Le dieu des peurs

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Le dieu des peurs

Message par Murphy Myers le Dim 6 Nov 2016 - 20:03

Je ressors un "vieux" texte (de début 2015) qui me fait beaucoup hésité.
Un ami m'a dit que c'était mon texte court le plus réussi selon lui, mais il est pas trop habitué aux récits de ce genre. Donc ce qui pour lui est inventif est à mes yeux plutôt fade et déjà vu. Et je trouve que ça manque de force sans savoir pourquoi précisément.
Bref, du coup je demande l'avis d'experts.

http://pdf.lu/yRB3

Je mets là la V2, seul changement : une phrase dans le dialogue de la dernière scène et l'ajout d'un épilogue improvisé à l'instant, en espérant que ça remonte un peu le niveau de la fin actuelle :
http://pdf.lu/5qpB


Détail post lecture :
Spoiler:
Je n'avais pas encore lu Le grand dieu Pan de Machen quand j'ai écrit ça. Et c'est en cours d'écriture que j'ai fait le rapprochement entre cette histoire et ce que je savais de Machen justement, d'où le clin d’œil sur la fin.


Dernière édition par Murphy Myers le Mar 8 Nov 2016 - 21:12, édité 3 fois


La forme dans le noir

"Je questionnai l'un de ces hommes, et je lui demandai où ils allaient ainsi. Il me répondit qu'il n'en savait rien, ni lui, ni les autres; mais qu'évidemment ils allaient quelque part, puisqu'ils étaient poussés par un invincible besoin de marcher." Baudelaire, Chacun sa chimère

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Re: Le dieu des peurs

Message par SILENCE le Dim 6 Nov 2016 - 21:04

Je le lis demain sans faute ! Je suis vanné pour le moment... Pardonne-moi.

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Re: Le dieu des peurs

Message par Murphy Myers le Dim 6 Nov 2016 - 21:20

Pas de soucis, y a le temps ! Smile


La forme dans le noir

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Re: Le dieu des peurs

Message par Eimelle le Dim 6 Nov 2016 - 22:47

Hello Murphy !

J'ai lu ton texte ! Comme d'habitude, tu t'y connais pour faire monter la tension et le suspense, et pour nous nourrir d'un vertige irrationnel ! Le thème des souvenirs et de la mémoire, je l'ai beaucoup traité dans mes textes, et je suis super contente que mon "jumeau d'écriture", comme je me plais parfois à t’appeler, se charge aussi de lui faire un sort !

Ce que j'aime (et paradoxalement n'aime pas dans tes textes grrr), c'est que je reste toujours collée à tes mots, angoissée, jusqu'au dénouement final, jusqu'à la fin. C'est très troublant je trouve de te lire : un sentiment diffus d'angoisse s'empare de moi à chaque fois, renforcé par cette sensation de ne pas comprendre, que quelqu'un d'autre, plus haut, se joue de nous, et que de toute façon on ne pourra pas comprendre tant que cet autre ne l'aura pas décidé. Tes textes sont toujours déstabilisants à souhait, et c'est pour cela que je les adore... Et les appréhende en même temps.

Donc tu sais nous mener par le bout du nez, c'est un fait. Tu sais jouer de nous, comme tu te joues de tes personnages. D'ailleurs, sommes nous plus que des personnages dans tes histoires ? Nous sommes tes choses, soumises comme eux jusqu'à ce que tu décides de notre sorty. Et on attend toujours le moment de rupture avec toi - là où notre raison va s’effondrer, où le texte va se révéler, là où un autre monde va s'esquisser, inconnu jusqu'alors. C'est toujours assez puissant.

Cependant, ce texte n'est pas l'un de ceux que je préfère de toi, même si je l'aime beaucoup, rassure toi - et ce pour deux raisons :
- La première est toute simple. Tes textes ne sont pas très ciselés, pas très techniques. Et c'est d'ailleurs un mystère pour moi : comment arrives-tu à nous embarquer autant avec parfois cette approximation littéraire ? Ce ne peut être dû à mon avis qu'à la force de ce que tu écris et dégage dans l'émotion et les angoisses, qui va au-delà des mots eux-mêmes. Mais ce texte gagnerait encore plus en intensité si tu le retravaillais pour aller dans la précision stylistique (et c'est moi qui dit ça, Bon sang, ce que tu ne me feras pas dire ! ^^) C'est comme si on avait un enregistrement d'émotions et de frayeurs pures et qu'il manquait encore quelques décibels à la chaine Hifi pour s'approcher de la perfection !
-La deuxième raison tient plus à mon ressenti propre :
SPOILER:
bizarrement, je n'ai pas aimé ta fin. Alors même que c'est un type de fin que j'utilise fréquemment, tu vas me dire, et avec raison ! Oui, mais justement ! Toi, tu sais donner au texte une profondeur fantastique qui tend vers l'universel, et tu n'as pas besoin de le raccrocher à la réalité brute, contrairement à moi qui l'utilise comme un démultiplicateur (effet loupe) de la réalité. Chez toi, le fantastique suffit à créer l'émotion, l'incertitude, l'angoisse, le doute. Alors, j'aurais bien aimé que tu restes sur ce registre, et que tu nous débusques une belle fin éclaboussante dans lequel ton monstre et Claire (encore trop sous-utilisée quoique j'adore le stratagème qui rend ton récit justement très vivant) auraient une très grande part. L'intérêt de ton texte justement, c'est que l'on pense initialement que ton personnage est fou ou du moins en a de très gros symptômes alors que tout au fil du texte, on se met à le croire de plus en plus... Et ça fait rêver autant que sursauter. Alors s'il te plait, laisse nous croire encore que tout ça est réel, ou du moins, laisse nous le doute jusqu'à la fin. Les adultes ont le droit de croire en des contes noirs, pourquoi y aurait que les enfants qui pourraient croire au Petit Poucet et à Hansel et Gretel ? Razz

Merci pour ce beau texte.
Bises,
Eimelle


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Re: Le dieu des peurs

Message par Murphy Myers le Dim 6 Nov 2016 - 23:09

Merci beaucoup Emeille ! Je m'attendais pas à un avis si rapidement vu l'heure où j'ai posté le texte.

Bien content que ce texte t'ai angoissé un tant soit peu. J'avoue que je misais plus sur le mystère que sur l'angoisse pour cette fois, mais si les deux étaient au rendez-vous, je suis comblé !

La précision technique, tu veux dire des phrases trop longues et tortueuses ? Ou un manque de détails (genre manque de description des lieux) ? Voire un manque de liant entre les scènes ? (Parce que là, j'avoue avoir sans doute trop forcé le trait sur cet aspect).
Ce sont des problèmes contre lesquels je lutte souvent, mais je suis pas sûr que tu parles bien de ça.
Bon, pour le coup, le flou général est en partie obligé (on a le point de vue du personnage, donc on ne peut pas savoir ce que lui-même a oublié). Mais ça reste problématique en général pour moi.

Pour le 2e point, je me dis que j'ai un peu manqué mon but.
Spoiler:
Je voulais justement laissé planer le doute jusqu'au bout. Prendre un personnage, le faire passer pour fou, puis faire croire de plus en plus que finalement, il n'est peut-être pas si fou que ça... Et finir de façon ambigüe, les 2 explications donnant une fin sombrer (1. il n'est pas fou et le dieu l'a bel et bien piégé, condamné à vivre dans la terreur et même pas capable de se libérer par la mort ; 2. il est fou, et dans ce cas le personnage est bien tordu). J'avoue que c'est cette partie qui me chagrine un peu et me fait me dire que c'est pas une histoire très innovante, vu le procédé qui a déjà été utilisé mille fois.
De ce que t'en dis, je devrais peut-être trancher un peu plus du côté du surnaturel sur la fin ?

Encore merci pour ta lecture et ton message, jumelle d'écriture ! Tu peux pas savoir comme il me fait plaisir de savoir que j'ai pu te mener par le bout du nez durant une partie du texte et t'angoisser un peu (même si le fait que tu lises en pleine nuit doit pas mal jouer aussi).


La forme dans le noir

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Re: Le dieu des peurs

Message par Eimelle le Dim 6 Nov 2016 - 23:38

Hello Murphy !

Je ne pense pas que ce soit le fait de lire "en pleine nuit" qui m'ait angoissé dans ton texte mdr : je ne sais pas si tu le sais, mais je suis partie habiter en Guyane, donc il est actuellement...19h23 pour moi ! Donc, pour l'angoisse surgie une fois tout éteint et silencieux, on repassera lol !

Je réponds à tes questions : d'abord pour la fin : attends d'avoir d'autres avis, mais pour moi, elle est à revoir. On a l'impression de comprendre ce que j'ai compris, mais en même temps, il y a des trucs qui parasitent un peu... On ne la comprend pas super bien, elle fait un peu brouillonne. Et moi, si j'étais toi (mais je ne le suis pas ^^) je resterais du côté fantastique, quitte à faire une petite passerelle vers la réalité, mais que ce soit le fantastique qui prime. Sinon, je te confirme que le mystère est bien dosé dans ta nouvelle, c'est cool !

Pour l'écriture maintenant : il y a plein de phrases où les tournures ne sont pas les meilleures possibles, du langage qui oscille par moments entre le langage parlé et le langage littéraire... C'est plutôt dans la construction des phrases, dans le vocabulaire utilisé : je trouve que le tout n'est pas optimum. Tu pourrais ciseler un peu plus tes tournures, je pense. Bref, tu pourrais encore gagner des points sur le style, qui par moment, est un peu faiblard, je trouve...Mais ce qui est quand-même super bien joué, c'est qu'à chaque fois, le fonds n'en pâtit pas et on se laisse aller dans ton histoire. Mais un retravail sur le style (attention : je ne te dis pas d'avoir un style hyper lyrique et soutenu à la Hugo) servirait encore plus le contenu...

Sinon, ton personnage de Claire te permet d'atténuer un de tes petiys défauts : être trop dans le tell et pas assez dans le show. Au lieu de faire raconter ses états d'âme par ton personnage, tu les fais ici deviner par Claire. Et ça, c'est super bien vu : c'est une astuce qui rend ton texte beaucoup plus vivant, moins raconté que d'habitude ! Là, tu t'es bien amélioré, je trouve ! Smile Pa ailleurs, le personnage de Claire, je pense que tu pourrais la pousser encore plus dans ses retranchements : faire savourer au lecteur le moment où elle passe de "l'être possédé" à "l'être manipulateur" : même si son rôle nous reste trouble, c'est jouissif de se demander si elle joue double jeu, oui, non, et de se poser des questions sur elle... Je pense que tu pourrais encore plus l'exploiter !...

Bises,
Eimelle


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Re: Le dieu des peurs

Message par SILENCE le Lun 7 Nov 2016 - 9:56

Salut Murphy,
J'ai passé une nuit de merde, du coup je suis encore fatigué, mais j'ai lu ton texte ! Et pour le coup, je ne sais pas trop quoi en dire. J'ai aimé, que dis-je !, j'ai adoré l'idée que tu installes dès les premières phrases. L'existence de Claire et le fait que son personnage soit à la fois ce qui pousse ton narrateur dans la folie et le retient, du moins au début, de sombrer totalement. De ce point de vue, je suis totalement d'accord avec Eimelle, tu sais parfaitement te servir de nos angoisses et nourrir celles-ci. Le style quant à lui est plutôt bon, voire très bon sauf peut-être quelques tournures de phrases ambiguës mais rien de grave. Le fait est que je ne sais pas exactement ce qui me retient de dire "Waow génial" dans ce texte. C'est quelque chose d'insaisissable (là tu dois te dire : "Ah merci, me voilà bien avancé !). Peut-être est-ce lié à l'utilisation systématique de la première personne. S'agissant des rêves, par exemple, je trouve que celle-ci n'est pas adaptée car qui dit, à mon avis, première personne dit également contrôle et qui dit contrôle a du mal à dire "rêve" ; je ne sais pas si je suis très clair (justement !). Du coup, la scène de la forêt ou même celle de la classe (même si elle n'est pas totalement envisagée comme un rêve) devraient peut-être être écrite à la troisième personne. Je pense aussi que s'agissant de ces scènes, les coupures devraient être plus franches avec le reste de ton récit; d'où encore une fois un passage de la première à la troisième personne dans la narration !. À l'inverse, peut-être la relation entre Claire et le narrateur devrait-elle être plus diffuse, du moins au début. Tu parles à un moment de l'émergence de ce personnage qui apparaît d'abord flou puis de plus en plus réel. Cela m'a fait penser à l'émergence de Brad Pitt dans fight club. Du coup, je me dis qu'au lieu d'utiliser les tirets pour les dialogues tu devrais peut-être trouver un autre moyen, au moins au début, de faire passer ces dialogues sans utiliser ce signe. Je ne sais pas en mettant par exemple les réponses de Claire en italique. Ou revenir carrément en profondeur sur son apparition. Puis alors que le récit avance, donner davantage de consistance à Claire via l'utilisation du tiret cadratin. Bref... J'ai cru à un moment que le narrateur, dont j'ai oublié le prénom, n'était en fait que la création de l'esprit de Claire qui, elle pour le coup, aurait été réelle. Mais ce n'est pas la voie que tu as utilisé.
Je me suis posé une question : puisque ton type est du genre à halluciner, il va voir un psy ; ce qui est une bonne chose ! Mais à aucun moment tu n'évoques l'hypothèse d'un scanner (ou je ne sais quel appareil) afin d'écarter l'hypothèse d'une tumeur ou ce genre de chose. Je ne sais pas, ce serait sans doute quelque chose de logique, et, je ne suis pas psy, mais un psy n'orienterait-il pas ce genre de patient vers un tel examen médical ?
j'ai passé un bon moment à la lecture de cette nouvelle qui a, à mon sens, un potentiel énorme. Il est vrai que tu ne choisis pas avec cette histoire, la voie de la facilité mais, bon sang !, tu as de quoi nous allumer tous avec une putain de nouvelle.

SILENCE
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Re: Le dieu des peurs

Message par Murphy Myers le Lun 7 Nov 2016 - 13:38

Eimelle : Boulet que je suis, j'avais complètement zappé que t'étais en Guyane. :facepalm:

Spoiler:
La fin m'emballe pas entièrement non plus je dois avouer. Pas parce que l'hypothèse surnaturelle est parasitée mais parce que je trouve ce genre de fin, en général, banale.
Mais quant à trouver une autre fin, c'est là tout le problème. Va falloir que je réfléchisse un long moment là-dessus pour trouver quelque chose.

Je vois mieux ce que tu veux dire pour le style. Ça, ça sera sûrement plus simple à améliorer que la fin à changer. Une relecture approfondie devrait m'aider à arranger ça.

J'aurais donc enfin réussi à faire un texte court dans le show et pas dans le tell, tu peux pas savoir comme ça me rassure. J'ai déjà du mal sur les longs textes mais je pense encore me débrouiller, mais en version courte, c'est vraiment un de mes challenges récurrents.

Encore merci en tout cas ! J'espère réussir à arranger tout les points cités.

Silence : Merci beaucoup ! T'aurais pas dû te forcer à lire si vite, une histoire aussi floue a pas dû aider ta fatigue.

Spoiler:
Ah merci, me voilà bien avancé ! :mrgreen: Plus sérieusement, peut-être que ce qui gâche le texte, c'est son absence de crescendo : dans ce genre d'histoire, le but est de faire monter la tension progressivement, en en découvrant un peu plus à chaque page en gros. Là c'est l'inverse, on est asséné d'étrangetés dans les 1eres pages (je parle à un ami imaginaire et je le sais, je dessine des trucs sans m'en souvenir, + le cauchemar + les gosses sans respiration). Et puis ensuite, ça retombe. Un coup de téléphone oublié, mouais, c'est faiblard en comparaison. A la limite il reste les murs qui respirent et le "tailladage" de bras, mais c'est tout.
Bref, ça vient peut-être de ça du coup, une histoire qui retombe trop vite. Et une fin convenue aussi.

Pour la 3e personne, je sais pas. Tout le challenge était justement d'être coincé dans le point de vue du perso (il n'a pas de nom d'ailleurs, il me semble). Et de réussir à faire comprendre son histoire alors que lui-même a tout oublié. A la 3e personne, il n'y aurait plus cette barrière et l'ambiance qui va avec je pense.

Spoiler:
Montrer l'arrivée progressive de Claire, je sais pas. J'aime beaucoup l'idée mais ça donnerait un début bien moins "fort". Là, ce qui m'a motivé à écrire, c'est que j'avais ce début de texte en tête, ces premières phrases ("C'est une invention de mon esprit volontaire") et ce dialogue avec l'incarnation de la folie. C'est peut-être mon seul texte où le début peut accrocher le lecteur assez vite. Mais c'est vrai qu'une montée en puissance de la folie serait une bonne chose. Du coup, j'hésite.

Bien vu pour l'italique, je vais tenter de caser ça. Voire même d'inverser le processus en cours de route (Claire parle avec des tirets et le héros en italique). Ce qui pourrait laisser croire qu'en fait Claire a inventé le héros (une idée que j'avais en tête à la rédaction du texte en fait, mais j'ai pas réussi à la caser clairement au final Sad Déjà que Claire, le dieu et la psy sont montrés comme une seule personne à la fin, ça me paraissait trop compliqué et embrouillant d'ajouter l'hypothèse que le héros est une invention aussi).

En fait, il va chez le psy pour mieux gérer son deuil. J'avais dans l'idée qu'il ne parle pas de ses hallu (puisque lui-même oublie 5 minutes plus tard qu'il les a eues). Mais l'idée d'une tumeur pourrait lui venir en effet. Bon, il oublierait juste après, mais au moins l'idée serait évoquée.

Merci beaucoup de ta lecture et de ton commentaire encore une fois !
Finalement, cette histoire est peut-être pas si fade que je le croyais (si on oublie sa fin trop banale).
Va falloir que je relise tout ça plusieurs fois et vois comment je peux intégrer tes suggestions dedans, parce qu'elles représentent toutes de superbes idées ! Peut-être même que ça me débloquera et me fera penser à une meilleure fin.


La forme dans le noir

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Re: Le dieu des peurs

Message par Jack-the-rimeur le Mar 8 Nov 2016 - 20:11

La première moitié de ton récit m'a vraiment emballé. L'interlocutrice fictive, la montée de l'angoisse bien dosée, la scène du rêve en forêt avec cette entité inquiétante qui se dessine peu à peu par touches suggestives, tout ça est décrit et distillé avec un vrai talent.
Après, j'ai eu le sentiment que le dieu des peurs (ou de l'oubli ?) se faisait un peu voler la vedette par la psy. La présence ténébreuse si prometteuse se dilue dans une perspective vaguement rationalisée.
Je veux dire que pour vouloir gommer jusqu'au souvenir de la soeur, la douleur du deuil seule me paraît peu convaincante. La solution serait peut-être d'y ajouter une dose de sourde culpabilité. Si, par exemple, elle était morte pas sa faute (un accident de la route en la ramenant d'une fête où il avait trop bu, ou autre...)
Là, ton personnage n'aurait même plus envie d'écouter un psy et le dieu des peurs pourrait venir l'entraîner définitivement dans sa si jolie forêt.
Manière de proposer une piste...
Sinon, ton style est plus que correct.
Content de t'avoir lu.


"Car il faut avant tout sortir, ne fût-ce qu'un instant, de la prison sans portes ni fenêtres."
Maurice MAETERLINCK

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Re: Le dieu des peurs

Message par Murphy Myers le Mar 8 Nov 2016 - 21:00

Merci Jack !

Clairement, la tentative de flou sur la fin a tout foiré.

Je note pour l'idée de la culpabilité. Je me dis que certaines relations de famille peuvent être assez fusionnelles pour qu'un deuil détruise totalement une personne. Mais si j'arrive à caser un soupçon de culpabilité entre les lignes, ça peut pas faire de mal.

Du coup, tu m'as donné une idée en parlant d'entrainer le personnage "définitivement dans sa si jolie forêt". Et ça s'est mélangé à une pseudo idée que j'ai eu hier (qui se résume par la phrase "Et si notre réalité, c'était juste les anges qui nous rêvaient?"), pseudo idée qui aura surement pas de suite parce que j'aime pas les histoires d'anges.

Bref. J'ai pensé à une petit épilogue de 15 lignes, donc. Je sais pas ce que ça vaut. Si l'idée convainc, je tenterais de développer cette nouvelle fin plus en profondeur, et à la 1ere personne si j'y arrive.

Je vous le met là :

Spoiler:
Ailleurs, au loin de toute vie, une ombre avance entre des arbres.
La silhouette est indistincte, vacillante. Son souffle chuchote entre les branches, soulève les feuilles mortes sur son passage, siffle comme la mélodie d’une flute.
Des dizaines de formes torturées la suivent d’un pas lent.
Pour aller où ? Aucune ne le sait. Aucune n’est consciente.
Des dizaines de paires d’yeux dans le vague, qui ne cherchent même plus à se rappeler de leur nom. Qui murmurent leur destin anéanti dans le vent mourant.
Tous ont cédé. Tous errent depuis. Accompagnent leur maître infâme.
Et tous croient encore vivre, dans leur esprit. Rêvent d’un autre monde, concret, réel. Pour mieux nier leur situation, oublier l’innommable.
Parmi les chuchoteurs perdus, le plus récent frisonne. S’estompe un instant. Comme un rêve qui s’évade. Il vient d’oublier, à nouveau.
— Il faut qu’on sorte d’ici, Claire, répète-t-il. Il faut qu’on sorte de cet asile.
Un sourire d’acier se forme sur l’ombre du joueur de flute.
— Ne panique pas, on va s’en sortir, susurre en silence le vent.


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Re: Le dieu des peurs

Message par SILENCE le Mar 8 Nov 2016 - 21:07

Bah voilà ! Jack a encore distillé un excellent conseil ! Superbe idée que celle de la culpabilité (Mais pourquoi je n'y ai pas pensé ?, mais pourquoi je n'y ai pas pensé ?, mais pourquoi je n'y ai pas pensé ?...)

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Re: Le dieu des peurs

Message par Catherine Robert le Mer 9 Nov 2016 - 18:20

J'ai lu hier. J'ai beaucoup aimé l'ambiance que tu installes, tu distilles l'angoisse impeccablement, mais j'ai trouvé l'ensemble peut-être un peu trop flou. Enfin, je crois. Je ne suis pas sûre que ce qui me gêne vienne de là, j'ai pas vraiment mis le doigt dessus.


"J'ai lu. Je sais même pas quoi dire tellement je suis atterrée.
Et le pire c'est que j'ai aimé te lire."
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Re: Le dieu des peurs

Message par Murphy Myers le Mer 9 Nov 2016 - 19:44

Merci Catherine !

La nouvelle fin ajoutée a apparemment pas changé grand-chose. Du coup je tenterais de revoir le texte en profondeur.

J'avoue que pour moi aussi le truc était pas spécialement défini dans ma tête quand j'ai écris, d'où sûrement un effet brouillon.


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Re: Le dieu des peurs

Message par Jack-the-rimeur le Sam 12 Nov 2016 - 1:15

Très bon, l'épilogue. Lee personnage est passé de l'autre côté, une fois de plus. Le pas de trop. Le couvercle est refermé.


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Re: Le dieu des peurs

Message par Murphy Myers le Sam 12 Nov 2016 - 12:16

Merci Jack !

Je reste quand même mitigé par le passage à la 3e personne. Faudra que je me pose quelques heures pour voir comment développer cette nouvelle fin un peu mieux je pense.


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Re: Le dieu des peurs

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