Onze corbeaux

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Onze corbeaux

Message par mormir le Sam 16 Aoû 2014 - 0:12

Voici ma dernière nouvelle en date, toute chaude et encore en version 0. Je suis sur qu'elle est améliorable de manière notable, mais je me laisse un peu de temps pour la revoir avec recul et j'espère obtenir quelques avis sur cette version là.

J'ai hésité sur le "classeur" où la placer car elle relève du fantastique et de la légende.

Je vous en souhaite une bonne lecture.

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Re: Onze corbeaux

Message par Cancereugène le Sam 16 Aoû 2014 - 13:37

Elle est certainement améliorable, comme tout sur cette Terre, mais bon sang ! Quel travail !
C'est vrai, c'est un thriller a priori classique, qui distille son petit parfum de mystère. Alors on va chercher, avec cette jeune fille, une explication au mystère.
La scène d'agression est bien menée, (bon allez, je chipote, mais le coup du je cours, je trébuche, c'est un peu surfait, mais bon) les méchants sentent mauvais, je crois avoir reconnu quelques types croisés ici ou là (!) Le surnaturel prend place "logiquement"...
Et cette enquête, qui m'a un peu rappelé le Lovecraft de Dexter Ward (notamment)
Voilà, donc, très bon texte, avec un bon rythme, une bonne ambiance...

Maintenant, quelques remarques, très personnelles comme toujours, c'est à prendre ou à laisser.
La dernière phrase m'a donné l'impression que la jeune fille était la réincarnation de la demoiselle d'autrefois, ce qui m'a un peu dérangé, car je n'en vois pas l'utilité. Que ce soit elle ou autre qui soit agressée, cela n'aurait rien changé, le bonhomme aurait quand même accompli son devoir de protection. Je suis d'avis de supprimer cette phrase.
Le côté religieux/catholique de la disposition des corbeaux, bof. Était-ce voulu ? D'autant plus qu'un suicide n'est pas très catholique.
A la suite de son agression, Joëlle sait que l'apparition du type en costume est surnaturelle, puisqu'il est sorti de l'eau. Je ne comprends pas pourquoi elle cherche sur internet s'il y avait une fête médiévale ou costumée, ou un jeu de rôle réaliste. Ce côté terre-à-terre, qui peut être compréhensible dans une approche très rationnelle, ne me paraît pas pertinente, car le fantastique a vraiment pris sa place dans le quotidien de la jeune fille. Je la voyais davantage disposée à connaître les raisons de cette apparition, et c'est dans cet esprit que j'ai abordé la seconde partie "enquête"...

Voilà, des broutilles. Encore bravo.
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Re: Onze corbeaux

Message par mormir le Sam 16 Aoû 2014 - 17:00

Merci Cancereugene pour ta lecture et tes conseils très intéressants.

Cancereugene a écrit:e coup du je cours, je trébuche, c'est un peu surfait
Tu as raison, mais il m'était difficile d'imaginer comment répandre une goutte de sang dans l'eau sans cette course folle. Il faudra que je réfléchisse si je trouve un autre moyen logique.

Cancereugène a écrit:La dernière phrase m'a donné l'impression que la jeune fille était la réincarnation de la demoiselle d'autrefois, ce qui m'a un peu dérangé, car je n'en vois pas l'utilité. Que ce soit elle ou autre qui soit agressée, cela n'aurait rien changé, le bonhomme aurait quand même accompli son devoir de protection. Je suis d'avis de supprimer cette phrase.
Tu as raison dans ton interprétation et aussi dans ton analyse : cela se serait passé pareil avec une femme "lambda". J'ai eu envie d'apporter ainsi une boucle : la jeune femme est à l'origine et à l'extinction de la malédiction, avec près de 1000 ans d'écart. Mais je me demande à présent, comme toi, si c'est bien utile.

Cancereugène a écrit:Le côté religieux/catholique de la disposition des corbeaux, bof. Était-ce voulu ? D'autant plus qu'un suicide n'est pas très catholique.
c'était voulu et naturel chez une jeune fille élevée dans la religion et qui vient de passer 7 ans dans une abbaye. Le fait que le suicide ne soit pas apprécié par le catholicisme, ne me semble pas antinomique. Elle ne se suicide pas par désespoir, mais pour sauver son fief, son honneur et punir un mécréant. je suis sur que les prêtres de l'époque auraient apprécié Smile

Cancereugène a écrit:A la suite de son agression, Joëlle sait que l'apparition du type en costume est surnaturelle, puisqu'il est sorti de l'eau. Je ne comprends pas pourquoi elle cherche sur internet s'il y avait une fête médiévale ou costumée, ou un jeu de rôle réaliste. Ce côté terre-à-terre, qui peut être compréhensible dans une approche très rationnelle, ne me paraît pas pertinente, car le fantastique a vraiment pris sa place dans le quotidien de la jeune fille. Je la voyais davantage disposée à connaître les raisons de cette apparition, et c'est dans cet esprit que j'ai abordé la seconde partie "enquête"...
Là encore tu as raison. Je n'ai pas assez appuyé le fait que Joëlle était une jeune femme pour laquelle seul le monde matériel et concret existait. Elle tente une dernière fois de se raccrocher à une rationalité palpable, avant de se tourner vers les histoires de fantômes. Il faudra que je revoie cet aspect.

En tous cas, je te remercie sincèrement pour ces commentaires très constructifs !


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Re: Onze corbeaux

Message par Ulysse le Sam 16 Aoû 2014 - 19:05

Je trouve ce récit abouti et très soigné, je suis assez friande de cette thématique me voilà donc gâtée.
J'ai trouvé l'apparition du surnaturel très fluide et puis on se prend au jeu et comme notre héroïne, on a envie d'en savoir plus.
Pas grand-chose à redire sur le fond ; je rejoins l'avis de Cancereugène sur la réincarnation, en lisant je me suis  demandé ce que cela apportait. Surtout que je ne pense pas qu'il y ait intérêt à faire une chute dans cette histoire. La fin est bien réussie et nécessite pas d'artifice supplémentaire.
Un petit bémol :La façon dont s'y prend Jean de Tille avec les agresseurs n'est pas très claire, j'avoue que vu la description que tu en faisais : redoutable combattant etc. Je m'attendais à ce qu'il utilise des armes. Concrètement , li se contente de les effrayer, c'est bien cela ?
Ce serait assez "logique" de devoir réparer ses crimes avec l'instrument de son pêché : il était bien bandit après tout .  
On pourrait ensuite retrouver le corps des deux affreux quelque part et leur voiture abandonnée..

Quelques remarques sur la forme : Personnellement, j'ai trouvé le démarrage un tout petit peu long . C'est surtout une affaire de goût autant pour les romans cela ne me gêne pas d'avoir une mise en place longue autant pour une nouvelle j'aime bien quand on rentre dans le vif du sujet rapidement. Les raisons de son séjour dans le  village, sa vie d'étudiante ne sont pas essentiels à l'histoire  et on pourrait avoir moins de détails sans que le récit en souffre. Je pense que le lieu est plus important et ces descriptions là qui ont le plus d'intérêt à mon sens.

Je trouve également la progression un poil trop linéaire et notamment la lecture du passage trouvé à la bibliothèque.
J'ai pensé à un truc en le lisant , comme tu le sais j'ai lu Les douze  heures  de la nuit de Lester et dans un des récit , il fait des aller et venues entre le passé et le présent (L'histoire avec la montre et l'épave ..)
J'ai trouvé cette construction intéressante. Je me demande si tu ne pourrais pas intercaler des scènes qui se déroulent à l'époque de Jean et Guillaume de Tille.

Ce ne sont que de idées qui me sont venues à la lecture et la plupart de mes remarques sur la forme sont fortement influencées par mes goûts personnels .  Ton récit est très bien en l'état mais je le trouve juste un peu trop classique.


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N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
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Dieu en aura plus tôt de vous mercis"

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Re: Onze corbeaux

Message par mormir le Sam 16 Aoû 2014 - 23:11

merci Ulysse pour ta lecture. Je suis content que ce texte t'ait plu. Ton avis me permet d'affiner encore ce que je pensais et qu'avait aussi point Cancereugène.

Ulysse a écrit:je rejoins l'avis de Cancereugène sur la réincarnation, en lisant je me suis  demandé ce que cela apportait
Je partage. Je pense que je vais revoir celà. Ou peut-être modifier la malédiction pour que cela rentre dans son scénario.

Ulysse a écrit:La façon dont s'y prend Jean de Tille avec les agresseurs n'est pas très claire, j'avoue que vu la description que tu en faisais : redoutable combattant etc. Je m'attendais à ce qu'il utilise des armes. Concrètement , li se contente de les effrayer, c'est bien cela ?
Ce serait assez "logique" de devoir réparer ses crimes avec l'instrument de son pêché : il était bien bandit après tout .
J'ai décrit une sorte de possession sans détails. Il les pousse à des actes qui vont conduire à leur mort. Mais il est vrai que l'idée d'utiliser son épée est séduisante. je vais y réfléchir.

Ulysse a écrit:Les raisons de son séjour dans le  village, sa vie d'étudiante ne sont pas essentiels à l'histoire  et on pourrait avoir moins de détails sans que le récit en souffre
Cela faisait à mes yeux partie du contexte. Ayant été Mathilde en une autre vie, son attirance pour le lieu, son impression de reconnaître Jean, sont des indices. En plus, ce village n'est pas pris par hasard... je l'aime moi-même car j'y suis né...

Ulysse a écrit:Je trouve également la progression un poil trop linéaire et notamment la lecture du passage trouvé à la bibliothèque.
Je partage à 100%. Je m'en suis fait la remarque en relisant ce matin. Cette nouvelle est pas mal, mais il lui manque un peu de suspense et d'interrogations pour devenir vraiment bonne.

Merci à toi aussi pour ta lecture et tes commentaires qui me permettent de clarifier les défauts que je vois.


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Re: Onze corbeaux

Message par Cancereugène le Dim 17 Aoû 2014 - 7:44

Je me permets de relancer car je ne pense pas avoir tout à fait compris ce que tu sembles avoir voulu mettre dans ton récit.

Joëlle est encore adolescente, ou tout juste adulte. Puisqu'elle a passé quelques années à suivre une éducation catholique, je peux comprendre qu'elle ne prenne pas la fuite dès l'apparition des deux types hyper louches - elle se doit de ne pas juger à l'apparence et de toujours aider son prochain. Jusque-là, je m'y retrouve.

Partant de ce postulat, pourquoi aurait-elle une vision matérialiste et rationnelle des choses ? Je ne dis pas que c'est contradictoire avec la religion, mais l'apparition d'un ange pourrait être facilement acceptée par un esprit jeune ayant une éducation religieuse. Surtout qu'il y a les corbeaux en formation cruciforme.

Dans ton commentaire, tu sembles dire que c'est le sang de la jeune femme qui provoque l'apparition du sauveur. J'ai beau relire la légende, même si le sang de Mathilde a coloré la rivière, je n'ai pas fait de lien logique avec le sang de Joëlle. Pour moi, Jean de Tille respecte sa malédiction à heure fixe, si je puis dire :
" Mais tant que la Suippe viendra grossir l’Aisne de son eau tranquille, un 20 juillet tous les cent-vingt-et-un ans, le fantôme de Jean de Tille veillera sur les femmes en danger, espérant se racheter ; et se libérer ainsi de la terrible malédiction lancée par la belle Mathilde."
Le sang dans l'eau ne me paraît pas nécessaire pour expliquer son arrivée.
Maintenant, si tu veux la faire saigner, étant donné que les brutes la rattrapent, cela ne devrait pas être trop compliqué  Twisted Evil 

Dans l'ensemble, le côté linéaire et classique ne m'a pas dérangé ; c'est une histoire qui s'y prête, à mon avis.

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Re: Onze corbeaux

Message par Catherine Robert le Mar 19 Aoû 2014 - 13:29

J'ai bien aimé. C'est bien raconté et on se prend d'intérêt pour les aventures de cette jeune femme.
Le coup de la réincarnation, je ne l'ai pas trouvé très utile comme mes petits camarades et je n'avais pas fait le rapprochement avec le début (la connivence entre la fille et le village surtout) avant que tu ne l'expliques. Soit, il faut peut-être renforcer les détails, soit il faut supprimer la réincarnation.
Pour le côté rationnel des recherches, ça ne me choque pas du tout. Pour deux raisons. A part les personnalités vraiment influençables, on partira toujours d'abord vers une explication rationnelle. Ensuite, même s'il y a eu un vol de corbeaux en croix, même s'il y a eu un type qui sort de l'eau bizarrement, la situation de la jeune fille était on ne peut plus tendue, les perceptions sont dans ce cas-là moins fiables et il est logique qu'elle ne s'y fie pas outre mesure au moment d'entamer ses recherches.
Pour le coup du "je cours, je trébuche", effectivement, un peu surfait, mais ça ne m'a pas trop gêné.
Voili, voilou, un texte vraiment sympa à lire.


"J'ai lu. Je sais même pas quoi dire tellement je suis atterrée.
Et le pire c'est que j'ai aimé te lire."
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Re: Onze corbeaux

Message par mormir le Mar 19 Aoû 2014 - 21:52

Cancereugène a écrit:Joëlle est encore adolescente, ou tout juste adulte. Puisqu'elle a passé quelques années à suivre une éducation catholique, je peux comprendre qu'elle ne prenne pas la fuite dès l'apparition des deux types hyper louches - elle se doit de ne pas juger à l'apparence et de toujours aider son prochain. Jusque-là, je m'y retrouve.

Partant de ce postulat, pourquoi aurait-elle une vision matérialiste et rationnelle des choses ? Je ne dis pas que c'est contradictoire avec la religion, mais l'apparition d'un ange pourrait être facilement acceptée par un esprit jeune ayant une éducation religieuse. Surtout qu'il y a les corbeaux en formation cruciforme.
En fait c'est l'éducation de Mathilde qui a été religieuse ; pas celle de Joëlle. Mais je pense que les motivations de Joëlle à être là seule la nuit ne sont pas assez explicitées. Il faudra que j'ajoute quelque chose là-dessus.

Cancereugène a écrit:Dans ton commentaire, tu sembles dire que c'est le sang de la jeune femme qui provoque l'apparition du sauveur. J'ai beau relire la légende, même si le sang de Mathilde a coloré la rivière, je n'ai pas fait de lien logique avec le sang de Joëlle. Pour moi, Jean de Tille respecte sa malédiction à heure fixe, si je puis dire :
" Mais tant que la Suippe viendra grossir l’Aisne de son eau tranquille, un 20 juillet tous les cent-vingt-et-un ans, le fantôme de Jean de Tille veillera sur les femmes en danger, espérant se racheter ; et se libérer ainsi de la terrible malédiction lancée par la belle Mathilde."
Le sang dans l'eau ne me paraît pas nécessaire pour expliquer son arrivée.
Maintenant, si tu veux la faire saigner, étant donné que les brutes la rattrapent, cela ne devrait pas être trop compliqué  Twisted Evil 
Tu as raison : le sang et l'eau ne déclenchent rien, de même que le fait que Mathilde se soit réincarnée en Joëlle. Il va falloir que je revois celà car le résultat est flou du coup ! Merci pour ces remarques Cancereugène.

Et merci aussi Catherine pour ta lecture et ton commentaire. Je suis content que ce texte t'ait plu.



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Re: Onze corbeaux

Message par Naëlle le Mer 20 Aoû 2014 - 17:12

Mormir, j'ai adoré cette nouvelle. Du début à l'avant-dernière ligne. T'es un conteur!

J'ai été prise quasiment tout de suite par l'histoire (comme l'a dit Ulysse, les deux ou trois premiers paragraphes gagneraient peut-être à être raccourcis ou alors à intégrer des infos plus "utiles" à l'histoire). J'ai flippé quand la course-poursuite s'est engagée, que Joëlle a été attachée, tout ça. J'avais peur que tu te mettes à nous décrire le viol (heureusement, Jean de Tille arrive). Ensuite, alors qu'habituellement les recherches sur Internet sont pas toujours très crédibles (comme par hasard, le personnage trouve sa réponse tout de suite), là tu prends le temps de décrire le cheminement de la pensée de Joëlle en même temps que ses cheminements sur Internet. Le passage sur la légende est très bien raconté, je trouve.

En revanche, comme mes petits camarades, m'est avis que la dernière phrase est de trop. Mais d'un autre côté, je pense que l'histoire aurait eu moins de "cachet", disons, si Joëlle avait pas eu l'impression de connaître Jean. Je sais pas trop d'où me vient cette idée, c'est juste une impression. Alors je sas pas trop, peut-être qu'il faudrait mieux amener la chose. Mais j'ai aucune idée de la manière dont tu pourrais t'y prendre. Et ce qui est gênant, en même temps, c'est que dans la malédiction lancée par Mathilde, rien ne dit que les filles qui devront être sauvées seront des réincarnations. Peut-être que c'est là-dessus que tu peux jouer pour que la dernière phrase tombe moins comme un cheveu sur la soupe.

Ensuite, bien que ça m'ait pas sauté aux yeux à la lecture du texte, je suis d'accord avec Cancereugène sur ça:
Cancereugène a écrit:Dans ton commentaire, tu sembles dire que c'est le sang de la jeune femme qui provoque l'apparition du sauveur. J'ai beau relire la légende, même si le sang de Mathilde a coloré la rivière, je n'ai pas fait de lien logique avec le sang de Joëlle. Pour moi, Jean de Tille respecte sa malédiction à heure fixe, si je puis dire :
[...]
Le sang dans l'eau ne me paraît pas nécessaire pour expliquer son arrivée.
Et ça m'a fait faire une autre réflexion. C'est bête, mais du coup si tout ça est prédestiné (comme semble l'indiquer le texte), alors Jean est sûr et certain d'être rédempté (je sais pas trop si c'est comme ça qu'on dit) un jour, et ça sonne moins malédiction à mes yeux (ou plutôt à mes oreilles). Alors que l'une des grandes angoisses, quand on est maudit, c'est de pas savoir si on va réussir à s'en sortir. Enfin, je sais pas, c'est en tout cas l'idée que je m'en fais, peut-être que je me goure.

En tout cas, j'ai vraiment beaucoup beaucoup aimé ta nouvelle, Mormir.


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Re: Onze corbeaux

Message par mormir le Jeu 21 Aoû 2014 - 9:34

Naëlle a écrit:En revanche, comme mes petits camarades, m'est avis que la dernière phrase est de trop. Mais d'un autre côté, je pense que l'histoire aurait eu moins de "cachet", disons, si Joëlle avait pas eu l'impression de connaître Jean. Je sais pas trop d'où me vient cette idée, c'est juste une impression. Alors je sas pas trop, peut-être qu'il faudrait mieux amener la chose. Mais j'ai aucune idée de la manière dont tu pourrais t'y prendre. Et ce qui est gênant, en même temps, c'est que dans la malédiction lancée par Mathilde, rien ne dit que les filles qui devront être sauvées seront des réincarnations. Peut-être que c'est là-dessus que tu peux jouer pour que la dernière phrase tombe moins comme un cheveu sur la soupe.

Ensuite, bien que ça m'ait pas sauté aux yeux à la lecture du texte, je suis d'accord avec Cancereugène sur ça:
Cancereugène a écrit:Dans ton commentaire, tu sembles dire que c'est le sang de la jeune femme qui provoque l'apparition du sauveur. J'ai beau relire la légende, même si le sang de Mathilde a coloré la rivière, je n'ai pas fait de lien logique avec le sang de Joëlle. Pour moi, Jean de Tille respecte sa malédiction à heure fixe, si je puis dire :
[...]
Le sang dans l'eau ne me paraît pas nécessaire pour expliquer son arrivée.
Et ça m'a fait faire une autre réflexion. C'est bête, mais du coup si tout ça est prédestiné (comme semble l'indiquer le texte), alors Jean est sûr et certain d'être rédempté (je sais pas trop si c'est comme ça qu'on dit) un jour, et ça sonne moins malédiction à mes yeux (ou plutôt à mes oreilles). Alors que l'une des grandes angoisses, quand on est maudit, c'est de pas savoir si on va réussir à s'en sortir. Enfin, je sais pas, c'est en tout cas l'idée que je m'en fais, peut-être que je me goure.

En tout cas, j'ai vraiment beaucoup beaucoup aimé ta nouvelle, Mormir.
Merci pour ta lecture Naëlle ! Je suis ravi que cette histoire t'ait intéressée.
Je pense effectivement que le lien entre malédiction-réincarnation-sang-rédemption doit être amélioré.
Ce sera l'objet d'une V2 que je n'écrirai pas tout de suite car je sens que le bouillon n'est pas encore bien mélangé en moi. Mais dès qu'elle existera, vous en aurez la primeur !


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Re: Onze corbeaux

Message par Shatsé le Sam 23 Aoû 2014 - 14:24

Bonjour mormir,

J'ai lu ta nouvelle avec plaisir. J'ai trouvé l'apparition et la nature du sauveur de Joëlle, inattendues.
Étrangement j'ai apprécié la chute, ca m'a donné l'impression que le fantôme du chevalier n'avait pas choisi Joëlle par hasard.
Avec cette chute on peut facilement imaginer une suite de l'histoire, comme par exemple : Joëlle faisant des recherches sur sa généalogie qui pourrait expliquer son coup de foudre pour ce village et le lien avec son sauveur etc etc...
Par contre j'ai trouvé le texte sur la légende un peu long, surtout au niveau de la vie des jumeaux devenus adultes.
En tout cas, c'est super bien écrit.

A bientôt.


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Re: Onze corbeaux

Message par mormir le Sam 23 Aoû 2014 - 14:36

Merci Shatsé. je me disais bien que cette nouvelle te plairait car tu aimes toi aussi aborder les légendes.

Une suite, je n'y avais pas pensé. Je vais déjà rédiger une V2 en modifiant un tant soit peu certains aspects qui me semblent inaboutis. Mais peut-être un jour. Pour la longueur de la légende, je ne sais pas : je vais la revoir avec le reste car le début me semble mieux écrit que la suite. Peut-être changera-t-elle un peu.


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Re: Onze corbeaux

Message par Jack-the-rimeur le Sam 23 Aoû 2014 - 18:42

Une chouette histoire sur fond de légende médiévale avec ce parfum délicat d'amours impossibles et de malédictions qui rappelle les ambiances fantastiques de "la Belle et la Bête" ou de "Lady Hawke".
La construction en deux deux récits distincts mais complémentaires (j'ai failli parler de parallèles convergents, mais je me suis rappelé in extremis que tu avais fait math !) semble devenir ta marque de fabrique mais, ma foi, elle te réussit bien.
Le début démarre doucement et prend le temps de brosser le décor et le portrait de jeune femme moderne du personnage central. Une bonne entrée, je trouve, avant l'accélération brusque due à l'agression. Celle-ci eût sans doute été plus âpre et sauvage sous la plume d'un Zaroff, par exemple, mais différent ne veut pas dire moins bien. Sans être aussi vivant, ton souci de la précision rend la scène et ses enchaînement très visuels. Chacun son style.
(Nota : les deux répugnants se débinent trop vite. Quand le fantôme les saisit (par la nuque, c'est mieux), il faudrait voir leurs yeux se révulser, leur bouche s'ouvrir sur un hurlement de terreur inarticulé, leur corps trembler, les membres raidis. Alors seulement, une fois leur fond de pantalon bien souillé, il les relâcherait pour les regarder se carapater. Pas de pitié pour les affreux !)
En fait, la seule faille sérieuse de ton histoire, c'est la malédiction. Ici, comme souvent dans l'esprit du moyen-âge, il s'agit d'une condamnation qui laisse une petite porte entrouverte à une rédemption future du maudit. Celle que tu as imaginée est quasi-impraticable.
D'abord, quelles sont les chances pour qu'une jeune fille en danger de mort passe au bord d'une rivière donnée un jour précis de l'année une fois tous les 121 ans ?
Tu t'y connais un peu en probabilités : on pourrait dire que les agresseurs de Joëlle n'ont vraiment pas eu de bol sur ce coup-là, hein ?
Hé bien, même pas ! Car, si on y réfléchit, ils n'auraient jamais dû être dérangés dans leur sale besogne. Pourquoi ? Ben, parce que le 20 juillet 2014 n'a jamais été l'anniversaire du 20 juillet 1046. Calendrier julien, tu te rappelles ? (Tu le mentionnes pour la naissance du chevalier Hubert.) C'est celui auquel ne peut que se référer Mathilde mais qui n'est plus le nôtre depuis quelques siècles. En 1000, le décalage avec l'actuel calendrier grégorien affiné devait déjà être d'une dizaine de jour, donc un anniversaire effectif autour du 30 ou du 31 juillet 2014.
Ce n'est pas grave, tu peux aisément utiliser cet élément pour épicer l'intrigue. Ou alors simplifier la malédiction : sauver onze jeunes femmes en péril aux abord de la rivière sans spécification de dates. Sur 1000 ans, ce serait jouable, Joëlle étant la onzième, et les précédents pourraient donner matière à étoffer la légende.
(Dernière bricole : le calendrier julien faisait débuter l'année le 25 mars (près de l'équinoxe de printemps). Donc, le 1er janvier de l'an 1000 n'avait aucune valeur symbolique à l'époque.)
J'espère ne pas t'avoir trop perturbé.
Je te laisse à tes fécondes méditations.
Amitiés.


"Car il faut avant tout sortir, ne fût-ce qu'un instant, de la prison sans portes ni fenêtres."
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Re: Onze corbeaux

Message par mormir le Sam 23 Aoû 2014 - 19:01

Merci Jack pour ta lecture.

Ce qui est incroyable, c'est que j'étais en train de concocter une modification notable de la malédiction et que l'idée de regarder les écarts de calendrier m'avait effleuré !

Pour l'intervention du fantôme, j'ai déjà prévu de modifier la scène, mais sans être totalement certtain de ce que je vais en faire.

Pour la malédiction, j'avais d'abord trouvé tout à fait horrible pour le maudit de devoir espérer un seul jour tous les 121 ans de pouvoir sauver une vierge en péril. Mais après réflexion et compte tenu des différentes remarques reçues, je vais la tourner différemment, probablement avec une jeune femme à sauver tous les cycles de 121 ans, quelque soit le jour. Cela justifiera la réincarnation de Mathilde qui viendra ainsi libérer le "pauvre fantôme". Smile

Merci en tous cas pour ton analyse intéressante.


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Re: Onze corbeaux

Message par Eimelle le Lun 25 Aoû 2014 - 10:50

Coucou Mormir

J'ai (enfin) pris le temps de lire ton texte. Et mon sentiment reste un peu mitigé à cet égard.

Les premiers paragraphes -essentiellement descriptifs- sont laborieux, je trouve, et j'ai eu la tentation de les sauter (ce que, par estime pour toi, je n'ai pas fait). Mais je les trouve lourds, un peu indigestes, et pas toujours très clairs.

L'histoire d'agression avec Joëlle est très bien faite, et là, j'ai vraiment accroché. J'étais tenue en haleine.

C'est après que ça s'est à nouveau gâté, avec le livre d'histoire. D'abord, pour le style avec lequel tu écris : jamais un historien n'écrirait ainsi, avec ce mélange de subjectivité et de surnaturel intégré ! Ensuite, j'ai eu l'impression d'avoir deux histoires en une, mais qui ne se mélangeait pas très bien. On a l'impression alors d'avoir été dupés : l'agression de Joëlle semble n'avoir été qu'un prétexte pour l'histoire, la vraie, et c'est un peu dommage.

Pour moi, deux remèdes possibles à ce problème : soit tu entremêles les deux narrations. C'est la solution la plus simple, avec des effets de mise en parallèle (par exemple, les souvenirs de Mathilde agressée qui chevauchent les souvenirs de Joëlle en cours d'agression). Soit, plus hard mais aussi plus intéressant à mon sens, tu tires sur la réincarnation de Mathilde en Joëlle au maximum. Et là, tu places Joëlle en plein doute existentiel, avec des souvenirs qui lui reviennent par bribes, avec des sentiments de colère ou de joie inexpliquées qui surgissent, et tu la mets à la recherche des raisons de ces pensées parasitaires avec ses propres émotions et intuitions en guide... Du coup, Joëlle deviendrait actrice de cette histoire, car à la fois protagoniste, et chercheuse de sens !

Sinon, par goût personnel, je ne suis toujours pas très fan des histoires de fantômes, de malédiction et tout ça... Je trouve qu'elles ont souvent toutes le même arrière-goût... Mais bon, c'est un avis purement subjectif !

Bises

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Re: Onze corbeaux

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