moi !

*

L'habitacle de l'ascenseur était si étroit qu'il dut limiter l'escorte à un seul complice, son bras droit Gisburne, ce qui s'avéra d'ailleurs suffisant. Une fois arrivé sur le toit, il eut confirmation de ce qu'il présageait. Juste à côté de la porte reposait une cannette de bière ainsi qu'un monceau de miettes de pain.
— Il était là, confia-t-il à son acolyte. Il cassait la croûte.
— Comment sais-tu que c'était lui ?
Le shérif passait en revue le panorama lorsqu'une forme attira son attention. Un chat. L'animal se dirigeait vers la bordure sud, là où la façade était hérissée de balcons. Il s'élança de toute la force de ses jambes cybernétiques, dégaina son pistolet électrique et tira en pleine course. La bestiole fut frappée avant même se réaliser qu'on la pourchassait. Il ramassa la dépouille inconsciente et sans cérémonie, enfonça son cyber-index, sorte de fourche à deux dents, dans les yeux. Gisburne grimaça en entendant les cartilages craquer. Les capteurs neuronaux fouillèrent les souvenirs de l'animal. L'image retransmise en haute définition confirma les déductions du Shérif. Pour la première fois depuis des années, il vit son ennemi bien en face, lorsque ce dernier caressa la tête du chat en lui proposant un morceau de son sandwich.
— Tu vois quelque chose ?
— Capuche en personne ! Il papote peinard dans son poignet-pad lorsque, soudain, il reçoit une alerte, et se tire vite fait en empruntant les escaliers. Nous n'avions aucune chance de le coincer.
— Un complice ?
— Tu m'étonnes. C'est forcément un membre de l'équipe. Ou nos supérieurs. Ou...
Il demeura pensif un moment.
— Fais chier ! Conclut Gisburne.
Le Shérif lui tendit le cadavre du chat.
— Va au labo me faire cloner cette saloperie. Je ne veux pas d'embrouilles avec son propriétaire. Le reste de l'équipe et moi retournons au Q.G. Nous n'avons plus rien à foutre ici.

II – Le complice

Après son service, Jean Legrand rentra chez lui en empruntant un bus surchargé. Le véhicule avançait à peine, compressé au sein de la circulation, semblable à une fourmilière. Le bourdonnement des moteurs électriques provoquait un souffle continu, comme le chuchotement d'une âme errante à l'oreille d'un damné. Sa mésaventure l’emplissait encore d'angoisse.
Le monstre à carapace colorée l'avait sorti du coma d'un violent coup de botte.
— On se retrouvera. Pour le moment, tu peux refermer les portes.
L'injonction l'avait pétrifié d'effroi.
Il composait le code d'entrée de sa résidence lorsqu'un inconnu l'aborda.
— Bonjour monsieur Legrand.
Son cœur cogna contre ses côtes avec force, les déboires de cette journée avaient décimé toute sérénité en lui. La colère remplaça aussitôt la peur.
— Ça va pas, non ? Surprendre les gens pendant qu'ils composent un code secret est un délit !
— Mille pardons ! Je me moque de votre code. J'aimerais vous parler de l'opération de police de cet après-midi.
— N'était-ce pas plutôt des militaires ?
— Non, croyez-moi, il s'agissait de la brigade financière.
— Mais... Qu'irait-elle chercher dans ce quartier ?
— Moi.
— Vraiment ? Et que voulez-vous ?
— Un entretien. Laissez-moi vous suivre dans votre appartement. Je présume qu'à cet instant, vous n'êtes pas encore sur écoute.
Jean marqua un temps d'arrêt. L'inconnu arborait un visage simple, agréable, son accoutrement, constitué d'un pantalon bien coupé, d'une veste de cuir de qualité, et de chaussures épaisses, achevait de le convaincre qu'il s'agissait d'un personnage digne et sympa. Son attitude n'avait rien de menaçant. Il accepta.
Les deux hommes se retrouvèrent au deuxième sous-sol de la résidence, à l'intérieur d'un studio de douze mètres carrés. Ils s'assirent sur un canapé convertible à bon marché.
— Bienvenue chez moi, déclama Jean, conscient de l'indigence de son cadre de vie.
— Je me présente ! fit le visiteur. Je suis Robin Capuche, truand notoire, détourneur de fonds spéculatifs...
Une chape de plomb s’effondra sur les épaules de Jean Legrand. L'envie de chasser cet opportun le tortura l'espace d'un instant. Mais en vérité, il voulait en savoir davantage. Le caractère inhabituel de cette visite agitait sa fibre aventurière.
— Actuellement, reprit le voleur, je développe une arnaque de grande ampleur. Quelque chose d'énorme, le point d'orgue de mon oeuvre.
— Pourquoi m'en parlez-vous ?
— Parce que le Shérif de Nottingham vous a dans le collimateur.
— Est-ce un avantage ?
— Je le pense, oui. Ce type vous en veut, car vous l'avez contrarié. Cependant, il ne croit pas un seul instant à votre implication. Il vous fera mettre sur écoute, vous filera, mais uniquement pour vous effrayer. Vous avez résisté là où personne n'aurait songé opposer la moindre réserve. Vous avez du cran. J'ai besoin d'individus tels que vous. Ils sont rares, précieux, indispensables...
— Je n'ai aucune envie d'être le complice d'un hors-la-loi !
L'homme glissa sa main à l'intérieur de sa veste de cuir et en sortit une enveloppe.
— Prenez-la, dit-il.
L'autre s'empara de la chose, apparemment vide, l'ouvrit et dévoila une série de chiffres et de lettres gribouillés au stylo-feutre.
— Ce code est la clé d'une transaction. Dix-mille crédits. Vous en aurez autant chaque mois, si vous suivez mes instructions. Le tout sur un compte sécurisé, bien entendu...
— Combien avez-vous dit ?
L'esprit du jeune homme bouillonnait.
— C'est dingue. Aucun truand ne dévoilait ses intentions aussi ouvertement !
— Sauf si le risque est limité. Vous pouvez me dénoncer, mais, mis à part mon nom, vous ne savez rien de moi. La police en connaît déjà plus que vous ! Mon talent principal consisite à me rendre invisible, dans le réel comme dans le virtuel. Défiez-vous de moi, et je disparaîtrais de votre vie, vous laissant régler vos comptes avec la justice du Shérif. Rejoignez-moi, et vous pourrez perdre votre emploi sans vous soucier du lendemain.
Jean transpirait. Le type lui offrait une année de salaires par mois, oserait-il refuser ? Pour quelle raison ? Demeurer dans le rang des honnêtes gens ? Oeuvrer pour la morale et la vertu ? Rester honnête dans un monde malhonnête, était-ce réellement une vertu ?
— Je refuse de faire du mal à qui que ce soit, opposa-t-il comme une condition.
— Je ne demanderai rien de la sorte ! Mes besoins sont purement... techniques !
— Dans ce cas, je marche.
La poignée de main fut franche et solide. L'oeil de Robin Capuche brillait de malice. Jean devait bien se l'avouer. Malgré son statut de hors-la-loi et les énigmes de sa proposition, il ne pouvait s'empêcher de le trouver sympa. Et de lui faire confiance.
Un détail minait cependant son engagement. Le voleur avait décrit la scène du hall avec une telle précision... Où diable avait-il pu se cacher ?

III – Les complices

— Putain de saloperie, crevure, charogne de merde, ordure, pourriture, enculé de fils de pute ! SAC À PURIN, MANGEFOUTRE, RACLURE DE FOND DE CHIOTTES !
Le Shérif asséna un violent coup de pied dans un bureau, défonça le plan de travail, réduisit en pièces le clavier, détruisit l'écran du moniteur, qu'il empoigna afin de le projeter contre le mur, au-dessus de la tête de l'ingénieur du réseau.
— Je vous en supplie, geignit le bougre.
Mais la colère du monstre ne faisait que commencer. Il attrapa un siège, le plia, le brisa en deux d'un brutal coup de genou, balança les morceaux à travers la pièce, renversa un autre bureau de tout son matériel, le frappa de son poing d'airain, le fendant telle une brique sous le tranchant de la main d'un moine de l'ancien temps, frappa de la tête une étagère encombrée, réduisit en charpie les livres qui y étaient entassés, enfonça un caisson à quatre tiroirs d'une vicieuse estocade du talon de la botte...
— Je veux – J'EXIGE ! - que tu me vires ce putain de mouchard, et MAINTENANT !
Le jeune geek se recroquevillait au milieu des débris de feu son espace de travail, et gémissait sans pouvoir lutter contre sa terreur. Une mare de pisse s'étendit sur le carrelage.
— FAIS CHIER ! S'exclama le policier, reprenant soudain la maîtrise de ses nerfs.
Il balaya de ses phalanges de chair sa chevelure éparse, respira à pleins poumons, et revint vers le petit homme transi d'effroi.
— Toby, mon ami, pardonne ces excès de mauvaise humeur, c'est que... comment dire ? J'ai vraiment la haine ! Cette petite fiente voit à travers mon cyber-oeil. Je n'ai plus aucun moment d'intimité, et c'est insupportable, tu comprends ? Vire-moi cet espion de la tête !
L'autre bredouillait des propos incompréhensibles, incapables d'organiser ses pensées et ses propos. Il restait transi, au sol, contre le mur, à trembler de tous ses membres.
Le Shérif perdit patience :
— Toby, mon petit, enlève ce ver de ma tête, et je te promets que tu pourras  diriger ce service de nerds à la con, si tu le veux !
Le jeune expert du réseau pleurait à chaudes larmes, et bafouillait des incantations inaudibles, la bave aux coins des lèvres...
— Mais attention, si tu me déçois, alors là, je ne réponds plus de rien ! J'irai chercher les infos directement à la source. Je te pulvériserai la face, je ferai sortir la cervelle de son crâne et j'y planterai mes capteurs neuronaux, pour y pomper le contenu !
Il comprit son erreur trop tard. Au comble de la frayeur, l'informaticien perdit connaissance. Violer son encéphale s'avérait en réalité inutile ; que ferait-il des souvenirs de ce geek à la noix ? Il avait besoin de ses compétences, pas de sa mémoire !
Fou de rage, il hurla, empoigna une armoire emplie de fournitures de bureau, et l'expédia six étages plus bas, par la baie vitrée, avant de se ruer dans le couloir à grandes enjambées.
Aux chiottes le protocole !
Il devait parler à cette pute, sans attendre !
Deux gardes se tenaient devant l'entrée du centre de communications. Ils tentèrent de s'interposer, un uppercut au foie et une béquille dans l'entrejambe suffirent à les tenir en respect. Le Shérif entra dans la vaste salle et s'arrêta devant une console proposant de multiples services. Il choisit la vidéoconférence par hologramme.
Virad apparut aussitôt, sous des traits pixellisés.
— Un moment, je suis occupée...
Malgré la piètre qualité de la retransmission, le Shérif reconnut le bras tendu de son ex-compagne, dont la main faisait certainement l'objet d'une manucure.
Dix minutes s'écoulèrent.
— Merci à toi, Malouche. Reste dans les parages, car après cette entrevue, je te demanderai de me lécher la chatte. J'aurai besoin de me détendre...
Le Shérif ne releva pas la provocation.
— Bonjour Virad...
— Mon Dieu ! Tu es aussi laid en hologramme qu'en vrai ! J'espère que ce ne sera pas long...
— Pas si tu me laisses en placer une. J'ai besoin d'aide. Je fais l'objet d'un piratage interne, un truc indétectable par des moyens locaux, seule la police du réseau peut s'en occuper...
— Et ta petite Virad est là pour ça, je présume...
— Étant donné que tu diriges cette police...
— Je ne peux vraiment pas blairer ta face de crapaud !
— Crois-moi, je te renvoie le compliment. Mais on s'en fout. Nous avons un intérêt commun dans cette affaire. Le pirate qui voit à travers mon œil n'est autre que Robin Capuche.
— Je l'aurai parié ! Ce fumier est insaisissable. Sa présence a été décelée hier à Singapour, avant-hier aux îles Caïman, le jour d'avant à Shangaï. Ce type possède la botte des sept lieues. Mais je vais te dire...
Elle se tourna vers le Shérif, et opéra un zoom sur son regard trop maquillé.
— … Capuche est actuellement le cadet de mes soucis. Ses arnaques ont été étouffées par le renforcement des contrôles financiers. J'aimerais bien le jeter dans une cage, au nom du passé, mais pour le moment, j'ai d'autres chats à fouetter. Cela dit, l'un de mes contrôleurs de flux pourrait se greffer à ton piratage, et tenter de capter le signal d'émission pour le suivre à la trace. Inutile de déployer toute une équipe.
— C'est toujours mieux que rien.
— À mon avis, il va vite piger qu'on cherche à l'entuber, mais ça ne coûte rien d'essayer...
— Faut que je dise merci ?
— Surtout pas ! Remercie ton vieux pote Capuche. Grâce à lui, j'ai pu supporter ta gueule plus de trois minutes sans gerber...

*

Le mystérieux Capuche n'avait pas tardé à lui fournir ses instructions. Dès le lendemain de leur poignée de main, il devait se rendre à la « Probité Générale », au « Débit Agricole », les plus grosses banques, afin d'y solliciter des emprunts. Les projets à financer lui étaient fournis par mail. Il n'y comprenait rien, mais cela devait intéresser les établissements financiers, puisqu'en une heure, il parvint à glaner plusieurs centaines de millions de crédits. L'ensemble des fonds était versé sur des comptes auprès de la prestigieuse « World Bank of the New Era. » Le plus étourdissant, c'est que ces comptes bancaires étaient à son nom, à lui, Jean Legrand. Et qu'il avait toute autorité pour en faire ce que bon lui semblait. Loin de le combler de joie, cette manne douteuse l'emplissait d'une angoisse terrifiante. Comment avait-il pu rassembler autant de fonds en si peu de temps ?
Et ce n'était pas terminé. Le lendemain, il avait rendez-vous avec « HSBS », « FRED », ainsi que d'autres organismes asiatiques, africains, américains, dont les noms lui échappaient...
À ce train, les millions allaient s'accumuler. Les milliards, peut-être...
Puis une personne inconnue prit contact sur son numéro privé. Son cœur explosa dans sa poitrine. Était-ce déjà la fin ?

*

L'expert en captation de signaux de Virad s'avérait être une vraie brêle. À peine avait-il commencé ses investigations qu'il jetait l'éponge. Il proposa de laisser un mouchard, à son tour, pour guetter le retour de l'opportun, mais le Shérif coupa aussitôt la communication.
Il contacta Gisburne.
— J'espère que tu as de bonnes nouvelles, parce que moi, c'est plutôt la merde.
— Ouais ! Tu te souviens du gardien de la résidence où se cachait Capuche, la semaine dernière ?
— Quoi ? Ce trou de balle ? Et alors ?
— Alors il est en train de montrer des dizaines d'affaires auprès d'autant de banques ; vraiment bizarre pour un gardien d'immeubles. Il emprunte en masse !
— Putain ! Et Capuche ?
— À ton avis ? Il envoie un émissaire, le manipule, et à la fin, c'est ce pauvre type qui écopera d'un bon millier d'années de taule ! Et ce n'est pas fini. Le central vient d'intercepter un appel...
— Tu vas me raconter ça de suite. Pour commencer, je vais me couper du réseau. Je ne peux plus me permettre de guider cette enflure...

*

— Enchantée, Monsieur Legrand. Je m'appelle Marianne. J'ai l'honneur de vous inviter à une soirée spéciale, au palais Barnsdale, le 8 octobre prochain à 20h. Je ne peux pas vous révéler l'ensemble du programme. Sachez cependant que votre présence serait appréciée. Et que rares sont ceux qui ont eu à se plaindre de nos prestations...
Jean tomba de son canapé. C'était quoi, cette proposition ? Un piège ? Que devait-il faire ? Il avait confiance en Robin, sans vraiment s'expliquer pourquoi. Il le contacta sur sa ligne sécurisée.
— En effet, ton statut actuel te permet de pénétrer certains « cercles. » Il s'agit d'une réception avec des nanas très... ouvertes. Libre à toi d'y aller ou pas. À mon avis, tu devrais profiter, tu peux aussi rester chez toi et mater un RedRay ! Les deux options sont respectables...
Jean demeurait figé devant les illustrations du message. Des filles sublimes, au corps parfait, dans le plus simple appareil. Des mutantes aux deux visages. Des obèses à huit mamelles. Des hybrides chèvres, brebis, ou chatte. La plupart de ces images l'horrifiaient. Sauf celle des filles sublimes au corps parfait. Combien avait-il connu de ces merveilles au cours de sa vie ? Jamais. Jean Legrand n'avait jamais connu de femme. Son cœur cognait contre ses côtes à les faire exploser. Cette invitation paraissait atroce, infâme, et pourtant... il savait qu'il irait.

IV – Click !

Le palais Barnsdale se situait dans une vaste propriété clôturée par de hautes murailles, dont l'unique issue se constituait d'un portail d'acier trempé, grimpant vers le ciel comme un oursin de métal. Fait étrange, ce dernier était ouvert, permettant à la voiture de police de se glisser sur une allée de goudron royale, le long d'un paysage bucolique de toute beauté.
Le Shérif et Gisburne se présentèrent à la réceptionniste.
— Bonjour, vous !
La jeune femme, horrifiée, manqua de s'évanouir, et accourut dans une pièce voisine pour hurler son dégoût. Bientôt, une femme d'âge mûr, aux traits durcis, se présenta face à eux. Elle interpella le Shérif de la manière la plus crue :
— Qu'est-ce que tu fous là, tronche de bite ?
— Hum... fit la réceptionniste, derrière elle.
— Quoi ?
— Ça, c'est pas une tronche de bite. Ce serait plutôt une grosse face de cul !
— Exact ! J'avais mal vu, merci Priscille ! Qu'est-ce que tu branles ici, grosse face de cul ?
D'un calme olympien, le Shérif exposa une feuille de papier, signée par le cabinet du préfet.
— Je suis autorisé à entrer, signifia-t-il laconique, au comble de la provocation.
L'autre ne fut pas décontenancée pour autant. Elle frappa des mains et hurla :
— Qu'on aille me chercher Jean, et tout de suite !
Deux minutes plus tard, le préfet apparaissait dans l'encadrement d'une double porte, totalement nu hormis un caleçon ridicule à poids rouges.
— Monsieur le préfet interpella la tenancière, ces deux connards prétendent avoir un mandat signé de ta main les autorisant à faire chier le monde dans cet établissement. Ça vient vraiment de chez toi ?
— Possible, oui, c'est mon cabinet. Encore cette connasse de secrétaire ! J'annule tout. Déchire-moi cette merde !
— Vous avez entendu, les pédales ? fit la matrone aux officiers de police. Barrez-vous !
Le Shérif se vit en train de pulvériser le crâne de cette pute contre le mur, la retourner sur le comptoir, et l'éventrer de son poing cybernétique pour la déchirer en deux, la vider comme une truite, arracher sa colonne vertébrale et s'en servir de lasso pour frapper Priscille et les autres connasses présentes dans le hall. Au lieu de cela, il sortit, digne, impavide, le poing serré.
Gisburne, sur ses talons, tenta un trait d'humour :
— Pas commode la taulière. On dirait toi avec des nichons !
Le Shérif restait mutique. Il prononça une seule phrase, alors qu'il ouvrait le coffre de leur Toyota customisée.
— Nous allons entrer dans ce bordel.
L'adjoint serra les dents, sans oser s'interposer.
La roquette frappa la riche villa, en réduisant en gravats fumants le côté ouest. Des dizaines de convives, réduites en simples silhouettes sous les fumées grises, surpris pendant leurs ébats, se réfugièrent à l'abri des regards. Le Shérif pénétra à l'intérieur de l'établissement. Son œil de chair se posa de suite sur le gardien, ce maudit Legrand, situé tout au fond de la salle.
— Je ne suis pas ici pour vous arrêter, affirma-t-il à chacun. Je viens vous prévenir !
Un silence de plomb s'effondra sur la villa. Chacun écoutait, l'esprit plus ou moins engourdi. Les filles observaient la scène d'un air détaché. Le gardien se glissait hors de vue. Celui-là, il allait prendre cher !
— Messieurs et... mesdames, sachez qu'un produit financier très alléchant se répand sur le Sherwood. C'est une arnaque ! Je ne dispose d'aucune preuve, mais croyez-moi. La certification « Major Oak » n'est en rien une garantie. Je n'ai jamais découvert qui se cachait derrière ses dirigeants. Ce sont des fonds privés, fantômes, eux-mêmes dirigés par des personnes invisibles, peut-être même un seul individu. Je vous recommande de ne pas leur faire confiance. Vous engrangez de jolis bénéfices, peut-être, mais le moment venu, lorsque vous voudrez récupérer vos capitaux, il n'y aura que du vent...
— Peuh ! Pesta une voix à l'arrière de la salle. Seulement pour les retardataires !
L'intéressé exposa son majeur au Shérif.

*

Le gardien s'était réfugié dans une salle au sous-sol. Terrifié, en larmes, il contacta Robin via son poignet-pad.
— Je suis dans la merde ! Le Shérif a défoncé la villa. Il est entré.
— Oh ! Je ne pensais pas qu'il irait aussi loin. Pas grave. On va agir sans attendre. Connecte-toi sur le site sécurisé dont je t'ai confié l'adresse et le mot de passe cet après-midi. Tu y es ? Maintenant, exécute le mode opératoire suivant...
Quelques minutes après, Jean Legrand n'existait plus sur le réseau sous sa vraie identité. Ni même sous une fausse. Il se réduisait à un code, fluctuant, mobile et invisible.
— À présent, regroupe tous les comptes de la « World Bank of the New Era » en un seul. Un simple click suffit ! Ensuite, encore un click, et tu appelles le remboursement de tes placements. N'attends pas. C'est maintenant !
Le doigt de Jean pressa les touches sans hésitation. En quelques secondes, des centaines de milliards transitèrent sur le compte bancaire d'une entité créé de toutes pièces par Capuche, nommée « Auxpauvres », vidant les caisses du hedge fund.
— Maintenant, faut que tu dégages d'ici, Jean, mon ami ! fit Robin avec ironie. Si le Shérif met la main sur toi, tu vas passer un sale quart d'heure, et je ne peux rien faire pour t'aider, je suis avec Marianne loin de ce merdier. Bonne chance à toi !
Jean Legrand se sentait trahi. Il entendait des pas approcher. Des pas lourds, métalliques. La terreur lui déchira les tripes.
— GARDIEN, fils de pute ! Je sais que tu es là ! Amène ton cul ici, où je me fâche !
Sa seule échappatoire consistait à descendre encore, jusqu'aux parkings. Il traversa plusieurs pièces, des locaux techniques, des réserves de matériel, et à chaque fois qu'il refermait une porte, il en entendait une autre s'ouvrir, signe que le monstre le filait de près. Enfin, un escalier se présenta et il dévala les marches en ciseaux, fonça sur la porte coupe-feu, et s'engouffra entre deux rangées de véhicules en stationnement, caressant le fol espoir de se dissimuler. Malheureusement, il soufflait comme un boeuf, et seul un aveugle sourd aurait été incapable de le repérer.
Le Shérif se présenta bientôt sur ses talons. Il ne courait pas. Ses chaussures frappaient le ciment comme deux marteaux. À bout de forces, Legrand s'effondra, à quelques pas de la sortie. C'est alors qu'un véhicule anthracite, luisant comme un soulier verni, fit irruption sur l'allée principale, bientôt suivi de plusieurs autres bolides du même type. Ils empruntèrent des chemins différents, de manière à encercler le Shérif. Ils s'arrêtèrent enfin et déversèrent dans l'espace mal éclairé une myriade d'agents de police solidement armés, et protégés d'épaisses carapaces...
— Shérif, fit le chef du commando. Vous n'êtes pas autorisé à intervenir en ce lieu. Partez.
— Faites pas les cons, les gars. Le type qui crache ses poumons, juste là, est impliqué dans une affaire d'escroquerie à grande échelle.
— Je m'en fous. Votre présence est illégale. Faites demi-tour.
Le Shérif esquissa un geste de colère, mais aussitôt, huit canons se dressèrent devant lui. Il tendit bien haut ses deux majeurs et rebroussa chemin.
Jean Legrand s'évanouit.

*

À son réveil, le gardien se trouvait allongé dans un lit. Encore groggy, il découvrit des papiers sur une table de chevet : un passeport au nom de Jean Petit, une carte bancaire internationale, les statuts d'une société, un livret promotionnel au sujet d'une île à vendre, portant des traces de stylo. Des vêtements de grandes marques l'attendaient dans une penderie. Il les enfila et sortit de sa chambre, qui s'avéra être la cabine d'un yacht. Sur la terrasse, Robin se prélassait dans une chaise longue. Un cocktail multicolore reposait face à lui, sur une table ovale. À ses côtés, se tenait une femme saisissante de beauté, en jupe courte et débardeur. Il en déduisit qu'il s'agissait de Marianne, l'organisatrice des soirées « spéciales » du Barnsdale. Elle tenait un verre gigantesque en mains.
— Messieurs dames, fit-il en s'approchant d'un pas mal assuré. Je présume que nous naviguons vers une île...
— Excellente déduction, s'exclama Robin. Un lieu paradisiaque, protégé par une véritable armée. Nous en aurons bien besoin ! Les pigeons que nous avons plumés ne sont pas à quelques milliards près, mais l'orgueil, c'est méchant !
Jean fixait Robin. Ce moment de quiétude n'effaçait pas la terreur ressentie quelques heures plus tôt, ni la légèreté affichée par son « ami » au plus fort de sa détresse.
— Je me suis senti trahi, hier.
— Tu veux dire, il y a deux jours... Je le confesse, je ne suis pas clairvoyant. Je ne pensais pas que le Shérif risquerait sa carrière à coups de roquette. Cela aurait pu être grave, mais je connais bien la gérante du Barnsdale. Je savais qu'elle ferait le nécessaire pour le contrarier. Je n'ai jamais cru qu'il parviendrait à te coincer.
— Malouche ! appela Marianne. Viens servir un rafraîchissement à notre ami Petit Jean !
Une sorte de déesse aux jambes effilées déboucha d'une issue latérale, portant un plateau encombré de bouteilles et de verres.
Jean choisit un mojito, et s'installa à son tour sur une chaise.
— Eh bien, philosopha-t-il, je pense pouvoir oublier toutes ces offenses avec mon nouveau statut de milliardaire...
— Hem...
Piqué au vif, il reposa le verre qu'il avait empoigné et fusilla Robin du regard.
— Ne me dis pas que...
— Si, bien sûr. Souviens-toi du titulaire du compte sur lequel tu as versé les fonds...
Il fouilla dans sa mémoire, incapable d'y retrouver l'information voulue.
— Je suis vraiment ton ami, n'en doute pas, je n'en demeure pas moins un escroc ! Je me présente, Robin Auxpauvres, pour te servir !


Dernière édition par Cancereugène le Lun 27 Nov 2017 - 18:08, édité 3 fois
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Re: Le prince de l'équation

Message par FRançoise GRDR le Lun 27 Nov 2017 - 16:40

Bon, je ne peux pas le télécharger (fenêtre comme quoi mon ordi est bloqué si je n'appelle pas le numéro indiqué : 01 86 65 65 59 : une arnaque car si j'enlève l'adresse à rallonge qui s'est mise en haut, à la place du site, je retrouve les fonctions normales de l'ordi sans piratage comme indiqué !!! Bref, c'est pénible quand même) ... Et comme il n'y a pas d'aperçu, je ne peux pas le lire...


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Re: Le prince de l'équation

Message par Cancereugène le Lun 27 Nov 2017 - 17:00

Bizarre, ce site. Quand j'y vais, je télécharge mon fichier sans problème, et sans intervention de mon anti-virus. Je vais tenter de trouver une solution alternative...

Voilà. J'ai changé le lien. J'espère que ça va aller... là aussi, j'y accède sans problème.
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Re: Le prince de l'équation

Message par FRançoise GRDR le Lun 27 Nov 2017 - 17:22

Euh, c'est pire : site web signalé comme non sécurisé, dixit Windows Defender SmartScreen (j'ai mon écran rouge pétant). J'ai Avira comme antivirus aussi...
Tu vas être obligé de le copier directement ici ou de remettre un aperçu.


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Re: Le prince de l'équation

Message par Catherine Robert le Lun 27 Nov 2017 - 18:26

J'ai pas essayé, mais si tu essayais via ton blog Cancereugène.


"J'ai lu. Je sais même pas quoi dire tellement je suis atterrée.
Et le pire c'est que j'ai aimé te lire."
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"Merci de m'avoir donné envie de vomir !" Nao76 sur "Yin et yang"
Ton texte m'avait fait penser à un film allemand atroce que j'avais vu plus jeune : Nekromantik ! Polo sur "Trafic de cadavres"
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Re: Le prince de l'équation

Message par Cancereugène le Lun 27 Nov 2017 - 18:28

Oui, je ne sais pas si ce sera mieux que sur un spoil, mais je vais faire ça.

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Re: Le prince de l'équation

Message par FRançoise GRDR le Lun 27 Nov 2017 - 19:50

Parfait comme ça (je l'ai lu sur ton blog).
Un texte de haut vol, savoureux, au scénario imprévisible. J'ai bien aimé ce ton vulgaire parfois ou timide qui donne bien le caractère de chaque personnage.
Bravo pour cette participation très réussie car le classique, même si tu l'as mis à ta sauce est très reconnaissable (dans les grandes lignes car je ne l'ai pas lu, juste vu en film). Donc super !


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Re: Le prince de l'équation

Message par paulux le Mer 29 Nov 2017 - 15:51

Pour ma part, je suis un peu plus mitigé que FRançoise... oui, le texte est prenant, avec de belles idées. Néanmoins, j'y trouve un peu de facilité (notamment dans une arnaque qui passe comme une lettre à la poste). Le personnage de Robin est flamboyant, loquace et doué, comme ce qu'on imagine, mais pareil, j'ai trouvé ça un peu trop, ou manquant de finesse.

Bon... après, c'est mon ressenti, qui sera sûrement différent pour les autres. Une mention spéciale pour le shérif, qui fait un très bon vilain !
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Re: Le prince de l'équation

Message par Nao76 le Lun 11 Déc 2017 - 10:50

C'est un joli texte, un classique qu'on ne connait pas forcément tous par le même média, moi c'était plutôt le dessin animé (chacun sa référence !).
En tous cas une jolie interprétation avec le sherif cyborg, j'adore !


"Quand la main abandonna les caresses et commença à tordre, à forcer et à tirer, ça ne la surprit pas. D'une étrange façon, elle accueillit la douleur avec gratitude. Une douleur concrète était plus facile à gérer que la terreur dans l'attente de l'inconnu."
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Re: Le prince de l'équation

Message par Blahom le Mer 13 Déc 2017 - 0:04

De bonnes idées et quelques moments d'action réussis. J'avoue cependant avoir eu du mal avec certains passages un peu crus qui n'apportent, à mon sens, pas grand chose à l'histoire et ne la servent définitivement pas.
C'est d'autant plus dommage que l'idée de départ était excellente.


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Re: Le prince de l'équation

Message par Paladin le Mer 13 Déc 2017 - 20:49

Moi je connais ce classique surtout par des films comme le plus ancien avec Errol Flynn, et d'autres qui commencent à dater aussi, comme celui avec Kevin Costner (Je viens de rendre compte que celui-là date de 1991 !) et bien sûr le dessin animé des studios Disney et divers dessins animés parodies et autres... Ici on a un version cyberpunk, avec un détournement
Spoiler:
(C'est la cas de le dire) à la fin de la fameuse formule "voler aux riches pour donner aux pauvres"
. C'est plein de trouvailles, et les passages "crus" ne m'ont pas gêné, dans le contexte, il ont un effet comique. La seule chose que j'aurais à redire, c'est que j'ai eu quelquefois du mal à suivre les subtilités informatiques et économiques de l'histoire, sinon, j'aimais déjà les space-opéras de Cancereugène, mais voila qu'il se débrouille aussi en cyberpunk !


Dernière édition par Paladin le Mer 13 Déc 2017 - 22:13, édité 1 fois


Mais alors, dit Alice, si le monde n'a absolument aucun sens qui nous empêche d'en inventer un?

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Re: Le prince de l'équation

Message par mormir le Mer 13 Déc 2017 - 21:49

Eh bien, eh bien, encore un bon texte ! Le classique est vite évident. Son détournement est très bien trouvé.
La réalisation est un peu plus inégale : des passages absolument époustouflants voisinent avec des coquilles et des scènes un rien excessives.
Pourtant l'ensemble est prenant et j'ai eu du mal à m'en détacher avant le dernier mot car je ne voyais jamais à l'avance vers où tu allais. Ca c'est du talent !
Merci à toi


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Re: Le prince de l'équation

Message par Raven le Dim 17 Déc 2017 - 15:14

Marre de glandouiller au boulot : autant commencer mes lectures.

Le titre m'a fait de l'œil depuis que tu l'as posté, et je n'ai pas été déçue à ce niveau-là : un peu technique avec le côté informatique/spéculatif, ça fleurait bon l'arnaque dès le début et j'aime ce type d'histoires. L'entrée en matière est prenante : cette scène est vraiment excellente, très visuelle et tu nous hameçonnes directement.
Ensuite, l'univers : là aussi, très bien réfléchi, bourré de petits détails mais sans jamais en faire trop.

J'ai été happée et forcée de lire en me demandant systématiquement où tu allais : franchement, j'avais du mal à saisir tous les rouages car aucune vue d'ensemble ne s'en dégageait, j'ai été menée tout au long de ma lecture par ce besoin d'en savoir plus. Tant et si bien que j'avais déjà complètement oublié le thème du concours quand le mot Nottingham m'a ramenée à la réalité (et c'est assez loin dans le texte). En plus tu mentionnes Sherwood dès le début (et je ne parle même pas de la photo que tu as mise) : mais non, j'étais prise dans le truc.

Je ne connais l'histoire que dans les grandes lignes par le dessin animé puis le film, bref l'idée que tout le monde s'en fait. Tu as plutôt bien revisité le principe en gardant un effet de surprise sur la fin : c'est bien vu, ça amène du neuf tout en respectant à la lettre l'histoire de base. On retrouve bien les persos principaux, et même là tu arrives à nous surprendre avec ces jeux sur leurs noms : tout se met en place à la fin, et si ce n'était le personnage du shérif, je crois que je n'y aurais vu que du feu jusqu'à la chute.

Une bonne revisite dans un univers inattendu, des idées, du rythme : le contrat est rempli.

J'attends de découvrir les autres pour mieux me faire une idée, mais c'est déjà nettement plus intéressant que ce à quoi je m'attendais avec ce thème qui ne me tentait pas du tout.


Quiconque lit la présente ligne sait que je lui souhaite une excellente année 2018.
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Re: Le prince de l'équation

Message par Tak le Dim 24 Déc 2017 - 10:53

Encore une très belle proposition pour ce concours.
Cette fois-ci, on reconnait d'emblée le classique et ça permet de se concentrer pleinement sur le récit. Celui-ci foisonne d'idées en tous genres et l'univers est original, avec une petite touché décalée et parsemé de petits éclats sanglants que j'ai trouvé très sympa. Le rythme est bon et le style est comme toujours avec toi, très accrocheur.
Peut-être m'a-t-il manqué un ou deux détails sur l'arnaque, mais comme le texte n'est pas centré sur celle-ci non plus, ça ne m'a pas dérangé plus que ça...
Bref, encore un récit qui revisite un classique de façon originale et inattendue, avec une belle galerie de personnages (notamment celui du Shérif, très réussi).

Du très beau boulot donc, mais il faudrait que je le relise pour mon classement, je sens que je vais encore douiller...


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Re: Le prince de l'équation

Message par Cancereugène le Dim 24 Déc 2017 - 12:44

Merci pour tous vos commentaires, je m'attendais à plus de sévérité. C'est sûrement Paulux qui exprime le mieux ce que je pense de mon récit. Cette arnaque est trop "simple", et c'est justement pour ça que je me suis attaché à construire un univers assez violent et cru. Pour compenser les faiblesses de l'intrigue. Et j'y ai passé du temps ! Le côté caricatural des personnages ne semble pas vous avoir gêné, tant mieux.

Pour la poésie et la finesse, on verra plus tard...
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