FUTUR ANTERIEUR

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FUTUR ANTERIEUR

Message par anouk le Dim 27 Avr 2014 - 10:00

Aujourd’hui,  je porte une tenue vestimentaire, ni trop sobre, ni trop voyante. Me voilà assise, béate, à côté d’un « Homo Notabilis », affamée et impatiente de connaître l’endroit où il m’emmène déjeuner. Après avoir enregistré l’itinéraire du véhicule hybride multi-énergies, il donne le signal du départ sans plus se préoccuper du trajet. Nous décollons du sol et nous nous élevons  à la hauteur des balises.

Je m’attarde devant la glace made in China, en choisissant la fonction "améliorer son image », et arrange, selon les indications d’un visagiste, mes mèches décolorées par les rayons solaires, dont l’indiscipline va de pair avec mon côté imprévisible. Je lisse ma tunique soyeuse aux broderies ancestrales et je rajuste mon jean en matière composite, savamment lacéré, laissant apparaître un genou frileux. Mon valet robotisé a choisi pour la circonstance la mode seventies. Le nombril à l’air, je rentre le ventre et bombe la poitrine, me tenant debout, chancelante, vérifiant au passage que mes bagues parent élégamment mes mains et que mon piercing brille comme un astre en fusion sur l’aile droite de mon nez. Je ressemble à une star pop incognito.

Le printemps aurait dû être au rendez-vous, pourtant seule la fraicheur de l’air et un soleil pâle caractérisent cette journée. Je m’emmitoufle dans un châle péruvien, aux tons multicolores et empoigne mon panier en imitation osier. Il s’en faut de peu que mes chaussures soient détériorées tant je m’emberlificote dans les larges pattes d’éléphant de mon Jean taille basse.

Superman me tend son bras pour éviter que je me torde les chevilles sur les pavés disjoints de ce qui semble être une cour de ferme à l’ancienne. Une étable pour le moins surprenante fait office de vestibule où un groom-robot est préposé à l’agencement du vestiaire. Il m’aide à dérouler l’écheveau de laine aux couleurs criardes dont je me suis affublée et nous invite à pénétrer dans la salle commune, imitant à s’y méprendre une cuisine rustique campagnarde. Dans l’âtre brûlent artificiellement des bûches monumentales qui crépitent comme un feu d’artifice. Une fermière-automate équipée de rollers,  nous accueille et nous place dans un coin sombre et intime éclairé par une bougie rappelant les formes d’un pis de vache gorgé de lait. Un léger fond musical agrémenté de caquetages, de braiements, de meuglements  et de cris d’animaux divers, est diffusé en continu. L’illusion est parfaite, nous sommes à la  campagne.

Le mâle en rut assis à ma table essaie de m’amadouer. Il s’efforce de sourire, dévoilant une rangée de dents carnassières récemment blanchies. Il emprisonne ma main, son pied cherche le mien et exerce une pression significative sur les coussinets aériens de mes chaussures suburbaines. Ce contact me répugne. Je bats en retraite sans me douter que je suis assiégée de toutes parts. Je parcours la salle du regard, observant les rares convives, occupés à trier leurs différents aliments protéinés. Depuis peu, pour satisfaire mon chef d’îlot, je me suis déclarée apte à la nourriture synthétisée. Dans le quartier bohème chic où je vis, il est recommandé d’être aux normes et de montrer l’exemple. Nous devons veiller à la protection des espèces animales si bien qu’aucune viande n’est officiellement vendue ni aucun poisson pêché dans les mers polluées. Moi qui rêve de rôtis saignants et dorés et de côtelettes grillées aux herbes, j’en suis réduite à compter et recompter mes gélules protéinées aux couleurs incitatives.

Triste époque où le plaisir de cuisiner et de déguster un mets raffiné est devenu un luxe inaccessible. Et que dire des relations amoureuses qui se nouent grâce à des sites de rencontres ou à des speed dating de plus en plus extravagants, tels qu’une voiture d’un TMV (train à méga vitesse), un avion spécialement affrété  ou un véhicule suburbain,
sans compter les hammams et les piscines. Seuls l’aspect physique et la réussite sociale sont pris en considération. Nous sommes remplis de vide intérieur et nous nous agitons en vain pour des causes dérisoires. Qui se souvient encore du massacre des bébés phoques, de l’ourse Cannelle ou des palombes protégées, décimées dans les parties de chasse ? Aux informations, une voix désincarnée nous susurre de fausses bonnes nouvelles tandis qu’on s’entretue en toute impunité dans les pays lointains, avec des armes vendues par les grandes puissances industrielles.

Levant les yeux vers le VIP qui me fait face et triture ma main devenue moite, je remarque qu’il parle sérieusement en me regardant avec attention. Je prête une oreille distraite à son monologue intransigeant, péremptoire et définitif. Je hoche la tête doucement, arrangeant mes longs cheveux rebelles. J’entends quelques mots  relatifs à ses pulsions bestiales travesties en amour et juge que je peux encore m’échapper subrepticement, laissant mes pensées dériver à leur guise dans une fuite salutaire.

Soudain, un brouhaha me fait tourner la tête vers l’écurie d’où surgissent quatre femmes jacassantes. Elles mettent un temps infini à choisir leur table, puis elles tournent autour pour déterminer leurs places, s’assoient enfin, conservant pour deux d’entre elles, un chapeau en paille de riz où mûrissent des fleurs des champs et des fruits. L’une est mince comme une biscotte de régime, l’autre aussi potelée que la brioche au beurre de ma grand-mère.

Je n’ai de cesse de les observer pour tenter de les identifier socialement, étant persuadée, d’après leur ton sans réplique et leur tenue vestimentaire d’avant-garde, qu’elles sont programmées pour être « femmes bi-fonctionnelles », travaillant tout en s’occupant essentiellement de leur famille. Les « solitaires » au service de la société, exercent les fonctions de grands reporters, médecins et autres professions requérant disponibilité et indépendance. Leur domaine d’activité est difficile à percevoir cependant. Il y a une catégorie intermédiaire, celle des « alma mater » qui sont des mères nourricières à temps plein. Tout en bas de l’échelle, se situent « les respectueuses» susceptibles de satisfaire les désirs sexuels masculins. Chaque prestation est tarifée et codifiée. Je ne suis pas tombée aussi bas, mais je stagne avec indifférence dans une catégorie intermédiaire, celle des jeunes filles sans vocation, sans but et sans don particulier, cet état ne pouvant excéder l’âge de 22 ans. Je relève de l’appellation des «abstinentes », la chasteté étant revenue au goût du jour en mode virtuel.

Mon air faussement attentif ne trompe pas longtemps Big Boss qui se retourne sur le turbulent quatuor. L’une parle fort, l’autre s’écrie : « Zut, j’ai oublié de programmer le repassage ! », la suivante consulte encore la carte des menus et la dernière se repoudre le nez. Leur babillage intempestif et sonore dérange l’intimité souhaitée par le butor qui malaxe toujours ma main. Il fronce les sourcils qu’il a très fournis au point de dissimuler son regard courroucé. Il se lève tout à coup et avance silencieusement vers les convives tapageuses. Je ne perçois pas ses paroles. Le calme revient instantanément. Il a l’air de les remercier en s’inclinant légèrement et revient s’asseoir en face de moi, se saisissant à nouveau de ma main envahie par une importante colonie de fourmis. J’agite frénétiquement mes doigts pour prévenir une crampe douloureuse. C’est alors qu’il glisse à mon annulaire une bague en or blanc incrustée de diamants jetant mille feux. J’ouvre la bouche pour m’exclamer, me dédire, me dérober, m’insurger … Mais un baiser brûlant vient clore toute tentative de rébellion, je sens mes jambes flageoler sous la table tandis que mon ours en peluche  tombe au sol.  Les yeux dans les yeux, la lumière de la bougie éclairant nos visages, je me prête mollement à la comédie du serment d’amour. Je suis prisonnière d’une toile habilement tissée dans laquelle je me suis laissé prendre avec désinvolture.

Dans le même temps, une impression de légèreté et d’inconsistance m’accable. Je ne suis bonne à rien. Je dois me faire à l’idée que le balourd plein d’arrogance qui est assis face à moi veut me posséder au même titre qu’une belle voiture ou une maison spacieuse et bien orientée, équipée pour l’énergie solaire. Il me promet ces choses dont je n’ai que faire. Je ne pense pas que cela me rende heureuse. Le confort, l’argent, les vacances, c’est peut-être alléchant mais le revers de la médaille m’apparaît sans trompe l’œil. Je m’y fourvoierais, c’est certain. J’ai envie de courir loin, très loin de ce regard de maquignon soupesant mes avantages. Bientôt il va examiner ma dentition  et me demander ma courbe ovarienne. Non, je ne suis pas stérile et je n’ai rien aux dents !

Un coup d’œil me rassure, je peux encore rêver. Les gens pensent que je suis superficielle car j’accorde énormément d’importance à mon aspect physique. Le matin, devant ma glace programmée en fonction de mes caractéristiques personnelles,  je ne pense pas au tiers-monde, ni à la faim, ni aux peuples torturés et massacrés au nom d’une sainte cause, comme au moyen-âge. J’ai mon heure pour ce thème-là qui me préoccupe par intermittence. Non, le matin, je me regarde dans le miroir et je lui demande si je suis la plus belle. Souvent il me répond négativement. Je me détourne faisant une moue à la Bardot, le mythe des sixties. J’aurais adoré avoir 18 ans dans les années 60, je veux dire 1960, cela fait un siècle déjà ! Cela m’aurait boostée, j’en ai besoin. Je me sens caoutchouteuse et sans saveur comme une guimauve. Quel parfum ? Peu importe ! En tout cas, je crains de devenir de plus en plus anodine, nonchalante et sans envie de vivre pleinement.

J’ai aussi souvent l’impression d’être là par erreur et d’avoir l’air complètement transparent. J’ouvre la bouche pour parler, donner mon avis ou raconter une anecdote. Aussitôt, je me rends compte que personne ne m’écoute, l’attention se détourne très rapidement de moi. Quelqu’un d’autre s’impose et je me ratatine en me taisant une fois pour toutes. Mes mains se portent à mes cheveux que je lisse et tournicote inlassablement. Je suis sur une autre planète, rêvant d’un monde meilleur. Je donne pourtant l’impression de n’avoir rien dans la tête et comme je suis jolie et blonde décolorée, on me prête un quotient intellectuel insignifiant. Les hommes se retournent sur moi, les yeux légèrement exorbités, ma démarche déhanchée due à une luxation congénitale, les interpelant sexuellement. J’entends alors des sifflements appréciateurs, des commentaires populaires tels que :
« Regardez la poupée qui passe, elle a mis ses asperges en bottes », évoquant mes cuissardes allongeant mes jambes démesurément. Ou encore ce sont des commentaires plus précis, insinuant que je suis une « respectueuse » de grand standing. Ils s’imaginent que j’applique un forfait toutes prestations comprises. En fait ce tarif comprend la plupart des cochonneries qu’ils n’osent pas exiger de leurs femmes. J’ai envie de leur cracher au visage. Je ne réponds pas, je tourne la tête de l’autre côté et je poursuis mon chemin.

N’ayant développé que peu d’intérêt pour les études, j’ai passé mon brevet professionnel de coiffure. J’aimerais avoir mon propre salon, au trentième étage d’un immeuble avec un ascenseur extérieur tout en verre. Au lieu de cela, je végète comme shampooineuse à temps partiel dans un boui-boui immonde. Pour oublier ce mauvais karma,  j’ai décidé de parfaire mon anglais pendant mes heures libres. Je dois dire que je m’éclate à lire dans le texte des auteurs anciens comme Agatha Christie ou David Lodge, répertoriés dans les bibliothèques virtuelles, constituant notre mémoire collective.

L’obsédé qui me malaxe la main depuis une éternité me croit presque illettrée. Ainsi cela ne dérange pas ses convictions. Je joue mon rôle très naturellement avec suffisamment d’instinct pour donner le change. Etant réduite au silence à cause de l’image véhiculée par mon physique de starlette, je profite de ce temps mort pour observer les comportements humains. Ainsi je parviens à déceler la concupiscence dans un regard trop appuyé ou les mensonges de politesse proférés systématiquement par tout un chacun. Je devine aussi si la personne est sincère ou non et si son amitié porte la connotation du « renvoi de l’ascenseur » : - « Je t’arrange ça aux petits oignons, mon vieux mais tu penses à moi pour ce que je t’ai dit… ». Ces services mystérieux sont le déguisement de la corruption qui règne dans tous les milieux sociaux-professionnels. Je l’ai remarqué à maintes reprises. J’exècre l’air satisfait de ces magnats ventripotents qui manipulent les contrats et les gens sans vergogne, dont la soif de pouvoir n’a d’égale que l’obsession d’amasser de l’argent.  Sur eux, je cracherais une journée entière en visant leurs crânes luisants et dégarnis. Leurs yeux salaces détaillant crûment mon anatomie sont aussi répugnants que ceux des violeurs que notre société n’a pas réussi à éradiquer.

Je me souviens d’un porche obscur où je fus entraînée, les bras chargés du linge propre que je venais d’aller chercher à la laverie automatique du 10ème sous-sol de mon ilot urbain. Je portais ce jour-là un pull blanc moulant. L’homme me persuada qu’un crachat dégoulinait dans mon dos. Il sortit un mouchoir, vestige des temps immémoriaux, et me poussa dans la pénombre de la lourde porte cochère. Je ne pouvais libérer mes bras sans laisser tomber mon paquet de draps et taies immaculés. Il commença à frotter mon dos mais je perçus rapidement qu’il s’excitait en soufflant dans mon cou. Je me retournai et vis avec effarement qu’il avait baissé pantalon et caleçon afin d’abuser de moi en employant la force. Je me mis à hurler tandis que le monstre m’insultait avec des mots orduriers. Je m’enfuis en pleurant et dès la porte de mon studio refermée, arrachai mon pull-over et mon pantalon pour les jeter aux ordures. Je me lavai pendant un temps indéterminé, l’eau coulant sur mon corps sans me soulager. Cette horrible sensation d’avoir été salie irrémédiablement me resta dans la gorge, énorme boule d’angoisse qui m’opprima pendant des mois.

J’ignore pour quelle raison j’évoque cette scène digne de figurer dans un roman de Zola, écrivain populaire du 19ème siècle. Certes, je suis plus chanceuse que Gervaise ou Denise, aux prises avec la misère sociale et la brutalité des hommes. Sans doute, l’expérience traumatisante qui fut la mienne m’empêcha de me livrer totalement à la sensualité débridée d’une relation sexuelle. J’essaie pourtant d’y parvenir en faisant le vide mentalement. Mais reviennent me visiter mes cauchemars récurrents et mon corps crie encore sa révolte et son incapacité frustrante.

Le cours de mes pensées est interrompu par l’impatience de Néanderthal murmurant quelques mots d’un air cérémonieux. Je perçois un chuchotement amoureux avec un effet d’écho à l’infini… Je ne sais pas quoi dire. Je suis morte à l’intérieur. N’ayant que des sensations superficielles de bien-être, de chaleur, de froid, de faim et de soif, je suis, à l’instar d’un animal blessé, une rescapée de la douleur et de la solitude. L’absence de tendresse m’a valu d’autres déboires dans mes relations amicales. Je manque singulièrement d’empathie, n’osant inviter quiconque. D’ailleurs qui s’intéresse à moi, à part les prédateurs mâles  à la poursuite de leurs fantasmes ?

Les femmes, quant à elles,  me dévisagent, me soupèsent, me scrutent, me déshabillent du regard. Je suis mal à l’aise, je détourne les yeux, j’ai envie de fondre en larmes. Rivale, je ne serai jamais une amie. Elles me jalousent pour mes atouts physiques. Je sens leur mépris indéfectible. Elles me tournent le dos devant toute tentative d’approche que parfois j’ose, tout en sachant que c’est peine perdue. Je suis la proie facile des hommes, du moins ils ont cette impression quand leurs yeux porcins se posent sur moi. Plus d’une femme m’envie mais lorsque je les aborde, elles opposent un recul manifeste. Aussi je m’éloigne des groupes féminins. J’étudie mon attitude, mi-star, mi-enfant, imitant Marilyn dans « les désaxés ».  Je ne reste pas longtemps seule.  Un homo erectus s’approche de moi à la façon d’un cloporte et me propose une coupe de champagne. Je réponds d’une voix sensuelle, donnant à mes lèvres une courbe aguichante. Ces simagrées m’écœurent. J’ai choisi mon camp par la force des choses.

J’aurais préféré avoir des amies de longue date, partager leurs confidences, rire comme une collégienne et me moquer avec elles des hommes et de leurs penchants. Mais je suis un animal singulier, une espèce en voie de disparition. Les autres femmes m’épient du coin de l’œil en chuchotant. Elles se moquent de moi, de ma chevelure décolorée, de mes yeux charbonneux, de mon nez coquin, de ma bouche sensuelle entrouverte sur mes dents régulièrement alignées. Que diraient-elles si elles me surprenaient en train de lire Simone de Beauvoir, ou plus proche de nous mais venant d’un autre monde, Daniel Pennac ? Elles croiraient que je fais du genre pour attirer des hommes cultivés. Pourquoi l’image d’Epinal voulant que toute blonde pas trop mal faite soit complètement idiote, perdure-t-elle ? Peut-être que si je redevenais brune, les choses changeraient ? Je n’y crois pas, d’autant plus que j’adore mes mèches qui me font penser à un champ de blé du temps jadis, dorant sous le soleil. Machinalement, mes mains caressent mes cheveux, les enroulent autour d’un doigt et je me balance d’un pied sur l’autre, jouissant de ce moment intime doux et chaud.

Aussi loin que mes souvenirs me portent, je n’ai jamais connu la moindre tendresse. Issue d’une famille nombreuse, je me situais entre mon grand frère et deux petites sœurs dont je devais m’occuper. Un soir, mon père partit acheter des allumettes. Ma mère travaillait dur aux halles comme maraichère, aussi ai-je été mise à contribution très jeune. Il fallait que la maison tourne. Puis elle se mit en ménage avec un autre maraîcher. Ils fusionnèrent à plus d’un titre ! Elle se carapata avec lui, la pénurie de légumes ayant commencé à s’installer. Mon frère était encore mineur. Transfert pour tout le monde au « foyer des bourgeons », anciennement la DDASS. Je pus préparer mon brevet professionnel de coiffure et dès ma majorité, je plaquai tout pour vivre ma vie. Il était temps d’oublier ce contexte. De toute façon, mes sœurs manifestaient peu leur attachement. Quant à l’aîné, il s’était engagé dans l’armée. J’ignorais où il était cantonné. Bref, seule et indépendante, j’eus recours aux aides auxquelles j’avais droit.

J’emménageai dans un minuscule studio, au 40ème étage, d’un immeuble sécurisé, digicodé et robotisé, équipé d’un solarium, d’une salle de gym, d’un salon avec écran géant, d’une bibliothèque virtuelle connectée en permanence et des multi services attachés à la personne, tels que l’alimentation diététique ou les soins corporels. Je suis aux anges. Par temps couvert, les nuages flottent devant ma baie vitrée. J’ai l’impression de voler dans l’espace. Je suis des yeux les pérégrinations des navettes interurbaines reconnaissables à leur forme allongée et aux signaux qu’elles émettent.

Sur le plan  professionnel, il en est de mes  jobs cors me transportent dans un univers inconnu, j’oublie la réalité quotidienne. Pour commencer, je me suis abonnée à la bibliothèque virtuelle grâce à laquelle je réserve les nouveautés et certains classiques. C’est ainsi que j’arrive à assimiler en même temps Corneille, Racine, Voltaire, J.J. Rousseau  sans faire de confusion entre Julie ou la Nouvelle Héloïse,  Candide ou l’optimisme, Andromaque et Le Cid. Rodrigue aime Chimène tout en ayant du cœur, Andromaque soulève le peuple contre les Grecs, Candide vit dans le meilleur des mondes et Julie épouse contre son gré M. de Wolmar.  Je partage les affres de la Princesse de Clèves racontées par Mme de Lafayette et parcours avec intérêt la correspondance de Mme de Sévigné. Puis, sans transition, je me plonge dans un roman du siècle dernier choisi au hasard des rayons poussiéreux d’une librairie clandestine. Ainsi je dévore pêle-mêle les Modiano, Nothomb et bien d’autres. Malheureusement, je ne trouve aucun écrivain contemporain au fil de mes recherches. Ils écrivent sur leurs blogs des petites nouvelles qui sont éditées par quelques passionnés nostalgiques.

Toutes ces lectures d’hier et d’avant-hier me sont bénéfiques. J’ai la sensation d’évoluer au fur et à mesure de mes découvertes. Parfois, je tombe sur un chef-d’œuvre. Les mots dansent devant mes yeux incrédules. Je me demande à ce moment-là si les sentiments exprimés dans les pages jaunies par le temps, existent dans la vie d’aujourd’hui. Je ne les ai jamais ressentis et personne ne m’a témoigné la moindre affection sans avoir une idée derrière la tête.

Je hausse les épaules  en  reprenant un carré de chocolat factice, mon péché gourmand. Les yeux mi-clos, je le laisse fondre sur ma langue. En y réfléchissant, je trompe tout le monde avec mon air godiche tout juste bon à lire Galaxie III ou Closet. Les journaux people en ligne ne m’attirent pas du tout. Leurs gros titres me font rire avec leurs sempiternelles annonces de divorces et de mariages de stars de la chanson ou du grand écran. Je n’ai jamais trouvé de réponse à cet engouement populaire. Qui est avec qui, est-ce que cela durera, les bébés à venir, les vêtements portés par les gens célèbres ou le look avant et après une croisière sur la lune où se sont développées les techniques de pointe de la chirurgie esthétique. Certains chercheurs ont découvert que les rayons lunaires diffusés vers des stations orbitales dotées de lunarium, agissaient contre le vieillissement de la peau. Dommage que la lumière de l’astre nocturne ne puisse décupler nos capacités cérébrales.  

Mon bras s’ankylose et ma main pèse trois tonnes. Je regarde Cro-Magnon, assis en face de moi qui se contorsionne afin de s’assurer que personne ne me dévisage d’une façon insistante. J’ai la nausée. Je sonde mon inconscient pour en extraire un zeste de sentiment mais je ne ressens qu’une certaine crainte et de l’étonnement devant son acharnement à me convaincre. Il me veut, il m’a, cela ne fait aucun doute, proie déjà consentante, malléable, à la volonté incertaine. Est-ce là mon avenir ? Ma vie s’écoule comme si j’en étais une spectatrice docile et irrésolue.

Si je prenais mes jambes à mon cou une bonne fois pour toutes ? Au lieu de rester là, « poupée de cire, poupée de son », les yeux noyés d’incertitude, la gorge nouée, la main broyée par un hominidé entêté… Heureusement je peux admirer l’éclat de ma bague et me perdre dans cet éblouissement diamanté. Cela temporise mon élan fugueur que, tout bien réfléchi, je remets aux calendes grecques ! Je ne peux pas compter sur moi, ma volonté est inexistante face au désir d’un étalon en mal de reproduction. Aussitôt défilent devant mes yeux des silhouettes déformées de femmes enceintes. Serais-je à la hauteur ? Et l’instinct maternel dont on dit qu’il n’est pas systématique, l’aurais-je ? Doit-on absolument aimer le père de ses enfants ? Peut-on aimer sa progéniture si on n’est pas amoureuse du géniteur ?  

Ces interrogations traversent mon esprit sans troubler la sérénité de mon visage impénétrable. Je parais confite en dévotion, les cils papillonnants, les lèvres entr’ouvertes, éblouie et muette face au spécimen particulièrement réussi du genre masculin assis en face de moi. Nous choisissons un dessert classé sous  la rubrique « Rarissime », à base de fruits frais sortant tout droit d’un grand laboratoire agricole. Grand manitou me complimente sur ma modération en matière de nourriture et s’efforce d’en faire autant. Il peut bien prendre une coupe de gélules aromatisées avec des tonnes d’ersatz de crème, cela m’est complètement égal. Je veille à ma ligne et tiens à garder mon 36 de jeune fille aussi longtemps que possible. Plus ma taille diminue, plus mon quotient intellectuel augmente.

Cette boutade intime me fait pouffer de rire à un moment où mon pygmalion évoque les vacances mirifiques qu’il a passées récemment aux Seychelles et en me faisant miroiter les prochaines en Egypte. Je reste aussi impassible que Néfertari  immortalisée dans une pose hiératique au sein du temple d’Abou Simbel aux côté de son époux, Ramsès II.

Mais je ne suis ni Cléopâtre ni Néfertari, je ne descends pas d’une lignée de pharaons, je ne suis qu’une « abstinente »,  je n’ai pas de famille et j’ai un métier merdique. Si j’accepte les avances du cuistre pérorant toujours dans le vide, je ne serai plus la proie des chasseurs, je serai respectable, je serai une épouse et plus tard une mère, je changerai de catégorie, j’aurai enfin un statut social. Ce serait le moment idéal pour me venger des affronts que les péronnelles du Rotary 3000 m’ont infligés en permanence. Je paraderai au bras du grand Mamamouchi, habillée chez untel ou un autre à faire pâlir de jalousie la plus snob de ces dames. Je ne me priverai pas d’inventer mille et une manières de les vexer et de les offenser. Plus personne ne voudrait venir diner chez nous sauf les plus flatteurs et les plus intéressés. Le tri se ferait tout seul et je pourrai jouir du spectacle. Courtisans, pique-assiettes,  profiteurs de tous bords seront les faux-amis de notre couple. Je les séduirai tous avec ma grâce naturelle et mon sourire de star. Un vrai plan d’avenir !

Il faudra que je trouve un moyen ou un autre de contredire ouvertement ou d’une manière déguisée, Homo Sapiens, pérorant sans discontinuité, l’orateur à sens unique, fervent partisan du libéralisme à outrance, croyant dur comme fer qu’en politique, son choix est le meilleur, le seul, le vrai. Je voterai à l’opposé évidemment ! Prends ça dans les dents, suppôt du capitalisme. Je dis ça intérieurement mais je suis assez faible pour vouloir en profiter pleinement. On dit d’ailleurs que ce système a mangé son pain blanc et qu’on est en train d’envisager d’autres manières de vivre.  

Peut-être pourrais-je lui parler de mon salon de coiffure ? Mais jamais il ne voudra que sa propre femme travaille au vu et au su de tout le monde ! Comment ? Coiffer ces dames, les mêmes qui caquettent dans les réceptions en me regardant de travers. Je me vois lui répondre que oui, ce serait merveilleux. De toute façon, je trônerais à la caisse et j’aurais des employés, cela va de soi. Et si je tentais une interruption de son verbiage lénifiant ? Je me racle la gorge et plonge mes lèvres pulpeuses dans ma coupe de champagne.  Voilà, je me jette à l’eau ! Il n’en revient pas ! Sa poupée parle et s’anime … Eberlué, il se tait et je joue les allumeuses, mines de chatte langoureuse, regard de braise et bouche prête au baiser. Je cultive aussi ce savoir-faire et j’y mets de l’ardeur, il faut bien …


Je tente de lui glisser en aparté que le salon de coiffure fait partie de mes projets quand la double porte s’ouvre sur une serveuse téléguidée apportant nos desserts. Nous attendons patiemment que cette dernière s’en aille mais elle prend son temps, ayant été réglée sur le service lent par erreur.  Elle part enfin, glissant gracieusement sur ses rollers. Je m’engouffre dans la brèche et chuchote la phrase que j’ai préparée mentalement : « Je ne serai jamais une alma mater ! J’aimerais travailler et avoir mon propre salon de coiffure ». Hercule a un sursaut patricien devant cette instance plébéienne. « Gagner ta vie ? » éructe-t-il entre deux cuillerées de fruits synthétiques macérés à la fleur d’oranger déshydratée. Je lui en démontre  le bien fondé. Il résiste en disant qu’il n’est pas du genre à céder au moindre caprice d’une blonde. Je boude en faisant ma moue irrésistible. Il tergiverse. Je lui tiens la dragée haute. Je rentre dans ma coquille et suis plus inaccessible que jamais.

Au final, il consent à examiner mon projet. Je lui force la main en prétextant l’urgence de l’acquisition du fonds de commerce, étant donné la conjoncture. Un peu étonné de cet avis proféré d’une voix tranquille et assurée, il obtempère. Je souris, dévoilant l’ivoire pur de mes dents parfaitement alignées, hormis un léger espace entre mes deux incisives baptisées « dents du bonheur ». Jacques Prévert, poète des temps reculés, définissait ainsi sa vision du bonheur : « Il faudrait essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple ». J’aimerais y croire ! J’imagine que j’y crois enfin …

Ayant le bras tétanisé, je lui tends mon autre main, Il relâche la pression et permute avec empressement. Je suis réveillée maintenant, je projette mille choses, je bâtis mon avenir en trente secondes. La catégorie très prisée des femmes bi-fonctionnelles m’accueillera bientôt… Je vois déjà la devanture du salon et ce que j’y installerai. L’équipement est primordial, fauteuils modulables par simple pression, bacs auto-positionnables, glaces embellissant l’image, séchoirs robotisés et aspirateur-robot. La déco moderne mais chaleureuse. Je miserai sur la haute coiffure, donc du style, du style, encore du style… Je l’exigerai de mes employés.

Je suis sur un nuage, pleinement consciente et ravie de pouvoir échafauder mes plans. Enthousiaste et reconnaissante, je me lève d’un bond. Loin de moi l’idée de m’enfuir. Droite comme un i, je savoure mon triomphe. Homo sexus me tend les bras, les yeux remplis de désir. Il me berce un moment en prononçant des mots sans suite. Il a l’air heureux. Nous nous rasseyons.

Mes mèches blondes bien à leur place, ma frange dorée dansant sur mon front comme de petits épis de blé, je contemple l’élu de ma raison, une larme émue perlant sur mes cils. Mes lèvres boudeuses changent d’inflexion pour s’incurver en un sourire presque tendre. D’un geste de la main, je lui envoie un baiser aérien,  ressentant une impression bizarre de joie et de contentement. Serait-ce la résurgence de bonheurs anciens ?  Je m’étonne de percevoir cette sensation oubliée. L’homme, avec la condescendance de rigueur, capitule, bon prince et acquiesce à ma demande. Je m’engage en bonne et due forme, en prononçant le serment en vigueur pour jouir du statut d’épouse bi-fonctionnelle. Lorsqu’il me tend son bras, je plante mes faux-ongles dans la chair de son biceps hypertrophié, en émettant un interminable grincement de dents.

Enfin je serai une femme à part entière dans le strict registre où l’on m’inscrira… Quelle autre issue pour nous qui sommes depuis des millénaires dominées par l’homme. Quel autre choix ai-je de faire acte de soumission tout en gardant secret mon ego véritable ? Malgré tout, j’ai atteint mon but, le seul statut accessible dans la société actuelle. Face au miroir en trois D, je souris pour m’encourager. Une blonde au cœur sensible, voilà ce que je suis. J’ai envie de pleurer.

Je prends un livre que j’aime. Il s’ouvre et je lis à haute voix cette citation de Christine de Suède : « Les hommes ne sont vraiment trompés que par eux-mêmes ».


[J'éprouve un sentiment baigné de chaleur lumineuse et de plénitude. Alors je danse, je danse en écoutant ma musique intérieure.[/i]
Anouk

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Re: FUTUR ANTERIEUR

Message par Murphy Myers le Lun 21 Juil 2014 - 15:13

J'ai pas vraiment accroché mais ça tient surtout du "genre" que c'est, je pense. Limite du naturalisme, comme le fameux Zola que tu cites (et que je déteste  Rolling Eyes ). On passe en revue toute la vie de l'héroïne, on voit son avis sur tout et sur rien, et finalement l'histoire est l'histoire d'une vie. Mais c'est pas ce genre d'histoire que je cherche, personnellement. Ça a tendance à m'ennuyer de retracer toute la vie d'un personnage, j'ai déjà la mienne à gérer donc bon.

Dommage aussi que tu n'ai pas plus axé sur le fait qu'on est dans le futur. Ce que tu dis pourrait bien dater de maintenant ou de 1900 et je serais pas tellement surpris. Tout dans l'apparence, tout dans le faux, des chemins tracés d'avance pour chacun et tout le monde catégorisé d'emblée. Et surtout, le fait que "c'était mieux avant" qui est ancestral et intemporel. Si on en croit les gens, chaque génération disant "c'était mieux avant", la vie était donc plus belle dans les cavernes où on ignorait encore comment faire du feu.  :mrgreen: Bref, tout ça pour dire que le côté futuriste est, à mon sens, trop léger.
Mais ça peut se défendre si tu voulais montrer que, finalement, l'humain est incapable d'évoluer réellement. Dans le genre : Oui, maintenant on a les téléphones et les ordis, mais on est aussi con et prévisible qu'au Moyen âge. C'est un point de vue qui se défend.

Le texte est aussi assez "étouffant" dans le sens où c'est un enchainement de paragraphes de narration. Ça me fait penser à la mise en page d'une thèse à vrai dire. Ç’aurait peut-être paru plus vivant avec quelques dialogues par-ci par-là, pour animer un peu les pensées de la narratrice.

Après évidemment, tout dépend de ce que tu visais avec cette histoire. C'est pas du tout un genre que j'aime, mais d'autres adorent sûrement (Zola serait pas devenu un auteur classique sinon, je suppose).

J'ai bien aimé quand même le côté fataliste et blasé du tout, l’impression que rien ne peut bouger, que les dés sont jetés d'avance et qu'on ne peut qu'espérer avoir de la chance.


La forme dans le noir

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Re: FUTUR ANTERIEUR

Message par anouk le Jeu 31 Juil 2014 - 10:51

ton dernier paragraphe colle avec mon idée principale dans cette nouvelle futuriste mais actuelle


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Re: FUTUR ANTERIEUR

Message par Shatsé le Dim 3 Aoû 2014 - 15:34

Bonjour,

Globalement j'ai trouvé le texte bien écrit. Les paragraphes sont bien menés.


Par contre je me suis ennuyée tant pour l'histoire que pour le genre.


J'ai trouvé par exemple, le face à face au resto beaucoup trop long.

Étant donné que nous sommes dans la rubrique "Épouvante et fantastique", je n'ai pas décelé dans le texte ce qui pouvait être du genre.
Et justement par rapport à ce dernier élément je m'attendais à une chute surprenante, mais je suis restée sur ma faim.



A très bientôt.


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Re: FUTUR ANTERIEUR

Message par anouk le Mer 6 Aoû 2014 - 23:18

oui je comprends ce que tu veux dire.
Dans cette histoire, je me suis inspirée de 1984 car les catégories sont tout ce que les hommes ont inventé pour maintenir les peuples dans leur état servile. La peur d'être un paria hors norme fait un baillon indestructible. Ainsi les dictatures prennent insidieusement le pouvoir en muselant les hommes de toutes conditions. Et aussi j'ai voulu dénoncer cette suprématie ancestrale de l'homme envers la femme et que la parité est loin d'être juste et respectée.
L'humour aussi est un rayon de soleil.
Voilà


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Re: FUTUR ANTERIEUR

Message par Shatsé le Ven 8 Aoû 2014 - 14:40

Tes explications éclairent un peu plus ma lanterne et rejoignent tout ce que je pense sur la question. Formatrice, j'ai pu organiser pour les femmes des sensibilisations de découverte des métiers dits "masculins" et malgré l'époque où nous vivons, c'est un vaste chantier qui n'en est qu'à ses balbutiements.


A très bientôt.


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Re: FUTUR ANTERIEUR

Message par anouk le Ven 15 Aoû 2014 - 8:32

Oui un vaste chantier ! Les hommes de pouvoir ne sont pas prêts de faire confiance aux femmes. Ceci est l'une de nos particularités françaises. Des femmes célébrées pour leur grande sagesse, leur vision du futur, leur courage et leur abnégation, sont encore ignorées.  Loin d'être d'actualité, ce proverbe est devenu  notre principal grief envers la classe dominante masculine : "l'homme propose, la femme dispose" ! On a fait de cette maxime, un emblème sexuel alors qu'il s'applique plus largement à notre société machiste. Quelle femme ne s'est pas sentie "infériorisée" lorsque son portable est en berne, son ordinateur a chopé un virus ? La phrase type dans ces cas-là résonne comme le glas du féminisme repoussé jusqu'aux voiles des femmes musulmanes. Combien de ces dernières ont voulu s'affranchir et se sont vues sanctionnées hideusement en public. Notre société est malade du pouvoir en berne lequel nous montre aujourd'hui ses faiblesses et son incapacité à gouverner ensemble pour le bien du pays et non pour célébrer telle ou telle personnalité vaniteuse. Quant à la parité au niveau des emplois, des salaires, de l'avancement, on en est encore aux prémices. Du pain sur la planche en quelque sorte !


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