L'ACCIDENT

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L'ACCIDENT

Message par Invité le Lun 2 Déc 2013 - 12:32

Hello !
Une petite nouvelle historico-fantastico-deliro je-sais-pas-quoi !
Bonne lecture !

L'ACCIDENT
Spoiler:
Je file sur l’autoroute. La non-limitation de vitesse de l’Allemagne va me permettre de rattraper le temps perdu. J’aurais dû prendre l’avion. Faire Vienne-Paris par la route n’était pas une décision futée.
Je suis parti aux aurores et je n’arriverai qu’en fin de soirée, si tout va bien. Demain, je dois prendre la parole lors d’un colloque sur la deuxième guerre mondiale. Je suis un passionné, féru d’Histoire, et spécialiste de cette période troublée. Ma famille fut autrefois touchée de plein fouet par la folie des hommes. Peut-être est-ce cela qui m’a poussé dans cette voie, éduquer les nouvelles générations afin que personne n’oublie, afin que les mêmes faits ne se reproduisent pas.
La pluie a commencé à tomber il y a une heure. D’abord un simple crachin, mais maintenant ce sont des trombes d’eau qui s’abattent sur l’asphalte, poussées par des rafales de vent très violentes. J’ai ralenti, bien sûr, mais je pense maintenant que je vais arriver à destination plus tard que prévu.
Mon Audi file sur le ruban noir détrempé. Ce déluge me mine le moral. Un peu de musique serait du plus bel effet. Ma main tâtonne le lecteur MP3. Un CD est déjà dedans mais je ne sais plus lequel. Peu importe, ce sera toujours mieux que la rythmique des essuie-glaces, le fracas des gouttes sur la tôle et le sifflement de l’air. Je maintiens le volant de la main gauche. Le vent latéral pousse ma voiture, j’ai du mal à rester dans ma voie. Je me trompe de bouton et le CD sort. J’appuie dessus, le réinsère. Un petit coup d’œil pour vérifier. J’appuie aussi sur l’allume cigare. J’ai envie de fumer.
Un crissement aigu et je me redresse. Des étincelles volent le long de ma portière droite. Un coup de volant à gauche et je me décolle de la barrière de sécurité. Aquaplaning. Ma voiture virevolte au milieu des voies, dans une valse de Vienne infernale. Un choc violent et mon visage s’écrase contre l’airbag. J’ai l’impression d’être une laitue dans une essoreuse. Les vitres éclatent. Je ne vois plus rien. Je n’entends plus rien. Nuit.

Je me sens bien. Les draps de lin sont un peu râpeux, mais je suis lové dans une douce chaleur. Il fait sombre, presque totalement noir. Le peu de lumière qui me parvient s’insinue par les stries des volets fermés. Le plancher grince sous des pas. La clenche de la porte tourne et le panneau s’ouvre.
La jeune femme au ventre rebondi s’approche de moi en souriant. Elle porte un plateau sur lequel un bol de porcelaine ancienne fume. Elle le pose sur une petite table et ouvre en grand les persiennes. Je cligne des yeux sous la morsure douloureuse du soleil.
Je regarde la femme. Elle porte une longue robe sombre avec un jabot de dentelle. Ses cheveux bruns sont remontés en chignon, dégageant un visage agréable sans être de toute beauté. Elle se retourne vers moi et me sourit.
― Vous avez dormi longtemps. Comment-vous sentez-vous ?
Je tente de me redresser sur les oreillers. Mon bras gauche mouline dans le vide. Je le regarde, mais je ne vois rien. Je le sens, il est là et pourtant…
Devant mon affolement, la jeune femme me tapote le front d’un linge humide.
― Chuuut ! Calmez-vous. Tout va bien maintenant.
― Qui… êtes-vous ? Et je suis où, là ? Mon bras…
― Vous avez eu un grave accident. Je ne sais pas comment cela s’est passé, mais mon mari, vous a trouvé dans le champ, près du chemin. Vous étiez inconscient et gravement blessé. Le docteur du village n’a eu d’autre choix que de vous amputer. Je suis navrée.
Je fixe l’emplacement vide où devrait se situer mon bras. Pourtant je le sens, il me gratouille. Le syndrome du membre fantôme…
― J’ai été amputé ?
Je n’arrive pas à y croire.
― Il n’y avait pas d’autre alternative… La gangrène, une infection, ça peut arriver si vite vous savez…
― Mais pourquoi ne suis-je pas à l’hôpital ?
La jeune femme sourit.
― Braunau-am-Inn est trop éloigné. Vous transporter sur vingt kilomètres en carriole, vous n’y pensez pas ! Et il n’y a pas d’hôpital ici.
Que me chante cette femme ?
― Braunau… C’est impossible ! J’ai quitté l’Autriche depuis un bout de temps, j’ai même quasiment traversé l’Allemagne ! La frontière française n’était plus loin lorsque…
La jeune femme me fixe comme si j’étais un dément. Je cesse de m’agiter et adoucis le ton de ma voix.
― Je suis désolé, je me sens déboussolé. Le choc… Auriez-vous un téléphone ? Je dois prévenir ma femme.
Elle me regarde un instant puis se met à rire. Je ne vois pas ce que j’ai dit de drôle.
― Un téléphone ! Mon Dieu, personne n’en possède dans ce village ! Nous prenez-vous pour de riches américains ?
Je ne comprends rien. Pas besoin d’être riche ou américain pour posséder un téléphone… Et puis j’en ai marre d’être coincé dans ce plumard !
Je repousse la couette de duvet et pose les pieds au sol. Les mains de la femme accompagnent mon geste, posées sur mes épaules.
― Etes-vous sûr de vouloir vous lever ? Ce n’est pas très raisonnable, dans votre état.
Sans lui répondre, je me mets debout. Je porte une longue chemise à rayures qui ne m’appartient pas. Je m’agrippe au rebord de la fenêtre. Le ciel est dégagé, d’un beau bleu azur. Des hirondelles virevoltent et des insectes stridulent. Une bonne odeur d’herbe fraîche me monte aux narines. Dehors, dans la cour de la maison, un homme avance. Des poules fuient, caquetantes, devant ses pas. Son accoutrement est aussi étrange que celui de la femme, comme… anachronique.
Elle se tient près de moi et laisse son regard errer dehors.
― C’est mon époux, Alois, lance-t-elle en faisant un geste de la main vers lui. As-tu trouvé de l’aide pour ferrer le cheval ? lui crie-t-elle.
Il lui répond affirmativement d’un signe de tête.
― Et vous, vous êtes ?
― Klara.
― Moi c’est David. Quel jour sommes-nous ?
Elle semble réfléchir un instant.
― Le 15 avril.
― Impossible ! J’ai quitté mon domicile le 18 septembre ! Je ne peux pas être là depuis plus de six mois ! Que racontez-vous, Klara ? Depuis combien de temps suis-je ici ?
― Oh… Une bonne semaine. Vous êtes resté inconscient une sacrée partie du temps. Votre choc à la tête vous fait divaguer. Je suis certaine que tout va vous revenir très bientôt.
Elle me force à me rasseoir sur le lit et me tend le bol de bouillon, déjà refroidi. Je ne comprends rien. Que se passe-t-il ? Qui sont ces gens ?
― Pourquoi vous habillez-vous à l’ancienne ? Un film d’époque se tourne dans le coin ?
Klara me regarde comme si je tombais de la planète Mars. Elle n’a pas l’air de saisir le sens de mes paroles.
― Bon sang Klara ! Vous allez éclairer ma lanterne, à la fin ? Je roule sur l’autoroute, j’ai un accident, je me réveille chez vous, un bras en moins…
Mon ton grimpe en flèche et je vois à sa tête que je l’effraie.
― Je suis le Professeur David Stein, expert de la seconde guerre mondiale. Vous avez entendu parler de moi ou de mon travail, non ?
Ses yeux s’agrandissent de surprise. Visiblement, non, elle ne me connaît pas.
― Stein… Vous êtes juif ?
Si je m’attendais à ça.
― Pourquoi ? Ça vous pose un problème ?
Je n’arrive plus à cacher l’irritabilité qui monte en moi. Elle semble confuse, gênée.
― Nous ne voulons pas avoir d’ennuis, c’est tout. Les vôtres sont mal vu dans ce pays.
Je crois rêver. Pendant que je reste coi, elle marche vers la fenêtre.
― Vous avez été banni si longtemps… Pensez-vous ! Votre peuple n’est revenu à Graz que depuis quelques décennies, nous n’avons plus l’habitude…
De quoi parle-t-elle ? Je comprends de moins en moins.
― Graz… mais les juifs y sont revenus vers 1860 !
― Oui, c'est bien ce que je dis. Ça ne fait même pas quarante ans, pensez-vous !
Je me raccroche aux montants du lit. Ai-je bien entendu ?
― Que… Klara, quelle est la date ?
― Je vous l’ai déjà dit, nous sommes le 15 avril.
― Mais… de quelle année ?
― Voyons David ! Le coup a-t-il été si violent ? 1889, bien entendu !
Je bondis et titube jusqu’à la fenêtre. J’ai besoin d’air. Ou cette femme est folle à lier ou… eh bien je ne sais pas.
Je ferme les yeux et laisse le soleil caresser ma peau. La brise me frôle, des mèches de cheveux me chatouillent le front.
Je soulève les paupières au son de pas crissant sur les petits cailloux de la cour. Un homme en uniforme des douanes avance. Son costume date du XIXe siècle, j’en suis certain maintenant. Il interpelle Klara, revenue à mes côtés, inquiète pour mon équilibre tant physique que mental.
― Bonjour Madame. Alois est-il là ?
― Oui, il vous attend dans le salon !
Elle se tourne vers moi.
― C’est un collègue de mon époux. Je dois redescendre. Recouchez-vous, ça ira mieux.
J’obéis comme un automate. Je ne suis plus là, mon esprit a déconnecté.

Une fois seul, allongé dans ce lit étranger, tout tourne dans ma tête. Comment me suis-je retrouvé là ? Est-ce réel ? Klara… Alois… Braunau… 1889… Je sais qui ils sont, tout me revient. Ce sont les parents de celui qui deviendra l’un des plus grands monstres de l’Histoire européenne et mondiale. Je ferme les yeux… le 15 avril… Dans cinq jours… Oui, je m’en rappelle, il est né le 20 avril.
Je dois halluciner, ou rêver. Oui, c’est ça. Je suis certainement inconscient, la proie d’un délire aberrant. Mais une question me hante. Et si c’était vrai… Et si j’avais vraiment voyagé dans le temps… Peut-on changer le cours de l’Histoire ? Merde, c’est de la science-fiction ! Mais qui suis-je pour prendre une telle décision seul ? Qui suis-je pour me substituer à l’humanité dans son ensemble ? Et si je me trompais… Ai-je entre les mains le pouvoir d’éviter des millions de morts, tant civils que militaires ? Seigneur, aidez-moi !
Je dois en avoir le cœur net. Je n’ai pas droit à l’erreur.
Je finis par m’endormir d’un sommeil ponctué de cauchemars et de visions d’apocalypse.

La nuit est tombée et des pas résonnent dans l’escalier. La porte s’ouvre sur Klara, toujours souriante. Elle m’apporte mon dîner.
― Tenez, j’espère que vous vous sentez mieux. Vous devez manger et reprendre des forces.
Je m’assois au bord du lit et tire la petite table au plus près, aidé par la jeune femme. Je n’ai pas faim. Au contraire, une boule d’angoisse me serre l’estomac et la gorge.
Klara m’adresse un petit sourire complice.
― Je n’ai rien dit à mon époux sur vos… origines.
Elle a chuchoté le dernier mot. Je mords dans le pain. Il a un comme un goût de gomme. Je lui rétorque, sarcastique :
― Vous êtes une petite cachotière, Klara.
Elle émet un léger rire gêné.
― Vous pouvez garder un secret, David ?
Je fais oui de la tête.
― Ce ne sera pas la pire cachotterie. En fait, je ne suis pas sûre qu’Alois soit le père de mon bébé.
Je lui jette un regard en biais. Qu’est-ce que ça change ? Je crois me rappeler que cette famille a déjà connu ces histoires d’enfants non reconnus et autres détails sordides…
― J’ai eu une petite aventure avec le cordonnier. Mais chut !
Eh bien, cette fille est moins ingénue qu’elle ne le laisse croire au premier abord, avec son aspect de grenouille de bénitier.
― Cela ne me regarde pas Klara…
Je n’ai pas envie qu’elle me déballe sa vie privée, pas envie qu’elle se rapproche de moi, pas envie d’instaurer une complicité entre nous. A cause de ce qu’elle va faire. A cause de son infâme rejeton… Cependant une vérification s’impose.
― Comment allez-vous l’appeler ?
Elle sourit et triture le bord de son tablier de dentelle blanche.
― Je suis persuadée que ce sera une fille. Si c’est le cas, nous l’appellerons Johanna. C’était le prénom de ma mère.
Je déglutis avec difficulté et avale une gorgée d’eau.
― Et si c’est un garçon ?
― J’aime bien Wolfgang. Mais mon Alois a un faible pour Adolf.
Et merde.
Klara se lève et se dirige vers la porte.
― Je vais vous laisser vous reposer. Je reviendrai débarrasser lorsque vous aurez fini.
Elle sort. Je me lève d’un bond et me précipite à sa suite. Je dois agir, faire quelque chose.
Elle marche devant moi, dans le couloir. Elle ne m’entend pas approcher. L’escalier s’ouvre devant elle. Je ne réfléchis pas. Je la pousse.

Klara dégringole les marches de bois en criant. Elle rebondit contre le mur. Arrivée en bas, elle git là et ne bouge plus. Un gémissement lui échappe. Ses flancs se soulèvent. Je ne l’ai pas tuée, Dieu merci. Je n’ai rien contre elle. Elle s’est montrée si gentille à mon égard… Bientôt, du sang s’étale sur le plancher, entre ses jambes.
Merde ! Je l’ai fait ! Mon geste irréfléchi sera-t-il suffisant pour changer le cours de l’Histoire ? Des bribes du film « l’Effet papillon » me reviennent en mémoire. Peut-on changer le passé sans impacter l’avenir ?
Des cris fusent. Alois accoure et se penche sur sa femme. Elle ouvre les yeux et le regarde, hébétée, avant de se tordre de douleur, les mains crispées sur son ventre.

Je me sens bizarre. J’ai l’impression de flotter dans du coton. Le contrecoup de mon geste, sans doute. Je regarde ma main, posée sur la barrière de l’escalier. Ma peau semble devenir translucide. La couleur et les veinures du bois m’apparaissent au travers de ma chair. Je lève la main. La tapisserie apparait en filigrane. Que se passe-t-il ? Je deviens transparent…
Mon Dieu ! L’évidence me saute aux yeux ! J’ai réussi mais à quel prix ? Grand-père Simon et grand-mère Sarah… Ils se sont connus à vingt ans. Au camp d’Auschwitz. Un rire sans joie, nerveux, me secoue.
Je disparais car je n’existe pas, je n’existerai jamais… A moins que… Et si rien de tout cela n’était réel… Si j’étais toujours dans le coma ? Ou peut-être suis-je déjà mort… Mais avec des si…
Je disparais, lentement.
Oui, j’ai réussi. Je préfère me dire ça.
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Re: L'ACCIDENT

Message par mormir le Lun 2 Déc 2013 - 13:47

C'est plutôt sympa cette histoire, basée sur un classique paradoxe temporel. Elle est bien écrite et j'ai bien aimé.
La principale lacune réside à mon avis dans la manière de parler. A plus de 100 ans d'intervalle, le langage n'est pas le même ; et cela devrait se ressentir.


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Re: L'ACCIDENT

Message par Jack-the-rimeur le Dim 8 Déc 2013 - 1:01

Je m'aperçois que j'ai oublié de laisser un commentaire sous ce bon texte. Bon mais pas si délirant que ça. Le paradoxe temporel s'efface devant la fable philosophique (on ne sait pas trop ce qui ramène un juif d'aujourd'hui pile auprès d'une Clara Hitler en cours de grossesse avancée) mais la solution en forme d'IVG sournoise réussie (puisque David s'efface) me paraît un peu courte en ceci qu'elle tend à faire du phénomène nazi la simple résultante d'une combinaison génétique aléatoire. Ce qui aurait été original, c'est que David, après son effacement, se retrouve de nos jours et découvre dans un livre d'histoire la même seconde guerre mondiale avec, par exemple, un chancelier Goebbels à la tête du IIIème Reich.
Après tout, qui sait ce que serait devenu Hitler s'il avait été reçu à l'académie de peinture de Vienne ? (Ou, mieux, s'il avait eu dans son enfance un ami juif du nom de David et qui lui aurait appris à dessiner ?)
Une chouette idée de départ, donc, mais dont le potentiel réel n'est pas vraiment exploité.
Bien, mais pouvait mieux faire, si j'ose me permettre cette remarque amicale.


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Re: L'ACCIDENT

Message par Invité le Dim 8 Déc 2013 - 17:07

Hello !
Merci pour ce retour.
Oui, je suis partie sur l'idée que, sans Hitler, pas de camps, pas de rencontres des grands parents, et donc pas d'existence pour David qui n'est jamais né... mais des tas d'autres issues sont en effet possibles. Pas mal celles proposées ! Very Happy 
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Re: L'ACCIDENT

Message par RaphaëlLIII le Ven 13 Déc 2013 - 22:55

Encore une fois, j’aime beaucoup. Malgré un départ discutable : pourquoi David Stein a-t-il décidé de parcourir une aussi longue distance en voiture ? On apprend plus tard qu’il est un historien célèbre : ce genre de personnage a l’habitude de se déplacer à l’étranger et est donc coutumier de l’avion…

Peut-être est-ce cela qui m’a poussé dans cette voie, éduquer les nouvelles générations afin que personne n’oublie, afin que les mêmes faits ne se reproduisent pas.
Une formule trop vague. L’horreur de ce qu’a vécu la famille Stein s’en trouve diminuée.
Elle porte une longue robe sombre avec un jabot de dentelle.
«Avec» est strictement réservé à l’accompagnement et n’a donc pas sa place dans une description.
Les vôtres sont mal vu dans ce pays.
Oups !
― Vous avez été banni si longtemps…
J’ai cru comprendre que le «vous» n’était pas un vouvoiement, mais qu’il désignait les juifs…
― Oui, c'est bien ce que je dis. Ça ne fait même pas quarante ans, pensez-vous !
Je me raccroche aux montants du lit. Ai-je bien entendu ?
― Que… Klara, quelle est la date ?
― Je vous l’ai déjà dit, nous sommes le 15 avril.
― Mais… de quelle année ?
― Voyons David ! Le coup a-t-il été si violent ? 1889, bien entendu !
1889-1860=29 ans. Comme on est plus proche des 30 ans que des 40, «Ça ne fait même pas trente ans» aurait été bien plus approprié.
(Ne t’inquiète pas pour ce calcul : Maupassant fait lui aussi une erreur en calculant le temps d’un trajet dans Boule de Suif. Comme quoi, personne n’est à l’abri !)
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Re: L'ACCIDENT

Message par Invité le Dim 15 Déc 2013 - 17:08

RaphaëlLIII a écrit:
1889-1860=29 ans. Comme on est plus proche des 30 ans que des 40, «Ça ne fait même pas trente ans» aurait été bien plus approprié.
(Ne t’inquiète pas pour ce calcul : Maupassant fait lui aussi une erreur en calculant le temps d’un trajet dans Boule de Suif. Comme quoi, personne n’est à l’abri !)


Si j'avais encore un doute quant à ma nullité chronique en maths et calcul... Je hais les chiffres et ils me le rendent bien !   

Merci aussi pour les fautes (rhôôô, pô vu, c'te honte !)

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Re: L'ACCIDENT

Message par Purple-fan le Jeu 20 Fév 2014 - 23:04

J'ai lu ce texte hier, je décide de le commenter aujourd'hui. J'ai vraiment beaucoup aimé et j'y ai repensé dans la journée.
Un moment dans l'histoire je me suis dit qu'il y allait avoir un face à face avec ton héros et bébé Hitler. Mais ca étais un tout autre chemin qui m'a quand même plu. Une fin un peu trop flou peut être.
Mais franchement c'est un bon texte !



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Re: L'ACCIDENT

Message par Invité le Sam 22 Fév 2014 - 14:03

Un bon moment de lecture.

La chute est intéressante, je me demandais vraiment comment tout ceci allait se terminer. Au final, tu termines en nous laissant quelque peu dans le flou. David est-il dans le coma et les événements qu'il vient de vivre sont-ils purement fictifs ou a-t-il vraiment voyagé dans le passé ? À chacun de se faire sa propre réponse et, pour cette nouvelle, cette ambiguïté me plait bien.  Smile
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Re: L'ACCIDENT

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