La mort à mes pieds

Page 2 sur 2 Précédent  1, 2

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: La mort à mes pieds

Message par Raven le Ven 13 Jan 2017 - 18:27

C'est marrant car en fait j'ai téléchargé tous les textes dans la bibli de ma tablette et je pioche dedans selon mon humeur (et selon les titres). Mais je n'ai pas les noms des auteurs. Or, dès le premier paragraphe, je me suis dit "ça, c'est celui d'Amaranth". Comme quoi...

Je n'ai rien de spécial à dire sur ce texte dans la mesure où j'ai été dedans immédiatement. Le fait que ça n'avait pas l'air d'être du fantastique ne m'a même pas effleurée durant les premières pages. Je vais même noircir un peu le tableau en te disant que l'irruption du fantastique m'a quelque peu dérangée car ça crée une rupture de genre à laquelle je ne m'attendais plus à ce stade du récit. Bon, c'est de ma faute : je n'aurais pas dû me laisser emporter par le texte au point d'oublier de quel genre il devait relever. Ah, ben non : c'est de ta faute  :mrgreen:

Et je vais t'avouer un truc : quand j'ai lu "Jean prit quelques graviers et les frotta entre ses paumes", j'ai eu un flash, comme une évidence, et je me suis dit "je tiens le vainqueur du concours".

Ne t'emballe pas : je n'ai pas encore tout lu, mais cette phrase a déclenché un coup de cœur qui va énormément peser dans la balance au moment du choix final.

Je ne parlerai pas du cheminement, de la maladie, des visites au cimetière : il n'y a rien à commenter, c'est – à mes yeux – impeccable, crédible et prenant. Je m'y suis retrouvée en tant que personne, même si je n'ai pas à affronter la maladie, et en tant que lectrice/critique.

La fin, par contre, m'a moins convaincue : même si j'aime l'idée qu'à force de vivre le peu de temps qu'il lui reste dans ce cimetière il finisse par y non-vivre pour l'éternité, il y a quelques points un peu trop flous pour que j'y adhère totalement.

En revanche, j'ai vu un puissant côté érotique (teinté de complexe d'Œdipe^^) dans le fait que le fils mange la mère. Le "je t'aime je te mange" illustré. J'ai relu ce passage, car après coup je me suis dit que rien n'allait dans la direction incestueuse de mon interprétation. Mais en fait, il n'est nulle part question du père. La mère est omniprésente, elle est le personnage principal autant que Jean : à eux deux, ils forment un couple. C'est d'elle que tout part (ce besoin qu'il a de communiquer, de partager avec elle ce qu'elle a déjà vécu, de se confier) et c'est par elle que tout finit : la transformation. Si j'osais je parlerais même de transsubstantiation, car il y a indéniablement un côté eucharistique dans la scène finale ("Prenez et mangez, ceci est mon corps..."). C'est en mangeant ce corps sacré qu'il accède à la vie éternelle.
Le dieu, c'est la mère : là où d'autres iraient parler à un dieu dans un lieu sacré, lui va parler à sa mère dans un cimetière. L'idée est pervertie, ce qui la rend d'autant plus forte, et j'aime encore plus me dire qu'il y a une relation profondément charnelle dans tout ça. Le tabou du corps de la mère, qu'il voit nu, ou du moins totalement à découvert. Le désir, le besoin vital, de faire cette chair sienne. De fusionner, en devenant ce qu'il mange. Si tu insistais un peu sur ce côté (dans sa façon de manger, de lécher et de se délecter du doigt, par ex., en utilisant le vocabulaire du plaisir/de l'érotisme), ça donnerait (à mon avis) encore plus d'impact à cette scène, en ouvrant plusieurs axes d'interprétation pour la suite.

Bref, je m'arrête là, j'aime pas trop donner dans la psychologie de bazar, mais voilà ce que m'a inspiré ton texte. Je suis très contente de l'avoir lu : il m'arrive régulièrement de ne pas adhérer à tes textes, mais quand je le fais, c'est à fond ! Beau boulot miss !


Quiconque lit la présente ligne s'engage à signer une pétition contre la canicule. Poil au... Ah, non, rien.
avatar
Raven
— — Bouteuse de trains — — Disciple de la présente ligne

Messages : 3361
Date d'inscription : 04/05/2015
Age : 40
Localisation : au fond à droite

Revenir en haut Aller en bas

Re: La mort à mes pieds

Message par Tobermory le Mer 18 Jan 2017 - 15:55

Un texte très fort qui joue avec notre peur aussi bien viscérale que métaphysique de la mort et qui n’hésite pas à gratter là où ça fait mal. Le personnage avec sa chair qui se nécrose est déjà presque mort.
La fin en rajoute encore : anthropophagie, nécrophilie, quasi-inceste.
J’ai été à la fois révulsé et fasciné par ce huis-clos entre la mère morte et le fils en voie de l’être.
Le style est efficace.
Remarques de détail :

Des craquements se dissolurent : cette forme du verbe dissoudre n’existe pas ;il n’a tout simplement pas de passé simple.
 
Et pourtant, il lui semblait qu’elle (la voix) s’étendait dans le cimetière, glissant entre les sépultures. On comprend ce que tu veux dire, mais un voix qui s’étend, ça fait bizarre.


 
 
 
 
 
avatar
Tobermory
Bourreau intérimaire
Bourreau intérimaire

Messages : 107
Date d'inscription : 08/07/2015
Age : 66
Localisation : Montpellier

Revenir en haut Aller en bas

Re: La mort à mes pieds

Message par Jack-the-rimeur le Mer 18 Jan 2017 - 21:53

Si "résoudre" a un passé simple, le refuser à "dissoudre" est profondément choquant, injuste et discriminatoire. Une insulte aux valeurs de la république !
J'appelle tous les auteurs à militer pour une conjugaison égalitaire, libérée des diktats de grammairiens confits dans leur préjugés d'un autre âge :
Je dissolus,
Tu dissolus,
ll dissolut,
Nous dissolûmes,
Vous dissolûtes,
Ils dissolurent.
Franchement, quand on peut accepter "procureure" ou "ubériser", ça leur coûterait quoi ?


"Car il faut avant tout sortir, ne fût-ce qu'un instant, de la prison sans portes ni fenêtres."
Maurice MAETERLINCK
avatar
Jack-the-rimeur
— — Zonard crépusculaire — — Disciple d'Ambrose Bierce
— — Zonard crépusculaire — —  Disciple d'Ambrose Bierce

Messages : 2207
Date d'inscription : 23/01/2013
Age : 65
Localisation : Narbonne

Revenir en haut Aller en bas

Re: La mort à mes pieds

Message par Murphy Myers le Mer 18 Jan 2017 - 22:01

lol! Je rejoins la cause de Jack.

Dernièrement, j'ai aussi découvert que le verbe s'extraire ne se dit pas au passé... J'avais fait une phrase trop classe dans une scène clé de mon histoire et j'ai dû tout saccager à cause d'un verbe inexistant.
C'est un verbe défectif, qu'ils disent. Une énième anomalie du langage.

Personnellement, j'ai décidé d'ignorer que ces conjugaisons n'existent officiellement pas. Tant que je comprends la phrase, je vois pas le problème. "Des craquements se dissolurent" ne m'a pas choqué à la lecture, je ne m'en souvenais même pas. Donc tout est ok à mes yeux.


La forme dans le noir - 20 minutes avant la tombe

"Je questionnai l'un de ces hommes, et je lui demandai où ils allaient ainsi. Il me répondit qu'il n'en savait rien, ni lui, ni les autres; mais qu'évidemment ils allaient quelque part, puisqu'ils étaient poussés par un invincible besoin de marcher." Baudelaire, Chacun sa chimère
avatar
Murphy Myers
— Concepteur de cauchemars — Disciple du chat noir
— Concepteur de cauchemars — Disciple du chat noir

Messages : 2908
Date d'inscription : 10/03/2014
Age : 24

http://damnmurphy.canalblog.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La mort à mes pieds

Message par Amaranth le Jeu 19 Jan 2017 - 14:21

Laughing Contente que ma lutte pour l'égalité des verbes ait été remarquée !
A vrai dire, j'avais bien vu que ce n'était pas censé exister, mais comme je n'en comprenais pas la raison et qu'il me semblait que ça se faisait parfois, je me suis dit : tant pis, soyons fou !

Contente que tu aies été révulsé et fasciné et que tu aies trouvé ce texte fort, Tobermory !

Silence : j'attendais ton commentaire avec impatience et appréhension, et je peux te dire qu'il m'a touchée ! C'est pas tous les jours qu'on apprend qu'on a un fan ! Laughing
Je suis vraiment ravie que mon texte t'ait parlé, et la dernière phrase de ton commentaire (en plus de tous le reste) me touche beaucoup.
Pour le côté cyclique, c'était un choix pour être vraiment centrée sur la relation mère/fils, le cimetière et la mort, pour rendre une ambiance un peu plus étouffante, d'enfermement, justement, dans ce cycle. Le présenter autrement pour faire gagner du rythme au récit mais peut-être amoindrir sa noirceur, comme tu disais. Pas forcément un choix facile à faire, mais j'aime bien tenter des trucs, et parfois ça fonctionne, des fois moins, et généralement il y a toujours des avantages et inconvénients à chaque procédé. ^^
Merci beaucoup Silence !

Raven : voilà un commentaire qui me fait très plaisir également. Si le texte ne t'a pas convaincu totalement, il t'a bien inspirée. Razz
J'aime beaucoup ton interprétation de la dernière scène, et effectivement, accentuer l'aspect charnel/incestueux pourrait la renforcer.
Les quelques points trop flous pour que tu y adhères totalement, est-ce que ce sont les mêmes que ceux qu'a évoqué Cancer ?
Spoiler:
qu'on ne sache pas ce que devient le corps de la mère ensuite, ce que va faire Jean…
Tu es une lectrice plutôt "exigente" (dans le bon sens du terme) et tu n'adhères effectivement pas toujours à mes textes, donc je suis d'autant plus ravie que tu aies été embarquée !

Murphy m'a aussi fait la remarque sur le côté "brutal" de l'apparition du fantastique : faudrait que je fasse ça un plus progressivement ? Ce serait certainement mieux.

Et je vais t'avouer un truc : quand j'ai lu "Jean prit quelques graviers et les frotta entre ses paumes", j'ai eu un flash, comme une évidence, et je me suis dit "je tiens le vainqueur du concours".

Ne t'emballe pas : je n'ai pas encore tout lu, mais cette phrase a déclenché un coup de cœur qui va énormément peser dans la balance au moment du choix final.

Je suis très contente que cette phrase t'ait déclenché un coup de coeur, mais je ne vois pas trop ce qu'elle a de particulier. Laughing

Merci beaucoup, Raven ! Malgré une fin qui t'a moins convaincue, je suis vraiment contente que mon texte t'ait embarquée !


Je questionne souvent ma santé mentale.
Des fois, elle me répond.
avatar
Amaranth
Book'trotteuse de l'extrême — Reflet dans un œil gore —
Book'trotteuse de l'extrême — Reflet dans un œil gore —

Messages : 1746
Date d'inscription : 07/03/2012
Age : 25

Revenir en haut Aller en bas

Re: La mort à mes pieds

Message par Raven le Jeu 19 Jan 2017 - 18:35

Amaranth a écrit:Les quelques points trop flous pour que tu y adhères totalement, est-ce que ce sont les mêmes que ceux qu'a évoqué Cancer ?

Non, pour moi la suite n'a finalement aucune espèce d'importance. J'ai dû relire pour voir où ça m'avait fait tiquer, mais en fait c'est la phrase "Combien de cadavres jaillissaient de leur dernière demeure ? Et sa mère ?" qui m'avait fait supposer que tout le cimetière était de sortie pour assister à la scène (je ne comprenais pas l'utilité d'un tel chambardement). En relisant, je me rends compte qu'il ne s'agit que d'une question théorique mais que seule sa mère est réellement sortie.

Je crois que c'est surtout cette transition trop abrupte qui passe pas, il aurait fallu insérer un peu plus de signes avant-coureurs pour que j'y adhère.

La talentueuse auteure a écrit:Je suis très contente que cette phrase t'ait déclenché un coup de coeur, mais je ne vois pas trop ce qu'elle a de particulier

Ah ah, mais j'ai envie de te dire : tout !

Ne vois-tu pas à quel point elle contient de talent ? En soi, elle n'a aucun intérêt pour l'histoire. Mais à trop vouloir faire dans le fonctionnel et supprimer le superflu, on perd la matière. Or, ici, cette petite phrase déclenche plusieurs choses :
1) un côté vrai, réaliste, qui parle au lecteur : tout le monde a déjà fait ce petit geste, tout le monde connaît la sensation du gravier qui roule sous la main. Ça donne une couleur, une personnalité à un texte. (pour ex. je citerai un passage d'un texte de Cath "Et s'écoulent..." : la narratrice, désormais seule au monde, ferme sa voiture à clef. Puis se rend compte que c'est idiot. Voilà, c'est ce genre de trucs qui font que ...2)
2) pour moi, ce genre de détails sont des brèches vers l'auteur. Ça ne s'invente pas, pour écrire ça, soit tu l'as vécu, soit tu étais à fond dans ta scène. Dans les deux cas, ça sonne juste, parfaitement juste.
3) une pause dans la lecture pour prendre la pleine mesure de ce qui se passe : on visualise ce geste banal, on s'imagine à la place du mec. Assis, à ne rien faire, il se focalise sur cette sensation : elle contient tout, des souvenirs d'enfance quand on joue dans la cour à la certitude que c'est probablement la dernière fois qu'il effectue ce geste sans importance. Dans l'état où il est, chaque détail aussi insignifiant que le toucher du gravier dans ses mains doit se graver dans son esprit comme dans du marbre car d'ici peu il ne pourra plus ressentir quoi que ce soit. C'est là qu'on comprend à quel point ce qui n'a aucune valeur pour les uns contient tout ce qui reste aux autres.

Voilà ce que je vois dans cette phrase qui ne sert à rien et qui n'a l'air de rien...


Quiconque lit la présente ligne s'engage à signer une pétition contre la canicule. Poil au... Ah, non, rien.
avatar
Raven
— — Bouteuse de trains — — Disciple de la présente ligne

Messages : 3361
Date d'inscription : 04/05/2015
Age : 40
Localisation : au fond à droite

Revenir en haut Aller en bas

Re: La mort à mes pieds

Message par Jack-the-rimeur le Ven 20 Jan 2017 - 15:03

Tout à fait, le petit détail concret qui ancre l'imagination du lecteur dans le vécu collectif. Songez qu'il a suffi d'une "petite madeleine" pour sauver l'oeuvre barbante et ampoulée de Proust de l'insignifiance absolue !
(Pardon, j'exagère un peu. Il y a aussi ce passage marrant dans "Sodome et Gomorrhe" où le garde-chasse dit au comte qui vient de le ramoner : "T'en as un gros pétard !". Sacré Proust !)


"Car il faut avant tout sortir, ne fût-ce qu'un instant, de la prison sans portes ni fenêtres."
Maurice MAETERLINCK
avatar
Jack-the-rimeur
— — Zonard crépusculaire — — Disciple d'Ambrose Bierce
— — Zonard crépusculaire — —  Disciple d'Ambrose Bierce

Messages : 2207
Date d'inscription : 23/01/2013
Age : 65
Localisation : Narbonne

Revenir en haut Aller en bas

Re: La mort à mes pieds

Message par Raven le Ven 20 Jan 2017 - 16:18

À la différence que l'œuvre d'Amaranth n'est ni barbante ni ampoulée Laughing


Quiconque lit la présente ligne s'engage à signer une pétition contre la canicule. Poil au... Ah, non, rien.
avatar
Raven
— — Bouteuse de trains — — Disciple de la présente ligne

Messages : 3361
Date d'inscription : 04/05/2015
Age : 40
Localisation : au fond à droite

Revenir en haut Aller en bas

Re: La mort à mes pieds

Message par Zaroff le Ven 20 Jan 2017 - 16:21

Raven a écrit: À la différence que l'œuvre d'Amaranth n'est ni barbante ni ampoulée Laughing

À débattre. :mrgreen:


Forum créé le 21 octobre 2011 par Zaroff et Paladin

Notre page Facebook

Pensée zaroffienne : "Ne pas laisser au lendemain ce que les domestiques peuvent faire le jour même."
avatar
Zaroff
Compagnon de Baal
 Compagnon de Baal

Messages : 12356
Date d'inscription : 21/10/2011
Age : 45
Localisation : Ruins D99

http://gorezaroff.over-blog.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La mort à mes pieds

Message par Tak le Ven 27 Jan 2017 - 9:28

Bon, je vais pas répéter le flots de louanges qui t'ont déjà été adressé, Amaranth : ils sont amplement mérités.
Au contraire de mes collègues, je pars avec une longueur d'avance, car je savais en lisant ce texte que c'était le texte gagnant du concours. Mais j'y suis néanmoins allé sans à-priori (je me rends compte, en lisant les classements/notations que mes goûts sont souvent à l'opposé du consensus, si consensus il y a) et je dois dire que ce texte m'a fait forte impression. L'émotion est à fleur de peau et on ressent quelque chose de très puissant en suivant le cheminement du personnage. C'est très bien écrit, assez cru dans l'expression des sentiments sans tomber ni dans le vulgaire ni dans la surenchère de pathos.
Pour ma part, ça ne m'aurait pas dérangé que tu zappes la partie fantastique, tant la première partie se tient toute seule, sans recours à l'étrange ou au surnaturel. Mais là où c'est fort, c'est que tu arrives à glisser vers cette conclusion sans efforts et sans que cela ne choque une seule seconde. J'ai trouvé au contraire ce glissement tout à fait naturel ; de l'horreur psychologique à l'horreur plus charnelle. Vraiment, de ce point de vue, c'est franchement bien géré et tu maîtrises tout à fait ton sujet.
Quant à ton respect du thème, ben on est dedans à pieds joints et tout nous ramène à cette thématique de la mort et à tous ses aspects. Le décor est central et fort à propos, sans que cela ne paraisse forcé. J'ai eu un léger hésitement un moment, sur (broutille, certes) la réaction du personnage, qui murmurait et avait peur d'être surpris à parler à une pierre... mais même ce détail au final se révèle profondément humain et authentique : la peur du ridicule, en toutes circonstances, alors même que l'acte de s'épancher sur nos morts est parfaitement naturel et ancré en nous. En ce qui me concerne, ce n'est pas le thème du cancer et de sa fin inexorable qui m'a parlé (bien que l'on se sente concerné, forcément), mais tu as touché une de mes cordes sensibles avec ce texte sur la relation que nous entretenons nous-même avec la mort et celle de nos proches. C'est un gros problème pour moi (ça a même été le point de départ d'une looongue nouvelle, que je n'ai toujours pas réussi à terminer jusque-là - preuve en est de mon blocage) et j'ai eu une petite boule dans le ventre en lisant les premiers paragraphes de ton texte.
Preuve encore que tu as su trouver les mots justes pour toucher.
Bref.

Je ne peux que m'incliner ; je ne sais pas si ce texte finira en première place de mon propre classement (il m'en reste encore pas mal à lire), mais il se révèle en tous cas d'une puissance rare et salvatrice. Sur la forme, rien à dire et sur le fond c'est excellent et franchement maîtrisé : que demande le peuple ?
Bravo et merci à toi Amaranth, ça faisait longtemps que je n'avais pas pris une claque de ce genre !


"En vivant comme en mourant, nous alimentons le feu."
Clive Barker, Sacrements.
avatar
Tak
Mélomane des Ondes Noires
Disciple des Livres de Sang

Mélomane des Ondes Noires Disciple des Livres de Sang

Messages : 2457
Date d'inscription : 01/12/2012
Age : 34
Localisation : Briançon, Hautes-Alpes

Revenir en haut Aller en bas

Re: La mort à mes pieds

Message par Amaranth le Dim 14 Mai 2017 - 17:55

Je viens de me rendre compte que je n'avais pas répondu à ce message… honte à moi !
Que dire, Tak, mis à part merci ? Je suis très touchée par ton message, et ravie que mon texte t'ait touché. J'espère que tu parviendras à finir le tiens sur un thème similaire (le rapport à la mort), car je suis sûre qu'il provoquera beaucoup d'émotions. C'est souvent le cas lorsqu'on ose affronter ce qui est enfermé à l'intérieur de nous (mais ce n'est pas facile). Donc voilà, mille merci (et mille pardon pour ce retard).

Sinon, je revenais pour une raison particulière sur ce topic… j'ai eu mon deuxième refus (pour l'anthologie Ténèbres cette fois), pour la deuxième fois la même raison : la fin qui a paru moins bonne que le reste du texte. Toi-même tu le dis, Tak, et tu n'as pas été le seul : la partie fantastique est moins forte émotionnellement que la première partie. Mais même avec le temps écoulé, je crois que je n'ai pas assez de recul sur ce texte pour arriver à modifier complètement cette partie fantastique, et du coup je ne sais pas du tout comment je pourrais conclure ce texte autrement. Est-ce que quelqu'un aurait une vague idée ? Pas la peine de trop vous embêter pour ça, hein. C'est juste que ce texte a une place particulière dans mon coeur, pour plusieurs raisons (mais le fait que j'ai gagné un concours de l'écritoire avec en est une Twisted Evil ), et j'aimerais bien arriver à l'améliorer. La seule chose que j'avais faite, après la concours, c'est modifier la survenue du fantastique pour que ce soit plus graduel. Mais apparemment, ce n'est pas le problème (ou pas le principal) actuellement, mais la fin en elle-même qui ne convainc pas trop.

Voilà le message de Benoît Domis :
"J'ai bien aimé la partie "non fantastique" de la nouvelle (vous avez trouvé le ton juste, et l'émotion est palpable dans cet "échange" qu'à un homme malade et condamné avec sa mère décédée, seule capable, à ses yeux, de le comprendre). En revanche, j'avoue avoir été moins convaincu par le moment où l'histoire devient fantastique. Je trouve que le côté "Walking Dead" enlève de sa force émotionnelle au texte."


Je questionne souvent ma santé mentale.
Des fois, elle me répond.
avatar
Amaranth
Book'trotteuse de l'extrême — Reflet dans un œil gore —
Book'trotteuse de l'extrême — Reflet dans un œil gore —

Messages : 1746
Date d'inscription : 07/03/2012
Age : 25

Revenir en haut Aller en bas

Re: La mort à mes pieds

Message par Tak le Dim 14 Mai 2017 - 23:58

Ton texte est réellement excellent Amaranth et je ne pense pas que tu doives recueillir ce refus comme un frein. Des pistes d'amélioration je n'en ai pas, mais je pense qu'en l'état il n'y a pas grand-chose à changer pour en faire un texte publiable. Pour ce coup-là, tu t'es juste heurté à un ressenti personnel et c'est exactement ce qu'il ressort de son message. Je comprends (en partie) pourquoi ce texte t'es si cher et personnel et je pense que lorsqu'on écrit quelque chose d'aussi près du cœur, il ne faut pas chercher à le transformer en quelque chose qu'il n'est pas. C'est ton ressenti et ta sensibilité : s'il est ressorti ainsi, c'est que tu avais des choses à dire et c'est ainsi que s'exprime le langage (et la marque) de l'auteur... Après, je ne dis pas qu'il est parfait et que tu ne doives pas t'atteler à quelques légères modifs, mais je pense sincèrement que ce texte peut avoir toutes ses chances ailleurs que sur Ténèbres.
Alors te prends pas trop le chou à ce sujet et laisses-lui vivre sa vie. Tu trouveras preneur, j'en suis certain.

Concernant mon texte (plus ou moins) sur le sujet, je me rends compte que j'ai finalement pris la tangeante en incluant une touche SF-Fantastique qui me permet de ne pas aborder le sujet de front. Pas que je n'aie pas envie de m'y confronter (en l'état, celui-ci regorge déjà de vécu et sentiments que je ne pensais pas un jour coucher sur le papier), mais je rends compte que je n'ai pas réussi ton tour de force : à savoir, exprimer des ressentis très personnels et "graves", sans tomber dans le pathos...
La frontière est ténue et je ne possède peut-être pas encore l'expérience ni la subtilité pour aborder ces thèmes sans virer dans la soupe sentimentale. C'est pourquoi je salue encore une fois ton effort Wink

P.S: En revanche, je suis bel et bien arrivé à bout de mon texte sur le thème "cimetière", mais cette fois-ci, je ne suis pas du tout parti dans cette optique intimiste. Mon vieux béguin pour les entre-deux entre fantasy et fantastique a encore pris le dessus !
J'ai envoyé pour l'AT "Lieux magiques et merveilleux", mais je n'en attends pas grand-chose, hormis un typique : "votre texte n'était pas dénué de qualités, mais..." (pas grave, je commence à avoir l'habitude et j'aime me plier à l'exercice).


"En vivant comme en mourant, nous alimentons le feu."
Clive Barker, Sacrements.
avatar
Tak
Mélomane des Ondes Noires
Disciple des Livres de Sang

Mélomane des Ondes Noires Disciple des Livres de Sang

Messages : 2457
Date d'inscription : 01/12/2012
Age : 34
Localisation : Briançon, Hautes-Alpes

Revenir en haut Aller en bas

Re: La mort à mes pieds

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 2 sur 2 Précédent  1, 2

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum