La couronne de Lucifer

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Re: La couronne de Lucifer

Message par Perroccina le Dim 26 Avr 2015 - 14:38

J'ai fini hier. Heureusement que tu a écrit quelques lignes qui expliquent la genèse du roman. Le parallèle avec une histoire bien connue qui est assez subtil au départ devient très marqué au fur et à mesure qu'on grimpe sur les pentes de l'Etna.
La fin nous ramène de nouveau dans la réalité avec tout ce qu'elle a de cruel et finalement d'humain, j'ai bien aimé.
j'ai aussi apprécié les explications de l'ange sur la cosmogonie, cela rationalise le fantastique et c'est vraiment bien trouvé.
Un bon bouquin dans un tout autre style que les "terres de légende" mais tres abouti malgre tout.


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Re: La couronne de Lucifer

Message par Murphy Myers le Lun 27 Avr 2015 - 16:44

Fini moi aussi, à l'instant même.
En parlant de la référence principale, je me demandais justement si c'était une inspiration volontaire ou inconsciente (la note de fin résout le mystère). J'aime bien le concept de cette "reprise" en tout cas (quand bien même je n'aime pas la référence en question, mais ça c'est une autre histoire).

Petit récap' des coquilles/répétitions que j'ai repéré (encore une fois, c'est vraiment peu vu le nombre de pages) :
  P97 « Fred a reprit la Couronne » repris
  P103 « – Quoi ? Fit Damien. » fit sans majuscule
  P105 « L’Étoile du Matin décrochée des cieux, jetée à bas par la Monarque Blanc. » le
  P115 « car effleurer la Couronne, dans la hiérarchie infernale, était un privilège réservé au Quatre. » aux
  P127 « Retombés à terre, l'Ange lui tord le cou et Famine se résorba à son tour en esprit. » se résorbe (on est encore dans le Monde Ralenti)
  + « Alors Mort étendit une main gantée, son pouvoir déferla, et un désespoir glacial déferla sur les trois hommes » répétition de "déferla", mais c’est peut-être voulu.

Sinon, la fin est à la hauteur du début, assez spectaculaire et pas mal gore. Entre voir ce que Fred a fait dans ses premiers jours (ou mois, ou années) avec la couronne et l'arrivée des cavaliers, on est servi côté horreur. C'est d'autant plus percutant que je ne pensais pas que l'accent serait mis à ce point sur ce côté-là, ce qui est loin de me déplaire d'ailleurs.

Spoiler:
Après, j'aurais personnellement préféré que ça finisse moins bien, mais ça c'est purement subjectif. Et puis, tous les personnages n'ont pas leur happy end donc ça contrebalance quand même ceux qui en ont un.

Si vraiment je devais chercher quelque chose à redire, je dirais que j'aurais aimé un peu plus de "fantaisie" dans l'aspect des créatures, anges et cavaliers surtout. Je trouve que, de façon générale, les récits de ce genre s'attachent trop aux représentations classiques alors qu'essayer de changer leur aspect pourrait donner quelque chose d'un peu plus original. Mais j'ai bien conscience que le but de l'histoire n’était pas là, et qu'il était même, au contraire, d'être au plus près des descriptions bibliques. C'est un parti pris qui se défend aussi.

Bref, ça frôle la perfection, à mes yeux, un traitement impeccable, des perso réussis et une histoire très sympa.
Dis-moi s'il y a des détails ou éléments précis sur lesquels tu voudrais un avis.

En attendant, je prépare une "vraie critique" que je mettrai sur mon blog quand tu mettras ce livre en ligne.


La forme dans le noir

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Re: La couronne de Lucifer

Message par A'Tuin le Lun 27 Avr 2015 - 18:38

Le commentaire de Murphy me fait penser à un truc : l'association des Cavaliers et des couleurs (Écarlate, Verdâtre, Noir et je ne me souviens plus le dernier...), tu désignes la Mort par Verdâtre je crois alors que j'aurais plutôt associé cette couleur à la Pestilence et du coup le noir pour la Mort, le rouge pour la Guerre et je ne sais pas trop pour la Famine, blanc sale, un truc comme ça. C'est un détail, et pas forcément pertinent, mais je l'ai remarqué à la lecture.


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Re: La couronne de Lucifer

Message par Murphy Myers le Lun 27 Avr 2015 - 19:42

Du coup, ça me rappelle qu'il y a peut-être une inversion de couleur à un moment. J'ai sûrement plané, mais j'étais persuadé que Mort était noir ou blanc (il me semblait que tu le disais à un moment dans le texte, mais impossible de retrouver où, là où l'Ange précise les 4 couleurs à Royal il me semble). Du coup, j'ai eu un petit moment d'arrêt à la fin, quand Mort est sur le cheval vert.

(Bon, après j'ai fais 2-3 recherches et ce sont bien ces couleurs-là et ces associations-là dans les croyances : Mort vert pâle. Je trouve l'association bizarre, j'aurais plutôt dit comme A'Tuin, Famine blanc comme la neige qui tue les récoltes, Mort noir, Guerre rouge et Pestilence vert comme la décomposition, mais comme le but est de collé aux croyances, c'est tout bon).


La forme dans le noir

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Re: La couronne de Lucifer

Message par A'Tuin le Lun 27 Avr 2015 - 19:59

Merci pour la précision Murphy, si ce sont les associations des croyances, alors je m'incline, mais ce n'est pas ce qui parait le plus logique... Après j'ai peut-être été plus influencée par les Cavaliers de l'Apocalypse décrits par Pratchett que par ceux cités dans la bible.


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Re: La couronne de Lucifer

Message par Didier Fédou le Mar 28 Avr 2015 - 3:47

Merci Murphy pour ta lecture et le relevé de fautes.
Si ça frôle la perfection, tant mieux, je n'ai pas cette prétention, et il y a des trucs que je vais modifier, sur les suggestions de Cancereugène.
Une petite hésitation me turlupine depuis un moment : certains passages sont assez gratinés, comme les visions qu'à Fred de l'enfer, et j'ai un peu peur que ce soit trop par rapport au reste du texte. Vous en pensez quoi ?
J'hésite entre édulcorer un peu ces scènes ou durcir le reste du bouquin.

Pour les couleurs des Four Horsemen, leurs couleurs varient selon les sources. Vu que c'est quand même que des mythes et qu'il n'y a pas le Ministère des Références Bibliques qui va venir vérifier, j'ai utilisé les couleurs de références les plus communes. Le plus bizarre étant bien le cavalier verdâtre, souvent nommé le pâle, sa couleur n'est pas toujours bien précise, et je trouve que c'est plus clair dans les traductions anglaises, the pale rider, qui est aussi un western avec Clint Eastwood.

Bref, je note toutes vos remarques, le manuscrit se repose. Encore merci.


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Re: La couronne de Lucifer

Message par Murphy Myers le Mar 28 Avr 2015 - 12:38

Au contraire, je trouve personnellement que ce "changement de ton" entre les scènes comme la vision de l'enfer et le reste est une très bonne chose. Pour plusieurs raisons :

- Pour le réalisme. On parle de l'enfer, donc forcément, c'est censé être moins joyeux que sur Terre.
- Rajouter de l’horreur ailleurs pour égaliser risque de donner de l'horreur gratuite et inutile.
- Ce "changement de ton" est à mes yeux une des forces du texte. L'horreur est d'autant plus percutante et crédible qu'on ne s'attend pas à ce qu'elle débarque ainsi.
- Pour revenir à l'enfer, ce genre de visions aide en partie à expliquer pourquoi Fred est devenu aussi taré.

Du coup, je serais contre un rajout d'horreur ailleurs.
Après, édulcorer la scène de la vision, je trouve ça dommage parce qu'elle est plutôt bien faite, mémorable et atteint son but, mais ça me gênerait déjà moins. (Par contre, pas touche à l'arrivée des cavaliers ni à la description des méfaits de Fred quand il trouve la couronne :mrgreen: ).


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Re: La couronne de Lucifer

Message par Perroccina le Mar 28 Avr 2015 - 14:44

Moi aussi je trouve la balance entre horreur et normalité bien équilibrée, j'aurais tendance à dire ne change rien. D'ailleurs pourquoi aurait-on peur d'aller en en enfer si c'est déjà l'enfer sur Terre ?


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Re: La couronne de Lucifer

Message par Cancereugène le Mar 28 Avr 2015 - 19:35

J'ai remis mes commentaire en privé car ça me paraissait trop long sur le forum.
Je me permets d'intervenir car pour ma part, j'ai senti un déséquilibre dans le ton de l'ouvrage. Globalement, je l'ai trouvé plutôt bon enfant et fantaisiste. Les personnages sont plutôt sympas, parfois lunaires, pas vraiment sombres. Leurs interactions sont sympathiques. Les problèmes des uns et des autres, même s'ils sont parfois sérieux, sont exposés avec légèreté. Le concept même du roman fait référence à une oeuvre de fantasy plutôt adressée aux ados.
Pas de parodie, c'est clair, mais l'ambiance générale est assez familiale, il me semble.
Le passage où l'on revient sur le parcours de Fred/Fredo tranche trop avec le reste du roman. Déjà, il arrive très tard, à un moment où son background ne m'est pas apparu utile. Et puis ses actes à la limite du trash m'ont vraiment paru hors de propos avec l'ensemble du roman.
J'ai été un peu moins dérangé par le dénouement, car le principe de l'intrigue était d'emblée de nous emporter dans un crescendo de noirceur. C'était logique, avec l'arrivée des cavaliers, qu'il y ait des phénomènes un peu glauques. J'avoue avoir un peu tiqué devant l'évocation d'un personnage qui mange de la merde. J'ai trouvé ça bizarre. Mais à part ça, c'était logique d'envoyer du lourd à ce moment du roman.
Ce qui serait passé sans problème dans un Trash Editions m'a paru déplacé dans le contexte de cette histoire.
Voilà.

Didier posait la question : en faire plus ou en faire moins. Je vote pour en faire moins. A mon avis, cela ne réduirait en rien l'impact du récit.

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Re: La couronne de Lucifer

Message par Didier Fédou le Mer 29 Avr 2015 - 4:00

Logiquement, je devrai me ranger à l'avis de la majorité, mais Cancereugène a mis le doigt sur quelque chose que je ressens. Ca m'ennuie que ce roman passe pour familial et bon enfant. Des passages entiers sont dans ce thème, bien sûr, mais c'est pas ce que j'ai voulu faire, il s'agissait de scènes de "repos", une étape dans un havre, je me suis donc planté quelque part.
Donc, je vais édulcorer légèrement les scènes trop extrêmes. A moi de faire correctement mon boulot et que ça passe dans la suggestion.
ET je vais durcir le ton dans le reste. Là aussi, à moi de faire preuve de finesse : il ne s'agit pas de rajouter de la violence gratuite ou du crado juste pour monter de niveau, mais bien de faire comprendre que Royal ou Damien n'ont pas une vie facile, que la vie n'est pas rose en général (et accessoirement, sortir mon roman de la catégorie fantasy pour ado).

Plusieurs pistes d'amélioration se présentent grâce à vos commentaires croisés. Encore une preuve de l'importance de la beta-lecture. Et encore une occasion de vous remercier.


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Re: La couronne de Lucifer

Message par Eilean Liber le Mar 9 Juin 2015 - 21:22

Bonjour Didier,

Je poste ce commentaire sans avoir lu ceux des autres Écritoiriens. (Pas le temps en ce moment... et ça permet une lecture fraîche).
Et désolée, c'est un peu long... (je me trouve douée pour l'euphémisme...).

Je ne suis pas du tout une amatrice de fantastique et d'horreur, donc je ne te fais pas un commentaire de spécialiste. Il est possible que mes remarques découlent du fait que je suis hors de mon élément littéraire, mais je te les donne tout de même en sachant bien qu'elles peuvent tomber totalement à côté - tu en seras juge.
La plupart sont liées aux personnages, qui, à mon avis, mériteraient d'être développés, autant que dans un roman psychologique - non qu'ils soient creux, mais il me semble qu'ils devraient au contraire être saturés de traits de personnalité et de vécu.
J'ai bien compris que, pour toi, les gens ne sont pas bons et qu'ils agissent avant tout pour leur propre compte. Toutefois, clarifier les ressorts de leurs actes serait intéressant. En outre, certains de tes personnages ne sont, de fait, pas mauvais, et même plutôt sympathiques : ta règle n'est donc pas absolue et, en tant que lectrice, j'aimerais savoir en quoi elle se justifie (pourquoi et en quoi les « méchants » le sont) et en quoi elle présente des exceptions (ce qui fait que certains personnages sont quand même bons).

Je ne te ferai par contre pas de critique de style, hormis sur un point : il me semble que tu devrais réserver le langage familier aux dialogues, ou alors te placer clairement en focalisation interne afin qu'il soit clair qu'il s'agit des pensées de tes personnages et non du propos d'un narrateur omniscient.

Il y aussi un aspect qui m'a déplu : la façon dont tu parles de la science et des scientifiques, qui m'a semblée stéréotypée. Dans la réalité, les scientifiques (chercheurs) sont dans l'ensemble des créatifs, ou alors ils n'obtiendraient ni crédits de recherche, ni accréditation, ni doctorat. Il y a des exceptions et tous ne sont pas compétents ni sympathiques, mais les décrire comme des gratte-papier sans imagination et sans âme demande d'être justifié. Autrement dit, je pense que ceux que tu évoques peuvent avoir la personnalité que tu leur confères, mais que, dans ce cas, tu devrais leur donner un peu plus de corps.
Je peux me tromper, mais, à ta place, je vérifierais d'autant plus soigneusement chaque élément à teneur scientifique évoqué dans le récit que je souhaiterais décrier les spécialistes du domaine.

Il me semblerait, par ailleurs, intéressant que tu creuses la mythologie (judéo-chrétienne) qui sous-tend ton récit. Tu le fais à un ou deux endroits et je trouve que cela donne de la profondeur à ton intrigue - voir des romans tels le Da Vinci Code de Dan Brown - on aime ou pas (personnellement, je ne suis pas fan), mais il est indéniable que c'est un succès international et le côté érudit du texte n'y est, je pense, pas pour rien.
Par exemple, ton ange parle hébreu lors de ses premières communications. J'ai une supposition sur la raison pour laquelle il le fait, mais ce n'est pas évident et je me trompe peut-être. Peu importe, toujours est-il que tu pourrais l'expliciter et que cela pourrait être l'occasion d'approfondir un peu la cosmologie.

L'ange me pose d'ailleurs aussi un autre problème.
Spoiler:
Il me paraît bizarre que, à la fois, il soit très puissant et ne parvienne pas à se libérer de la cage qui l'enferme. Sa supposée faiblesse ne me semble pas suffisante, d'une part parce qu'il n'est faible qu'à l'échelle humaine, d'autre part parce que sa nature devrait lui permettre de convaincre des protagonistes de le libérer ou encore de manipuler l'infrastructure (faire jouer mécaniquement les verrous, pirater le système informatique par la pensée...).
Il m'étonne aussi que tous les protagonistes acceptent aussi bien son emprisonnement (qui, du point de vue d'un croyant, les damne). À supposé que George Royal soit trop lié par son éthique militaire et accepte de se sacrifier ainsi, le prêtre, à tout le moins, devrait exprimer haut et fort un sentiment de révolte, crier au scandale... Je le verrais bien ameuter la presse.
Or, tu as besoin que l'ange reste enfermé, j'en suis bien consciente. Donc, il ne doit pas pouvoir partir de lui-même. Peut-être peut-il aisément se libérer, convaincre les présents de lui ouvrir, mais peut-être ne le fait-il pas parce qu'il a besoin d'eux. Peut-être doit-il soigner sa blessure avant de partir en guerre et, pour cela, peut-être a-t-il besoin des prières des humains (voir American gods de Neil Gaiman, où les humains donnent vie et puissance aux dieux par leur foi en eux). Peut-être cela lui est-il refusé car les humains veulent d'abord tirer parti de sa présence (le contrat moral, acceptable dans l'esprit de ceux qui commandent et imposé par eux, étant qu'ils le satisferont une fois qu'ils l'auront étudié).
Lorsque George Royal décidera d'accéder aux demandes de l'ange, il rassemblera le prêtre, mais aussi le rabin, l'imam... tu peux choisir d'énumérer (et décrire brièvement) les tenants de nombreux crédos monothéistes (ou seulement des dizaines, voire centaines d'obédiences judéo-chrétiennes) et chacun priera à sa manière, restaurant les forces et la santé de l'ange.
Voilà, c'est une idée... Il y a d'autres possibilités, bien sûr.

Enfin, ta chute me laisse l'impression que tu as voulu « boucler » les fils narratifs, ce qui me paraît une nécessité dans les romans de trame « classique » (je veux dire, où le récit l'emporte sur le style) : une histoire doit avoir un début et une fin, de même que chacun des fils narratifs qui la composent, que cette fin soit positive ou négative et qu'elle montre une réussite ou un échec de l'action.
(Je m'en réfère ici au narratologue structuraliste Claude Bremond, qui m'a beaucoup apporté concernant l'équilibre narratif d'un récit).
Dans ton histoire, je discerne essentiellement quatre personnages, donc quatre fils narratifs (je ne compte pas l'ange, dont le fil, de fait, est bouclé lors de sa victoire) : Fred Saugues, Damien Alric, Georges Royal et Jérôme Dulac.

Tu conclus le fil narratif de Fred de façon satisfaisante, bien que très prévisible.
Spoiler:
Il ne peut que mourir, car son seul espoir est d'être sauvé dans l'au-delà et il est trop détruit, psychiquement et physiquement, pour poursuivre dans celui-ci. Donc, il meurt et, puisqu'il n'est pas fondamentalement mauvais - juste un humain dans la moyennne qui n'a pas eu de chance -, il est sauvé au bout du compte. Sur ce point, tu décris un univers fondamentalement juste, où les bons sont récompensés et les méchants, punis.

Bien que tu écrives que tu ne crois pas en la bonté humaine, tu as pourtant deux personnages « bons » : George Royal et Damien Alric.
Spoiler:
Tu conclus leurs fils narratifs par l'idée que la société ne reconnaîtra pas la valeur de leur acte (ils ont sauvé le monde, de fait) et tu les punis, mais sans que cela ne leur nuise totalement.
Tu est dans une sorte d'entre-deux qui, je le déduis, cadre avec ta conception de la réalité. Mais, en tant que lectrice, cela ne me satisfait pas, réalisme ou non : j'ai un peu l'impression d'être spoliée. De fait, nous ne sommes pas dans la réalité, mais dans un univers fictif dont, de mon point de vue, les règles ne sont pas les mêmes.

Je te propose donc plusieurs possibilités de fin, qui, je l'espère, te permettront de voir où je veux en venir.
Spoiler:
Lors du rendez-vous de George Royal avec son supérieur, celui-ci le sanctionne car il a désobéi, sans vouloir écouter ses justifications. Cela me paraît étrange, car ce supérieur sait que la créature tenue prisonnière est un ange et peut facilement deviner, avec les événements d'Italie, que Royal a sauvé le monde. C'est une drôle d'idée de sanctionner un acte de bravoure dangereux (un sacrifice) qui a sauvé le monde.
Par contre, ce supérieur peut reconnaître la valeur de l'acte de Royal, mais se trouver coincé : il faut à tout prix cacher ce qui s'est réellement produit, étouffer l'affaire et, pour cela, il faut sacrifier Royal comme s'il avait commis une faute plutôt qu'un acte héroïque. Donc, il faut le sanctionner officiellement, ce qui n'empêche pas de, officieusement, le récompenser ou, du moins, le louer.
Dès lors, Royal pourrait être mis à la retraite d'office en sanction du gâchis, mais recevoir en privé des remerciments et / ou une récompense (médaille, prime...). Et Damien pourrait aussi être récompensé, au passage : lui aussi a sauvé le monde, alors qu'il aurait bien pu rester chez lui. Ce serait une façon de le sortir (à court terme) de ses soucis financiers.
Royal peut concevoir de l'amertume : faire son devoir et au delà n'est pas récompensé dans notre monde. Mais il s'en tire à bon compte et peut comprendre la logique politique de la décision, qui est cohérente bien que pas très cool.

En ce qui concerne Damien, j'ai eu le sentiment que les événements se déroulaient trop vite à la fin.
Spoiler:
Tu annonces toute une procédure de dégradation de ses conditions financières : impossibilité de payer, renégociation du crédit avec la banque, re-impossibilité de payer... On ne voit pas tout ça ; on passe directement de la perte de la voiture à la perte de tout. Je verrais au moins une mention de tout ce qui s'est passé entre son retour et le moment de la saisie, éventuellement en flash-back.
Par ailleurs, la lettre de Royal devrait arriver avant ce délai, qui peut être assez long. Mais cela poserait problème pour ton intrigue, puisque ça briserait l'effet de secours in extremis (deus ex machina ? Je ne trouve pas la bonne expression).
Je pense aussi que le geste de Royal témoigne d'un altruisme difficilement justifiable, dans un univers où l'humain est foncièrement mauvais (ou, en tout cas, pas très bon). Le personnage mériterait donc d'être creusé, pour que l'on perçoive pourquoi il agit ainsi.
Sinon, tu pourrais aussi trouver une autre solution. Damien étant « gentil » et « béni de l'ange » (mon impression et mon expression), je comprends que tu souhaites qu'il s'en tire (bien qu'il n'y ait pas nécesssité), mais il y a d'autres possibilités.
En voici quelques unes auxquelles j'ai songé.
Spoiler:
L'ange peut vouloir le récompenser et, par exemple, lui conférer le « don de chance » dont il manque cruellement à l'heure actuelle. Il y a eu beaucoup de morts dans le village. Il pourrait y avoir un petit paysan (bio et pas esclave de Monsanto, et avec une exploitation qui marche bien, de préférence) qui a perdu ses deux aides et qui vient quémander auprès de Damien, lui disant : « je sais bien que vous avez déjà un travail que vous ne souhaitez probablement pas abandonner, mais je ne vois que vous à qui je puisse m'adresser. Vous restez beaucoup en retrait, mais vous et votre épouse m'inspirez confiance ; cela se voit que vous êtes des gens sérieux. Peut-être votre épouse souhaiterait-elle un peu d'activité ? Peut-être auriez-vous une personne fiable à me recommander ? Je ne sais plus quoi faire sans mes deux aides, je suis au désespoir ».
Et voilà Damien et sa femme casés dans un boulot dur, certes, mais où l'enfant pourra rester avec sa mère ou être gardé par la vieille mère du paysan, où ils n'auront pas besoin de faire de la route pour aller travailler et où ils seront tous deux payés. Et le paysan se sentira redevable, de surcroît.
Autre idée : Royal, qui est assez vieux, a besoin d'un jardinier, homme à tout faire... et peut-être aussi d'une femme sérieuse pour faire le ménage dans sa propriété à la campagne, où il va s'installer durablement, maintenant qu'il part à la retraite. Il songe à Damien et lui propose de les embaucher, lui et son épouse. En plus, il se sentira moins seul et l'enfant égaiera ses vieux jours.
Ces deux solutions offrent à Damien une échappatoire plus durable qu'un pactole qui ne les sortira que ponctuellement de la difficulté.

Il y a aussi un processus que tu ne conclus pas.
Spoiler:
Je trouve que, lors de l'accident, Jérôme Dulac s'en tire à très bon compte. Il a juste une égratignure. Puis, ensuite, on n'entend plus parler de lui : il a servi le rôle que tu voulais lui faire jouer et tu n'en as plus besoin. Pourtant, d'une point de vue intrinsèque à l'univers, il existe toujours et c'est bizarre qu'avec tout le fiel qu'il a acccumulé et toutes les menaces qu'il prodigue à Damien, il s'en tienne là.
Peut-être pourrait-il revenir le narguer à la fin. Si Damien reçoit une offre qui lui permet de démissionner pour un meilleur travail, cela ne lui fera ni chaud, ni froid, il pourra rire au nez de Dulac (sans forcément lui fournir d'explications - encore plus frustrant pour l'autre) et il remportera une victoire morale (remontant un peu son égo, qui est très abimé).
C'est de cette façon que Heinlein achève le Vagabond de l'espace (Have space suit- will travel), où un personnage insupportable a asticoté le héros autant qu'il l'a pu.

Voilà, j'espère que ces commentaires te paraîtront pertinents et qu'ils te seront utiles.

Un tout petit PS : tu n'as pas besoin, à mon sens, de développer l'analogie avec le Seigneur des anneaux à la fin. Un « Remerciements à J. R. R. Tolkien » (par exemple) suffit - ceux qui connaissent auront plaisir à chercher les points communs et les autres, qui sait ? iront peut-être lire Tolkien pour les trouver.

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Re: La couronne de Lucifer

Message par Didier Fédou le Mer 10 Juin 2015 - 4:52

Pfiou... je n'en demandais pas tant ! C'est une très belle analyse qui va m'être utile, même si je ne vais pas revoir chaque point que tu indiques. Sans quoi je suis bon pour re-écrire le roman.

Pour les bons et les méchants, non, il n'y a pas de règle. Les gens ont surement des tendances, mais ce sont les circonstances qui font que leurs actes peuvent être perçus comme bons ou mauvais. Et ces circonstances, souvent, c'est le profit et l'avidité, toutes choses exacerbées par le pouvoir de la couronne.

Réserver le langage familier aux dialogues, je vais voir ça.

Pour les scientifiques, j'admets volontiers la grossièreté de la caricature. deux choix s'offrent à moi : développer leurs scènes pour justifier cette attitude ou la changer, ou bien carrément faire sauter la caricature, et me contenter de dire que des scientifiques travaillent dans leur coin. Je pencherai pour la première solution, je vais y réfléchir.

Pour l'ange, oui, j'ai besoin qu'il reste enfermé, et donc oui, je force un peu les choses, comme en d'autres endroits comme tu l'as vu. C'est peut-être pas malin de ma part d'utiliser pour ça une blessure invisible, qu'on ne voit que beaucoup plus loin, durant le combat, une blessure dans "l'aura". Tu m'as mis le doute et finalement, c'est pas con du tout l'idée que l'ange pourrait convaincre un gars plus croyant que les autres de le libérer. A voir.
Pour le prêtre qui ameuterait la presse et crierait au scandale, négatif. D'abord parce qu'on peut supposer qu'il est moins bête que la moyenne des curés et comprends donc l'intérêt pour l'humanité d'observer un ange, ensuite parce que comme les autres, il est lié par le Secret-Défense. Rompre ce secret a des conséquences... fâcheuses.

Pour la chute qui boucle les fils (c'est le boulot d'une chute, donc, tant mieux) :
Pour Fred, nous sommes d'accord. Il n'était pas fondamentalement mauvais, et aura de bonnes chances d'être "pardonné".
Pour Royal, le traitement est expéditif, mais comme c'est la fin du bouquin, il faut que ça aille vite, parce qu'il n'y a plus grand chose d'interessant à raconter. Tes propositions sont très justes, et conformes à ton conseil du début d'étoffer la psychologie des personnages. Cependant, c'est un roman d'aventures, d'action. Je rate certainement pas mal de choses, (mais je vais surement glisser un ou deux indices dans ce sens quand même) mais ce que tu propose peut bien être supposé par un lecteur attentif (très attentif, même...) et tant pis pour moi si je paie une certaine frustration à la lecture.
Pour Damien, là tu as raison, il faut que je rallonge la descente jusqu'à la saisie immobilière. C'est malheureusement une spirale infernale que j'ai failli connaitre et qui dure longtemps. Je dois quand même prendre certaines libertés avec la réalité pour que ça colle avec l'arrivée miraculeuse de la lettre de Royal. Un deux ex machina camouflé, qui force encore une fois le récit vers sa conclusion. J'aime bien l'idée du petit paysan bio qui propose un petit boulot, mais je ne saurais pas où le mettre. (mais je garde l'idée sous le coude).
Et pour Dulac, rien à foutre. Ce n'est pas un élément de premier plan, mais bien un personnage secondaire qui pousse Damien dans l'histoire. Une fois conclue leur relation (l'accident et le coup de poing dans la gueule), on n'a plus besoin de lui, parce qu'à part faire chier le monde, il n'a aucun pouvoir. Il n'est pas DRH de la boite où Damien bossait, ils n'étaient pas assez ennemis pour que Dulac débarque dans la village de Damien, et s'il en reste là après l'accident, c'est parce que c'est quand même lui qui l'a provoqué. Donc merci Dulac, bon débarras. (Et au passage, il est fortement inspiré d'un gars que je connais en vrai, mais chut...)

Tes commentaires étaient très pertinents et justifiés, je suis désolé de ne pas tous les utiliser. Je ne peux pas refaire le roman, mais ce n'est pas perdu, je le prends comme des leçons pour la suite. Merci de ta lecture.


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Re: La couronne de Lucifer

Message par Didier Fédou le Sam 20 Juin 2015 - 5:15

A Cath Robert, Silence, Naëlle, A'tuin, Murphy, Cancereugène, Perro et Eilean : dans les remerciements de fin du livre, je mets vos pseudos ou vos vrais noms ?


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Re: La couronne de Lucifer

Message par A'Tuin le Sam 20 Juin 2015 - 5:49

Tu as remanié ton histoire du coup ?

Moi je préfère mon vrai nom Smile


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Re: La couronne de Lucifer

Message par SILENCE le Sam 20 Juin 2015 - 9:14

En ce qui me concerne Didier je ne suis qu'au début de ma lecture. Je pense réussir à te fournir mon analyse pour le mois d'août, s'il n'est pas trop tard !

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Re: La couronne de Lucifer

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