Les compagnons de Baal (1968)

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Les compagnons de Baal (1968)

Message par Zaroff le Mar 6 Déc 2011 - 18:36




"Quel est le premier des rois ?...
— Le premier des rois est Baal, le démon tricéphale qui règne dans la partie orientale de l'enfer.
— A combien de légions commande-t-il ?
— 66 !"



C'est ainsi que les membres de l'ordre des Compagnons de Baal se reconnaissent dans la petite gare de Blaingirey dans le Jura. Le premier épisode, Le secret de Diogène, installe les personnages principaux. Le journaliste Claude Leroy de France Midi est envoyé en province, suite à la mort accidentelle de son confrère. En parallèle, une jeune secrétaire de notaire nommée Françoise Cordier se rend en voiture pour remettre un paquet important. En pleine nuit, elle crève. En cherchant de l'aide, elle passe devant un cimetière et surprend des hommes cagoulés qui enlèvent un cercueil. Affolée, elle s'enfuit dans les bois. Un homme a été jeté du train également. C'est une erreur d'identité. Il a été confondu avec le journaliste parti chercher une bière et un sandwich dans le wagon-bar. Le lendemain, tandis que le journaliste questionne le brigadier de la gendarmerie sur un casse de 300 kilos de lingots d'or dix ans auparavant, la jeune femme débarque pour porter plainte. Parmi les hommes, elle a reconnu celui qu'on appelle "Le Maître". Il s'agit du maire, joué par l'inoubliable Jean Martin et son regard foudroyant. Un seul connaît le secret des Compagnons de Baal. C'est Diogène, un journaliste devenu clodo et alcoolique après la noyade de sa femme et de sa petite fille Liliane. Ils enlèvent Françoise, enfermée dans une pièce de la gendarmerie car personne ne croit en ses dires. Seul Claude Leroy accepte de l'aider.




Le scénariste, Jacques Champreux, a baigné dans le fantastique par son grand-père Louis Feuillade, précurseur du genre avec Fantomas, Les vampires ou les scénarii de Judex ou L'homme sans visage. D'ailleurs, on aperçoit quelques influences du scénariste lorque Claude Leroy et ses amis vont au cinéma dans le second épisode Les mystères de l'Île Saint-Louis qui diffuse une série de films fantastiques. A l'affiche : Curse of the Demon de Jacques Tourneur, Le fils de Frankenstein, La Gorgone, Le désosseur de cadavres ou encore Dracula de Tod Browning. Cet épisode est plein de rebondissements et on progresse dans les révélations par le chef de gare qui avoue tout à Claude Leroy avant d'être tué par un homme du maire, monsieur de Plassans. Celui-ci est un roi du déguisement car il apparaît en nonne, en aristocrate grabataire ou en clochard selon les évènements successifs. C'est bien sa bande qui a volé les lingots dix ans avant et qui vient de les récupérer dans le caveau de la Famille Dufeau. Son homme de main, Frère Cheval, est nommé Jean hébert dans le générique mais on le connaît surtout sous le pseudonyme de Popeck désormais. Il tue Diogène qui s'apprêtait à faire des révélations au journaliste. Les hommes de Baal récupèrent son dossier avant de s'enfuir par les toits. Dans le portefeuille de Diogène, le journaliste trouve une carte de visite au nom de Hubert de Mauvouloir. Claude Leroy lui rend visite et aperçoit une jeune femme jouant de la harpe dans un salon privé. Il est éconduit par le maître des lieux qui, peu après, revêt son costume de cérémonie et emprunte un couloir dissimulé derrière une porte dérobée.

On sent que la réalisation manque de moyens, notamment lorsque Jean Martin joue le rôle d'un guru adepte de Cosmochronos parmi de vieilles bigotes tenant des animaux empaillés. Ce personnage se fait assassiner et est non crédité au générique, sans doute pour ne pas citer le nom de Jean Martin et éviter ainsi une confusion dans la logique de l'intrigue. Claude Leroy, joué par Jacques Champreux (le scénariste de ce feuilleton de sept épisodes) affiche encore ses goûts pour le fantastique dans une scène de Le spectre rouge. En effet, on aperçoit dans le logement du journaliste (en compagnie du Commissaire Lefranc) des affiches de Fantomas et des illustrés d'Harry Dickson (le Sherlock Holmes américain créé par Jean Ray) sur son bureau. Cet épisode nous montre également l'antre des Compagnons dans les sous-sols de l'appartement de Mauvouloir. On y accède en empruntant une rivière souterraine comme le fleuve des Enfers. Un Conseil s'y tient et des peines de mort sont votées par l'assemblée. Un d'entre-eux dénonce le Maître de s'accaparer certaines décisions sans un avis consultatif afin de conquérir le Monde par des moyens qui nous semblent dérisoires. Mais ce n'est pas l'important. Malgré l'atmosphère surannée de cette série, je retrouve avec joie le fantastique d'antan où les sensations visuelles priment sur le fond.

Les rebondissements se poursuivent dans L'inquiétant Professeur Lomer et La nuit du huit de trèfle où les adorateurs de Baal enlèvent le gratin de la pègre et abattent un truand récalcitrant nommé Le Brestois. Cette fois, le Maître prend l'apparence de Malshadoc, le guru d'une religion à la gloire de Cosmochronos. D'ailleurs on ne sait pas trop ce que vient foutre cet ordre de cinglés qui vénèrent l'omni-sempiternel avec des animaux empaillés. Est-ce une naïveté volontaire du réalisateur ?

Dans L'héritage de Nostradamus, nous savons enfin quel est le but précis de l'ordre religieux consacré à Cosmochronos et ses fanatiques qui prêtent à rigoler. Lorsque l'on aperçoit le laboratoire secret, on se met fortement à douter sur cet élément servant à conquérir le Monde ! Légèrement risible mais c'était dans le ton de l'époque, faut pas l'oublier. Le final est L'éveil de Liliane, la femme folle prisonnière de Mauvouloir. Cette série se termine de belle manière pour le cinéphile pro-Franju que je suis. Galeries souterraines, hommes cagoulés portant des candélabres (tel le Comte zaroff dans sa tanière), couloirs secrets et portes dérobées, pièges, enlèvements... ravissent le spectateur crédule que je suis, soucieux avant tout d'une atmosphère et d'une intrigue feuilletoniste. Les Compagnons de Baal sont un classique du fantastique franchouillard au même titre que "La poupée sanglante" ou "L'homme sans visage".


Dernière édition par Zaroff le Mar 20 Déc 2011 - 22:13, édité 1 fois


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Re: Les compagnons de Baal (1968)

Message par Paladin le Mar 6 Déc 2011 - 19:51

J'ai adoré cette série que j'ai découvert récement !

A l'époque où elle passait à l'ORTF (En 1968 je crois?) c'était en seconde partie de soirée et avec le carré blanc, tellement c'était censé faire peur!


Mais alors, dit Alice, si le monde n'a absolument aucun sens qui nous empêche d'en inventer un?

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Re: Les compagnons de Baal (1968)

Message par Zaroff le Mar 6 Déc 2011 - 20:48

Série découverte grâce à toi. J'ai hâte de mater "La brigade des maléfices."


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Re: Les compagnons de Baal (1968)

Message par Zaroff le Jeu 9 Oct 2014 - 19:20

Je parle du bouquin éponyme sur mon blog !


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Re: Les compagnons de Baal (1968)

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