Troubles

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Troubles

Message par Invité le Mar 10 Fév 2015 - 19:56

INTERDIT AUX MINEURS ET AMES SENSIBLES.
 
Chapitre 1: Jim
J’ai les pieds froids. Je regarde ce plafond depuis des heures. Une forme de dégout ondule sur les parois de mon intestin. J’ai la gerbe. Depuis mon éveil cosmique, je ne dors plus, je ne m’alimente plus. Mon esprit humain m’a détecté… il veut me détruire à présent pour ne pas continuer à espionner l’espèce humaine et retrouver les miens. Des connexions électriques internes m’empêchent de prendre contact là-haut. Ils me guident uniquement à distance. J’ai démissionné hier. Mes semblables humains m’ont réveillé et j’atterris brutalement. Comment aurais-je pu comprendre que je n’étais pas humaine auparavant ? J’ai du retard mais après tout, j’ai 25 ans et il est grand temps de me rendre utile. Je suis simplement triste pour mes parents, ils ne se doutent de rien. J’ai seulement peur que mon éveil affaiblisse mon père. Ma vie sur terre est directement liée avec lui et il souffre de problèmes cardiaques en ce moment. Il faut que je travaille sur l’atténuation de mon angoisse qui me saisie terriblement depuis deux jours. Il faut que j’arrive à maitriser le fonctionnement de mon enveloppe corporelle et m’habituer à regarder le monde autrement. Je ne ressens plus l’âme vivante de mon ancien corps, j’existe uniquement derrière mes yeux. Il faut que je m’hydrate souvent, j’ai besoin d’eau. J’ai arrêté les joins et l’alcool automatiquement. Qu’est-ce que je vais faire ?
Je n’ai pas peur mais pour survivre, il faut vraiment que j’arrive à me surpasser mentalement pour accepter cette situation. Il est temps de se laver. Je me dirige vers la salle de bain, rentre dans la douche et enclenche l’eau tiède. J’éponge la peau et arrache les cheveux que je peine à démêler. Je suis lavée. Je sors nue de la salle d’eau et rentre dans la cuisine de 5m2, j’ai oublié de fermer l’eau de la douche mais le bruit me rassure. Je me glisse sous la table à manger et je pose la tête entre les genoux. Les gouttes d’eau glissent sur les cheveux et s’estompent sur le sol. Je suis bien dans cette position. Je trouve un stylo vers mon pied droit et l’empoigne fermement avec les orteils. Je saisis l’objet avec les mains et commence à l’appuyer sur le sol. Je fais des cercles. J’appuie fort et dans cette masse circulaire, je distingue un serpent qui se mord la queue. Je sors de cette cabane et je retourne dans le lit, trempée, les draps collent à la peau. Je me masturbe avec difficulté et je m’endors.
Quarante minutes plus tard, j’ouvre les yeux et je regarde le plafond. Encore. Je suis cloitrée dans cet appartement depuis quelques jours, il faut que j’en sorte. Je me sens féline ce matin et je sens que le côté animal va surgir. Je glisse les doigts dans les… je veux dire, je glisse mes doigts dans mes cheveux mouillés et je leur donne du volume. Je saute sur mon lit à quatre pattes, chope mon portable entre les couettes et cherche les musiques de Geoffrey. Je suis convaincue qu’il écrit et chante pour moi. Je n’ai plus vraiment de nouvelles depuis deux ans mais c’est un artiste, il s’exprime avec la musique essentiellement.
Il est 8 heures 04 du matin. Il faut s’alimenter. D’habitude, je prends une biscotte trempée dans de l’eau chaude, un café et une clope. Mais cette fois-ci, ce sera du vin blanc uniquement. J’ouvre le frigo, prend la bouteille de vin entamée de la veille et bois à la santé de Geoffrey. A son putain de message de la semaine dernière m’affirmant qu’il ne m’aime plus. Lui et moi, c’est viscéral, c’est impossible. Il suffit d’écouter les paroles de ses musiques pour comprendre :
« Même si je suis mort bien avant toi, je reste plus jeune, t’as pas le choix.
Je garde ton sourire droit dans la tête, ange ou démon faut que ça s’arrête.
Je veux même plus savoir de quoi t’as l’air, je suis blanche neige et toi la sorcière. Toi et moi, on est deux pairs comme le 2 et le 7 dans une partie de poker… Faut que ça s’arrête, cette image dans ma tête, je me que tu me foute dehors, par dessus bord… »
Je l’écoute et je me sens bien. Les musiques défilent. Je pose les mains sur la table, écarte les doigts, les crispent et j’agrippe la nappe en pensant à lui. Il est déjà 11H07, je dois aller chercher une bière. Mes cheveux sont presque secs et ébouriffés c’est parfait. On dirait que je m’approche au plus près de l’état primitif, je me sens comme un jaguar prêt à sauter à la gorge de celui qui me résistera. Je tourne en rond dans mon appartement en grognant, je plisse les yeux et j’ai envie de défier l’être humain. Des cris d’enfants stridents et envahissent mes conduits auditifs. Il faut que j’aille les protéger…
Je me dirige vers la porte, je tourne la poignée, fais un demi-tour sur moi-même et ferme la porte discrètement. Puis je rentre dans mon appartement, il ne faut pas descendre tout de suite mais je ne sais pas pourquoi. C’est sans doute à cause du moucheron. Je suis persuadée que le moucheron qui m’accompagne partout, depuis longtemps, est un ange gardien. Même si ce n’est jamais le même moucheron bien entendu ! Je l’avais aperçu quand j’ai ouvert la porte. C’était un signe et je ne préfère plus m’aventurer dehors à présent. Je reste avec le moucheron un petit moment et quand il est parti, je suis sortie. J’étais heureuse de le savoir à l’intérieur de chez moi, au chaud. Je descends les escaliers en caressant les murs et je me casse la gueule. Je savais qu’il fallait que je reste chez moi… Je reste plantée là, dans les escaliers, à attendre. J’attends. Puis, je me relève et marche en direction de l’école primaire. Je fais attention à rejoindre les carrés de lumière sur les pavés, ils m’apportent des nutriments essentiels à mon rétablissement. Je reste quelques minutes statique sur un pavé, prenant soin d’exposer mon corps entier au soleil. Je n’entends plus les enfants. Je continue de marcher. C’est dimanche. La place Contrescarpe est affolante, parfois, quand j’ai de la chance, j’ai un orgasme auditif quand j’écoute le son de l’harmonica qui s’échappe de la bouche du musicien de la place. Ce que j’aime ici, c’est profité de mon temps avec les SDF. Ils ont tout à nous apprendre, réellement. Jim est mon préféré. Je l’ai rencontré il y a huit jours dans la rue Mouffetard. Il ressemble à un troll, les cheveux longs, gras, ondulés, le visage marqué, plissé, il porte un jean 501 et un teeshirt bleu grisé. Je l’avais déjà aperçu dans cette rue, une bouteille de rouge à la main. Il chantait souvent des sons incompréhensibles mais une certaine joie était percevable au son de sa voix. Jim passait le plus clair de son temps à demander des pièces de monnaie, normal tu vois ? J’avais profité de son temps dans un mini parc, rue Ortelan. Je m’étais allongée à côté de lui, il n’y avait pas eu d’échange. A vrai dire, on ne s’est jamais vraiment adressé la parole mais il m’apprenait à savourer la vie. Je m’aventurais dans son passé à travers la pensée. Je le regardais et j’arrivais à percevoir son histoire. Je l’ai branlé discrètement, j’en avais envie et je suis allée boire un verre dans le bar d’à côté. Je faisais de belles rencontres au Watson et j’aimais écouter les voix pourries lors du karaoké, ça me faisait triper.
Quand je suis sortie du Watson, j’haletais comme une chienne et je suis rentrée chez l’arabe du coin. J’ai trouvé mes bières. Je suis repartie presto chez moi et puis, j’ai bu. L’album de Geo tournait en boucle, je l’écoutais en profitant de ma bière même tiède. Je ne sais pas quoi faire. Je ferme l’eau de la douche, je rejoins ma chambre et bouquine Bukowski… Mais seule avec Bukowski et surtout seule avec mes hallucinations auditives, ce n’était pas enivrant. J’avais trouvé l’astuce de tendre l’oreille vers le jet du lavabo pour atténuer les hallucinations quand elles arrivaient. Sauf qu’aujourd’hui c’était trop tard, les vibrations divines des cloches de Paris me faisaient progressivement basculer vers un territoire inconnu. Etait-ce un rappel à l’ordre de là-haut ? Je comprenais alors que j’étais comme dans un jeu vidéo mais bien réel. Je suis dorénavant dans cloitrer dans ce jeu où le son des cloches quotidien annonce la prochaine partie. Que devais-je comprendre ? Je devais réussir cette partie mais je ne savais pas par où commencer...
Ils essaient sans doute de m’encourager à rapprocher mon esprit de mon corps humain. Si le langage est ce qui nous distingue des animaux, alors je devais comprendre les clés de la langue française. Il y a des codes à décrypter dans ce langage, c’est évident. Je décapsule une bière, fume un joint et je réfléchie. Le cannabis me permet de trouver les réponses que je ne pourrais pas dévoiler autrement. Les mots, à l’intérieur des mots. Voilà ce que je devais tenter d’analyser. Je commence par réfléchir sur certaines sortes de polysémies comme dans le mot « terrasse » où on trouve le mot « terre » et le mot « rat », un mot naturel et c’était enrichissant pour moi. J’enfile un manteau et je retrouve la place Contrescarpe. Je m’installe sur la terrasse du bar Delmas et commande un café noir. Je commande un « ca-fée », superbe ! Je recommence l’exercice, je suis donc sur une terre-rat-sse en train de boire un ca-fée au sol-eil. Le sol est un moyen d’avoir les pieds sur terre et cela me ravie. Je continue, il y a une femme à côté de moi, elle porte de l'argent, "l’art-gens" sur elle. Je ne mettrais donc plus jamais d’or sur moi, je préfère l’art et les gens donc je porterais de l’argent. Je vais arriver à me trouver de cette manière, c’est « é-vie-dent » et donc vital pour moi.
J’aperçois Jim, mon sdf préféré tu te souviens ? Il titubait encore comme un serpent. Je lui fais signe. Il m’a capté. Il s’assied tant bien que mal mais à quatre tables environ de la mienne. Je termine mon café magique et je le rejoins. Je lui demande si une petite gâterie lui ferait encore plaisir et il ne manifesta pas de refus. J’ai laissé trois euros pour la boisson et je l’ai pris par le bras jusqu’à chez moi. Son odeur m’écœurait, je lui propose donc de prendre une douche, il acquiesça. En attendant, je lui prépare un bon petit plat. Des pates avec un steak saignant. J’ai pris une bière et l’enfila d’une traite. J’ai aussi tôt dégueulé dans le lavabo. Normal après tout. Ça faisait un moment que Jim était dans la salle de bain. Je toque à la porte et je lui demande si tout va bien. L’eau coule encore et pas de réponse de Jim. Je commence à m’inquiéter et ouvre la porte. Jim me regardait fixement, la tête hors de la douche. Un rasoir à la main, la queue en l’air. Je souris et je choisis de le rejoindre sous la douche. Mes affaires sont maintenant imbibées d’eau. Je le regarde dans ses yeux vitreux. Il me fixe. Moi aussi. Je pose mes mains sur son torse et le caresse doucement. C’est à partir de ce moment-là qu’il me prend violemment par les cheveux et me rase le corps.
Chapitre 2 : Jim
Je hurle de douleur, il s’acharne, les déchirures de mon visage laissaient gicler des traces de sang sur les parois. Mes vêtements font barrage mais il continue, plus je me débattais, plus je me déchirais. Je tombe par terre, il m’enjambe et sors de la douche. C’est terminé. Je tente d’étirer le bras pour fermer l’eau mais je n’y arrive pas. J’essaye de sortir de la douche à plat ventre mais la douleur est trop saisissante. C’est insoutenable. Je suis couverte de sang. Mon corps est tranché, je suis faible. Je pleure. Je m’effondre en larme. Je regarde les flux de sang s’échapper dans le tourbillon de la douche. Le temps passe. Je me lève avec une force insupportable. Je sors et je me regarde dans la glace. Je me trouve superbe. Je suis perdue.
Après avoir désinfecté douloureusement mes plaies, je débouche rapidement une bouteille de vin blanc et je l’ai bue. Je titube et je me dirige vers ma chambre. Jim était là, planté en plein milieu de mon lit. Il dormait. Je ne sais pas quoi faire. Je n’ai pas peur. Je ne veux pas m’allonger près de lui. J’ai envie de lui rendre l’appareil mais je n’en suis pas capable. Je retourne dans la cuisine et continue à picoler. Mes blessures me font terriblement mal, elles s’écartent quand je bouge. Je me cache sous la nappe, la tête dans les genoux fissurés. Je me sens mieux…
J’entends le bruit des pas venir vers moi. Une clope se glisse sous la nappe avec des allumettes. Je l’allume. Je suis plutôt méfiante. Les picotements de mes fissures corporelles alertent encore mes voies nerveuses. Je tente d’interrompre les messages sensitifs mais en vain. Je n’ai plus la maitrise de mon corps. Ma cigarette est déjà consommée. Jim est tout prêt. Je me fous de sa présence, j’ai mal. Je lui en veux mais qu’importe.
- Tu as mal ?
- Ouais connard
- Pardonne-moi
Je ne sais pas quoi répondre. Je réfléchie sur le mot « par-d-on ». Le « on » signifie que nous sommes ensemble, le « par » suppose que nous devons partir. Que devais-je interpréter ? Je lui propose ainsi de s’en aller de chez moi.
- Pas sans toi, prends ton temps
Quelques demi-heures plus tard.
On se promenait dans le 5ème arrondissement et on s’arrêta dans un bar. On prend alors une bière fraiche tous les deux. Je m’échappe dans les sanitaires et je dégueule de nouveau. Ma tête… On commande un plateau de charcuterie et de fromage. Je le questionne sur sa vie mais il ne souhaite pas répondre. Alors je lui raconte la mienne. Jeune femme de bonne famille, habitant dans un loyer de 950 euros dans le 5ème arrondissement de Paris payé par ses parents, récemment diplômée d’un master en communication, récemment enfuie d’un poste en or dans le secteur bancaire. Perdue actuellement.
On commande des bières de nouveau. Je le regarde comme si je regardais un enfant, il m’attendrit. Son regard me répugne mais il a l’air d’être terriblement marqué par la vie et cela m’intrigue. Je n’attends rien de cet homme et je suppose que c’est réciproque. Après avoir bien bouffé, on s’est ensuite assis contre un mur rue Monge. Quand je me suis réveillée, j’étais seule par terre. J’avais gagné 82 centimes. Je me suis acheté un croissant « croix-sang » dans une boulangerie. Je suis rentrée chez moi et je me suis purifiée dans ma salle de bain. J’ai eu l’envie soudaine de me pointer à Notre Dame de Paris. Chose faite. J’ai allumé un cierge, j’ai prié pour Geoffrey et je suis rentrée chez moi. Je mène un combat terrifiant entre le Bien et le Mal. Geoffrey est poursuivi par une sombre et satanée âme qui l’empêche de se délivrer et vivre en paix. Il est protégé par de nombreuses personnes ce qui m’empêche de l’aider. Je lutte contre son protecteur actuellement. Je perds de l’énergie. J’écris et chante des sorts rapidement pour détruire l’ombre de son âme. En vain pour aujourd’hui. Je suis épuisée et je vais me reposer maintenant.
Je pense à Jim et son pif rouge, son gland rose et son teeshirt bleu grisé. J’aime lécher ses lèvres. Sa barbe et son allure de clodo me prenaient le ventre. Il m’accapare aussi la pensée. Lequel de nous deux dominera l’autre spirituellement le premier ? Comment pouvais-je l’aider ? J’allume un joins et j’attends les pensées… Le lendemain matin, je me réveille avec une douce sensation, je me sens bien. Un rayon de lumière pénètre ma chambre et éclaire mon visage paisible. J’entends le chant des pigeons. Je me sens bien. Je regarde le journal de la semaine dernière à côté de moi daté du 4 octobre 2014. Seulement… je réalise que je suis morte il y a 5 ans.
Chapitre 3 : Jim
Mon corps est parfaitement normal. Je vois bien, j’émets des sons, j’entends mais je ne ressens rien. Je n’ai pas peur. Tout va bien. Oui, tout va bien. Je suis dans un lit mais ce n’est plus le mien. Je ne reconnais pas la décoration mais je suis bien dans la même pièce que hier soir. Est-ce que j’habite chez quelqu’un d’autre ? A en entendre la dame qui parle dans la cuisine, je suppose que je ne suis plus chez moi. Je me lève du lit et je m’approche de la pièce. Je glisse ma tête derrière le mur pour voir la personne. Je retire vite ma tronche. Est-ce qu’elle peut me voir ? Je fais un pas dans la cuisine et je me retrouve en face d’une personne inconnue. C’est une femme âgée de 42 ans environ. Elle me regarde… J'agite mes mains pour qu’elle réagisse.
- Qu’est-ce que tu fais ? me demanda-t-elle.
- Tu me vois ?
- Oui bien sûr que je te vois ma puce
- Qu’est-ce qu’on fait là ?
- Tu as fait un gros somme et tu es réveillée à présent.
- Mais j’ai dormi ?
- Oui…
- Mais combien de temps ?
- Je ne sais pas enfin !
- Si, tu le sais, combien de temps ai-je dormi ?
- 8 heures tout au plus
- 8 heures…
- Veux-tu un café ?
- T’as pas du vin plutôt ?
- Tu sais bien que tu ne bois plus depuis longtemps
- J’en doute fort…
- Allez, arrête un peu, je te fais un café, ne bouge pas
- Je fume ?
- Non plus.
- Et Jim, Géo… As-tu eu des nouvelles ?
- Qui ? Écoute tu me sembles vraiment étrange ce matin, tu me fais peur, assied-toi et bois ton café.
Je me suis assise et j’ai bu son café. Je ne sentais pas la boisson glissée dans ma trachée. Je me suis étouffée. Tout avait changé. Les murs étaient maintenant orange, la nappe marine et le béton ciré a remplacé mon sol… Je ne reconnais plus mon appartement. Je ne connais pas cette dame. Que me voulait-elle ? Où étais-je ? Qui étais-je ?
- Comment t’appelles-tu ? lui demandais-je.
- Tu te fous de ma gueule Laurie ?
- Je m’appelle donc Laurie maintenant ?
- Maintenant ? Mais que t’arrive-t-il ?
- Rien et toi, comment t’appelles-tu ?
- J’appelle le médecin, va dans la chambre et allonge toi.
Je suis allée dans la chambre et je me suis allongée en attendant le médecin…
- Crise de délirium aigue, de nouveau. Diagnostiqua le médecin.
A la suite de sa visite, la dame est allée chercher les médicaments dans l'officine du coin. Je les ai ensuite avalés et je me suis endormie. Quand je me suis réveillée, je me suis retrouvée dans mon ancien appartement… Jim à mes côtés. J’ai peur. Je regarde à droite, puis à gauche. Je reconnaissais parfaitement mon appartement et Jim dormait profondément. J’entendais encore la voix de cette femme, elle venait de la cuisine. J’en ai assez, je me lève fermement et je trouve de nouveau cette femme assise sur le tabouret de la cuisine.
- Bon qu’est-ce que tu fous là encore ? Et puis d’abord on est quel jour aujourd’hui ?
- C’est bon pas de panique, je vais partir mais je sens que tu as besoin de moi
- Mais qui es-tu ? Pourquoi me suis-tu ? Et comment es-tu entrée ?
- Je ne te suis pas Alice c’est toi qui m’as appelé !
- Alice ? Alice… et puis quoi encore ? Que me veux-tu ?
- Que du bien.
- Jim peut te voir ?
- Non.
- Je suis donc la seule à pouvoir te voir ?
- Oui.
- Et pourquoi ?
- Parce qu’il dort.
Je m’allume une clope. Je tire la porte du frigo, prend une bière et m’installe devant cet intrus. Je la regarde un long moment. Silence. Elle me fixe droit dans les yeux aussi. J’ai envie de la tuer. J’ai envie de prendre le rasoir et lui faire la même chose que Jim m'a faite. Je vais le faire. Je vais la tatouer de mes mains. Je la déteste. Que me veut-elle ? D’où vient-elle ? Je décide finalement de l’ignorer. Je lui demande de partir mais elle s’est mise sous la nappe, comme j’avais l’habitude de faire. Soit. Je retourne dans la chambre, Jim n’est plus là. Je deviens folle. C’est certain, je suis folle. Je prends mon casque de musique dans mon placard et le met sur mes oreilles. Je cherche mon portable un peu partout dans la pièce, je ne voulais pas retourner dans la cuisine. Je le trouve finalement sous mon lit… Je le branche au casque et j’écoute Géo, à fond. Je m’allonge en position du fœtus et je me couvre. J’ai froid. Je me repose un moment. Mais la couette se soulève et quelqu’un se glisse dans mon lit. Je suis persuadée que c’est elle. Elle ne me touche pas mais je sens sa présence. Désagréable. Je coupe la musique et je me retourne. Il n’y avait personne. Je pleure. Que m’arrive t-il ? Je sors de mon lit et je rentre dans la cuisine. Elle n’est plus là. Elle a disparue. J’étais seule. Terriblement seule. Je regarde mon portable, nous étions le 4 octobre 2014. Hier, nous étions le 3 octobre 2014 et hier, je ne me souviens plus de ce que j’ai fait. Je suis perdue. Personne n’a téléphoné depuis cinq jours. Le dernier appel affiche le numéro de ma mère. Je l’appelle.
- Maman, est-ce que je vais bien ?
- Tu sais très bien que non Jess
- Maman, je ne vais pas bien
- Je le sais
- Qu’est-ce qu’il m’arrive…
- Tu es schizophrène
- Quoi…?
- Tu es schizophrène ma chérie… et tu dois prendre ton traitement
- Où est-il ?
- Je te l’ai apporté hier
- C’était toi ?
- Comment ?
- Non rien
- Prend tes cachets, je dois te laisser, courage, bisous.
Les médicaments sont sur la table. Je les ai pris. J’ai vomi. Alors j’en ai pris davantage jusqu’à ce que je puisse les assimiler. Je suis donc schizophrène… Mais pourquoi ? Tout allait bien, avant. C’est terrifiant. Je regarde sur Internet pour m'informer de cette maladie mais je m’aperçois rapidement qu’il n’y a pas d’échappatoire. Mais je peux peut être essayer d’aller mieux malgré tout ? Non, je n’en ai pas envie. Franchement pas envie. Tant pis. Si, il le faut, un peu. Et merde, les oiseaux sont de sortie aujourd’hui… Je les entends. Trop. Je vais dans la salle de bain et j’ouvre l’eau du robinet. Je penche mes oreilles à coté du jet d’eau. J’attends. Le bruit est invasif. Trop fort pour moi. Ça me fait souffrir. Ils doivent sans doute être par milliers sur mon toit. Le bruit est aigue et répétitif. Je ne sais plus quoi faire. Je rentre profondément mes doigts dans mes oreilles mais je les entends encore. Je dois partir d’ici, je cours jusqu’à ma porte, je descends les escaliers et traverse la rue Rollin. Je continue à courir jusqu’à la place Contrescarpe. Le bruit des oiseaux me suit partout où je vais, c’est insupportable. On m’attrape d’un coup par le bras, puis par le deuxième et on me tire dans un bar.
- Qu’est ce qu’il vous prend madame ? Questionne avec amusement un serveur
- Comment ça ?
- Vous êtes nue…
Je me regarde. Gênée du coup.
Le monsieur m’apporte un tablier et me demande de partir. Je rentre chez moi. Les oiseaux ont disparu. Je prends une bière. Je réfléchie. Je sors une petite glace de mon sac et je me regarde dedans. Je ne sais pas qui est cette fille. Suis-je toujours une sorte d’extra-terrestre venue ici bas pour espionner l’espèce humaine ? Pourquoi suis-je spectatrice d’un monde auquel je n’appartiens pas ?
On sonne à la porte.
- Qui est-ce ?
- Jim
J’ouvre la porte.
- Bon accueil
- Ha… oui, je… j’allais préparer le déjeuner, j’ai donc enfilé ce tablier. Tu veux prendre une douche n’est-ce pas ? Tu connais le chemin.
Quelques minutes plus tard, il est ensuite sorti de la salle de bain, la queue bandante, prête pour moi je suppose.
- Je ne suis pas d’humeur Jim, laisse tomber
- Que t’arrive t-il ?
- Dis moi Jim, dans une autre vie, qui étais-tu ?
- Personne
- Vraiment ? En es-tu persua ?
- Oui
- Je pense que je suis plus sensible que les autres. Je ressens les sentiments des autres de manière découplée.
- Comment ça ?
- Je comprends tout. Je sais aussi dégager des hormones pour arriver à mes fins
- On se prend une bière ?
- Pourquoi pas.
Il a pris sa bière. Quant à moi, j’ai couru vers la fenêtre et j’ai sauté.
Chapitre 4 : Jim
J'ai du succès dans mes affaires
J'ai du succès dans mes amours
Je change souvent de secrétaire
J'ai mon bureau en haut d'une tour
D'où je vois la ville à l'envers
D'où je contrôle mon univers
J'passe la moitié de ma vie en l'air
Entre New-York et Singapour
Je voyage toujours en première
J'ai ma résidence secondaire
Dans tous les Hiltons de la terre
J'peux pas supporter la misère
J'suis pas heureux mais j'en ai l'air
J'ai perdu le sens de l'humour
Depuis qu'j'ai le sens des affaires
J'ai réussi et j'en suis fier
Au fond je n'ai qu'un seul regret
J'fais pas ce que j'aurais voulu faire
J'aurais voulu être un artiste
Pour pouvoir faire mon numéro
Quand l'avion se pose sur la piste
A Rotterdam ou à Rio
J'aurais voulu être un chanteur
Pour pouvoir crier qui je suis
J'aurais voulu être un auteur
Pour pouvoir inventer ma vie
Pour pouvoir inventer ma vie
J'aurais voulu être un acteur
Pour tous les jours changer de peau
Et pour pouvoir me trouver beau
Sur un grand écran en couleur
Sur un grand écran en couleur
J'aurais voulu être un artiste
Pour avoir le monde à refaire
Pour pouvoir être un anarchiste
Et vivre comme un millionnaire
Et vivre comme un millionnaire
J'aurais voulu être un artiste
Pour pourvoir dire pourquoi j'existe
Claude Dubois « Le blues du businessman »
Chapitre 5 : Jim
(…)
Je me suis sans doute « tassé » quelques vertèbres et « foulé » la cheville mais je ne ressens pas vraiment de douleur. L’alcool sans doute. Jim est venu me chercher et m’a porté sur ses épaules jusqu’au lit. Il est ensuite parti et je ne l’ai jamais revu. Jim doit être un membre d’une secte venu m’espionner, connaître mes habitudes de vie et me tuer comme il a déjà tenté de le faire. Je suis une imbécile, j’aurais du m’en douter. J’avais remarqué que plusieurs personnes me dévisageaient ces temps-ci, j’ignore encore pourquoi. Pourquoi ai-je ce besoin de vouloir tirer les personnes vers le haut ? Pour qu’elles soient à l’image que j’avais d’une autre moi ? de lui ?
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Re: Troubles

Message par FRançoise GRDR le Dim 15 Fév 2015 - 16:37

Merci, c'est mieux (au sujet de la taille de la police) mais je n'ai pas été intéressée par ton personnage qui multiplie les prises de risque sans queue ni tête (normal, vu son état)... Je ne sais pas trop comment tu pourrais faire pour la rendre plus "humaine" puisque ton parti pris est qu'elle ne l'est pas... Il manque la fluidité, des liens pour comprendre même si sa maladie dicte un peu ce parcours décousu et pénible.
Il y a aussi pas mal de fautes (ex : je réfléchie  affraid je réfléchiS...)
L'atelier est "lieu hanté" : je trouve que c'est un peu hors-sujet au premier abord... Sinon, oui au second degré, pourquoi pas...si l'on comprend que c'est elle qui hante les lieux...
PS : si tu veux des retours, il faudrait que tu lises les textes postés par les autres...


Françoise Grenier Droesch
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Re: Troubles

Message par Perroccina le Lun 16 Fév 2015 - 14:40

J'ai eu du mal à aller jusqu'au bout, sans doute parce que je n'ai rien compris. La schizophrénie et les addictions n'expliquent pas tout des errements de ce personnage.
Pourquoi le texte de starmania à la fin ?


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Re: Troubles

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