Allée des brouillards

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Allée des brouillards

Message par anouk le Lun 2 Nov 2015 - 13:35

ANOUK
Concours n° 7





ALLEE DES BROUILLARDS

Je m’appelle Alexandre et je m’ennuie.
Au fil des jours, l’idée d’écrire un roman m’effleure. Au début,  je n’y ai pas fait attention. Puis c’est devenu une préoccupation. Si bien que dans  mes rêves nocturnes, l’ombre vague du personnage principal, sorti de nulle part, m’encourage à  commencer à écrire. Je me laisse gagner par une ambiance improbable, en choisissant celle où je me sens à l’aise. Mais tout compte fait, il y en a peu. Il faut citer les bistrots de la rue Lepic, les marchés, le funiculaire, la vigne, cette atmosphère si particulière au pied de la Butte Montmartre.
Sur mon écran, les premiers mots jaillissent sans difficulté. J’ai le sentiment d’avoir en moi une intrigue cachée. Je m’y attarde un peu et me laisse emmener je ne sais où ni comment. J’habite un petit appartement situé Allée des Brouillards. Je connais par cœur les rues et les places aux arbres vénérables. L’été, je grimpe les escaliers du square Caulaincourt. Il y fait bon vivre et se laisser aller. Les pavés disjoints des rues, l’odeur d’un bon civet, la terrasse minuscule d’un bougnat, tout est vivant, fidèle,  presque perpétuel.
En ces lieux, mes doigts s’envolent sur le clavier, je suis devenu un autre. Un peu voyou sur les bords, un peu canaille, ça me va bien. Je me plais. Et voilà que s’insinuent mes autres personnages. Ils sont légion mais je choisis les plus proches de mon style. Un brin malfrat,  mac sur les bords, dandy surtout et séducteur invétéré, composant entre toutes ces facettes, à peine repérable style caméléon. Sans y prendre garde, je me perds dans les brumes de mes pensées.
Mon héros me fait face. Il est sorti de l’écran et s’est assis sur l’appui de fenêtre.
¾ Alors ? Tu te grouilles, mec ? me lance-t-il avec son air de petite frappe de moins que rien.
¾ On se connait ?
¾ Ben oui, je suis sorti de taule. Ton imagination a fait le reste.  J’ai plongé et j’ai suivi les flèches. Et me voilà, ex matricule 3548, libéré sous caution. Tu l’as versée, mec ? Sinon ils vont me courir après. Et je me retrouverais enfermé dans une  cellule pourrie. Je ne dépends plus de la justice. Je dépends de toi, uniquement de toi. Fais de moi ce que tu veux.
¾ Ben je n’en reviens pas moi-même dis-je d’une voix incertaine.
¾ C’est à toi de prendre les commandes. Je ferai ce que tu me demandes. Tu veux une poule, un contrat, de la schnouff ?
¾ Non je ne veux rien de tout ça ! Je veux juste écrire.
¾ Ah  l’intello, ça te va bien ! Alors qu’est-ce que tu  mijotes, mec ?
¾ Je n’en sais rien encore. Tu es là, tu parles, tu parles et je ne peux pas me concentrer !
¾ Ah si c’est ça,  je retourne d’où je viens.
A ma grande stupéfaction, il traverse l’écran et disparait. Le silence enfin ! Je vais pouvoir continuer mon histoire.
Je me replie sur moi-même, je vide mon esprit. Un long moment. Malgré moi, mes yeux se ferment. Est-ce un rêve ou la réalité ? J’ai la sensation d’un flottement, puis d’une aspiration de tout mon être. J’ai franchi l’écran qui en clignote d’effarement. Un courant de lumière m’attire jusqu’à la fin d’une sorte de couloir. Brusquement tout s’éteint. Je suis dans une rue chaude de la capitale. Les filles me saluent à leur façon.  Je leur fais un clin d’œil ou un croc en jambes. Tout dépend de leur recette et c’est plutôt à la baisse en ce moment. A croire que les types ne bandent plus. Tous des mauviettes !
Mais voilà que le bonhomme, il va bien falloir que je lui trouve un pseudo, le dandy, le mac, le malfrat prêt à tout - l’Elégant, ça lui irait bien – se dirige vers moi en roulant sa caisse..
¾ Eh ! Faudrait pas ratisser sur mon trottoir, mec !
¾ T’inquiète, je ne fais que passer !

Tout en déambulant, je me demande comment je vais réintégrer mon domicile. Vais-je regagner l’Allée des brouillards sur les pavés luisants du quartier ? Sinon retour par l’écran ?  Mais comment faire ? Soudain une idée lumineuse me parcourt.  Il faut peut-être un mot magique pour changer d’univers. C’est comme ça dans les livres fantastiques. Je vais tenter quelque chose avec « Livre Maudit ». On verra bien ! A peine ai-je formulé cette pensée que je me retrouve dans le passage lumineux face à l’écran de mon ordinateur vu de l’intérieur. Je répète « Livre maudit » et aussitôt je jaillis de l’appareil et atterris sur mon fauteuil d’où le chat s’éjecte en feulant. Je retrouve avec plaisir mes objets familiers, mes livres, le canapé défoncé aux couleurs passées, on bureau presque monacal.  Partout, dans tous les coins et recoins, des piles de livres plus ou moins bien équilibrées oscillent dangereusement. Inconsciemment.  Je bâtis d’hypothétiques versions de mon roman maudit. Puis le tri se fait naturellement. La nuit porte conseil. Je l’ai vérifié à maintes reprises. Sans m’en rendre compte, je glisse dans un sommeil réparateur.

Quelques heures plus tard, je me réveille brusquement. Je ne suis plus dans mon canapé mais sur un lit aux grandes largeurs dont les montants sont peints à la feuille d’or, semble-t-il. Je ne me connais pas un si mauvais goût. Mais je me tais et j’observe. Je ne suis pas seul. Une blonde dénudée tournicote autour de moi. Je suis allongé nu et consentant, du moins la fille a l’air de le penser. Mais, pour le moment, on dirait qu’une partie de jambes en l’air ne la séduit pas. Elle tourne en rond, fronçant ses faux sourcils, la moue boudeuse. Elle finit par m’avouer que, sans ma protection, elle se fera descendre, ni une ni deux ! Comme je lui en demandais la raison, la porte à deux battants s’ouvre avec force. Je reconnais l’Elégant. Encore lui ! Il s’en prend à la blonde qui bat en retraite et se rhabille illico presto. Je ne bouge pas d’un poil en regardant la nana se faire malmener par les hommes de l’Elégant. C’est curieux, je veux dire que je ne me ressemble pas. Je suis pudique et plutôt craintif d’ordinaire. Et là je cause comme si de rien n’était dans la tenue d’Adam, sans éprouver la moindre gêne ni peur. A croire que je ne suis pas moi. Quelle est ma véritable identité, celle dont je me sers sans y penser, celle qui figure sur ma carte bleue et sur mon bulletin de naissance ? Je nage dans le flou, la confusion mentale, le désordre émotionnel.

Et si j’écrivais l’histoire en étant dans l’autre dimension ? Cela me séduit. J’aurais les protagonistes sous la main et je serais un mec perdu loin de son quartier habituel. Apparemment, l’Elégant n’est  pas trop regardant vis-à-vis de la loi, celle du citoyen normal, je veux dire. Il achève la blonde en un tour de main avec une prise de karaté mortelle. C’est propre et bien fait. Ils emmènent le corps Dieu sait où et je reste là, abasourdi et inerte, sur le lit défait. La prochaine fois, ils me demanderont de le faire moi-même ! Je ne parle pas du lit mais du meurtre. Ainsi ils auront prise sur moi. Je deviendrais tôt ou tard leur larbin. Mais c’est moi qui ai les clés, non ?

Un matin, je relève le courrier de l’Allée des Brouillards. Je trie les pubs, les factures et la correspondance privée. Il y a parmi elle une enveloppe qui m’intrigue. Je l’ouvre avec impatience. La lettre est signée par Angélina Tiduam. Elle m’informe que mon mot de passe est confirmé :
«  Livre Maudit ».
Etrange ! Qui est cette femme ? D’où sort elle ? Je décide d’aller voir de plus près ce phénomène. Un dernier regard sur mon manuscrit en chantier. Quelques notes, des références, une ou deux phrases bien senties. Mais je dois poursuivre ailleurs le destin de mon roman. Je me transporte dans l’autre univers  en utilisant mon code secret « Livre maudit ».

Après le couloir, j’atterris dans un endroit de rêve pour un écrivain. Une médiathèque de toute beauté. A l’accueil, une  jeune femme s’avance vers moi en souriant. C’est Angélina Tiduam. Elle m’étourdit de paroles en m’escortant vers un salon de lecture hallucinant. Des livres tapissent les murs du sol au plafond.  Un système de poulies permet d’accéder au document désiré, il suffit d’en prononcer le nom. Il s’inscrit sur un écran et en moins de quelques secondes, il est disponible. Je fais plusieurs essais. Cela fonctionne très bien. On peut même demander un passage ou un extrait du livre. Je tente le coup en disant « Livre Maudit Fin ». Aussitôt je me sens aspiré. Cela prend un certain temps. J’ai la tête qui tourne. Puis le froid me gagne. Je tremble. J’entends un chant de sirènes, envoûtant comme une mélopée étrange venue d’ailleurs. . J’ai la sensation troublante que mon corps ne m’obéit plus. Des images se succèdent en accéléré. Je voudrais bien en saisir une mais elles sont impalpables. Je voudrais crier « Livre maudit » mais aucun son ne sort de ma bouche. Suis-je devenu une infime parcelle du cosmos ? Suis-je vivant ou mort ?

Le seul hic c’est que je m’ennuie. Comme avant d’écrire ce livre. Le livre maudit. Il faut absolument que je sorte de là. J’ai soudain une solution. Je vais sortir mon dernier atout. Puisque je suis privé de la parole et qu’il me reste une once de raisonnement, je vais essayer le mouvement. Comment me mouvoir si je ne suis plus constitué de matière ? Je doute de moi. Je retrouve peu à peu un semblant d’émotion. Un frémissement, une palpitation, une souffrance. Je suis dans un passage étroit. J’étouffe. Dans un seul élan, j’exerce une poussée en avant. Je suis propulsé à la vitesse d’une comète. Est-ce le soleil qui me réchauffe ? J’entends des éclats vibratoires, des sons inconnus. Tout est blanc. J’émets quelque chose qui ressemble à un cri.
Je renais à la vie.

FIN














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Re: Allée des brouillards

Message par Raven le Lun 2 Nov 2015 - 15:43

J'hésitais à poster un commentaire, mais bon je me lance.
Il me semble que c'est le premier de tes textes que je lis alors désolée mais, à vrai dire, je n'ai pas du tout accroché à l'histoire ni à la narration. C'est un peu trop poétique et flou pour moi. Mais c'est un sentiment très personnel et je poste un commentaire car malgré cet avis, je reconnais que c'est un texte plein de qualités : un univers très bien rendu, même si c'est pas ma tasse de thé, une écriture bien menée, bien réfléchie (pas de lourdeurs, de répétitions, à peine 1 faute) bref on sent le travail derrière, très soigné. Je n'ai pas réussi à rentrer dans l'histoire, pourtant tu t'es appliquée à essayer de faire parler les sens (mais ça reste assez impersonnel, ton personnage décrit mais ne ressent pas), le dialogue est vivant, le sens de ce que tu veux dire est clair, il y a un début, une progression, une chute, et malgré tout je n'ai pas accroché, je ne saurais dire pourquoi. Il y a comme une distanciation des événements que vit ton personnage qui fait qu'il les subit en s'en étonnant à peine, je pense que c'est surtout à cause de ça que je n'ai pas pu rentrer dans l'histoire. Cette distanciation est créée, je pense, par des descriptions trop impersonnelles. Trop dans le "montrer", pas assez dans le "ressentir".

Quelques trucs un peu plus moyens qui m'ont fait tiquer, en vrac : "rêves nocturnes" (oui je sais on peut faire des rêves diurnes, mais bof), "idée lumineuse" (un peu cliché), des choses qui auraient pu être rendues + réelles comme je disais plus haut (comme le civet, par exemple, c'est censé faire appel à l'odorat, voire titiller nos papilles, mais c'est juste un détail descriptif qui reste "froid").

Pour le thème du "livre maudit" : sur le papier, oui, tu sembles respecter le thème. Mais dans les faits, à mes yeux, ce livre maudit ne l'est que parce que tu le répètes plusieurs fois, tu insistes dessus (jusqu'au nom de la femme), mais je ne vois pas vraiment en quoi ça en fait un livre maudit à proprement parler. Un livre étrange, bizarre, une porte, une métaphore de l'existence elle-même ou ce que tu veux, mais je ne trouve pas ça si maudit.

Bref, désolée de ne pas avoir apprécié cette histoire, ça ne remet en rien en question ta qualité d'écriture. Merci pour le partage, ça me donne envie de lire d'autres trucs de toi, je pense que tu as une plume très poétique mais qui est mal rendue dans ce type d'histoires, donc je suis curieuse de voir si tu as fait des choses très différentes de ce texte.


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Re: Allée des brouillards

Message par anouk le Lun 2 Nov 2015 - 16:16

Merci Raven pour ta lecture. Je comprends ton sentiment de distanciation. A vrai dire, c'est mon côté flegme anglais qui donne cette impression d'indifférence. Mais dès le début de l'histoire, Alexandre s'ennuie. Et à la fin le cosmos, l'état de non-être l'ennuie aussi. Ce n'est qu'en renaissant qu'il trouvera peut-être le moyen de s'accomplir à la manière terrestre;
Pour me lire, il y a des textes de nouvelles sur le site dans littérature et poésie. Sinon je sors bientôt un recueil de nouvelles "Risées et Rafales" aux Editions Langlois Cécile. J'ai une dizaine de recueils et romans à mon actif. Voir aussi chez Amazon : Anne Stien.
pour la faute dans le texte peux-tu me dire laquelle afin que je corrige mon fichier. Merci


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Re: Allée des brouillards

Message par Raven le Lun 2 Nov 2015 - 18:41

J'ai un peu fouillé et j'ai trouvé d'autres textes, du coup ça m'a fait tilt : j'avais lu Le Moineau, et j'avais adoré !!! Bon, du coup je reste dans l'idée que tu ce que tu écris me plaît d'habitude bien plus ! (je ne sais pas pourquoi, j'avais cru que Le Moineau et le recueil associé étaient de Géraldine... les noms et moi... Rendons à Anouk ce qui t'appartient Very Happy )

La faute, j'ai eu du mal à la retrouver... : "je me retrouverai" (sans s) (+ "on se connaît", il manque le ^)


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Re: Allée des brouillards

Message par Blahom le Lun 2 Nov 2015 - 20:00

Autant j'avais apprécié la noirceur du "Défilé", autant j'ai eu un peu de mal à entrer dans ce texte au demeurant bien écrit.
Peut-être est-il trop court alors que l'atmosphère du vieux Paris aurait gagné à être mieux rendue ?
Il aurait sans doute fallu insister davantage sur la poésie (sur ce point, je me démarque de Raven).
J'ai apprécié le côté "rétro" (les voyous à l'ancienne).
J'ai trouvé l'anacyclique Tiduam un peu facile et, à vrai dire, j'aurais tendance à trouver ce procédé quelque peu éculé.
La fin est originale mais tu aurais pu aller plus loin dans cette idée de "renaissance".
Surtout, je pense que rien n'est plus difficile que l'écriture d'un récit dans lequel fiction et réalité se mélangent.
Voilà un texte qui gagnerait à être repris et retravaillé hors de l'optique du concours, la thématique du "livre maudit" s'avérant quelque peu secondaire ici.


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Re: Allée des brouillards

Message par anouk le Mar 3 Nov 2015 - 8:28

Blahom,
Bien lu tes commentaires. Entre le lecteur et l'auteur,il y a parfois une page blanche om s'inscrivent d'autres choix, d'autres préférences ou encore quelques incompréhensions. Mais il est certain que le ton un peu distancié n'accroche pas forcément. Tiduam j'en conviens. Je vais l'enlever; Ca n'apporte rien ! Oui j'aurais pu développer d'avantage  la renaissance mais je l'ai voulu ainsi pour laisser toutes les portes ouvertes.
Tout texte a ses défauts et moi-même donc !
Mais je tente ma chance on verra bien !

encore merci Raven pour les fautes et le Moineau !


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Re: Allée des brouillards

Message par The_wakwak_tree le Mer 4 Nov 2015 - 11:09

Hello Anouk,

J’avoue que je ne sais pas trop comment commenter ton texte. C’est bien écrit, ça pas de problème, Montmartre, le côté « canaille » un peu désuet, c’est sympa, tu maitrises bien le texte ce qui fait qu’on suit très bien les différents changements de réalités. Le ton « distant » ne m’a pas réellement gêné, ca participe de l’ennuie du narrateur. Je trouve que l’introspection colle bien à ton texte.

Après, des choses m’ont moins convaincu : la scène du meurtre est un peu « too much », la prise de karaté pour tuer la fille, ... l’apparition d’Angélina qui est ptt un peu rapide...  le lien entre ce qui se passe de l’autre côté et l’avancement du manuscrit (est-ce qu’il y a un lien d’abord ?). La fin que j’ai du mal à réellement comprendre comme une conséquence des évènements de l’histoire & l’utilisation de « livre maudit » pour changer de réalité... ;-)

Pour moi, avant de créer une histoire, tu as surtout voulu donner un ton & créer une atmosphère. Je l’ai compris plus comme un exercice d’écriture de ta part plutôt que l’envie de faire une « vraie » nouvelle ; une sorte de parenthèse surréaliste.

C’est surtout la fin que tu as choisie qui me perturbe. J’ai l’impression qu’elle n’est pas une conclusion naturelle de l’histoire et qu’elle appartient plus à l’auteur, comme un moyen de faire basculer le texte vers une autre perspective.
J’ai un peu de mal à l’exprimer, mais j’ai l’impression que cette fin appelle une autre mise en forme de l’histoire. On pourrait comprendre l’histoire comme un simple changement de réalité entre un écrivain et ses personnages : l’écrivain « entre » dans son histoire, il visualise les personnages et s’imagine vivre avec eux, il est à fond dans son écriture et il en oublie le monde autour de lui... mais ça reste quelque chose qu’on peut relier à une « réalité » - il est littéralement « pris dans ses rêves ». Mais le fait de le faire renaitre, introduit une autre perspective et annule cette vision « plausible ».

Tout ça doit paraitre bien confus & désolé de n’avoir pas su être plus clair !
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Re: Allée des brouillards

Message par anouk le Mer 4 Nov 2015 - 13:16

Bien compris TwT et merci pour ce long com.
S'agissant de l'atmosphère, je dirais comme Arletty, dans "Hôtel du Nord" : "Atmosphère, atmostphère, est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère !" rire, je plaisante bien sûr !
En fait l écrivain s'est perdu au jeu du passé, présent et futur. Il n est pas sur que le code "livre maudit" fonctionne encore apres la naissance d un nouvel etre.
J espere que c est plus clair pour toi
amities


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Re: Allée des brouillards

Message par Paladin le Mer 4 Nov 2015 - 14:20

Moi j'ai été gêné par le coté distant: on est dans la narration, on a l'impression d 'entendre quelqu'un qui raconte son histoire, mais on ne la voit pas se dérouler: comme le dit je crois Raven, tu ne sollicites pas les sens du lecteur.
De plus le rapport avec le livre maudit est très tenu, il se limite presque à l'expression qui est prononcée par le narrateur. C'est dommage, il y avait aussi une bonne idée, et des tournures de phrase correctes.

... Et pourquoi tes tirets de dialogues se sont-ils transformés en "¾ "?


Mais alors, dit Alice, si le monde n'a absolument aucun sens qui nous empêche d'en inventer un?

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Re: Allée des brouillards

Message par anouk le Mer 4 Nov 2015 - 18:07

Mystère pour les tirets affichés 3/4
J'ai tenté une modification mais le texte partait de travers.
Pour le sens du texte, je ne sais que dire. C'est votre ressenti en lisant. Il y a sûrement quelque chose de vrai. Rentrer dans le sujet, l'auteur ne peut pas préssentir cela.
Dommage !


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Re: Allée des brouillards

Message par FRançoise GRDR le Ven 6 Nov 2015 - 19:24

J'ai bien aimé le ton humoristique qui ne se prend pas au sérieux. Je n'ai donc pas recherché de cohérence et me suis laissée porter par ton entrelacs de situations cocasses ou tragicomiques.
Le fait que le perso principal change de caractère au cours de ses pérégrinations virtuelles est intéressant. Jusqu'au passage sur la médiathèque, ça coulait bien... Ensuite je n'ai pas compris la fin ni pourquoi il s'ennuie Shocked
Sinon, le thème est juste effleuré et tourne plus autour des personnalités multiples du "héros".
J'ai un avis mitigé, finalement, même si la lecture fut plaisante.


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Re: Allée des brouillards

Message par anouk le Ven 6 Nov 2015 - 20:17

Merci Françoise. Mon personnage s'ennuie partout, à Montmartre, dans ses différentes pérégrinations, et surtout dans l'état de non-être perdu dans le cosmos. Aussi n'hésite-t-il pas à naître dans une autre vie. Sait-on jamais, il pourrait y trouver un intérêt et une raison de ne pas s'ennuyer ! Bref, les gens qui s'ennuient ne peuvent expliquer la raison pour laquelle ils ressentent un ennui profond. C'est dans leur nature. Ceci dit, Alexandre a tenté de se divertir au travers de ses métamorphoses dans le temps.
Merci pour ta lecture et ton commentaire.


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Re: Allée des brouillards

Message par  le Mer 18 Nov 2015 - 15:59

Salut Anouk,

Pour moi, le concept de "livre maudit" implique l'objet matériel, avec des pages et une couverture. un livre numérique, c'est l'équivalent informatisé de cet objet, l'histoire en est achevée, il y a une couverture et son processus de création est achevé.
Du coup, tu as plutôt fait un texte sur un manuscrit magique.
Le côté "maudit" m'a paru aussi très ténu. De ce que je comprends, le héros se piège lui-même en appelant un texte qu'il n'avait pas encore écrit, s'envoyant dans le néant.

C'est peut-être à cause de ses a priori que j'ai eu du mal à me laisser aller dans ton histoire. Il y a une sorte de langueur dans ton texte qui m'a laissé froid. Ton personnage parait indifférent à ce qui lui arrive, sans peur ni enthousiasme, sans humour ni cynisme.
Comme tu as choisi la narration de son point de vue exclusif, il n'y a rien pour contrebalancer son indifférence. Le ton n'est même pas désabusé, il est neutre. Du coup, je n'ai pas trouvé de quoi accrocher mon envie de lire.
A mon avis, il était possible de se servir de l'apathie de ton héros pour créer un contraste entre son attitude et les événements qu'il vit en dégageant un peu d'humour ou de cynisme, plus accrocheur que cette neutralité absolue.


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Re: Allée des brouillards

Message par Cancereugène le Mer 18 Nov 2015 - 21:54

J'ai le sentiment que tu as manœuvré pour t'intégrer dans le thème du concours. Ce n'est pas un problème à mes yeux, le respect du thème ne fait pas partie de mes préoccupations quand je lis un texte. Ici, le problème, c'est que tu insistes tellement que ça en devient gênant.
Pour le reste, ton récit est impeccable, une écriture fine, une narration sans "déchets" ; j'ai bien aimé.
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Re: Allée des brouillards

Message par Jack-the-rimeur le Sam 21 Nov 2015 - 17:46

Une promenade symbolique autour de la création littéraire. D'abord la mise en condition (quête d'ambiance, esquisse des personnages). Puis on bifurque, on passe à travers le miroir (ici, l'écran) pour un chassé-croisé créateur-créatures, pour achever par une autre association symbolique (fin de livre - mort de l'auteur).
Que dire, c'est du Anouk. Il faut oublier la logique et se laisser aller au charme de l'errance et des images impromptues. Tout l'art de cultiver la distraction...
Spoiler:
Parfois même un peu trop : la libération sous caution n'existe pas dans le droit français, et même aux USA, elle ne concerne que les prévenus avant procès, jamais les condamnés.


"Car il faut avant tout sortir, ne fût-ce qu'un instant, de la prison sans portes ni fenêtres."
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— — Zonard crépusculaire — — Disciple d'Ambrose Bierce
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