Conte d'Hiver

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Conte d'Hiver

Message par Paladin le Lun 24 Oct 2011 - 20:32

Cette histoire est assez longue: 41 pages, et je ne sais pas si vous l'avez lue!

Il s'agit d'une version trés personnelle de "La Reine des Neiges" de C.A.Andersen

j'ai travaillé chacune des sept histoires qui composent le conte originel (Que vous pouvez lire ici: http://www.chez.com/feeclochette/Andersen/lareine.htm ) et à partir des éléments qui m'inspiraient de ces histoires, j'en ai reconstruit l'histoire, en la tirant du coté de la fantasy et des légendes. Je me suis permis de la transposer au moyen-âge et de faire vieillir de quelques années les héros. Gerda et Kay, qui sont des enfants chez Andersen, sont chez moi des adolescents (Mais les adolescents, au moyen-age, étaient en fait de jeunes adultes!)




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Re: Conte d'Hiver

Message par Zaroff le Lun 24 Oct 2011 - 22:11

41 pages ! Je vais finir par vous demander une cotisation !!! Mais je vais me faire plaisir car je crois bien n'avoir jamais lu celui-ci.


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Re: Conte d'Hiver

Message par Zaroff le Mer 9 Nov 2011 - 21:24

Je l'ai commencé . Je sens déjà qu'il va être énorme.


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Re: Conte d'Hiver

Message par Zaroff le Lun 14 Nov 2011 - 9:26

Une vraie merveille ce conte ! On sent un boulot énorme derrière. Chaque épisode contient son atmosphère propre, ses démons, ses décors, ses gouvernants et on suit l'épopée courageuse de Gerda à travers divers univers oniriques ou diaboliques. Sa quête pour retrouver Kay chez la Reine des Neiges est formidablement narrée tant par le style que par la construction. Je me répète encore et encore mais... BON SANG DE FOUTREDIEU DE BORDEL DE FION DE NIQUE TA RACE MAUDITE que tu es fort dans ce domaine. Ce conte est génial. Pis c'est tout.


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Re: Conte d'Hiver

Message par Paladin le Lun 14 Nov 2011 - 16:50

Merci Erwan!

Texte néanmoins refusé par les Editions Argemmios, tout en lui trouvant des qualités.

Il doit dater de 2006 je pense et fait partie de ceux qui m'ont donné le plus de plaisir à écrire. Long mais finalement l'histoire m'est venue facilement. J'ai rédigé ça au rythme d'une semaine par chapitre, en suivant comme fil conducteur le conte d'Andersen. Je suis parti de chacune des sept histoires qui la compose et à chacune d'elle j'ai pris un élément qui m'inspirait et à partir duquel j'ai laissé aller mon inspiration, en y greffant des thèmes légendaires et mythologiques (La Chasse Sauvage, le chamanisme, les mythes scandinaves, L'axe du monde, etc...).


Mais alors, dit Alice, si le monde n'a absolument aucun sens qui nous empêche d'en inventer un?

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Re: Conte d'Hiver

Message par Zaroff le Lun 14 Nov 2011 - 17:19

J'ai bien apprécié la partie avec les sauvages en peaux de bête. Cela me rappela un peu le style adopté par Brussolo sous le pseudo de Morlok. Tu devrais peut-être t'en inspirer pour écrire un truc dans le genre de J.H Rosny ?



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Re: Conte d'Hiver

Message par Paladin le Lun 14 Nov 2011 - 18:57

Cette partie là est en fait la plus proche du conte d'Andersen, la cinquième histoire, celle dite de "La petite fille des brigands":



CINQUIEME HISTOIRE
LA PETITE FILLE DES BRIGANDS

On roulait à travers la sombre forêt et le carrosse luisait comme un flambeau. Des brigands qui se trouvaient là en eurent les yeux blessés, il ne pouvaient le supporter.
- De l'or ! de l'or ! criaient-ils.
S'élançant à la tête des chevaux, ils massacrèrent les petits postillons, le cocher et les valets et tirèrent la petite Gerda hors de la voiture.
- Elle est grassouillette, elle est mignonne et nourrie d'amandes, dit la vieille brigande qui avait une longue barbe broussailleuse et des sourcils qui lui tombaient sur les yeux. C'est joli comme un petit agneau gras, ce sera délicieux à manger.
Elle tira son grand couteau et il luisait d'une façon terrifiante.
- Aie ! criait en même temps cette mégère.
Sa propre petite fille qu'elle portait sur le dos et qui était sauvage et mal élevée à souhait, venait de la mordre à l'oreille.
- Sale petite ! fit la mère.
Elle n'eut pas le temps de tuer Gerda, sa petite fille lui dit :
- Elle jouera avec moi, qu'elle me donne son manchon, sa jolie robe et je la laisserai coucher dans mon lit.
Elle mordit de nouveau sa mère qui se débattait et se tournait de tous les côtés. Les brigands riaient.
- Voyez comme elle danse avec sa petite !
- Je veux monter dans le carrosse, dit la petite fille des brigands.
Et il fallut en passer par où elle voulait, elle était si gâtée et si difficile. Elle s'assit auprès de Gerda et la voiture repartit par-dessus les souches et les broussailles plus profondément encore dans la forêt. La fille des brigands était de la taille de Gerda mais plus forte, plus large d'épaules, elle avait le teint sombre et des yeux noirs presque tristes. Elle prit Gerda par la taille, disant :
- Ils ne te tueront pas tant que je ne serai pas fâchée avec toi. Tu es sûrement une princesse.
- Non, répondit Gerda.
Et elle lui raconta tout ce qui lui était arrivé et combien elle aimait le petit Kay.
La fille des brigands la regardait d'un air sérieux, elle fit un signe de la tête.
Elle essuya les yeux de Gerda et mit ses deux mains dans le manchon. Qu'il était doux !
Le carrosse s'arrêta, elles étaient au milieu de la cour d'un château de brigands, tout lézardé du haut en bas, des corbeaux, des corneilles s'envolaient de tous les trous et les grands bouledogues, qui avaient chacun l'air capable d'avaler un homme, bondissaient mais n'aboyaient pas, cela leur était défendu.
Dans la grande vieille salle noire de suie, brûlait sur le dallage de pierres un grand feu, la fumée montait vers le plafond et cherchait une issue, une grande marmite de soupe bouillait et sur des broches rôtissaient lièvres et lapins.
- Tu vas dormir avec moi et tous mes petits animaux préférés ! dit la fille des brigands.
Après avoir bu et mangé elles allèrent dans un coin où il y avait de la paille et des couvertures. Au-dessus, sur des lattes et des barreaux se tenaient une centaine de pigeons qui avaient tous l'air de dormir mais ils tournèrent un peu la tête à l'arrivée des fillettes.
- Ils sont tous à moi, dit la petite fille des brigands.
Elle attrapa un des plus proches, le tint par les pattes.
- Embrasse-le ! cria-t-elle en le claquant à la figure de Gerda.
- Et voilà toutes les canailles de la forêt, continua-t-elle, en montrant une quantité de barreaux masquant un trou très haut dans le mur.
- Ce sont les canailles de la forêt, ces deux-là, ils s'envolent tout de suite si on ne les enferme pas bien. Et voici le plus chéri, mon vieux Bée !
Elle tira par une corne un renne qui portait un anneau de cuivre poli autour du cou et qui était attaché.
- Il faut aussi l'avoir à la chaîne celui-là, sans quoi il bondit et s'en va. Tous les soirs je lui caresse le cou avec mon couteau aiguisé, il en a une peur terrible, ajouta-t-elle.
Elle prit un couteau dans une fente du mur et le fit glisser sur le cou du pauvre renne qui ruait, mais la fille des brigands ne faisait qu'en rire. Elle entraîna Gerda vers le lit.
- Est-ce que tu le gardes près de toi pour dormir ? demanda Gerda.
- Je dors toujours avec un couteau, dit la fille des brigands. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Mais répète-moi ce que tu me racontais de Kay.
Tandis que la petite Gerda racontait, les pigeons de la forêt roucoulaient là- haut dans leur cage, les autres pigeons dormaient. La fille des brigands dormait et ronflait, une main passée autour du cou de Gerda et le couteau dans l'autre, mais Gerda ne put fermer l'œil, ne sachant si elle allait vivre ou mourir.
Alors, les pigeons de la forêt dirent :
- Crouou ! Crouou ! nous avons vu le petit Kay. Une poule blanche portait son traîneau, lui était assis dans celui de la Reine des Neiges, qui volait bas au-dessus de la forêt, nous étions dans notre nid, la Reine a soufflé sur tous les jeunes et tous sont morts, sauf nous deux. Crouou ! Crouou !
- Que dites-vous là-haut ? cria Gerda. Où la Reine des Neiges est-elle partie ?
- Elle allait sûrement vers la Laponie où il y a toujours de la neige et de la glace. Demande au renne qui est attaché à la corde.
- Il y a de glace et de la neige, c'est agréable et bon, dit le renne. Là, on peut sauter, libre, dans les grandes plaines brillantes, c'est là que la Reine des Neiges a sa tente d'été, mais son véritable château est près du pôle Nord, sur une île appelée Spitzberg.
- Oh ! mon Kay, mon petit Kay, soupira Gerda.
- Si tu ne te tiens pas tranquille, dit la fille des brigands à demi réveillée, je te plante le couteau dans le ventre.
Au matin Gerda raconta à la fillette ce que les pigeons, le renne, lui avaient dit et la fille des brigands avait un air très sérieux, elle disait :
- Ça m'est égal ! ça m'est égal !
- Sais-tu où est la Laponie ? demanda-t-elle au renne.
- Qui pourrait le savoir mieux que moi, répondit l'animal dont les yeux étincelèrent. C'est là que je suis né, que j'ai joué et bondi sur les champs enneigés.
- Ecoute, dit la fille des brigands à Gerda, tu vois que maintenant tous les hommes sont partis, la mère est toujours là et elle restera, mais bientôt elle va se mettre à boire à même cette grande bouteille là-bas et elle se paiera ensuite un petit somme supplémentaire - alors je ferai quelque chose pour toi.
Lorsque la mère eut bu la bouteille et se fut rendormie, la fille des brigands alla vers le renne et lui dit :
- Cela m'aurait amusé de te chatouiller encore souvent le cou avec mon couteau aiguisé car tu es si amusant quand tu as peur, mais tant pis, je vais te détacher et t'aider à sortir pour que tu puisses courir jusqu'en Laponie mais il faudra prendre tes jambes à ton cou et m'apporter cette petite fille au château de la Reine des Neiges où est son camarade de jeu. Tu as sûrement entendu ce qu'elle a raconté, elle parlait assez fort et tu es toujours à écouter.
Le renne sauta en l'air de joie. La fille des brigands souleva Gerda et prit la précaution de l'attacher fermement sur le dos de la bête, elle la fit même asseoir sur un petit coussin.
- Ça m'est égal, dit-elle. Prends tes bottines fourrées car il fera froid, mais le manchon je le garde, il est trop joli. Et comme je ne veux pas que tu aies froid, voilà les immense moufles de ma mère, elles te monteront jusqu'au coude
- fourre-moi tes mains là-dedans. Et voilà, par les mains tu ressembles à mon affreuse mère.
Gerda pleurait de joie.
- Assez de pleurnicheries, je n'aime pas ça, tu devrais avoir l'air contente au contraire, voilà deux pains et un jambon, tu ne souffriras pas de la faim.
Elle attacha les deux choses sur le renne, ouvrit la porte, enferma les grands chiens, puis elle coupa avec son couteau la corde du renne et lui dit :
-Va maintenant, cours, mais fais bien attention à la petite fille.
Gerda tendit ses mains gantées des immenses moufles vers la fille des brigands pour dire adieu et le renne détala par-dessus les buissons et les souches, à travers la grande forêt par les marais et par la steppe, il courait tant qu'il pouvait. Les loups hurlaient, les corbeaux croassaient. Le ciel faisait pfut ! pfut ! comme s'il éternuait rouge.
- C'est la chère vieille aurore boréale, dit le renne, regarde cette lumière !
Et il courait, il courait, de jour et de nuit.
On mangea les pains, et le jambon aussi. Et ils arrivèrent en Laponie.

J'ai remplacé les brigands par des barbares adorateurs du Chaos mais je suis à peu prés le déroulement de l'histoire originelle. La relation entre Gerda et la fille des brigands est même moins ambigue dans ma version!


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Re: Conte d'Hiver

Message par Zaroff le Lun 14 Nov 2011 - 19:01

Eh bien je préfère de loin ta version que celle d'Andersen ! Une cruauté géniale. J'ai vraiment adoré cette partie.


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Re: Conte d'Hiver

Message par Géraldine BM le Lun 22 Juin 2015 - 19:03

C'est fait, j'ai choisi ma première victime, euh pardon lecture...  Je vais prendre le temps de déguster ! Ne prends pas peur Paladin, il me fallait bien quelqu'un pour ouvrir le bal...
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Re: Conte d'Hiver

Message par Paladin le Lun 22 Juin 2015 - 19:06

Vas-y donc... C'est une histoire qui a déjà environ 9 ans! Et un de mes plus longs textes...


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Re: Conte d'Hiver

Message par Géraldine BM le Dim 5 Juil 2015 - 17:40

Coucou Paladin,

C'est fait, j'ai adoré l'histoire.

J'ai fait un décorticage complet, histoire aussi d'apprendre à proposer un commentaire élaboré . Bon le texte étant ancien, nul doute que tu auras dépassé bien des "critiques" (constructives) que j'aurai pu faire.

Commentaire Conte d'hiver

Miam ! ça m'a donné faim tout ça, il faut que je me trouve une nouvelle victime

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Re: Conte d'Hiver

Message par Paladin le Dim 5 Juil 2015 - 19:01

Merci pour ce "décorticage" en règles! Je lirai ça tranquillement...

Il y a des références dans ce texte pas évidentes, comme le mot "alfes", ancien mot pour "elfes", ou le manteau en fourrure d'ours blanc de la reine des neiges (L'ours est lié symboliquement au Nord et à tout le thème "polaire" utilisé dans la dernière partie)... Il y a aussi beaucoup de coquilles, de fautes et de maladresses dans cet ancien texte qui date, je crois, de 2006.

Merci de ta lecture et de l'attention que tu lui a donné en tout cas, Géraldine!


Dernière édition par Paladin le Dim 5 Juil 2015 - 20:45, édité 3 fois


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Re: Conte d'Hiver

Message par Géraldine BM le Dim 5 Juil 2015 - 19:23

Un texte à ''re''-découvrir pour ceux qui n'ont pas lu : j'ai beaucoup aimé !


Faites gaffe : je dévore, j'égorge, j'éventre... et accessoirement, les jours de déprime, je mâchouille !
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Re: Conte d'Hiver

Message par Paladin le Lun 6 Juil 2015 - 13:42

Géraldine BM a écrit:les vêpres sonnaient. Déjà la douzième heure ! les vêpres c'est le coucher du soleil, donc la
douzième heure "midi" ? "minuit" ? Dans ce cas difficile que le ciel soit vu comme "blanc". Plus
tard il semble que ce soit effectivement à la nuit tombée, les marchands rangent leur échoppe, donc
exit la douzième heure. Ou bien je n'ai rien capté, c'est possible.


Sur ce point: au moyen-age, comme dans l'antiquité, avant l'invention des beffrois avec une horloge mécanique dans les villes, la journée était rythmée par le soleil et on comptait douze heures de jour et douze heures de nuit, bien sûr chaque heure étant d'une longueur variable suivant la saison!

Là; l'histoire se passe juste avant Noël, donc au moment où les jours sont les plus courts. La douzième heure, c'est la dernière du jour.

C'est comme ça qu'étaient nommé les offices des moines: prime, tierce, sexte, nonne: première, troisième, sixième, neuvième heure (à partir du lever du jour)

Un texte à ''re''-découvrir pour ceux qui n'ont pas lu : j'ai beaucoup aimé !

Merci encore!


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Re: Conte d'Hiver

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