Zone 38

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Zone 38

Message par Paladin le Sam 25 Juil 2015 - 23:00

Voila la nouvelle qui m'a été refusée par Moisson d'Épouvante :




Mais alors, dit Alice, si le monde n'a absolument aucun sens qui nous empêche d'en inventer un?

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Re: Zone 38

Message par Eimelle le Dim 26 Juil 2015 - 22:39

Coucou Paladin !

Je n'arrive pas à télécharger ton texte. J'ai de gros problèmes de réseau en ce moment (je ne peux même pas envoyer un mail de ma boîte de messagerie, ça demande trop de bande passante...) donc ça vient peut-être de moi.

Néanmoins, le site me demande de confirmer que je ne suis pas un robot et je n'ai pas de codes à rentrer. Si tu pouvais vérifier le bon fonctionnement du truc, car je t'avoue que toute seule au bout du monde sans réseau et sans bouquin, je suis un peu avide d'un peu d'occupation...

Bises,
Eimelle


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Re: Zone 38

Message par Paladin le Lun 27 Juil 2015 - 7:56

Normalement, dès que tu as confirmé que tu n'es pas un robot, le texte est tétéchargeable, je viens de vérifier.

Sinon, le voila en spoiler:

Spoiler:


Je repris conscience après une alternance de plongées dans le néant et de retour. Je devinais, plus que je ne le sentais, mon corps allongé sur le dos. Néanmoins, quand je voulus  bouger, il me fut impossible de faire le moindre geste.

Lorsque je cherchai à comprendre ce qui avait pu m’arriver, ce furent les souvenirs les plus anciens qui affluèrent. Ceux de l’école militaire, où j’entrais à dix-huit ans, et les opérations en Afrique, auxquelles je participais. Mon mariage, et mes trois enfants. Je me remémorais mes états de service. Ensuite, il me semblait être reparti encore en mission. À partir de cette période, ma mémoire se trouait de zones de ténèbres, de flashes peuplés de douleurs et d’angoisses. Et je me retrouvais là, esprit désormais bien lucide dans un corps inerte.

La panique me saisit. Je connaissais les paralysies du sommeil, où l’on se croit éveillé, alors que le corps dort et refuse d’obéir. Sauf que je redoutai le pire. Étais-je, suite à un accident cardiaque ou vasculaire, victime du « syndrome d’enfermement », Définitivement prisonnier de mon organisme immobile ?  Je savais que dans le Locked-in syndrome, seuls les globes oculaires et les paupières échappent à la paralysie. Comme pour confirmer cette hypothèse, je réussis à lever mes paupières. Contrairement à ce que j’attendais, je ne me trouvais pas dans le noir, mais dans une lumière tamisée, un brouillard grisâtre où je ne distinguais rien.

Quelque chose n’allait pas. Un patient atteint du syndrome d’enfermement serait sous assistance et appareils de surveillance. Hors je n’entendais pas le « bip bip » d’un monitoring. Aucune perfusion ne pendait dans mon champ visuel, aucune machine visible. Je réussis quand même à faire rouler mes yeux vers le bas. J’aperçus devant moi le pied de ce qui devait être mon lit. Forçant un peu plus, je remarquais quelque chose sur les cotés… Des montants ? Je gisais dans un lit avec des bords, une sorte de berceau ? Ou alors…

Sous le coup de la brusque émotion, ma main droite tressaillit. Je la ressentais, engourdie, presque insensible, comme je la trouvais quelquefois à mon réveil. Tout doucement, je parvins à remuer les doigts. Bientôt des fourmillements les parcoururent. J’ouvris et je refermais la main. Je n’étais pas paralysé, mais, je le constatai, mes mouvements avaient perdu toute souplesse, paraissaient accomplis par des engrenages mal huilés. Cependant, j’arrivais à bouger, et en éprouvais un certain soulagement. Reprendre possession de mes membres prit un temps qui je ne peux déterminer… Me retrouver ainsi, au milieu de nulle part, sans repères, contribuait à me faire perdre la notion de durée.
En mobilisant ma volonté, je réussis à me redresser sur le coude. Mes articulations craquaient et peinaient à la tâche, mais bientôt je fus assis dans ma couche. Cette couche, que ma vision brouillée réduisait à une forme rectangulaire qui m’encadrait… Une idée me traversa, que je repoussais aussitôt.

Des lumières dansèrent devant mes yeux. Je me cramponnais au rebord du… Non, Impossible! Combien de minutes, ou d’heures, passais-je encore avant de revoir les choses plus sereinement ? Je finis par l’admettre, et envisager être dans un…Il fallait oser le mot.
Un cercueil. Oui. Je ne pouvais l’affirmer, mais, au moins, il était ouvert. On racontait des histoires de gens qu’on croyait morts, et qui sortaient de catalepsie juste avant leur enterrement. Dans ce cas, je devais m’empresser de donner l’alerte. Seul un râle émergea de mes lèvres, à la place d’un cri de détresse. Depuis mon réveil, je n’avais vu personne. Je n’allais pas attendre un hypothétique secours, quitte à replonger dans l’inconscience et être enseveli vivant. J’entreprenais donc de sortir de cet endroit, quel qu’il fut.

Lentement, ma jambe grimpa parallèlement à la paroi de coté. J’agrippais ce même bord et mes faibles bras tentèrent de me hisser par-dessus. Je retombais une fois, puis deux. Je mobilisais alors mes quelques forces, tirant sur mes poignets, mes coudes, mes épaules… Et je basculais de l’autre coté. Je dus alors m’évanouir en heurtant la dureté du sol.

Le froid du carrelage fut la première sensation à revenir. Je me redressai lentement, ménageant des pauses quand  le vertige me saisissait. Je ne discernais presque rien de la pièce, hormis la couche rectangulaire dont je venais de m’extraire. S’agissait-il d’un salon funéraire où l’on exposait ma « dépouille » ? Je réalisais alors que je ne portais sur moi qu’un drap blanc, comme un court linceul. Un corps préparé pour un funérarium aurait été habillé. Où étais-je alors ? Dans une morgue ? Un laboratoire ?

Zone 38. Ces mots surgirent dans mon esprit. Qu’est-ce que cela signifiait ? Je me revoyais rire en évoquant la « Zone 38 ». Oui, j’en rigolais avec des amis :

— Ah ah ! Oui, la Zone 38 ! Fais gaffe, tu vas finir dans la Zone 38 !

Qu’est-ce que c’était, déjà, la Zone 38 ?

La forme d’une porte se découpait en face de moi, et je décidai de l’atteindre. Mes membres inférieurs répondaient aussi mal que les supérieurs : chaque pas me donnait l’impression de soulever des cannes de plomb, tant mes jambes pesaient, dépourvues de toute habileté. Alors qu’en garnison, je pratiquais la course et le parcours d’obstacle, je ne pouvais progresser que d’une démarche lourde et lente, frôlant le déséquilibre à chaque fois. Je priai pour trouver la porte ouverte, et ce fut le cas. Je la poussai et débouchai dans un couloir. Toujours perdu dans un monde nébuleux, je ne vis rien, mais une odeur fétide frappa mes narines, sans que je n’en comprenne la provenance.

Une angoisse diffuse m’étreignait, majorée par une sensation d’étrangeté: J’avançais, quasi-aveugle, dans un corridor qui s’étirait, désespérément vide. J’ignorais tout de mon point de départ comme de celui où je pourrais aboutir. J’échouai à une nouvelle tentative d’appeler pour manifester ma présence. Autrefois je commandais mes hommes en hurlant en cadence « Un deux, un deux, à droite ! Droite !… » …Et je me retrouvais là dans un lieu inconnu, privé de la mémoire des faits récents, avec toutes les peines du monde à me mouvoir, presque aveugle, avec une voix éteinte. J’allais perdre tout courage, lorsque je distinguai des formes qui se déplaçaient, droit devant. Bientôt je pus reconnaitre des silhouettes humaines, qui arrivaient en face. Je remarquai leur démarche semblable à la mienne, raide et lente. Une d’entre elles  longeait le mur, l’autre approchait, sans paraitre me voir.

Tandis qu’elle passait à un mètre et continuait sa marche, je décidai de l’intercepter. Je ne pouvais me résoudre à la laisser disparaître de mon horizon, en ignorant quand je rencontrerai à nouveau quelqu’un. Je déviai donc de mon trajet, et attrapai la personne par un bras. Malgré ma vue fortement réduite, je fus frappé par son corps rigide et décharné. Je devinai qu’il s’agissait d’une femme, e voyant ses cheveux mi-longs défaits, et des yeux bleu-clairs qui ne regardaient pas vers moi. Ils fixaient le vague, dans un visage immobile. Elle poussa un cri de peur presque bestial en tentant de m’échapper. Je la lâchai, elle accéléra son avancée hasardeuse. Ce maintient figé, cet air absent… La vie paraissait l’avoir déserté.

Oui, ça me revenais: la Zone 38 désignait un complexe militaire dans le Sud-ouest. Un centre de recherche, personne ne savait trop sur quoi. De toute façon, ça ne me concernait pas. Pourtant on en plaisantait:

—  À bientôt dans la zone 38 ! (Rires)

Je relevais mes mains, pour les observer. Mon Dieu ! Étais-ce vraiment les miennes ? Noueuses, les articulations saillantes. Presque plus que la peau sur les os. Et cette odeur ! Est-ce que je dégageais la même?

Je partageais l’avis de mes amis militaires sur la Zone 38. Vraisemblablement, on y  mettait au point de nouvelles technologies, dans le domaine de l’armement, ou de la détection, ce genre de choses. Bien sûr, classé « secret-défense », mais rien de bien extraordinaire ! Aussi on s’était bien amusé en trouvant ce site qui en parlait, sur internet. Un de ces sites complotistes qui échafaudent les thèses les plus abracadabrantes.  

Je touchai mon visage. Mes pommettes saillaient sous ma peau, qui elle-même avait perdu son élasticité. Je la sentais sèche comme un vieux cuir. Jusqu’où remontaient mes souvenirs ? À mon départ pour une zone de guerre. Puis, plus rien. Comment mon corps, sportif et en pleine forme, était-il devenu si émacié et rigide ?

Rigide. Rigor Mortis. Encore un terme qui s’imposa à mon esprit. La rigidité cadavérique gagne le corps dans les heures qui suivent le décès, et disparait progressivement en trois ou quatre jours.

Le site qui nous faisait tant rire rapportait une rumeur : dans la Zone 38, l’armée faisait des recherches sur les cadavres. Pour les réanimer. Avec mes amis, on se disait que la mode des films de zombies finit par monter à la tête de certains. En ajoutant à ça les préjugés antimilitaristes, et l’idée qu’ « on nous cache tout, on nous dit rien », cela donnait des théories du complot aussi folkloriques que celle-ci. On essayait de ranimer des morts pour en faire des soldats. Ainsi, on ne mourrait plus à la guerre, puisqu’on y enverrait des gens déjà décédés, qui ne connaitraient pas la peur, ne craindraient ni les balles, ni les gaz de combats. Tout bénef, si on négligeait le coté moral. Mais un chercheur aurait craqué et fourni discrètement des renseignements. Qu’est-ce qu’on a rit en lisant ça !

— Hé oui, les gars ! Après notre mort on reprendra du service dans la Zone 38 !

On entendait parler, disait encore le site, des vols de dépouilles. Pas de profanations, mais, à l’occasion d’exhumations, plusieurs familles avaient constaté la disparition de parents enterrés récemment. Principalement des militaires, sans doute parce que l’habitude des combats restait ancrée en eux.

Je mobilisais encore ma mémoire. Je me revoyais bien partir en mission. Je ne savais plus où. Aucune trace du retour. Seulement la souffrance, et puis la nuit.

J’eus un éblouissement, et tout se mit à tourner quelques secondes. Une nouvelle hypothèse se formait. Les indices se mettaient en place tous seuls, me forçant à concevoir l’inadmissible.

Était-il possible que mon retour se soit fait dans une boite, comme celle dont je sortais ?  Ça expliquerait mon grand « trou noir », et ma transformation physique. Dans les films de zombies, les mort-vivants n’ont plus de conscience, seule les guide leur faim de chair. Je ne ressentais pas de faim, et je connaissais mon identité. Capitaine Martino, de l’infanterie de marine, peut-être bien tombé au champ d’honneur lors de sa dernière mission. Sans doute que le ministre, ou même le président, avait prononcé un discours, en déposant une médaille sur mon cercueil recouvert du drapeau tricolore. Et, si cette supposition folle se confirmait, des apprentis sorciers m’avaient fait revenir de « là-bas ».
Comme « zombie de combat », je ne serais guère opérationnel, à bouger si lentement, dans cet organisme tellement diminué, et avec une vue si faible, alors que mon métier en exigeait une parfaite ! Cependant, malgré son état, le soldat en moi ne renonçait pas. Il fallait sortir de là. Même la science ne pouvait plus m’améliorer, je témoignerai de ce qu’on m’avait fait. J’étais le résultat d’une expérience en grande partie ratée. Et le site internet disait aussi des choses, à ce propos …

Des voix dans le couloir. Et des bruits de pas alertes, des vivants, quoi ! D’après les éléments que je possédais, je devais absolument les éviter. Difficile, quand on est aussi limité dans sa vue et ses mouvements. À ma droite s’ouvrait une porte, je la franchis du plus « vite » que mon corps de mort-vivant me le permis. Juste à temps pour les entendre passer, et entendre aussi les gémissements d’une femme emmenée contre son gré, peut-être celle croisée un peu plus tôt dans le corridor. Enfin les pas et les plaintes cessèrent quand une porte claqua sur eux.
À tâtons, je parcouru la pièce. Au fond, une couche rectangulaire semblable à celle où je m’étais réveillé. Un corps étendu à l’intérieur. C’était un homme, dans l’abandon de son dernier sommeil. Je passai doucement mes mains sur son visage, sa peau comme la mienne parcheminée, ses lèvres sèches, lorsque soudain il s’anima, et poussa un grognement. Et moi, qui avait si souvent vu la faucheuse emporter mes camardes et me frôler de près, je fus pris d’épouvante face à cet état de « ni vie, ni mort ». Je me heurtai là à quelque de contre nature et d’inconnu qui me glaçait. Je rebroussai chemin et ressortis de la salle, quitte à être rattrapé par les vivants, et subir… ce qui attend le cobaye, quand l’expérience échoue !

Personne dans le couloir. Je m’y hâtais autant que possible. Je compris que les « chercheurs » étaient occupés en passant devant une des nombreuses portes : de l’intérieur, je perçus une conversation, et les mêmes gémissements de la femme entrainée peu de temps avant. Je ne compris pas les paroles échangées, mais elles me paraissaient calmes et posées, celles de professionnels, entrecoupées du tintement d’objets métalliques contre un plateau. On se livrait là à des expérimentations dont je préférai tout ignorer, sur un être humain tiré de la paix du tombeau. Un sujet d’étude de la Zone 38, comme moi.

J’arrivais au bout du corridor quand les voix se firent à nouveaux plus fortes : les tortionnaires en blouse venaient de sortir. Une femme rit à la réflexion d’un homme (Que disait-il ?) Plus de plainte, mais quelqu’un poussait un chariot.

Je faisais maintenant face à l’accès vitré d’un ascenseur. Je me dis alors que, tant que je garderai un brin d’instinct martial dans les tripes, je ne me laisserais pas mener à l’abattoir sans lutte. J’appuyais sur le bouton de l’ascenseur, qui s’éclaira aussitôt. La cabine était là.  Je m’y glissais et pressais la touche la plus basse. S’ils ne me repéraient pas tout de suite, je pouvais quitter l’étage. Que trouverais-je aux niveaux inférieurs? Je me sentais un peu dans la situation d’un commando contraint de sauter en territoire ennemi, et inconnu.
 
La cabine ne descendit que deux étages avant de s’immobiliser. Je sortis prudemment : aucun bruit, ni mouvement. J’aperçus un nouveau couloir vide et sombre, éclairé de loin en loin par des veilleuses au mur. Cela lui donnait un air sépulcral, et me rappelait le columbarium du Père Lachaise, avec ses niches et ses urnes funéraires. Certains de mes amis y reposaient. Pas de portes sur les cotés: en avançant, je me heurtais à un nouvel objet rectangulaire : cette fois, c’était clairement un chariot. Un long chariot, de ceux qu’utilise pour transporter un corps. Un autre devant celui-là. À mesure que j’approchais du bout du couloir, un grondement me parvenait. Quand j’entrai dans la pièce, au fond, je compris la source du vrombissement. Cet appareil devant moi, c’était l’incinérateur de la Zone 38. Le site internet parlait de ce moyen pour faire disparaitre les cadavres ramenés de leur sommeil, mais dont on n’avait pas réussi à transformer en guerriers d’élite. Voila à quoi j’étais destiné, après avoir subi leurs « expériences ».

Le frisson d’horreur qui me parcouru me fit perdre toute prudence. Je ne les entendis pas arriver, jusqu’à ce qu’un d’eux s’écrie « Tiens ! Le voila ! » Dans mon dos. Ils me saisirent sans difficulté, pour me ramener vers mon destin.


— Il nous en a donné du souci, le papy Martino ! Figure-toi que pendant qu’on faisait les soins d’escarres à Mamy Huguette, à l’infirmerie, il a réussi à escalader les barrières de son lit, et il s’est tiré par l’ascenseur, et sans ses lunettes, en plus ! Jusqu’au sous-sol, carrément ! On l’a retrouvé dans la chaufferie !

— Quelle misère… quand je pense que ce type-là à été un baroudeur, dans le temps ! Il a gardé ses souvenirs militaires d’il y a trente ans, mais il sait plus ce qu’il a fait la semaine dernière ! Il se rappelle même plus de son âge ! Saloperie de maladie, j’arrive pas à m’y faire, moi, de travailler chez les Alzheimer !  


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Re: Zone 38

Message par Géraldine BM le Lun 27 Juil 2015 - 17:40

Bonjour, j'ai pu le télécharger donc pas de problème au niveau serveur. Je me le garde pour ce soir, à lire dans le noir avec une toute petite lumière... miam !


Faites gaffe : je dévore, j'égorge, j'éventre... et accessoirement, les jours de déprime, je mâchouille !
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Re: Zone 38

Message par Jack-the-rimeur le Lun 27 Juil 2015 - 18:14

Voilà le genre d'histoire que j'adore ! De celles dont les éléments t'emmaillotent dans un filet d'étrangetés pour te retourner comme une crêpe à la fin. On commence par brouiller les cartes en jouant sur les apparences, les effets de perspectives (ici, une aire "51" mâtinée d'universal soldier) avant de tout dissiper en trois lignes limpides et magistrales.
Toi qui dis peiner à structurer une idée, tu nous donnes ici un parfait modèle de construction d'intrigue. Autant l'inspiration est analogique, autant l'exécution est d'une logique imparable.
C'est brillant et ceux qui t'ont refusé cette nouvelle feraient mieux de changer de lunettes.
Comme on dit chez les rouleurs de clopes : Good Job !


"Car il faut avant tout sortir, ne fût-ce qu'un instant, de la prison sans portes ni fenêtres."
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Re: Zone 38

Message par Paladin le Lun 27 Juil 2015 - 22:00

Merci Jack...


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Re: Zone 38

Message par Eimelle le Mar 28 Juil 2015 - 0:20

Bonjour Paladin,

Merci de m'avoir mis ton texte en spoiler, c'est très gentil à toi, et puis ça m'a occupée un petit moment !Smile

Dans l'ensemble, j'ai plutôt bien apprécié. A mon avis, c'est le genre qui n'est peut-être pas passé à Moissons d'épouvante : en effet, je crois qu'ils sont comme à Malpertuis, ils n'acceptent que le fantastique stricto sensus. Or, ce texte-là n'a rien de fantastique : le genre dont il se rapprocherait le plus, c'est justement là où tu l'as classé, en SF ! Donc avec une ligne éditoriale QUE fantastique, il ne pouvait être accepté à Moissons d'Epouvante, quelle qu'en soit la qualité... A mon avis du moins.

Il y a quand-même deux ou trois petites choses qui m'ont chiffonnée :
-J'ai trouvé le déroulement un peu trop long, trop répétitif. Certes, tu titilles notre curiosité, et on a envie de savoir ce qu'est ce fameux bloc 38, mais l'intrigue avance tout de même un peu trop lentement à mon goût. Je serai toi, j'écrèmerai un peu le début...Mais tu es seul décisionnaire bien-sûr !
-La fin est bien trouvée, et arrive de manière abrupte, mais il y a quelque chose qui m'a gênée au niveau de la cohérence. En effet, les malades d'Azheimer confondent le présent avec leur passé, mais n'inventent rien, si je ne m'abuse (et je dis peut-être des conneries, après tout, c'est toi l'infirmier psy). Donc, s'il parle du bloc 38 et du complot qui est relié, il faut qu'il est rencontré cette situation dans sa vie, ou du moins qu'il en ait entendu parler, et que ça l'ait suffisamment marqué pour que ça ressorte, non ? Or, à la fin, tu nous expliques clairement qu'il a Azheimer, donc, toute trace du complot du Bloc 38 est rendue caduque. Cette partie-là, qui était excitante pour le lecteur, disparaît donc complètement, ce qui laisse un peu sur sa faim...

Si je peux te suggérer une manière -délicate, certes- de résoudre l'intrigue : est-ce que tu penses que tu pourrais terminer le récit en offrant cette solution à l’énigme (Alzeihmer) tout en suggérant malicieusement que ce n'est peut-être pas la bonne hypothèse...Et que le petit vieux, dans son délire, a peut-être raison...Est-ce qu’Alzheimer ne serait pas une couverture pour les chercheurs ? Wink

Je sais, c'est difficile à manier, ces fins à double sens, mais je pense que ça rendrait beaucoup de cohérence à ton texte, et l'améliorerait notablement pour passer de "bien" à "excellent" ! Smile

Bises,
Eimelle

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Re: Zone 38

Message par Paladin le Mar 28 Juil 2015 - 8:09

Merci Eimelle!

Il était précisé dans l'AT de Moison d'épouvante :

Genre : fantastique/épouvante/terreur (la SF horrifique est acceptée).

Je n'ai pas à discuter leur jugements, mais je ne crois pas que ça vienne du genre. Il y aussi qu'ils ont reçu quelque chose comme 150 textes, donc la selection est rude!



-J'ai trouvé le déroulement un peu trop long, trop répétitif. Certes, tu titilles notre curiosité, et on a envie de savoir ce qu'est ce fameux bloc 38, mais l'intrigue avance tout de même un peu trop lentement à mon goût. Je serai toi, j'écrèmerai un peu le début..

En fait, ce qui est délicat avec ce genre d'histoires "a chute", c'est de ne pas être trop rapide, il faut maintenir une tension, la faire grimper, avant de dévoiler juste à la fin le "pot aux roses", sans pour autant ennuyer le lecteur, la part des choses est difficile!


La fin est bien trouvée, et arrive de manière abrupte, mais il y a quelque chose qui m'a gênée au niveau de la cohérence. En effet, les malades d'Azheimer confondent le présent avec leur passé, mais n'inventent rien, si je ne m'abuse (et je dis peut-être des conneries, après tout, c'est toi l'infirmier psy). Donc, s'il parle du bloc 38 et du complot qui est relié, il faut qu'il est rencontré cette situation dans sa vie, ou du moins qu'il en ait entendu parler, et que ça l'ait suffisamment marqué pour que ça ressorte, non ? Or, à la fin, tu nous expliques clairement qu'il a Azheimer, donc, toute trace du complot du Bloc 38 est rendue caduque. Cette partie-là, qui était excitante pour le lecteur, disparaît donc complètement, ce qui laisse un peu sur sa faim...


C'est parce qu'il n'a pas inventé l'histoire de la Zone 38, c'est une théorie complotiste qui circulait dans sa jeunesse, fausse bien sûr, mais il suffit de surfer sur les sites complotistes pour voir le nombre de théories abracadabrantes qui existent (Et où on t'explique que si tu les trouves abracadabrantes, c'est la preuve que le complot fonctionne!). Quand ils e retrouve dans cette situation qu'il ne comprends pas, il fait le rapprochement avec l'histoire de la Zone 38 qu'il trouvait ridicule autrefois...

Bonne journée!


Dernière édition par Paladin le Mar 28 Juil 2015 - 18:46, édité 1 fois


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Re: Zone 38

Message par Perroccina le Mar 28 Juil 2015 - 18:26

Un texte de Paladin. Je lis ça dès que possible.


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Re: Zone 38

Message par Perroccina le Mer 29 Juil 2015 - 23:36

Je l'ai lu hier soir soir et j'ai bien aimé. C'est bien dans le ton que j'apprécie. Je n'ai rien vu venir. En revanche j'ai remarqué 3 petites fautes : paragraphe 1 page 1 j'aurais mis un "s" à retour.
Paragraphe 1 page 2 : un qui a la place d'un que et un mot au pluriel derriere un "sans" je ne parviens plus a retrouver l'endroit et il me semble aussi que j'ai lu un "dans ma couche" aulieu d'un " sur ma couche".
Dommage qu'il n'ait pas été pris, mais cela peut aussi s'expliquer par la chute. Tu peux certainement le présenter ailleurs, il y a un bon potentiel.


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Re: Zone 38

Message par Paladin le Jeu 30 Juil 2015 - 7:59

Merci Perro!

Dommage qu'il n'ait pas été pris, mais cela peut aussi s'expliquer par la chute.

... En même temps, ce texte ne vaut que par se chute!
Spoiler:
Mais une fin rationalisante peut déplaire, c'est vrai

Bien sûr, à l'occasion, je pourrais le proposer ailleurs.


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Re: Zone 38

Message par Jack-the-rimeur le Jeu 30 Juil 2015 - 12:29

"... ce texte ne vaut que par la chute" dixit Paladin.
Faux. C'est un tout. La chute est le point d'orgue mais elle ne vaut que par ce qui l'amène. Son relief, son impact dépendent de ce qui précède. C'est là que le travail de "construction d'intrigue" prend tout son sens : fond, approche, progression, dosage, dit et non-dit... Il faut soigner l'écrin pour que le bijou ressorte.
Simple avis de vieux lecteur.


"Car il faut avant tout sortir, ne fût-ce qu'un instant, de la prison sans portes ni fenêtres."
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Re: Zone 38

Message par Paladin le Jeu 30 Juil 2015 - 13:15

Je ne dis pas le contraire, je suis même entièrement d'accord, mais ce que je voulais dire, c'est que si c'est l'explication finale qui a coincé
Spoiler:
parce qu'elle évacuait toute explication fantastique
, le reste tombe à l'eau aussi!


Mais alors, dit Alice, si le monde n'a absolument aucun sens qui nous empêche d'en inventer un?

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Re: Zone 38

Message par Géraldine BM le Jeu 30 Juil 2015 - 14:12

Bonjour Paladin et toute la communauté,

Je me suis bien demandée où tu voulais en venir (ce qui est bon signe chez moi, cette curiosité qui me fait dévorer le récit) , je n'ai pas ressenti de longueur, plutôt une sensation de mystère horrifique, qui s'intensifie progressivement jusqu'à... "retournement de crêpe" l'expression est bien choisie (merci Jack-The-Rimeur), j'ai été prise au dépourvue, la surprise totale. Bien trouvé. D'autre part les suggestions d'Eimelle sont intéressantes pour ce qui est de l'énigme.
Ensuite sur le comportement des malades d'Alzheimer, je ne sais pas ce qui est juste où pas, donc ça ne peut pas me gêner.
Le refus du texte, je le suppose lié à des critères très spécifiques qui ne remettent en cause ni la qualité de l'écriture (que j'apprécie) ni le récit bien construit.
Moi je vote pour ! ah ben zut, pas de vote prévu, oups
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Re: Zone 38

Message par Paladin le Jeu 30 Juil 2015 - 14:53

Merci Géraldine! Et puis à Dinan, les crêpes sont appréciées!


Mais alors, dit Alice, si le monde n'a absolument aucun sens qui nous empêche d'en inventer un?

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