Dunes noires

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Dunes noires

Message par anouk le Sam 20 Sep 2014 - 21:24



DUNES NOIRES

La route étroite et longue traversait le pays des dunes. Les dunes noires... Je m'étais toujours demandé pour quelle raison ces monts de sable doré avaient pris ce nom. Lorsque le soleil brillait dans un ciel vierge de tout nuage, les pentes douces se paraient de pierres précieuses et renvoyaient les rayons solaires avec mille reflets chatoyants.

Mon regard se perdit très loin, là où l'azur rejoint l’océan en une courbe parfaite. Mes pensées vagabondaient en toute liberté. La mer aux liserés d'écume blanche, s'échouait sur le sable lisse en soupirant inlassablement. Je m'interrogeais sur le sort immuable de l'humanité. Nous venons au monde, nous grandissons puis vieillissons et enfin nous mourons. Une fois encore, je tentais de trouver un sens à tout cela. J'avais beau retourner le problème de tous les côtés, aucune issue de secours ne se mit à clignoter. Je baignais dans une sorte de torpeur mélancolique.

Je franchis un portillon au pied d'une dune particulièrement haute. Des marches avaient été aménagées et l'on pouvait se cramponner à une épaisse corde maintenue par des piquets rouillés. En chemin je croisai une femme extrêmement belle, d'une beauté surnaturelle. Elle portait une longue tunique blanche et ses cheveux blonds flottaient derrière elle. Elle me dévisagea intensément. J'en ressentis un trouble profond. Des ondes concentriques à la fois de glace et de braise envahirent mon corps. Je ne comprenais rien à ce phénomène extravagant, Au cours des veillées devant l’âtre, les anciens avaient coutume d'évoquer cette revenante. Les gens qui la rencontraient se sauvaient en invoquant les saints apôtres. A l'évidence, elle mettait en garde ceux qu'elle visitait. Cependant le destin était fatal et personne n'y pouvait rien.

Quelque temps après ce funeste présage, je perdis la vie, écrasé par un chauffard sur la route des dunes noires. Mon corps gisait sur le bas-côté, inanimé et sanglant. Apparut devant moi un petit garçon venu de nulle part. Il me regardait d'une façon étrange. Le silence s'éternisait et je commençais à me sentir mal à l'aise. Soudain, il saisit ma main et m’entraîna vers les dunes. De grandes bourrasques chargées de sable fouettaient nos visages. Sur la plage déserte roulaient des vagues écumantes. Une grosse houle s’était formée. Au bout d’une marche forcenée, avançant arc-boutés contre les assauts éoliens, nous empruntâmes un chemin escarpé. Le passage était difficile. Mes pieds glissaient et il n’y avait aucune corde pour se tenir. L’enfant me fit un signe de la main. Je lui répondis. Il s’éloigna sans se retourner.

Je restai planté là, désorienté, impatient. Je me remis à marcher d’un pas égal et long à la façon des montagnards, en économisant mes forces. Mû par une pulsion irraisonnée, je me dirigeai vers l’océan.

Mon envol vers la lumière fut éblouissant.



[J'éprouve un sentiment baigné de chaleur lumineuse et de plénitude. Alors je danse, je danse en écoutant ma musique intérieure.[/i]
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Re: Dunes noires

Message par Didier Fédou le Dim 21 Sep 2014 - 7:27

Salut Anne !
Il y a bien une poésie intemporelle avec les plages lointaines, les bords de la terre, les bouts du monde, avant les immensités qu'on voit désertes et mystérieuses. Cette poésie du bout du monde, je l'ai ressentie, et ça colle bien avec l'idée qu'on se ferait du départ pour le Grand Voyage.
Cependant, je t'ai connue plus en forme pour le style, qui mériterait d'être plus ciselé, plus brillant, pour cette histoire. Sans tomber dans l'emphatique ni utiliser des mots que seuls connaissent les Académiciens, bien sur.
Par exemple :
"Des marches avaient été aménagées et l'on pouvait se cramponner à une épaisse corde maintenue par des piquets rouillés. En chemin je croisai une femme extrêmement belle, d'une beauté surnaturelle. Elle portait une longue tunique blanche et ses cheveux blonds flottaient derrière elle"
gagnerait à devenir (juste pour l'exemple)
"Des marches, taillées dans le sable et la pierre, usées par des pas innombrables, une épaisse corde effilochée, rugueuse sous la main, pendue à des piquets de fer mangé de rouille, offrant encore son soutien. Au sommet de ce chemin, je vis les draperies d'une longue robe que le vent cherchait à emporter, mêlées de longues mèches blondes, et la femme attendait, comme si sa beauté surnaturelle suffisait à affaiblir la prise du vent."
Ok, je charge un peu, mais ça gagnerait à éliminer les verbes faibles, à construire des phrases plus complexes, pour perdre un peu le lecteur dans un flot de belles images, et le guider de loin.
Tu as écrit une belle histoire, tu peux encore l'améliorer.


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Re: Dunes noires

Message par anouk le Dim 21 Sep 2014 - 8:29

merci Didier
J'avais fait une longue diatribe que je viens de perdre bêtement ! En gros je disais que j'avais voulu écrire en linéaire, froidement, relatant les faits d'une manière concise.
Le but était de frapper le lecteur, désorienté par la froideur du style narratif et le romantisme du sujet.
J'ai l'intention de mettre le texte amélioré que je soumettrai ici à nouveau dans mon prochain recueil de nouvelles en cours d'élaboration.
Merci de ton attention et de ta lecture. je reviens.


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Re: Dunes noires

Message par anouk le Dim 21 Sep 2014 - 10:42

Voilà la version 1.
J'ai développé quelques passages du texte et modifié quelques phrases.
Est-ce suffisant ?
Merci Didier


DUNE


La route étroite et longue traversait le pays des dunes. Je m'étais toujours demandé pour quelle raison ces monts de sable doré avaient pris racine à cet endroit, sauvage et désolé, entre mer et ciel. Lorsque le soleil brillait, les pentes douces se paraient de pierres précieuses et renvoyaient les rayons solaires avec mille reflets chatoyants.

Mon regard se perdit très loin, là où l'azur rejoint l’océan en une courbe parfaite. Mes pensées vagabondaient en toute liberté. La mer aux liserés d'écume blanche, s'échouait sur le sable lisse en soupirant inlassablement. Je m'interrogeais sur le sort immuable de l'humanité. Nous venons au monde, nous grandissons puis vieillissons et enfin nous mourons. Une fois encore, je tentais de trouver un sens à tout cela. J'avais beau retourner le problème de tous les côtés, aucune issue de secours ne se mit à clignoter. Je baignais dans une sorte de torpeur mélancolique.

Je franchis un portillon au pied d'une dune particulièrement haute. Des marches avaient été aménagées et l'on pouvait se cramponner à une épaisse corde maintenue par des piquets rouillés. A mi-hauteur, je me retournai en reprenant mon souffle. Mes pieds s’enfonçaient dans le sable à chaque pas. Je continuai lentement ma progression vers le sommet de la dune. Ici et là, quelques herbes sauvages se courbaient dans le sens de la brise marine. L’air était salé. La force des vagues éclatait en écume blanchâtre, dessinant sur le sable des arabesques au sens caché. De mon point de vue, je tentai d’en découvrir la signification.  Peut-être était-ce simplement une œuvre perpétuellement en mouvement, comme l’existence humaine, sans que l’on sache, au bout du compte à rebours, le secret de la mort. Je songeai à tous ceux que j’avais aimés et qui n’étaient plus. Pas un signe, pas une présence, rien que le néant et le silence.

Je repris lentement ma progression. En contournant la dune, j’eus une vision. Etait6elle imaginaire ou réelle, la question m’effleura un instant. Je tombai immédiatement amoureux d’une silhouette blanche, nimbée d’une lumière rayonnante. Je m’approchai à pas comptés. Il me semblait que j’obéissai à une invite mais personne ne m’avait adressé la moindre parole. L’être  me dévisagea intensément. J'en ressentis un trouble profond. Des ondes concentriques à la fois de glace et de braise envahirent mon corps. Je ne comprenais  rien à ce phénomène extravagant.

Au cours des veillées devant l’âtre, les anciens avaient coutume d'évoquer une revenante qui apparaissait à cet endroit précis, dans ce pays battu par les vents. Les gens qui la rencontraient  se sauvaient en invoquant les saints apôtres. A l'évidence, elle mettait en garde ceux qu'elle visitait. Cependant le destin était fatal et personne n'y pouvait rien. Subjugué par cette manifestation de l’au-delà, je m’abstins de tout langage oral. En même temps, un message me parvint, me mettant en garde contre le danger de la route de la corniche, dans ce virage à épingle à cheveux, où fréquemment un accident grave survenait. Je venais de capter le sens de la pensée de cette inconnue lorsque le ciel s’assombrit. L’icône se dématérialisa simultanément. Une voix se faisait écho, répétant inlassablement : « Prends garde ». Impressionné, épuisé, je me laissai tomber dans le sable et m’endormis aussitôt.

Quelque temps après ce funeste présage, je perdis la vie,  écrasé par un chauffard à l’endroit précis où j’avais vu la dame blanche. Mon corps gisait en contre-bas, inanimé et sanglant. Surgit devant moi un petit garçon venu de nulle part. Il me regardait d'une façon étrange. Le silence s'éternisait et je commençais à me sentir mal à l'aise. Soudain, il saisit ma main et m’entraîna vers les dunes. De grandes bourrasques chargées de sable fouettaient nos visages. Sur la plage déserte roulaient des vagues écumantes. Une grosse houle s’était formée. Au bout d’une marche forcenée, avançant arc-boutés contre les assauts éoliens, nous empruntâmes un chemin escarpé. Le passage était difficile. Mes pieds glissaient et il n’y avait aucune corde pour se tenir. L’enfant me fit un signe de la main. Je lui répondis. Il s’éloigna sans se retourner. Je restai planté là, désorienté, impatient. Je me remis à marcher d’un pas égal et long à la façon des montagnards, en économisant mes forces. Soudain, mû par une pulsion irraisonnée, je me dirigeai vers l’océan.
Mon envol vers la lumière fut éblouissant.


Dernière édition par anouk le Mar 23 Sep 2014 - 13:37, édité 1 fois


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Re: Dunes noires

Message par Didier Fédou le Dim 21 Sep 2014 - 11:06

C'est déjà mieux, à mon goût bien sûr. A voir ce que les copains en diront.


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Re: Dunes noires

Message par anouk le Dim 21 Sep 2014 - 15:22

oui je trouve moi aussi !


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Re: Dunes noires

Message par Catherine Robert le Dim 21 Sep 2014 - 22:20

Toujours ton sens de la poésie et des images qui forment un texte plaisant à lire. Personnellement, j'ai néanmoins préféré le début, jusqu'au moment de la mort et faut pas me demander pourquoi, j'en sais rien. Rolling Eyes


"J'ai lu. Je sais même pas quoi dire tellement je suis atterrée.
Et le pire c'est que j'ai aimé te lire."
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Re: Dunes noires

Message par Murphy Myers le Mar 23 Sep 2014 - 11:02

Tout comme Catherine : une belle poésie accompagnée de jolies images, mais la fin m'a paru un peu en dessous.
Je ne saurais pas trop dire pourquoi. Peut-être un peu trop rapide, mais d'un autre côté, j'ignore si s'étendre dessus des heures serait une bonne idée.

Voilà qui fait un commentaire très utile...


La forme dans le noir

"Je questionnai l'un de ces hommes, et je lui demandai où ils allaient ainsi. Il me répondit qu'il n'en savait rien, ni lui, ni les autres; mais qu'évidemment ils allaient quelque part, puisqu'ils étaient poussés par un invincible besoin de marcher." Baudelaire, Chacun sa chimère

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Re: Dunes noires

Message par anouk le Mar 23 Sep 2014 - 13:39

j'ai refait la fin

Je suivis le sentier qui s’enfonçait dans un bois étrange. Nul oiseau ne pépiait, aucun bruit furtif, ni de tendres appels. Pas de roucoulade, ni de sifflement, aucun trille, aucun aboiement. Cela donnait une impression surnaturelle, comme si je me promenais dans un lieu enchanté. Les papillons voletaient ici et là, des fleurs poussaient un peu partout, dans les clairières et le long du chemin. Un silence inhabituel au sein d’une nature luxuriante, une douce lumière, un rayonnement tiède m’incitèrent à m’assoir au pied d’un arbre.
Soudain l’enfant se manifesta à nouveau. Il me fit comprendre que je m’étais égaré. De ses grands yeux vides d’expression, il me fixait avec intensité. Et comme je me relevais, il me prit la main et m’entraîna vers un lieu précis. J’ignorai ce que tout cela signifiait, je ne savais pas si j’étais mort ou vivant, je me mouvais dans un univers à la fois réel et irréel.
A l’issue de ce périple, l’enfant m’abandonna tout en haut de la dune, à l’endroit même où mon corps avait été éjecté. J’étais revenu au point de départ. Je ne savais que faire. J’écoutais le vent mugir, je me laissais bercer par le bruit des vagues se jetant sur la plage. Cela finit par m’endormir pour longtemps sans que je reprenne conscience. Pourtant je volais au-dessus de l’eau houleuse, je m’élevais vers le soleil, j’étais libre, sans enveloppe charnelle, baignant dans une béatitude lumineuse.
Tout là-bas, la dune blonde ressemblait à un monticule de sable pour amuser les petits enfants. Je perdis peu à peu la notion de l’être humain pour me transcender dans une apothéose spirituelle. Et c’est l’âme tranquille, exempte de tracas et d’angoisse, que je m’envolais dans l’espace intemporel, heureux et comblé.



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Re: Dunes noires

Message par Murphy Myers le Sam 4 Oct 2014 - 14:57

Beaucoup mieux, d'après moi, cette nouvelle fin. Moins brutale, plus dans le ton du reste du texte et tout aussi poétique. Rien à redire pour ma part.


La forme dans le noir

"Je questionnai l'un de ces hommes, et je lui demandai où ils allaient ainsi. Il me répondit qu'il n'en savait rien, ni lui, ni les autres; mais qu'évidemment ils allaient quelque part, puisqu'ils étaient poussés par un invincible besoin de marcher." Baudelaire, Chacun sa chimère

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Re: Dunes noires

Message par anouk le Dim 5 Oct 2014 - 9:11

merci Murphy
La nouvelle paraîtra dans mon recueil prochain sortie prévue fin octobre sous le titre : Le moineau aux Editions Langlois Cécile.


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