Suicide

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Suicide

Message par Eimelle le Lun 28 Oct 2013 - 15:13

Bonjour à tous !
Ceci n'est pas un appel désespéré à la population, faute de rencontre d'éditeurs ! Pas besoin donc de chercher à me joindre de toute urgence pour parlementer une partie de la nuit !
Je poste ici la nouvelle que j'ai envoyée à l'appel à textes de Malpertuis (non, pas celle pour laquelle j'aurais dû me transformer en ermite afin de la livrer à temps, seulement un texte, beaucoup moins ambitieux, que j'avais en réserve). Le site pdf.fr ne marchait pas, je ne peux donc pas vous joindre un beau pdf, et vous livre donc la nouvelle telle quelle. J'espère qu'il est autorisé de mettre en ligne un texte que l'on donne à une AT (je ne suis pas trop au courant des règles ce concernant, ça ne fait pas longtemps que j'y répond)... De toute façon, je n'ai guère d'espoir pour Malpertuis !
Bises à tous, et merci d'avance pour vos commentaires !
Eimelle



Suicide


« Au commencement était une maison. Dans cette maison vivait une jeune fille… »

Aujourd’hui, je rentre chez moi, et pose mes clefs dans la boîte en face de l’entrée. J’hésite un instant, balaie l’espace des yeux, puis entre dans la cuisine. Je me prépare un bon chocolat chaud, et j'attends. La suite, les péripéties. Rien ne vient.
Je sais que j’aime le chocolat chaud, je sais qu’ici, je suis chez moi. Mais que sais-je d’autres ?
En vérité, mon histoire, mon caractère et mes motivations m’échappent à chaque fois que je veux les approcher. Il me semble qu’aussitôt que je tends le doigt, ils s’enfuient en me riant au nez. Moqueries. Indignités. Je suis vaporeuse comme de l’eau.
Dans ces moments de blues, je cherche qui je pourrai appeler, un ami à qui faire partager mon désarroi. Un nom, Lilian, me vient en tête. Qui est Lilian? Est-il seulement un ami ? Des noms arrivent doucement, Emmanuelle, Delphine- et même Marie, surgis d’on ne sait où... Je ne les connais pas, en fait. Je me fais peur, parfois.
Je me lève et me rends compte que j’ai oublié mon chocolat chaud sur le feu. Je m’approche, effarée, de la cuisinière, mais non, le lait ne bout pas. Cela fait une demi-heure au moins qu’il chauffe et il ne bout toujours pas. Mais qui commande le temps ici ?
Je mélange de grandes cuillères à café de chocolat avec mon lait. Je ne sais pas pourquoi je fais cela. Je ne sais pas si j’aime ce goût. Je sais juste que ce geste est naturel. Comme mon amour pour les schokobons, et pour le coca-cola zéro. C’est inné en moi, et pourtant si versatile… Littéralement.
Je sors de la cuisine qui s’ouvre sur un vaste séjour. Les murs sont blancs, le mobilier noir. Tout me paraît si normal, si juste : il me paraît en effet impossible que des murs de salon puissent être autrement que blancs, et le mobilier autrement que noir. J’observe les lieux comme si je ne les avais jamais vus-et peut-être est-ce le cas, après tout… Pourquoi pas !
Soudain, je remarque, sur la table noire du séjour, un billet. Un bout de papier, ni plus ni moins. Et sur ce bout de papier, sont écrites, en lettres d’imprimerie, ces phrases :
« Elle songea soudain qu’elle avait faim. Elle sortit un gâteau de son sac, et le mangea ».
Je ne sais pas qui est ce « elle » dont le billet parle. Comment, pourquoi, il se trouve là. Rien ne m’impressionne plus. La jeune fille a faim, dit le billet. Je ne la connais pas, mais sa demande me paraît raisonnée, raisonnable… En d’autres termes, plausible. Tellement plausible, tellement peu choquante que je pense moi-aussi soudain que j’ai faim, aussi. Mais je n’ai pas de gâteau dans mon sac. Ou peut-être que si. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je fouille l’intérieur de mon sac, et en ressort des macarons, mes préférés. Je ne sais pas si la jeune fille du billet aime aussi les macarons, mais je lui souhaite un bon appétit. J’aime tout le monde, tant que je ne me sens pas obligée de les détester.
Les macarons sont bons, tendrement moelleux, parfumés à la framboise. Après en avoir mangé deux, je me rends compte que j’en ai encore envie. Mais je n’en ai plus dans mon sac. Ou peut-être que si, comment le savoir ? Je prends donc celui-ci sur mes genoux, fouille dedans, et au milieu d’un bazar indescriptible, un bout de papier émerge. Comme s’il attendait que je le prenne. Comme s’il n’avait jamais été là que pour moi, pour qu’à cet instant précis je le sorte de mes affaires, et le lise. C’est le destin. dit-on. Que faire ? Je saisis donc le bout de papier, et lit son contenu, écrit de ces mêmes lettres d’imprimerie.
« Elle se rendit soudain compte qu’elle ne pouvait plus sortir. Toutes les entrées étaient bouchées ».
Encore ce « elle », insistant, puissant, qui vient me chercher, m’interroger. Pauvre fille, songé-je. Prisonnière, elle ne peut plus sortir ! Pourquoi ? Des réponses me viennent à l’esprit, toute plus invraisemblables les unes que les autres. Est-elle un l’objet d’un mandat international ? Est-elle calfeutrée chez elle à cause d’une inondation ? D’une fin du monde ? Grotesque, songé-je aussitôt. Et pourtant, une impression d’enfermement, de claustrophobie forcée me prend, à la pensée qu’elle, ne peut pas sortir. "Elle ne peut plus sortir".
Je fouille à nouveau dans mon sac, pour voir si entre temps, quelques macarons n’y seraient pas apparus. Rien, pas même des miettes. L’emballage aussi a disparu. Comme si les deux n’avaient jamais existés, comme s’ils n’étaient qu’un produit de mon imagination. Et ça, ce n’est pas plausible, me dis-je. Non ! Et ça m’énerve ! Je me lève brusquement pour me dégourdir les jambes, défroisse ma robe rose d’une main rapide, et fait quelques allers-retours dans la cuisine-séjour.
Je suis claustrophobe. Je viens de m’en rendre compte, aujourd’hui. Pourtant, c’est une longue histoire : cette claustrophobie m’a toujours poursuivie. Toute petite, elle m’empêchait d’entrer dans les tunnels pour jouer avec mon grand-père. J’avais oublié. Je ne savais plus que j’étais claustrophobe. Je l’ai redécouvert. Comme une nouveauté.
Une sorte de compassion me prend pour cette mystérieuse « elle » enfermée. Et à la mesure de ma commisération, grandit un sentiment d’étouffement. Puissant, impérieux : impétueux, même. Je songe alors- question bête- à vérifier que moi non plus, je ne suis pas enfermée. Réflexe stupide. Idée idiote. Je me lève a, et tente d’ouvrir la porte d’entrée. La poignée résiste. Je force un peu, mais n’arrive pas plus à ouvrir la porte. Je m’acharne alors sur elle, l’insulte, la menace. En vain. Je suis bee et bien enfermée.
Je songe soudain aux fenêtres. Je me rue vers elles, tente de les ouvrir. Le loquet, lui aussi résiste. Fermées, bloquées de l’extérieur, impossible de les faire céder. Je regarde alors ce dehors, pour voir ma ville, appeler à l’aide. Et à travers la fenêtre, je vois un gigantesque fond blanc. Le vide. Complet. Comme si la maison et moi étions les seules choses créées de l’univers.
Je me mets alors à haleter, à trembler, de peur, d’effroi, d’angoisse. Mes yeux hagards se tournent vers le mur blanc, et avec stupeur, je le vois se couvrir d’une inscription, écrite de la même encre, de la même écriture imprimée que celles des bouts de papier. Ma vue est floue, mais je parviens quand-même à déchiffrer le mot : « Panique ».
Il fait sur moi l’effet d’un électrochoc, comme la découverte de mon moi le plus profond. Oui, je panique : qui ne le ferait à moins dans pareille situation ? Claustrophobe, et enfermée dans une maison au milieu d’un vide blanc, je suis dans ce que l’on appelle un sacré pétrin, sans mémoire, sans histoire à laquelle me relier. Si au moins je retrouvais une trace de moi quelque part sur les murs, à côté du mot « panique » ! Mais l’écriture s’est arrêtée, le temps aussi : je suis sur un îlot éphémère, celui de l’existant au milieu de l’incréé.
Je songe alors, avec encore un peu plus d’angoisse, que certes, la porte est bien verrouillée. Mais si elle s’ouvre, je vais être emportée… Je crois du moins. Emportée dans une non-existence, dans le néant. Et pourtant, j’ai envie qu’elle s’ouvre, oui. Parce que je suis claustrophobe, et que j’ai peur d’être enfermée. Alors, je me demande, si je veux au fond que cette maudite porte s’ouvre ou qu’elle reste fermée ? Je ne sais plus, je n’ai jamais su, je suis vide d’émotions et de pensées.
Je reste là, hagarde, appuyée contre la porte d’entrée. Je ne sais plus que penser, que faire. Je ne sais plus où est ma place. Mon bras pend le long de mes hanches, amorphe, comme sans vie. Et moi, je songe à ce que je dois, ce que je devrais penser dans une situation pareille. Et « elle », qui est enfermée, ailleurs, et que je ne connais pas, comment a-t-elle réagi ? Le doute me prend. Un léger frottement de papier vient caresser les doigts de ma main droite. Je découvre sa présence comme une évidence. Curieuse, j’ouvre alors le billet, et je lis :
« Par la fenêtre, elle aperçut alors un personnage familier. »
Je jette un coup d’œil à la fenêtre qui est toujours recouverte d’un amas de vide. Je l’observe longuement, espérant y voir quelque chose, comme « elle », et soudain, un visage coloré, sinué de rides, apparaît, et me sourit, de derrière la vitre. Je frémis devant son béret noir, son apparence presque réelle. Parce que ce rêve est une réalité ? Et je le reconnais soudain.
« C’est mon grand père ! » je m’exclame.
Et aussitôt, d’autres lignes s’écrivent sur le papier blanc que je tiens dans la main, dans la continuité narrative :
« Elle reconnut alors son grand-père, mais elle ne put jamais le rejoindre ».
Je lis, étonnée, ces dernières lignes. « Elle », c’est donc moi ? C’est donc mon destin qui s’écrit sur ces bouts de papier ? Mais je ne suis pas obligée de respecter une trame de vie, non, pourquoi d’ailleurs m’y sens-je obligée ? Qu’est ce qui me lie à ces bouts de papier? Mon corps s’unit à la maison, fait un avec les briques, et se prolongent en dehors d’elles. Est-ce cela qu’être au monde ? Et mon regard se pose sur mon grand-père, qui me regarde, toujours en souriant.
La révolte me prend. Quelque chose que je ne connais pas, et qui se saisit de moi. Ca ne va pas. Ca ne va pas du tout. J’aime mon grand-père, depuis toute petite, au moins depuis que j’ai découvert ma claustrophobie. Je veux le rejoindre, lui sauter dans les bras. Et lui me regarde de ses yeux écarquillés, immobilisé dans l’instant présent, presque irrémédiablement mort.
Et pourquoi ne pourrais-je pas aller le rejoindre ? De quel droit me l’interdit-on ? Injuste, injustice : je suis libre, me dis-je ! Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais je sens que c’est important, qu’il y en a- peut-être - des gens, qui combattent pour ça, et qui meurent, m’a-t-on dit, du moins je crois. Je décide alors d’être comme eux, d’imiter ces fiers inconnus, de clamer haut leur combat que je ne comprends pas. Je prends leur bannière pour la porter hors de la maison plongée dans le vide.
J’entre alors dans la chambre, et je vois des outils de bricolage, comme mon grand-père en avait. Que font des outils de bricolage dans ma chambre, je me demande ? Je ne sais pas. Ce n’est pas plausible. Rien de tout cela n’est plausible. Mais je ne me pose pas la question, je veux être libre, voilà tout. Je prends alors indifféremment, marteaux, pelles, et marteau piqueur. Oui, oui, un marteau-piqueur, chez moi, dans ma chambre. Ce n’est pas plausible… Rien de tout cela ne mérite d’exister, faut-il vraiment en conserver une trace ?
Je ramène tout le matériel devant la porte d’entrée - lentement, parce que c’est lourd. Mon grand-père, au milieu du vide, sourit bêtement. J’arrive, papi ! J’essaie d’abord d’enfoncer la porte au marteau. Mais elle ne se brise pas : non, à mon grand étonnement elle se froisse. Depuis quand les vulgaires portes en bois se froissent-elles comme du papier ? Cette pensée m’énerve, m’irrite, m’insupporte.
J’attrape la pelle. Au moins, elle saura briser le carrelage, me frayer un chemin vers mon grand-père, vers l’ailleurs, vers le monde. Mais le carrelage dur résiste à son attaque. C’était prévisible, me dis-je pour me châtier. Il n’y a que dans les films que des prisonniers s’échappent en creusant un trou dans le plancher. De rage, j’attrape alors le marteau piqueur, et l’actionne, sans électricité, sans rien. Bam ! Un premier trou ! Un premier trou qui s’ouvre sur l’incréé. Je sens alors une vague de vide souffler contre ma joue. Je ne sais pas si le vide est froid, chaud ou brûlant. Toujours est-il qu’il fait mal… C’est terrible, le vide blanc qui s’empare de soi.
Mais la porte n’est toujours pas enfoncée, et mon grand-père me regarde toujours, de l’autre côté. Alors, je dirige le marteau piqueur contre la porte froissée. Elle résiste encore. Malgré tous mes efforts, elle ne s’ouvre pas. Le sourire de mon grand-père disparaît alors, déçu. Il me salue d’un geste de la main, et je le vois rebrousser chemin. Je ne comprends qu’à ce moment-là le sens de la phrase « elle ne peut pas ouvrir la porte ».
Mon visage se mouille de larmes chaudes. Je ressens presque la vie à travers elle. J’aurais pu ne pas avoir de grand-père, ne pas l’aimer. Mais quelque chose a fait que j’en ai eu, que je l’ai aimé, que je l’ai chéri. Comment ? Je ne le sais pas. Qui le sait donc ?
Alors, profondément mortifiée et suicidaire, je me mets à creuser un peu partout des trous dans la maison, dans le plancher, dans les murs, à tout endroit que mon marteau-piqueur atteint. Des trous de blanc qui effacent les meubles, qui masque la télévision, qui font disparaître les posters et les tableaux. Cette maison va rejoindre l’endroit d’où elle est née, et rien de cela n’aura existé… Le vide pénètre de partout, je saute au dessus des tranches d’incréé, pour à nouveau, creuser d’autres trous, pour percer la maison comme du gruyère. Je saute au dessus du vide, je me rattrape à des morceaux de maison qui flottent un peu partout. Je me sens désespéré, et libre dans ma déraison, enchaînée à ma propre destruction.
Un macaron tombe justement à côté de moi. Je le regarde un instant. Et l’idée me prend de regarder, également, au fond d’un des trous que je viens de faire.
Et je la vois, Elle, affairée dans sa nuisette rose à taper sur son ordinateur.
Et je te vois, Toi, ou du moins ton œil, qui me regarde avec une petite larme.
Je comprends alors ce que je suis : un personnage de fiction. Rien de plus, rien de moins.
Je respire profondément, et regarde la maison froissée et déchirée de partout. Je La regarde, Elle, une dernière fois, avec une lueur de provocation, puis craque une allumette, et mets le feu à la maison de papier.
Et c’est Elle l’incendiaire.

Eimelle
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Re: Suicide

Message par Draal le Lun 28 Oct 2013 - 20:19

Première impression : Après tout, pourquoi pas ?
Ensuite : J'aime bien le style d'écriture, mais un moment j'ai faillit décrocher alors après je que c'est en partie à cause du fait que j'aime moyen ce genre de livre.

"Je suis bee et bien enfermée." je crois que tu vois la faute.
"Oui, je panique : qui ne le ferait à moins dans pareille situation ?" là j'ai pas pigé, je crois qu'il manque des mots.
"Si au moins je retrouvais une trace de moi quelque part sur les murs, à côté du mot « panique » !" là non plus j'ai pas pigé je crois que c'est pareil qu’au-dessus.


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Re: Suicide

Message par Eimelle le Lun 28 Oct 2013 - 20:25

Merci Draal !
Ouais, j'ai peut-être un peu trop fumé... Je devrais revenir à des choses plus classiques !
Je fais des expériences, et après, ça donne ça lol !
Eimelle

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Re: Suicide

Message par Shatsé le Ven 1 Nov 2013 - 22:53

Je ne suis pas spécialiste. Je te donne surtout mes premières impressions de simple lectrice.

Malgré le fait d'avoir trouvé le style intéressant et audacieux, j'ai quand même décroché. J'ai eu la sensation de lire une suite de questions / réponses et de phrases inachevées. A mon avis c'est un style qui demande à être retravaillé.

Bonne continuation.

A bientôt.


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Re: Suicide

Message par mormir le Sam 2 Nov 2013 - 0:38

Je viens de lire ton texte. Il est très dur de suivre jusqu'au bout. C'est un texte et un style qui se veulent dérangeants et qui le sont, mais je pense que c'est trop long pour réellement accrocher le lecteur. Je me suis moi aussi surpris à décrocher à plusieurs reprises et j'ai du me forcer à "revenir". La même histoire avec le même style sur moitié moins long serait plus frappant et lasserait moins.
Je dois avouer que je n'ai pas compris le sens profond. La conclusion du personnage de papier est intéressante, mais on ne voit pas comment les événements ou non-événements d'avant amènent la jeune fille à cette conclusion. Celà en fait un écrit très hermétique.
Au passage, il y a un certain nombre de maladresses : des mots répétés à peu de phrases de distance (là encore, faire plus court servirait le texte à mon avis), quelques coquilles.
J'ai préféré tes autres textes pour l'instant.
Amicalement


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Re: Suicide

Message par Léonox le Sam 2 Nov 2013 - 9:16

Eh bien moi j'ai beaucoup aimé. Précisément pour les raisons qui ont rebuté mes petits camarades. Et je pense que tu ne devrais pas te freiner, mais au contraire accentuer ce caractère "expérimental". Pas en faire un système, évidemment, mais ne pas hésiter, selon les circonstances, à faire entendre cette voix singulière. En effet, tout comme Shatsé, j'ai trouvé le style "intéressant et audacieux". Mais contrairement à Mormir je ne l'ai pas trouvé "dérangeant", car à mon sens, la forme est tout à fait adaptée au fond. Ta manière de poser une ambiance étrange, flottante, obsessionnelle, si elle manque peut-être parfois d'un brin de rigueur, n'en reste pas moins très efficace. Alors certes ta nouvelle est exigeante, elle ne prend pas le lecteur par la main, mais cela ne l'empêche pas de fonctionner.

Il est vrai que mes goûts et mon style personnel me portent naturellement vers les textes "en rupture". J'ai d'ailleurs écrit un roman réputé "difficile" pour ces mêmes raisons, et ma contribution au concours hors-série "Les Ombres" n'est pas dénuée de points communs avec ton approche. C'est pourquoi je n'ai eu aucun mal à adhérer à ta façon de présenter cette névrose, qui bascule rapidement dans une hallucination ininterrompue. J'ai tout de suite senti la fracture intérieure de la protagoniste, et à aucun moment je n'ai décroché. Ah, j'aime aussi beaucoup ta conclusion, car elle ne "donne" rien. Loin de résoudre le mystère, elle l'épaissit. D'aucuns diront que cela donne à ta nouvelle un goût d'inachevé, je pense exactement le contraire, car un tel épilogue ouvre le champ des possibles.

Cela étant dit, ton texte présente quand même par moments un aspect "premier jet" qui le rend perfectible. Il comporte en effet quelques coquilles, des répétitions, une poignée de verbes ternes en trop, mais selon moi rien de rédhibitoire. Rien en tout cas qui ne puisse être amélioré avec une bonne passe de corrections. Je suis curieux de connaître l'avis de Thomas Bauduret. Il lui est déjà arrivé de valider des nouvelles inclassables: je te souhaite qu'il soit disposé à récidiver. Dans l'attente de son verdict, je te remercie pour cette lecture, et te dédie en retour cette réplique mythique issue des tontons flingueurs: "Le tout-venant a été piraté par les mômes. On se risque sur le bizarre ?".


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Re: Suicide

Message par Naëlle le Sam 2 Nov 2013 - 17:35

Je suis d'accord avec tous les gentilles gens du dessus, le texte est perfectible. MAIS j'ai complètement adhéré, j'ai pas décroché un seul instant. Je trouve que certaines phrases et certains passages claquent carrément:

"J’aime tout le monde, tant que je ne me sens pas obligée de les détester."

"Je me mets alors à haleter, à trembler, de peur, d’effroi, d’angoisse. Mes yeux hagards se tournent vers le mur blanc, et avec stupeur, je le vois se couvrir d’une inscription, écrite de la même encre, de la même écriture imprimée que celles des bouts de papier. Ma vue est floue, mais je parviens quand-même à déchiffrer le mot : « Panique »."

"Je songe alors, avec encore un peu plus d’angoisse, que certes, la porte est bien verrouillée. Mais si elle s’ouvre, je vais être emportée… Je crois du moins. Emportée dans une non-existence, dans le néant. Et pourtant, j’ai envie qu’elle s’ouvre, oui. Parce que je suis claustrophobe, et que j’ai peur d’être enfermée. Alors, je me demande, si je veux au fond que cette maudite porte s’ouvre ou qu’elle reste fermée ? Je ne sais plus, je n’ai jamais su, je suis vide d’émotions et de pensées."

"Rien de tout cela ne mérite d’exister, faut-il vraiment en conserver une trace ?"

Bon, je vais m'arrêter là, mais il y en a d'autres. En conclusion, bravo, Eimelle, ton texte déchire.


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Re: Suicide

Message par Zaroff le Sam 2 Nov 2013 - 21:18

Agréablement surpris. Ce texte introspectif à la première personne est vivant et bien construit. J'ai vraiment apprécié.


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Re: Suicide

Message par FRançoise GRDR le Sam 2 Nov 2013 - 22:09

J'aime bien aussi Wink La construction me fait penser à Jumanji, quand le jeu dicte les évènements que les joueurs vont subir (http://fr.wikipedia.org/wiki/Jumanji_%28film%29). Ensuite, la fin n'est pas pareille et m'a fait sourire. Très fort ! Very Happy 


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Re: Suicide

Message par Eimelle le Lun 4 Nov 2013 - 21:13

Eh bien, je vois que mon texte divise les opinions !
Merci beaucoup pour vos commentaires à tous : je n'ai pas pu vous répondre tout de suite, car j'étais en week-end chez mes beaux-parents, et je n'avais pas accès à Internet !
Je vous remercie d'avoir relevé mes coquilles : j'ai cru que j'avais tout passé au peigne fin !
Pour dire la vérité, j'avais écrit ce texte pour un concours. Mon copain l'a lu, et m'a demandé d'"arrêter de fumer" et de revenir à des histoires plus classiques. Je voulais quand-même avoir l'avis d'autres personnes avant d'abandonner complètement cette direction.
Mais je crains de n'avoir pas réussi ma fin, car il me semble qu'aucun de vous ne l'a saisie.
spoiler:
En fait, le personnage est un personnage de roman, et elle est victime de son écrivain, qui modifie, puis jette son papier après l'avoir écrit. Mais c'est aussi une métaphore de la schizophrénie, puisque le personnage en a les symptômes, bien que dans son cas, cela se justifie très amplement, et que c'est même une réalité...
Je vous dirais si vous voulez ce que Thomas Bauduret en a pensé après avoir reçu ses commentaires...
Merci à vous,
Eimelle

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Re: Suicide

Message par kalcidian le Lun 4 Nov 2013 - 23:06

je ne l'es pas encore mais des que c'est chose faite je te donnerais mes impressions.

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Re: Suicide

Message par Eimelle le Mar 5 Nov 2013 - 11:17

Merci Kalcidian !

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Re: Suicide

Message par kalcidian le Mar 5 Nov 2013 - 14:32

avec plaisirs. si ca peux t'aider a progresser (c'est valable pour moi aussi d'ailleurs^^).

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Re: Suicide

Message par Eimelle le Mar 5 Nov 2013 - 21:43

Merci, c'est gentil ! Et qu'est ce que tu as posté récemment Kalcidian que je regarde ? Je ne trouve pas trace de tes écrits !

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Re: Suicide

Message par Draal le Mar 5 Nov 2013 - 21:47

Eimelle a écrit:En fait, le personnage est un personnage de roman, et elle est victime de son écrivain, qui modifie, puis jette son papier après l'avoir écrit.
Non en effet j'ai pas compris ça du tout et j'assume, j'ai plutôt compris que le personnage préférait ne pas vivre du tout que vivre à moitié.


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Re: Suicide

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